GENS ET LIEUX



news:
10 juillet 2007 - Infokiosque de l’ex-Tour
Evacuation du squat de la Tour
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30 janvier 2007 - Infokiosque de l’ex-Tour
Genève : Soirée sur l’autonomie italienne à l’infokiosk de la Tour, samedi 3 février 2007
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16 octobre 2005 - Infokiosque de l’ex-Tour
discussions de l’infokiosk de la tour
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3 août 2004 - Infokiosque de l’ex-Tour
l’été à genève
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Infokiosque de l’ex-Tour (Genève)

Le squat de la Tour a été expulsé en juillet 2007.

Mais avant, ça faisait ça (le contact e-mail est toujours fonctionnel) :


Bibliothèque, vidéothèque, archives de luttes, salon de thé, accès internet.

L’infokiosque est ouvert à tous et toutes, et se nourrit de ce que chacunE amène.

Ouvert les jeudis et vendredis au 4 rue de la Tour, 1205 Genève (près de l’hôpital).

- nous écrire

L’infokiosque est un salon de lecture, salon de thé, bibliothèque, vidéothèque, salle de projections, de conférences ou de réunions, des archives de luttes, la plaque tournante de l’info internationale, un circuit de taupes, de livres et d’information qui se nourrit de ce que chacune apporte, un espace temps rythmé, un espace physique organisé, des entrées et des sorties, des années de lutte, d’autisme et d’incendie, la bibliothèque que tu veux si tu en veux, des discussions appuyées par des textes issus des rayons, un chantier permanent, un déménagement perpétuel.

Lundi, l’aménagement du bibliochar arrive à son terme. Alors arrivent des quatre coins du parc des inconnus avec des livres à la main et une terrible envie de découvrir ce que d’autres auront amené à lire. (première présentation du nouvel infokiosque en 1997)

L’infokiosque depuis 1997, a toujours fonctionné avec peu de structures, peu de moyens, un fonctionnement basé non sur un groupe, mais sur un lieu n’appartenant à personne mais tenant à cœur à beaucoup. Nous disons l’infokiosque n’est pas un groupe, mais un lieu : ça veut dire que nous nous retrouvons autour de ce lieu (ensemble d’objets, de fonctions et de liens assemblés) et non comme groupe d’individus organisé en tant que groupe. Les usagères de longue date finissent par être considérées, à tort, comme représentantes du lieu. Quelques époques ont été structurées autour de réunions régulières avec procès-verbaux, le plus souvent simplement les personnes présentes lors des permanences (de une à trois après-midi par semaine) prenaient les décisions au fur et à mesure, les consignant parfois dans un grand cahier. De novembre 1998 à novembre 2000, l’infokiosque a suscité la parution d’un journal, le Je sais tout, qui faisait une large publicité à nos rayons et à nos multiples déménagements.
(évacuations-occupations). Le Je sais tout se réclamant de la même idéologie que la maison mère, il ne connaissait pas la censure et encore moins le commentaire éclairé de la rédaction, et se présentait comme un journal écrit par ses lecteurs. Il était donc à l’instar de l’infokiosque pensé comme une auberge espagnole, chacune y amenant ce qu’elle aimerait y trouver, comme un support à la circulation des idées, ouvert en théorie à tous, mais dans les faits utilisé presque uniquement dans le milieu d’où il est issu, de par son mode de diffusion par capillarité amicale et aussi de par cette ouverture déconcertante. De même l’infokiosque, issu des maisons occupées genevoises, n’est pas vraiment parvenu a sortir de ce cadre, certainement en partie à cause du fonctionnement peu structuré, auquel les occupants sont habitués mais qui déstabilise souvent les gens qui y sont étrangers, notamment en ce qui concerne l’argent (nous ne vendons rien) et l’absence des rôles rassurants liés au marché qui feraient des visiteurs des clients, et non des intrus.

C’est en organisant des détachements mobiles de l’infokiosque dans la rue ou dans d’autres lieux que nous parvenons à rompre le sortilège : il parait normal que les propagandistes aillent à la rencontre de leur public, pas le contraire.

Selon une tradition bien ancrée dans les années 90 genevoises, l’infokiosque s’est longtemps évertué à se présenter en noyant le fond idéologique dans l’absurde, mettant sur le même plan, en général sous la forme de listes, ce qui nous importait vraiment et des détails hyper concrets :
Chacun(e) est invité(e) à la gestion collective de ce lieu, et à mettre en commun : ses livres, paperasses, vidéos, forces, rêves, verres de cristal... (1998)
Il y avait un désir très fort de créer du sens, de jouer un rôle idéologique incisif, d’être une structure ouverte, caractérisée par le fait que tout y était possible, sans limites, et du coup, cette idée même était brouillée par l’impression que ce n’était pas dit sérieusement.
Actuellement, chacune est invitée au repas mensuel de l’infokiosque pour y décider de l’avenir de l’infokiosque :
" J’ai toujours voulu faire quelque chose de ces livres. Cet espace me parait utilisable. A quoi sert cette bibliothèque ? Je veux ouvrir un autre jour. Je veux faire une affiche ou de l’édition. J’aménerai un documentaire incroyable. J’ai plein d’idées. " (2002)

L’infokiosque est en mutation permanente. D’une part de par sa mobilité (L’infokiosque le plus mobile du monde, un déménagement perpétuel) due aux évacuations des maisons où il se trouve. (On a dit que les maisons où s’installait l’infokiosque se faisaient toujours évacuer peu de temps après.) Mais même lorsqu’il reste longtemps entre les mêmes murs c’est un chantier permanent, ouvert sur tous les fronts. Un an après l’inauguration de notre nouvel espace, nous venons de finir de rénover la salle informatique, qu’un escalier en colimaçon relie depuis peu à la salle des fictions, récemment aménagée. Nous n’avons pas fini d’extraire la paperasse en vrac de cartons qui n’ont peut-être jamais été ouverts depuis 1997. Dans le même temps nous organisons l’espace pour qu’il soit agréable d’y être, lire et regarder des films, nous inventorions les livres, les étiquetons et les rangeons thématiquement dans les rayons, nous organisons un système permanent de photocopillage et de diffusion de brochures, relevons le courrier électronique et de papier, tentons d’en faire bon usage, mettons en valeur les nouveaux arrivages, classons les revues par ordre alphabétique, archivons les feuilles volantes, faisons visiter les lieux aux néophytes, détachons des infokiosques mobiles au cœur de l’action en essayant d’avoir ou de produire des documents en relation aux événements, ouvrons l’espace pour des réunions, organisons des conférences ou des projections, en essayant à chaque fois de produire une brochure sur le thème, enfin, si nous en prenons le temps, lisons en diagonale le contenu de ce que nous distribuons.

Et nous imaginons un futur où ce chantier serait fini. Ce serait la vraie inauguration, là on ferait vraiment de la pub, des grandes affiches, et plein de gens inconnus viendraient partager avec nous cette expérience merveilleuse.

novembre 2003, février 2004

 

 

 

 

 

 

 

?   Brochures subversives à lire, imprimer, propager