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		<title>Points de fuite</title>
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		<dc:date>2005-05-10T18:19:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Josu Montero</dc:creator>


		<dc:subject>Critiques du travail</dc:subject>
		<dc:subject>Art, Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Petit peuple du cagibi (Grenoble)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#034;Celui qui a le pouvoir fabrique la r&#233;alit&#233; &#224; sa mesure, et il le fait par le moyen de la culture. La culture devient tout cet ensemble plus ou moins complexe d'&#233;l&#233;ments dont la mission est de l&#233;gitimer cette soci&#233;t&#233; ; elle est charg&#233;e de la reproduire, de la perp&#233;tuer.&#034; (extrait)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;P&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot6" rel="tag"&gt;Critiques du travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot16" rel="tag"&gt;Art, Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;Petit peuple du cagibi (Grenoble)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH100/arton234-12916.jpg?1780462533' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff234.jpg?1128977612&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Traduit d'un texte en castillan de Josu Montero (po&#232;te et auteur de th&#233;&#226;tre qui participe aux ateliers d'&#233;criture collective de Barakaldo, Pays basque)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; originalement sous le titre &lt;i&gt;Puntos de Fuga - la cultura como instrumento de normalizaci&#243;n, inclusi&#243;n, cohesi&#243;n y control social&lt;/i&gt;, par les &#233;ditions Ekintza Zuzena (Bilbao - 1998)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut en aucun cas prendre ce texte pour une r&#233;flexion aboutie mais bien pour ce qu'il est r&#233;ellement, de l'avis m&#234;me de son auteur : un ensemble d'id&#233;es et de r&#233;flexions pouvant servir de base &#224; une discussion ou une analyse plus pouss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'a n&#233;anmoins paru suffisamment int&#233;ressant du fait des diff&#233;rents &#233;l&#233;ments qu'il met en relation les uns par rapport aux autres, ainsi que par quelques-unes de ses r&#233;flexions - que l'on retrouvera dans d'autres ouvrages ou brochures, parfois plus pouss&#233;es - &#224; propos de l'int&#233;gration culturelle ou du couple travail/ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les notes regroup&#233;es &#224; la fin du texte sont de ma plume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute envie de participer &#224; la correction et &#224; la retraduction de cette version est la bienvenue. Dans cette optique, ou dans celle d'une simple consultation, l'original en castillan de la brochure est disponible sur demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je remercie celles et ceux qui ont d&#233;j&#224; particip&#233; &#224; la relecture et &#224; la correction de la premi&#232;re traduction du printemps 2004. Illes se reconna&#238;tront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part &#231;a, bonne lecture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traducteureux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
EN GUISE D'EXPLICATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce texte est n&#233; accidentellement. Il y a de &#231;a d&#233;j&#224; un an, les membres du collectif Berri-Otxoak de Barakaldo m'ont demand&#233; d'organiser un petit d&#233;bat pendant un cycle de conf&#233;rences d&#233;di&#233; &#224; &#034;l'exclusion sociale&#034; ; la discussion devait aborder l'exclusion sociale sous l'angle de la culture. Pour cela j'ai essay&#233; de mettre quelques id&#233;es au clair et avec quelques notes j'ai fait un plan. Le cycle de conf&#233;rences de Berri-Otxoak voulait d&#233;noncer l'exclusion sociale et &#233;conomique dont souffrent chaque fois plus fortement un nombre chaque fois plus grand de &#034;pauvres&#034; au sein de notre soci&#233;t&#233; de bien-&#234;tre, et exiger des pouvoirs publics qu'ils mettent fin &#224; cette cruelle situation. Mon approche fut pr&#233;cis&#233;ment le contraire : en d&#233;pit de tant d'in&#233;galit&#233;s, de tant d'exclusion &#233;conomique et sociale, il ne se passe rien parce que le pouvoir fait en sorte que nous soyons tous bien int&#233;gr&#233;s culturellement. Ainsi, loin de plaider pour que la culture des institutions parvienne aux plus d&#233;favoris&#233;s, je suis arriv&#233; &#224; une conclusion qui devint mon point de d&#233;part : nous lib&#233;rer des griffes de la &#034;culture&#034; nous rendra moins ob&#233;issants, moins passifs et plus cr&#233;atifs. Par ce chemin je suis arriv&#233; &#224; des concepts et des id&#233;es qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Plusieurs mois plus tard, des membres de l'Assembl&#233;e anti-TGV me demand&#232;rent de mener une autre petite discussion &#224; propos de la culture alternative dans le cadre de ses journ&#233;es de juin &#224; Iurreta. C'est ainsi que sur les bases de la discussion pr&#233;c&#233;dente j'ai int&#233;gr&#233; de nouvelles questions qui avaient surgi. La bo&#238;te de Pandore &#233;tait ouverte. Plus encore, mon cerveau r&#233;chauff&#233; &#233;tait en train de filer et de structurer de nouvelles interrogations et de nouveaux chemins sur lesquels je m'&#233;tais aventur&#233; avec l'aide de lectures diverses et vari&#233;es - certaines curieusement casuelles - rencontr&#233;es dans quelques livres et bon nombre d'articles de fanzines et de revues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais tout n'&#233;tait encore que notes, id&#233;es plus ou moins &#233;parses, unies les unes aux autres par des &#233;pingles. Quand Ekintza Zuzena m'a propos&#233; de convertir les discussions en un texte, d'un c&#244;t&#233; l'id&#233;e m'a s&#233;duit car je devais le faire solidement, remplir les lacunes, le syst&#233;matiser ; mais d'un autre c&#244;t&#233;, la paresse me gagnait. Quand tout n'&#233;tait qu'&#224; l'&#233;tat de notes, les possibilit&#233;s, les chemins, les suggestions, les intuitions &#233;taient multiples, rien n'&#233;tait trop cat&#233;gorique ; en l'&#233;crivant, toutes ces potentialit&#233;s s'&#233;vaporaient et peu &#224; peu cela donnait quelque chose de rigide, ferm&#233;, doctrinal, jusqu'&#224; para&#238;tre un peu, voir assez, forc&#233;. J'ai essay&#233; de faire en sorte que cela se ressente le moins possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin suivi explique aussi que le texte soit peu approfondi ; il se d&#233;veloppe plus en &#233;tendue qu'en profondeur. Il s'&#233;tend en reliant, en unissant, en rattachant les &#233;l&#233;ments les uns aux autres pour pr&#233;senter la vision n&#233;cessaire d'un paysage d&#233;sol&#233;, sans s'attarder &#224; en analyser une plante particuli&#232;re. Mais, sans &#234;tre d&#233;faitiste, ce serait le plus facile. Comme il est dit dans cette esp&#232;ce de conclusion finale, il suffit seulement de savoir, vouloir et pouvoir voir au-del&#224; des constrictions quotidiennes, de nier notre collaboration journali&#232;re, de d&#233;velopper une sensibilit&#233; qui nous permette de percevoir de quelles possibilit&#233;s cela nous prive constamment..... Ce n'est pas rien !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Comme pratiquement tout, &#034;culture&#034; est un terme parfaitement us&#233; ; us&#233; &#224; la perfection. Le concept qui se cache derri&#232;re ce mot n'est absolument pas innocent. On entend pourtant parler pompeusement de culture comme s'il s'agissait d'une cat&#233;gorie universelle et inamovible. &#192; des circonstances d&#233;termin&#233;es, &#224; un type de soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;, de relations sociales, de relations de production correspond une culture d&#233;termin&#233;e. Il est donc n&#233;cessaire d'ajouter apr&#232;s le substantif les noms qui lui correspondent, de le relativiser ; dans ce cas : culture capitaliste, culture consum&#233;riste, culture m&#233;diatis&#233;e et m&#233;diatique, culture sp&#233;culative et spectaculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui a le pouvoir fabrique la r&#233;alit&#233; &#224; sa mesure, et il le fait par le moyen de la culture. La culture devient tout cet ensemble plus ou moins complexe d'&#233;l&#233;ments dont la mission est de l&#233;gitimer cette soci&#233;t&#233; ; elle est charg&#233;e de la reproduire, de la perp&#233;tuer.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HORLOGE, ARGENT ET TRAVAIL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture est n&#233;cessaire pour cr&#233;er un consensus &#224; propos du type de soci&#233;t&#233;, pr&#233;sentant celle-ci comme l'unique possible, la plus naturelle, la meilleure ; elle normalise ainsi une r&#233;alit&#233; que nous ne trouverions peut-&#234;tre pas si normale si nous &#233;tions capable de la voir avec d'autres yeux. La culture est le principal facteur de consensus et de coh&#233;sion sociale. C'est pourquoi une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur la l&#233;gitimit&#233; que lui conf&#232;re le bien-&#234;tre renforce en temps de crise le contr&#244;le culturel sur les citoyens. Ainsi les couches les plus d&#233;favoris&#233;es &#233;conomiquement, celles qui pourraient remettre en cause une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur l'avoir, puisqu'elles ne poss&#232;dent rien, articulent &#224; peine quelques contestations, remises en cause ou protestations. Sur ceux et celles exclus &#233;conomiquement, socialement, le pouvoir doit exercer l'int&#233;gration culturelle pour qu'il ne se produise pas de fracture sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une br&#232;ve parenth&#232;se pour quelques r&#233;flexions au vol. &#034;Ceux qui ne poss&#232;dent rien&#034; ne sont pas les seuls qui puissent remettre en cause un syst&#232;me bas&#233; sur la propri&#233;t&#233;. &#034;Ceux qui poss&#232;dent en trop&#034; pourraient aussi le faire, et peut-&#234;tre dans une plus grande mesure, vu que pr&#233;cis&#233;ment cet avoir ne les rend pas plus heureux. Et cela se passe ainsi car notre soci&#233;t&#233; ne se sustente pas dans le fait de poss&#233;der, sinon dans le fait de parvenir &#224;, d'acqu&#233;rir, dans la croissance illimit&#233;e et inflexible - avec ce que cela suppose d'abolition &#233;ternelle du pr&#233;sent en fonction d'un futur qui n'arrivera jamais. Je crains que les effets de ce m&#233;canisme soient plus destructeurs psychologiquement qu'&#233;conomiquement ou &#233;cologiquement. De la m&#234;me mani&#232;re, au cours des derniers si&#232;cles, l'horloge a &#233;t&#233; intronis&#233;e comme objet individuel et public essentiel, le temps est parti en fum&#233;e, il s'est effrit&#233;, il a disparu. Garc&#237;a Calvo parle de la nature essentiellement r&#233;actionnaire du temps. J. E. Cirlot affirmait qu'en quelques si&#232;cles d'histoire l'homme a &#233;chang&#233; &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233; l'espace et le temps contre des objets. Ce faisant l'homme est en train de se convertir en objet lui aussi. L'horloge, l'argent, le travail, sainte trinit&#233; vers laquelle nous reviendrons plus tard.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PEUPLE, INDIVIDU ET MASSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons dit, le pouvoir doit int&#233;grer culturellement ceux et celles exclus &#233;conomiquement. Il ne les int&#232;gre &#233;videmment pas &#224; une culture d'&#233;lite, mais &#224; une culture de second ordre, de troisi&#232;me classe. Le terme &#034;populaire&#034; a souffert d'un d&#233;placement s&#233;mantique significatif et int&#233;ress&#233;. Il y a de cela plusieurs dizaines d'ann&#233;es, &#034;populaire&#034; signifiait &#034;fait par le peuple&#034; - cela d&#233;borde les limites de ce texte que d'estimer ce que cela voulait dire ; aujourd'hui, par &#034;populaire&#034; ou &#034;pop&#034; on entend plut&#244;t &#034;fait pour la consommation du peuple&#034;. Aujourd'hui le peuple n'est pas cr&#233;ateur de culture, il est sujet passif, consommateur, spectateur, usager, parce que la culture de la consommation s'est impos&#233;e ; tout nous parvient d&#233;j&#224; fait, fabriqu&#233;, pr&#234;t-&#224;-consommer. Le capitalisme a r&#233;ussi &#224; nous rendre libres : libres de voter et de choisir parmi un large &#233;ventail de marchandises. Et c'est dans ce sens que le peuple a pratiquement cess&#233; d'exister ; le pouvoir nous &#224; transform&#233; en individu ou en masse. C'est cette usurpation que le pouvoir &#224; perp&#233;tr&#233; &#224; l'&#233;gard du &#034;populaire&#034;, le transformant en &#034;de masse&#034;, et c'est de ses effets dont parle Antonio M&#233;ndez Rubio dans son r&#233;cent et tr&#232;s recommandable livre &lt;i&gt;Encrucijadas. Elementos de cr&#237;tica de la cultura&lt;/i&gt; : &#034;[...] &lt;i&gt;l'int&#233;gration que procure la culture de masse cherche &#224; gommer les diff&#233;rences &#233;conomiques et de pouvoir, &#224; faire dispara&#238;tre la menace qu'implique l'existence m&#234;me de la underlying population, &#224; partir de l'&#233;galit&#233; formelle de la consommation&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si telles sont les choses, cela vaut-il la peine de lutter pour une plus grande int&#233;gration culturelle, d'un plus haut niveau, ou vaut-il mieux, dans la mesure du possible, nous sortir d'un syst&#232;me qui nous opprime et nous consume ? Je crois que l'engagement, peut-&#234;tre utopique, devrait consister &#224; rel&#226;cher les liens de cette int&#233;gration culturelle ; mais, bien entendu, ce &#224; quoi nous ne devrions pas travailler c'est &#224; &#233;tayer le syst&#232;me. Au-del&#224; de l'humanisme et des principes d&#233;montr&#233;s, et &#233;tant donn&#233;e la situation dans laquelle nous nous trouvons, il est n&#233;cessaire de r&#233;fl&#233;chir de fa&#231;on audacieuse &#224; propos des b&#233;n&#233;fices de la culture et &#224; propos de ses serviteurs - et je ne pense pas seulement aux plus imm&#233;diats et aux plus &#233;vidents. R&#233;fl&#233;chir, par exemple, sur la nature des campagnes de promotion du livre et de la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233; et le faible niveau culturel vont &#233;videmment de pair. Pas besoin de tourner des heures autour du pot pour savoir qui fut le premier de l'oeuf ou de la poule. On peut le v&#233;rifier dans nos villes o&#249; dans les quartiers les plus d&#233;favoris&#233;s se trouvent les &#233;coles avec les plus grands indices d'&#233;chec scolaire et d'enfants ou de jeunes &#034;&#224; probl&#232;mes&#034;. Nous ne pouvons pas oublier que c'est l'un des engrenages qui permet &#224; l'Etat de mettre en marche et de l&#233;gitimer sa machine r&#233;pressive n&#233;cessaire, sa violence fondamentale. La marginalisation et la d&#233;linquance : une parcelle culturelle qui para&#238;t ne pas int&#233;resser le grand public.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AGONIE DE LA CULTURE OUVRI&#200;RE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Euskadi &lt;i&gt;[au Pays basque, ndt]&lt;/i&gt; nous sommes en train de vivre des changements culturels profonds, qui correspondent en partie &#224; un ph&#233;nom&#232;ne mondial que Ram&#243;n Fern&#225;ndez Dur&#225;n analyse attentivement dans son livre &lt;i&gt;La Explosi&#243;n del desorden&lt;/i&gt;. Il y a quelques ann&#233;es encore, pr&#233;dominait ici la culture ouvri&#232;re. L'individu int&#233;ressait le syst&#232;me en tant que producteur ; son milieu vital et symbolique &#233;tait l'usine. Nous avons assist&#233; &#224; la fin de ce mod&#232;le. Aujourd'hui, l'individu, au sein de la soci&#233;t&#233; du suppos&#233; bien-&#234;tre, est int&#233;ressant en tant que consommateur. Le centre n'est plus la production, celle-ci s'est d&#233;plac&#233;e g&#233;ographiquement vers d'autres pays o&#249; l'on peut produire pour moins cher tout en r&#233;alisant plus de b&#233;n&#233;fices. Des pays g&#233;n&#233;ralement peu d&#233;mocratiques dont les travailleurs et travailleuses ne poss&#232;dent pas les privil&#232;ges dont jouissent ceux et celles des &#034;d&#233;mocraties&#034; ; ces derniers ont r&#233;ussi &#224; obtenir tellement de droits que le plus efficace pour les capitalistes a &#233;t&#233; de faire dispara&#238;tre, non pas les droits, mais bien la figure m&#234;me de l'ouvrier. C'est en cela que consiste la fameuse globalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, l'usine ne correspond d&#233;j&#224; plus au travail. Les usines ont pratiquement disparu du paysage. Aujourd'hui, le milieu vital et symbolique, l'espace de l'humain s'est d&#233;plac&#233; au &#034;Grand Centre commercial&#034;, grand totem du consum&#233;risme. La monumentalit&#233; &#233;pique des usines est aujourd'hui usurp&#233;e par les macrocentres commerciaux - ou par le Guggenheim, autre grand centre culturo-commercial. Nous pouvons aller plus loin, et affirmer que l'espace symbolique de l'humain est aujourd'hui la r&#233;alit&#233; virtuel de l'&#233;cran toujours allum&#233; du t&#233;l&#233;viseur, ou de l'ordinateur. Les gens ne se r&#233;unissent plus sur une place, dans les bars ; les gens se rencontrent &#224; l'hypermarch&#233;, qui aide &#224; passer ses soir&#233;es du samedi. Confluence de vie sociale et de consommation, avec air et lumi&#232;re artificielle. Les espaces auparavant occup&#233;s par les usines sont ceux o&#249; s'&#233;rigent aujourd'hui les grands centres commerciaux. La culture, le loisir sont question de consommation ; la culture est une industrie, l'une des plus rentables. Parlant de son film &lt;i&gt;Charles, mort ou vif&lt;/i&gt;, le r&#233;alisateur suisse Alain Tanner affirme : &lt;i&gt;&#034;Adeline r&#234;ve que Gen&#232;ve se transforme en une ville d'usine parce que,dit-elle,&#034;elle m'horrifie cette ville, cette ville de parcs, d'institutions internationales, dans laquelle il n'y a pas d'ouvriers, cette ville dans laquelle on ne peut d'aucune mani&#232;re marcher sur la pelouse.&#034; L'&#233;limination des signes du travail y est unie &#224; un contr&#244;le rigide. Les esp&#233;rances politiques de la jeunesse europ&#233;enne furent remplac&#233;es par la consommation massive de hamburgers et par les voyages organis&#233;s (le remplacement des deux librairies fran&#231;aises Masp&#233;ro par deux agences de voyage symbolise ce ph&#233;nom&#232;ne).&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu par cons&#233;quent un d&#233;placement de la culture ouvri&#232;re vers la culture de la consommation. Les valeurs positives de cette culture ouvri&#232;re sont en train de dispara&#238;tre : des valeurs comme la solidarit&#233; ; la confiance en la force m&#234;me de se voir soutenu par beaucoup d'autres dans le m&#234;me cas ; la capacit&#233; de proposer et de lutter pour des revendications et des droits ; une vraie culture de la rue, espace o&#249; se rencontraient les gens... La disparition de ces valeurs est un danger qui se traduit dans les faits par le recul des mouvements d'associations de quartier ou la multiplication des entreprises de travail temporaire et la rare contestation que cela g&#233;n&#232;re - la figure de l'ouvrier solidaire a fait place &#224; celle du travailleur journalier urbain sans d&#233;fense.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE LA POLITIQUE &#192; LA PUBLICIT&#201;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nos villes, les rues et les places se vident et les centres commerciaux se remplissent. Le loisir s'unit directement &#224; la consommation. Et cela est frustrant pour qui n'a pas de capacit&#233; &#233;conomique, bien que m&#234;me ce vide soit rempli par les magasins &#034;populaires&#034; &lt;i&gt;todo a cien&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Todo a cien&#034; : &#233;quivalent d'un bazar o&#249; l'on trouve tout ce qui n'est pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Que faire ? Revendiquer notre droit &#224; consommer ou plaider pour un autre mod&#232;le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un livre dont le titre r&#233;sume cela &#224; la perfection : &lt;i&gt;De la guerre des classes &#224; la guerres des phrases. De la politique &#224; la publicit&#233;&lt;/i&gt;. Actuellement, la politique - la lutte pour un monde meilleur - a disparu puisque apparemment le meilleur monde &#034;raisonnablement&#034; possible est celui-ci. Il existe un consensus authentique, tous les politiciens sont d'accord avec l'essentiel du mod&#232;le en vigueur ; il est seulement question de r&#233;gler ses dysfonctionnements, de faire quelques retouches, d'introduire de l&#233;g&#232;res nuances... et de beaucoup de rh&#233;torique. La politique s'est convertie en un savoir technique, r&#233;serv&#233; &#224; des professionnels. Les quelques rares individus qui ne sont pas d'accord sont diabolis&#233;s comme ennemis de la soci&#233;t&#233;. C'est en cela que doit consister la fameuse fin des id&#233;ologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la lutte a lieu entre produits, pour que nous consommions ; les slogans publicitaires remplissent notre vie. La publicit&#233; cr&#233;e la r&#233;alit&#233;. La rentabilit&#233; &#233;conomique seule importe et tout conduit &#224; ce que l'individu en soit le g&#233;n&#233;rateur. Jos&#233; Saramago a &#233;crit que&lt;i&gt;&#034;la seule chose qui remue et dessine le destin de l'homme actuellement est l'argent&#034;&lt;/i&gt;. L'argent est le d&#233;tenteur de toutes les pr&#233;rogatives qui jusqu'&#224; Nietzsche correspondaient &#224; Dieu : il est omnipr&#233;sent, omnipotent, il n'est ni tangible ni charnel mais il peut se personnifier et vivre en nous quand la foi faiblit, il appara&#238;t &#224; ceux et celles qui croient en lui et condamne les incroyants. Ce qui ne se vend pas ou ne se transmet pas m&#233;diatiquement n'a aucune existence - la th&#233;orie connue de la disparition du r&#233;el, de P. Virilio - et ce qui est ennuyeux est que ce qui se vend cesse d'exister. Et aujourd'hui, pour vendre, on va jusqu'&#224; faire du spectacle des sentiments.
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&lt;p&gt;T&#201;L&#201;COMMANDE ET D&#201;MOCRATIE OU INFORMER ET UNIFORMISER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons passer rapidement - cela sortirait du cadre de ce texte - sur les deux piliers de base de cet &#233;tat des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est, clairement, l'&#233;ducation. Un syst&#232;me &#233;ducatif qui met au rencard d&#232;s le d&#233;but la cr&#233;ativit&#233;, la curiosit&#233;, le d&#233;sir, et qui encourage la comp&#233;titivit&#233;, l'ob&#233;issance, l'acceptation acritique. Tout cela contribue &#224; former les individus au contr&#244;le et &#224; la productivit&#233; - long chemin jusqu'au march&#233; aux esclaves, pardon, je voulais dire du travail, r&#233;gi malgr&#233; ses d&#233;guisements par un syst&#232;me de r&#233;compenses et de punitions. Les parents qui voudraient que leurs enfants sortent de cette norme ne sont pas au bout de leurs peines, ne serait-ce d&#233;j&#224; parce que notre syst&#232;me &#233;ducatif est obligatoire - une autre des r&#233;ussites du credo illustr&#233; ; les exp&#233;riences positives des quelques &#233;coles libres &#233;parpill&#233;es de-ci de-l&#224; s'essoufflent face aux obstacles du pouvoir. La r&#233;alit&#233; et la fonction de l'universit&#233; est tellement &#233;vidente que cela ne vaut pas la peine de s'y attarder ; nous noterons juste l'hyper-sp&#233;cialisation chaque fois plus grande et plus int&#233;ress&#233;e comme &#233;tant l'un des facteurs qui influe le plus sur l'&#233;tat des choses. Plus notre connaissance sera ponctuelle, plus nous serons sans d&#233;fense. Nous connaissons les comment et leurs applications mais nous en ignorons le quoi, le pour quoi et le pourquoi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En espagnol &#034;pour&#034; se d&#233;cline en para et por, but et cause.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Notre savoir finit par &#234;tre instrumental, nous sommes les simples rouages d'une grande machinerie que nous avons appris &#224; ne pas voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le syst&#232;me &#233;ducatif, l'autre pilier de base de la structure culturelle en vigueur est l'industrie de la communication. Des macrogroupes contr&#244;lent et produisent l'information, la culture et l'id&#233;ologie - ou leur manque. L'industrie audiovisuelle se trouve &#224; la t&#234;te de ce secteur. T&#233;l&#233;vision, vid&#233;o, t&#233;l&#233;phonie, ordinateurs, publicit&#233;, journaux, revues, livres, cin&#233;ma... la participation dans ce secteur des grands capitaux financiers et les grands int&#233;r&#234;ts qui sont en jeu, &#233;tant donn&#233;e son importance strat&#233;gique, font que se confondent les concepts d'industrie culturelle, de groupe de communication et de pouvoir. De quatri&#232;me pouvoir, les moyens de communication (m&#233;dias) sont devenus le pouvoir essentiel car, comme nous l'affirmions plus haut, l'&#233;cran - et la r&#233;alit&#233; virtuelle qu'il nous montre - s'est &#233;rig&#233; en espace symbolique de l'humain. Les gens se rencontrent de moins en moins dans les places et les bars et de plus en plus de forme autiste autour du t&#233;l&#233;viseur, ou sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pluralit&#233; de l'offre est une grande mystification, une grande supercherie ; lorsque tu n'ob&#233;is pas aux int&#233;r&#234;ts du pouvoir tu cesses d'exister. [...] En zappant avec la t&#233;l&#233;commande - l'essence authentique de la d&#233;mocratie ! -, on constate l'uniformit&#233; et la grossi&#232;ret&#233; de 95 % des produits que nous offrent les centaines de canaux auxquels nous avons acc&#232;s. Les informations - &#034;uniformisations&#034; serait plus ad&#233;quat - sont par leur port&#233;e l'unique r&#233;f&#233;rant. Une t&#233;l&#233;vision comme la t&#233;l&#233; espagnole ne poss&#232;de des correspondants que dans une dizaine de villes, presque toutes du premier monde bien s&#251;r&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les hispanophones emploient souvent &#034;premier monde&#034; lorsque les m&#233;dias (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; le reste de l'information provient des agences, le principal syst&#232;me de d&#233;sinformation et de propagande du &#034;syst&#232;me unique&#034; : un message unique r&#233;pandu par des milliers de haut-parleurs qui font clairement entendre qui sont les bons et qui sont les m&#233;chants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde &#233;ditorial ne donne pas non plus de preuve d'une plus grande h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. Sept &#233;diteurs se partagent 80 % du march&#233; du livre dans l'Etat espagnol, et la dynamique m&#234;me du march&#233; du livre m&#232;ne &#224; la mise au rencard des petits &#233;diteurs qui ne comptent pas sur un fort appui des autres secteurs ; il est possible de dire pareil des petites librairies en faveur des grandes surfaces impersonnelles r&#233;gies uniquement par des crit&#232;res mercantiles.
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&lt;p&gt;REPR&#201;SENTATION ET SPECTACLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e va de plus en plus dans un sens unique, celui qu'ils ont balis&#233;. La culture ressemble de plus en plus &#224; un march&#233; global o&#249; quelques-uns vendent et o&#249; beaucoup d'autres se consument devant les emballages infinis du m&#234;me message.&lt;br&gt;Revenons &#224; la t&#233;l&#233;vision, m&#233;dia cl&#233; de par son &#233;norme influence sur le mode de vie et le changement des mentalit&#233;s. Certains ont affirm&#233; que, sans la t&#233;l&#233;vision, un syst&#232;me comme la d&#233;mocratie moderne serait inimaginable. Il y a dans la mythologie grecque un &#234;tre monstrueux - monstrueux ne veut pas dire laid, repoussant, les monstres sont fr&#233;quemment des &#234;tres &#034;adorables&#034;, fascinants, attrayants -, la M&#233;duse. La M&#233;duse exer&#231;ait une attraction vertigineuse sur les hommes. Si ces derniers ne la regardaient pas il n'y avait aucun danger, mais s'ils &#233;taient incapables de r&#233;sister &#224; sa fascination ils la regardaient... et qui la regardait restait p&#233;trifi&#233; ; la M&#233;duse attrapa et congela dans son regard tous les regards de ces hommes. Belle m&#233;taphore de cet envo&#251;tement et de cette insensibilisation que la t&#233;l&#233;vision produit sur nous. La t&#233;l&#233;vision nous montre presque tout - &#231;a oui, convenablement mont&#233; et ordonn&#233; par le pouvoir -, nous bombarde d'informations, et le t&#233;l&#233;spectateur - autrefois d&#233;nomm&#233; &#034;peuple&#034; - substitue l'action par l'information ; l'opinion est en soi un but h&#233;ro&#239;que, ce qui g&#233;n&#232;re une soci&#233;t&#233; plus ob&#233;issante et plus passive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#233;l&#233;vision nous vend la repr&#233;sentation de la r&#233;alit&#233; comme si c'&#233;tait la r&#233;alit&#233; m&#234;me ; l'exp&#233;rience m&#233;diatis&#233;e grandit ainsi au d&#233;triment de l'exp&#233;rience directe, de la participation. La t&#233;l&#233;vision convertit la r&#233;alit&#233; en spectacle ; il y a spectacularisation de la vie &#224; travers sa repr&#233;sentation. La grande th&#233;&#226;tralisation m&#233;diatique autour de l'affaire Miguel &#193;ngel Blanco&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Affaire Miguel Angel Blanco : &#233;lu du Parti populaire (parti de droite au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; laquelle nous avons assist&#233; l'&#233;t&#233; dernier, d&#233;montre clairement le pouvoir de la t&#233;l&#233;vision comme g&#233;n&#233;rateur de r&#233;alit&#233; ainsi que sa capacit&#233; &#224; se changer en un d&#233;mocratique autel du sacrifice. Utilisant le SIDA comme m&#233;taphore, quelqu'un a &#233;crit que la t&#233;l&#233;vision est &#224; l'imagination et &#224; la cr&#233;ativit&#233;, mais aussi &#224; la critique, ce que le virus est &#224; l'ADN. Ce qui saute aux yeux &#224; la vue de faits comme le &lt;i&gt;rese&#241;ado&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rese&#241;ado : sans doute un reality-show de la TV espagnole (rese&#241;ar signifie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou d'autres &lt;i&gt;reality shows&lt;/i&gt;, et en jetant un coup d'oeil autour de nous, c'est que la vie affective de l'homme s'achemine de plus en plus vers un monde virtuel au travers de l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gonzalo Abril, professeur de sciences de l'information, a &#233;crit r&#233;cemment : &lt;i&gt;&#034;L'aire de l'information est l'aire de la production industrielle d'&#233;tats mentaux qui accaparent aussi le contr&#244;le des sensibilit&#233;s et de l'affectif. Cela a commenc&#233; avec la publicit&#233;, qui dans le monde actuel a envahi totalement le champ de l'information.&#034;&lt;/i&gt;
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&lt;p&gt;RENDEMENT ET H&#201;DONISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, Jos&#233; Manuel Romero, analysant dans la revue &lt;i&gt;Iralka&lt;/i&gt; la fabrication de la soumission et de l'exploitation, aborda quatre m&#233;canismes du pouvoir y aboutissant : la d&#233;r&#233;gulation du march&#233; du travail, les effets de &#034;confusion&#034; et de &#034;peur&#034; de l'information dans les mass m&#233;dia et, celui qui attire le plus mon attention, le mod&#232;le de &#034;bonne vie&#034; que les m&#233;dias - principalement la t&#233;l&#233;vision - entretiennent et diffusent. J. M. Romero &#233;crivait : &lt;i&gt;&#034;Quelle attitude face &#224; la vie assument-ils et nous pr&#233;sentent-ils comme valable, comme parfaite ? C'est &#233;vident : un h&#233;donisme facile qui ignore tout type de d&#233;chirure vitale... &#034;Prends ton pied&#034; est son imp&#233;ratif cat&#233;gorique... Un tel mod&#232;le de vie maintient les individus dans un minorit&#233; d'&#226;ge flagrante, les installe dans une adolescence permanente, dans une immaturit&#233; commod&#233;ment irresponsable qui ne se pr&#233;occupe pas des questions douloureuses, des probl&#232;mes qui nous harc&#232;lent. Ces choses-l&#224; agacent, et l'important est ne ne pas &#234;tre agac&#233;... Le r&#233;sultat en est le maintien des individus dans un &#233;tat de conventionnalit&#233; radicale, de fusion compulsive avec les valeurs de coh&#233;sion sociale. Les individus sont maintenus &#224; un niveau conventionnel dans le contexte d'une soci&#233;t&#233; in&#233;galitaire impr&#233;gn&#233;e d'une id&#233;ologie du rendement &#224; laquelle l'h&#233;donisme facile n'est ni plus ni moins que son envers et son compl&#233;ment. Les processus de constitution des subjectivit&#233;s distanci&#233;es du conventionnel sont ainsi sap&#233;s ; ce qui, dans un contexte o&#249; cela co&#239;ncide avec la discipline et un h&#233;donisme obsessionnel, est hautement int&#233;ressant pour un pouvoir qui cherche &#224; maintenir les individus dans une position politique et sociale passive. Un pouvoir qui veut des individus-objets pr&#233;visibles dont les n&#233;cessit&#233;s ne surpassent pas l'offre quotidienne des grandes surfaces.&#034;&lt;/i&gt; Nous pensons que l'int&#233;r&#234;t excuse la longueur de la citation. Rendement, r&#233;ification de l'&#234;tre humain et grandes surfaces commerciales, &#233;l&#233;ments r&#233;currents dans notre texte.
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&lt;p&gt;CONTRE-CULTURE PR&#202;T-&#192;-PORTER ET MARCHANDISATION DU D&#201;SIR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la culture entendue comme instrument de consensus acritique, d'int&#233;gration sociale, on trouve une autre conception de la culture qui la comprend pr&#233;cis&#233;ment comme instrument pour lutter contre l'&#233;tat des choses, contre le mod&#232;le de soci&#233;t&#233; en vigueur ; on l'a appel&#233;e contre-culture, anti-culture, culture alternative, underground... Historiquement il y a toujours eu des mouvements qui se sont oppos&#233;s au mod&#232;le social en vigueur non au travers de la politique mais pas le biais de la culture. Ils ont plusieurs fois &#233;t&#233; pr&#233;curseurs de mouvements politiques. L'Histoire &#233;tant &#233;crite par les vainqueurs, il en est &#224; peine rest&#233; quelques t&#233;moignages ; &#224; d'autres &#233;poques, nous pouvons imaginer qu'ils &#233;taient condamn&#233;s pour h&#233;r&#233;sie. Seulement on ne se souvient d'eux que depuis une &#233;poque assez proche : romantisme, dada&#239;sme, surr&#233;alisme, situationnisme, beat g&#233;n&#233;ration, mouvements hippies, rock, punk...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute mani&#232;re le syst&#232;me capitaliste a trouv&#233; le moyen de se d&#233;barrasser de ces attitudes de contestation : en les innocentant, en les int&#233;grant, en les convertissant en produits vendables. Le capitalisme, a &#233;crit Hakim Bey, est un vampire qui suce notre sang, notre &#233;nergie, notre cr&#233;ativit&#233;, ce qui en plus lui donne vie car le capitalisme vit de la marchandisation de notre imagination, en la convertissant en amusement, en spectacle, et en abandonne ensuite le cadavre converti en zombie - belle m&#233;taphore que celle du mort vivant pour comprendre la nature de la culture et de l'art actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La stup&#233;fiante chanteuse du Velvet Underground, l'allemande Christa Paffgen - Nico - avait d&#233;j&#224; retourn&#233; le couteau dans la plaie quand, en pleine explosion hippie, elle a d&#233;fini le mouvement hippie comme une esp&#232;ce de march&#233; noir qui lui rappelait celui de son adolescence dans le Berlin vaincu de l'apr&#232;s-guerre. Aujourd'hui la culture dite alternative est en grande partie une marque de fabrique. Le pouvoir absorbe, il assume le concept en en annulant le contenu et en le vidant de sa signification. Les suppl&#233;ments dominicaux et les revues publicitaires des multinationales usurpent et s'approprient l'esth&#233;tique et le style du fanzine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la seconde guerre mondiale le syst&#232;me s'aper&#231;ut de l'importance d'un secteur jusque l&#224; pratiquement exclu : la jeunesse. La culture jeune est donc apparue et avec elle l'importance et la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre toujours jeune. Bob Dylan a commenc&#233; &#224; essayer d'&#234;tre &lt;i&gt;forever young&lt;/i&gt; et a fini en le chantant au Pape le plus r&#233;actionnaire des derni&#232;res d&#233;cennies. L'explosion de la culture juv&#233;nile a co&#239;ncid&#233;, par hasard, bien s&#251;r, avec l'augmentation du pouvoir d'achat de la jeunesse et avec en cons&#233;quence la n&#233;cessit&#233; pour cette derni&#232;re de s'&#233;manciper et d'&#234;tre rebelle. Ce qui est certain c'est que ce secteur est peu &#224; peu devenu le principal client acheteur. Les symboles de sa r&#233;bellion commenc&#232;rent &#224; alimenter le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En phagocytant toutes ces formes de protestation, le syst&#232;me les momifie, les empaille, annule les contenus en pr&#233;servant la forme, laissant intactes la fa&#231;ade, l'apparence, l'enveloppe ; la r&#233;bellion comme pose pr&#234;te &#224; &#234;tre empaquet&#233;e et vendue au Corte Ingl&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Corte Ingl&#233;s : grande surface de style Galerie Lafayette r&#233;pandue dans toute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y a quelques mois Marta Sanz &#233;crivait dans la revue &lt;i&gt;Ni hablar&lt;/i&gt; &#224; propos de la culture pop : &lt;i&gt;&#034;Ils nous d&#233;pouillent de nos symboles en les multipliant et en les sortant de leur contexte, ils nous neutralisent en vidant de sens nos r&#233;f&#233;rences, notre symbolique, nos instruments pour dire, pour parler, pour agir.&#034;&lt;/i&gt;
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&lt;p&gt;R&#201;VOLUTION SUBVENTIONN&#201;E&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se passe aujourd'hui la m&#234;me chose dans le domaine de l'art. Autant dans le th&#233;&#226;tre que dans la litt&#233;rature, la peinture ou le cin&#233;ma. Les contenus contestataires du &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; actuel sont envelopp&#233;s de papier cadeau et parachev&#233;s par les petits rubans et les paillettes du syst&#232;me. Les oeuvres qui remettent en cause le r&#233;gime du march&#233; actuel sont mises en circulation par lui-m&#234;me. Elles finissent par l'alimenter et le l&#233;gitimer, comme nous le disions plus haut. En &#233;change le march&#233; engloutit le contenu et, &#224; la fin de la cha&#238;ne de production culturelle, en recrache la forme pel&#233;e et appauvrie convertie en grandes expositions r&#233;trospectives, dans les grands mus&#233;es de l'Etat, de mouvements auxquels on a fait dispara&#238;tre comme par enchantement leur authentique nature &#233;mancipatrice, comme le surr&#233;alisme et tant d'autres ; comme le montage &#224; coup de millions, &#224; charge des grandes compagnies &#233;tatiques, des oeuvres de Brecht ou de Weis, pour donner seulement quelques exemples. La classification historique, la &#034;critique&#034;, la culture tuent l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble bien qu'aujourd'hui les oeuvres &#034;r&#233;volutionnaires&#034; veulent &#234;tre subventionn&#233;es par le capitalisme. Les artistes, r&#233;cemment, lors d'Arco 97&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arco : foire d'art contemporain espagnole, dont on n'entendait pas parler il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, demand&#232;rent au gouvernement qu'il renforce le march&#233; de l'art. C'est aujourd'hui la norme ; ce qui est rare, exceptionnel, ce sont des po&#232;tes comme Carlos Oroza, dont vous ne trouverez les livres dans aucune librairie, qui interpelle : &lt;i&gt;&#034;L'Etat doit-il alimenter le po&#232;te ou le po&#232;te doit-il d&#233;truire l'Etat ?&#034;&lt;/i&gt; C'est dans ce contexte que l'avant-garde artistique r&#233;elle a propos&#233; une gr&#232;ve de l'art pour les deux premi&#232;res ann&#233;es du XXe si&#232;cle, pour attirer l'attention et la r&#233;flexion sur la fonction que l'art - ravi par le pouvoir - est en train de remplir dans le renforcement du syst&#232;me et la ruine de l'&#234;tre humain.
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&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ROCK &amp; ROLL ZOMBI OU LE ROCK DU POUVOIR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est significatif que ces attitudes antisociales et contre-culturelles qui surgirent il y a 30 ans comme devise de libert&#233; et de subversion : sexe, drogue et rock &amp; roll, soient aujourd'hui des industries florissantes qui rapportent de splendides b&#233;n&#233;fices &#224; ceux qui les dirigent. Le rock &amp; roll serait peut-&#234;tre aujourd'hui l'image la plus significative du zombie, du mort-vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des messages pr&#233;c&#233;demment subversifs sont d&#233;sormais empaquet&#233;s et pr&#234;ts &#224; consommer au travers d'une cha&#238;ne de marketing millionnaire. Grandes vedettes idol&#226;tr&#233;es - ou vedettes d'ampleur moyenne, y compris familiales - et leurs compagnies : le n&#233;goce du si&#232;cle, le plus hypocrite. Un panorama au sein duquel les groupes les plus antisyst&#232;me enregistrent pour des multinationales qui se d&#233;dient aussi &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire ou &#224; la fabrication et l'exportation d'armes ; et au sein duquel l'ind&#233;pendance - l'ind&#233; - est une mode promotionnelle de plus. Jim Morrison &#233;crivait d&#233;j&#224; : &lt;i&gt;&#034;Aujourd'hui l'art orne les murs de notre prison pour nous maintenir conformes, divertis, et indiff&#233;rents&lt;/i&gt;.&lt;i&gt;&#034;&lt;/i&gt; &#192; propos du pouvoir du rock et du rock du pouvoir - l'utilisation tant effective et machiav&#233;lique que celui-ci peu faire de celui-l&#224; - les paroles avec lesquelles Elena L&#243;pez termine son livre &lt;i&gt;Du txistu au telecaster. Chronique du rock basque&lt;/i&gt; sont tr&#232;s significatives : &lt;i&gt;&#034;On dit que, lorsque les Beatles sont pass&#233;s pour la premi&#232;re fois &#224; la t&#233;l&#233;vision nord-am&#233;ricaine, le nombre de d&#233;lits a pratiquement chut&#233; &#224; z&#233;ro dans tout le pays durant le temps de l'&#233;mission. Si le rock sert &#224; &#231;a, nous saluons le fait qu'aujourd'hui il continue &#224; exister.&#034;&lt;/i&gt; Nous sommes bien entendu totalement oppos&#233;s &#224; la conclusion de l'auteur ; soyons s&#251;r que les t&#234;tes pensantes du contr&#244;le &#233;tatique auront pris bonne note de cette &#233;ducation : rock, t&#233;l&#233;vision, passivit&#233; (des &#034;d&#233;linquants&#034;).
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TROUS NOIRS DANS L'UNIVERS DU MARCH&#201; OU SE METTRE DE C&#212;T&#201;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; ce point, je me fais une derni&#232;re r&#233;flexion. Aujourd'hui, dans cette illusion de libert&#233; on peut dire quoi que ce soit. Les messages, les contenus ne sont plus aujourd'hui ce qui est subversif car ils peuvent &#234;tre vid&#233;s et vendus par le march&#233; - l'&#233;cologie est un bon exemple de cette pratique. Il se peut qu'aujourd'hui la contestation, la lutte se rencontrent ailleurs. Non pas dans le contenu mais dans la forme et dans le canal. Alain Tanner a &#233;crit : &lt;i&gt;&#034;Tout proc&#232;de du m&#234;me discours publicitaire. Nous vivons, sans le savoir, dans un v&#233;ritable syst&#232;me de censure, mais une censure qui nous sourit largement : c'est le lib&#233;ralisme. En r&#233;alit&#233;, on peut dire ce que l'on veut quant au contenu, ce qui nous donne l'illusion de la libert&#233;. La censure, &#233;videmment &#233;conomique, s'exerce sur les formes. Le pi&#232;ge est l&#224;. Les contenus importent peu, rien ne se joue &#224; ce niveau, dans la mesure o&#249; il y a un consensus g&#233;n&#233;ral dans notre soci&#233;t&#233; selon lequel tout le monde est plus ou moins d'accord sur tout. Cependant, ce qui peut encore faire bouger (un peu, peut-&#234;tre...) les choses en mati&#232;re artistique, c'est le travail des formes. L'int&#233;r&#234;t peut se trouver uniquement dans la forme du discours, plus que dans le discours en lui-m&#234;me. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ici que la route est coup&#233;e, ou que s'exerce une pression vers les marges. J'ai toujours &#233;t&#233; un peu en marge, mais le probl&#232;me maintenant c'est que ces marges se r&#233;tr&#233;cissent de plus en plus.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er des canaux de culture qui ne soient pas m&#233;diatis&#233;s par le pouvoir, des v&#233;hicules que nous dirigerions nous-m&#234;mes. Se ranger &#224; c&#244;t&#233; de son syst&#232;me de production et de vente, hors de la machinerie qui convertit la cr&#233;ativit&#233; et la critique en une marchandise. Aujourd'hui la critique des canaux est aussi n&#233;cessaire que la critique des contenus. Nous devons nous sortir de ses routes et de ses march&#233;s. Ce qui est important ce n'est pas la marchandise - culturelle - en soit, mais le syst&#232;me de production dans lequel elle surgit et s'ins&#232;re. Ouvrir de petits trous noirs dans l'univers du march&#233;. Ne pas se soumettre &#224; ce consensus de l'offre et de la demande ; interf&#233;rer, boycotter ces m&#233;canismes de consensus, d'int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Calvo Ortega, dans sa critique du livre de Santiago L&#243;pez Petit &lt;i&gt;Horror vacui&lt;/i&gt;, affirme : &lt;i&gt;&#034;Un corps qui refuse de plier et qui en ne se soumettant pas interf&#232;re dans le m&#233;canisme consensuel. Mais abandonner l'ordre est avant tout abandonner la structure de l'attente, de cette attente interminable qui nous assujettit et nous emp&#234;che de vivre. Ouvrir la crevasse depuis laquelle pouvoir vivre, se mettre de c&#244;t&#233;. Multiplier les espaces o&#249; il est possible d'habiter sans &#234;tre trop sujets. Assur&#233;ment pas hors du syst&#232;me, mais d'o&#249; nous pouvons l'attaquer &#224; coup s&#251;r. Au lieu de vivre le ch&#244;mage comme une punition g&#233;n&#233;rale, s'aventurer &#224; essayer d'en profiter pour impulser sa cr&#233;ativit&#233;. L'exp&#233;rimenter comme une nouvelle forme de vie, parce que exp&#233;rimenter c'est vouloir vivre.&#034;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;
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&lt;p&gt;L'ATTENTE INTERMINABLE ET LE CH&#212;MAGE COMME POINT DE FUITE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; parl&#233; du travail et de l'horloge ; F. Calvo nous parle ici de la structure de l'attente interminable et du ch&#244;mage. Les suggestions se bousculent et je veux insister sur ce point essentiel. J'ai parl&#233; plus haut des valeurs positives de la culture ouvri&#232;re moribonde, dont la perte suppose un danger ; mais la culture ouvri&#232;re a aussi g&#233;n&#233;r&#233; des valeurs n&#233;gatives. La plus n&#233;faste de toute, bien qu'elle ne soit pas une de ses inventions : la sacralisation du travail et l'articulation de la personne et de la soci&#233;t&#233; autour de la valeur travail. C'est une valeur encore tr&#232;s en vigueur au sein de la gauche. Je consid&#232;re qu'il est n&#233;cessaire, indispensable, de nous construire d'autres ciments qui ne soient pas le travail - et &#233;videmment pas la consommation non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque dans laquelle le ch&#244;mage ne va pas dispara&#238;tre - et ce n'est pas s&#251;r que ce soit mal qu'il ne le fasse pas -, et qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre quelque chose de structurel dans un syst&#232;me d'&#233;conomie de march&#233;, continuer &#224; nous valoriser socialement et individuellement en fonction du travail a des cons&#233;quences psychologiques et sociales frustrantes. Profitons de la conjoncture en notre faveur, comme le propose F. Calvo. Nous d&#233;sesp&#233;rer et courber l'&#233;chine pour un emploi c'est jouer le jeu et faire ce que le syst&#232;me attend de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une grande entrevue r&#233;cemment publi&#233;e dans la revue &lt;i&gt;El Europeo&lt;/i&gt;, l'&#233;conomiste Jos&#233; Manuel Naredo donnait une r&#233;vision historique du concept de travail. Sans aller plus loin, le terme travail provient de &lt;i&gt;tripalium&lt;/i&gt;, un instrument de torture de la Rome antique. Travail et esclavage ont &#233;t&#233; historiquement des concepts parall&#232;les. Et on pourrait affirmer que le progr&#232;s n'a pas &#233;t&#233; un chemin de lib&#233;ration de l'&#234;tre humain, sinon un processus d'esclavage, salarial, progressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail &#233;crase la cr&#233;ativit&#233; dans l'&#234;tre humain, ses impulsions cr&#233;atives, et la transforme en culture de la consommation ; la cr&#233;ativit&#233;, dans le meilleur des cas, reste pour le temps du loisir - concept qui provient lui aussi de la culture ouvri&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrairement &#224; ce que dit Josu Montero ce n'est pas si simple, et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui n'est ni plus ni moins l'autre face de la m&#234;me monnaie, celle du travail et de la productivit&#233;, celle du temps chronom&#233;tr&#233; et usurp&#233;, celle du temps-cha&#238;ne qui nous ligote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut profiter de cette terre de personne comme d'un point de fuite du syst&#232;me, et non comme une source de frustration et un outil d'&#233;tayage du syst&#232;me m&#234;me au travers de notre d&#233;sespoir. R&#233;inventer notre fa&#231;on de vivre, et, dans la mesure du possible, le faire dehors, en plein jour.
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&lt;p&gt;LA BOURSE OU LA VIE, OU LE TRAVAIL : NOTRE R&#201;ALIT&#201; LA PLUS OPPRESSIVE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que j'&#233;cris ces lignes je lis dans le fanzine madril&#232;ne &lt;i&gt;Amano&lt;/i&gt; une entrevue avec Eugenio Castro et Jos&#233; Manuel Rojo, du Groupe surr&#233;aliste de Madrid, dans laquelle ils affirment : &lt;i&gt;&#034;Une des t&#226;ches r&#233;volutionnaires primordiales consiste &#224; faire prendre conscience moralement et politiquement de l'importance qu'a le temps libre des ch&#244;meurs et ch&#244;meuses. S'il pouvait germer une conscience de la jouissance du temps libre du ch&#244;mage et que cela se transmettait &#224; ceux et celles qui travaillent temporairement, &#224; ce moment l&#224; on pourrait penser &#224; une possibilit&#233;, donnant un saut qualitatif, comme celle d'inviter beaucoup de travailleurs et travailleuses &#224; quitter leurs emplois. Le simple abandon massif des usines supposerait une rupture fondamentale pour le syst&#232;me capitaliste. Un fait perturbateur pour l'&#233;conomie mondiale. La suppression de l'esclavage salarial. Le temps est aujourd'hui une telle camisole de force qu'il a remplac&#233; l'id&#233;e de patrie, ordre, famille. D&#233;truire ce concept de temps serait tr&#232;s important pour parvenir &#224; une consid&#233;ration &#233;rotique du temps.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abandon de l'emploi non pas pour demander un meilleur salaire, ni m&#234;me d'une r&#233;duction du temps de travail, mais pour en finir avec lui, avec le temps. Je me souviens d'un film argentin, &lt;i&gt;La Fiaca&lt;/i&gt;, dans laquelle quelqu'un, sans raison, se refuse un bon matin &#224; se rendre au travail. Et je me souviens du &lt;i&gt;Droit &#224; la paresse&lt;/i&gt;, du gendre de Marx, Paul Lafargue. Et je lis aussi ces jours-ci &lt;i&gt;Zone autonome temporaire&lt;/i&gt;, du Nord-Am&#233;ricain Hakim Bey, qui dit : &lt;i&gt;&#034;J'esp&#232;re que nous sommes suffisamment adultes pour conna&#238;tre la diff&#233;rence entre la vie et l'accumulation d'un tas de camelote de merde. M&#234;me ainsi, nous devons nous souvenir constamment (vu que notre culture ne le fera pas pour nous) que ce monstre appel&#233; travail continue &#224; &#234;tre l'objectif pr&#233;cis et exact de notre ire rebelle, la &#034;r&#233;alit&#233;&#034; la plus oppressive &#224; laquelle nous nous affrontons (et nous devons aussi apprendre &#224; reconna&#238;tre le Travail lorsqu'il est d&#233;guis&#233; en &#034;loisir&#034;). Nous &#233;cumons d'indignation &#224; l'encontre de &#034;l'oppression&#034; et des &#034;lois injustes&#034; quand de fait ces abstractions ont peu d'impact dans notre vie quotidienne, tandis que ce qui nous rend r&#233;ellement malheureux passe inaper&#231;u, rel&#233;gu&#233; &#224; &#034;l'occupation&#034; ou &#224; la &#034;distraction&#034;, ou voir &#224; la nature m&#234;me de la r&#233;alit&#233; : &#034;Bon, je ne peux tout de m&#234;me pas vivre sans un travail !&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai quelques aphorismes juteux sur le maudit travail (trouv&#233;s je ne sais o&#249; et je ne sais quand : si quelqu'un le sait je le remercie de l'information), je crois qu'ils viennent &#224; point :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Ils ne te demandent pas seulement de travailler, mais d'aimer et de respecter ce qu'ils appellent travail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Si ton travail n'est pas ton travail, toutes tes relations de travail, si lourdes &#224; porter, ne sont pas non plus les tiennes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Ils te disent utile parce qu'ils t'utilisent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Le travail, qui &#233;tait un ch&#226;timent biblique, et en cela la Bible avait raison, a &#233;t&#233; transform&#233; en b&#233;n&#233;diction du ciel. J&#233;sus n'a pas travaill&#233; sa vie durant, mais son p&#232;re putatif Joseph a &#233;t&#233; transform&#233; en patron des ouvriers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Est travail seulement ce qui m'aide &#224; conqu&#233;rir la paresse ou le dolce far niente ce &#224; quoi tout homme, normalement constitu&#233;, aspire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Mettre en doute le concept de travail social mis au point par Marx, et non pas parce que le concept est faux, mais parce qu'il est tr&#232;s facilement utilisable, manipulable. Il faut nous d&#233;montrer en quoi un travail est social, apr&#232;s nous l'accepterons ou non.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- La soci&#233;t&#233; du d&#233;pouillement g&#233;n&#233;ral. Qui volent-ils ? Ils nous volent tous, &#224; certains le temps, &#224; d'autres l'effort, &#224; d'autres la vie, &#224; d'autres l'espace... Ils ne font que voler et voler. Notre soci&#233;t&#233; est bas&#233;e sur le d&#233;pouillement g&#233;n&#233;ral, et c'est pour cela qu'il d&#233;fendent avec tant d'acharnement la propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Ne pas se nommer gr&#233;vistes : &#234;tre en gr&#232;ve est suffisant. Le castillan poss&#232;de un autre terme plus humain et plus juste : fain&#233;ant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En castillan gr&#233;viste se dit huelguista, gr&#232;ve se dit huelga, &#234;tre oisif (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le fain&#233;ant est oisif en toute naturalit&#233;, mais il est oisif joyeusement, confortablement, c'est ainsi un gr&#233;viste agr&#233;able et souriant. Gr&#233;vistes non, fain&#233;ants ; et non seulement les fain&#233;ants sont oisifs mais ils fain&#233;antent, ils paressent, ce sont des flemmards et des cossards, ils ont plus de culot que les gr&#233;vistes et sont bien plus jouisseurs&lt;/i&gt;.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EN FINIR AVEC L'OB&#201;ISSANCE QUOTIDIENNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes nous-m&#234;mes plus int&#233;gr&#233;s que nous le croyons dans les mod&#232;les culturels institutionnels. Notre culture est essentiellement subsidiaire de l'institutionnelle en ce qu'en trop d'occasions elle se cantonne dans la simple protestation, dans l'opposition, mais sans quasi jamais rien cr&#233;er dans la pratique, pas m&#234;me des &#233;bauches d'une alternative possible qui doit en outre commencer dans une sph&#232;re que nous d&#233;laissons trop souvent, le personnel. Le cr&#233;ateur du Living Theatre, Julian Beck, a &#233;crit : &lt;i&gt;&#034;Vivre en cr&#233;ant de la vie, chacun en tant qu'artiste, mettant l'art dans la vie et non le contraire, qui est le vieux style, plut&#244;t vivre cr&#233;ativement. C'est cela que nous devons faire, c'est cela la r&#233;volution.&#034;&lt;/i&gt; Et Hakim Bey, via le situationnisme : &lt;i&gt;&#034;Comme si l'artiste ne f&#251;t pas un type sp&#233;cial de personne, mais chaque personne un type sp&#233;cial d'artiste.&#034;&lt;/i&gt; Et il rench&#233;rit : &lt;i&gt;&#034;Il faut donner une claque &#224; la norme sociale de l'ennui ali&#233;n&#233; et m&#233;diatis&#233;. Se rencontrer face &#224; face, c'est d&#233;j&#224; la r&#233;volution&lt;/i&gt;.&lt;i&gt;&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Joachim Hirsh dans &lt;i&gt;El Viejo Topo&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#034;La structure capitaliste de contr&#244;le n'est pas seulement devenue tendancieusement totalitaire, mais elle s'est aussi faite extr&#234;mement vuln&#233;rable techniquement et politiquement. Aujourd'hui ce serait bien plus le refus massif, l'arr&#234;t d'une collaboration enti&#232;rement quotidienne, une conscience pratique d'arr&#234;ter de tout tol&#233;rer, qui ferait d&#233;railler ses roues rapidement. Et dans un processus de ce type pourraient aussi appara&#238;tre de nouvelles formes politiques et de nouvelles structures institutionnelles d&#233;mocratiques. Dans ce sens, il est probable qu'une r&#233;volution anticapitaliste n'ait jamais &#233;t&#233; aussi facile qu'aujourd'hui, et simultan&#233;ment il est probable que les hommes et les femmes n'aient jamais &#233;t&#233; autant incapables de regarder au-del&#224; de leurs constrictions quotidiennes, de d&#233;velopper une sensibilit&#233; qui leur permette de percevoir de quelles possibilit&#233;s ils se privent continuellement et de reconna&#238;tre l'indignit&#233; r&#233;elle dans laquelle on les force &#224; vivre. Une r&#233;volution r&#233;elle ne doit par cons&#233;quent pas &#234;tre uniquement sociale et politique, mais surtout une r&#233;volution culturelle.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#034;Todo a cien&#034;&lt;/i&gt; : &#233;quivalent d'un bazar o&#249; l'on trouve tout ce qui n'est pas de la nourriture, beaucoup de pacotille, et dont les premiers prix sont proches de 100 pesetas (maintenant 60 centimes).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En espagnol &#034;pour&#034; se d&#233;cline en &lt;i&gt;para&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;por&lt;/i&gt;, but et cause.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les hispanophones emploient souvent &#034;premier monde&#034; lorsque les m&#233;dias francophones parlent &#034;d'Occident&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Affaire Miguel Angel Blanco : &#233;lu du Parti populaire (parti de droite au pouvoir de 1996 &#224; 2004) s&#233;questr&#233; et ex&#233;cut&#233; par des membres de l'ETA l'&#233;t&#233; 1998, apr&#232;s un mois au cours duquel il y eu plusieurs attentats &#224; la voiture pi&#233;g&#233;e qui avaient bless&#233; et tu&#233; plusieurs personnes &#034;ordinaires&#034; (ni policiers ni politiciens, etc.). Les m&#233;dias avaient organis&#233; une spectacularisation monstre de l'&#233;v&#233;nement et des manifestations qui avaient suivi - apparemment plus grande dans les ann&#233;es qui ont suivi qu'au moment des faits m&#234;mes - qui servit au final aux objectifs du PP (qui avait profit&#233; de l'indignation g&#233;n&#233;rale &#224; des fins politiques) et &#224; la situation actuelle (ill&#233;galit&#233; de partis politiques, censure de documentaires, se procurer des votes...).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rese&#241;ado&lt;/i&gt; : sans doute un reality-show de la TV espagnole (&lt;i&gt;rese&#241;ar&lt;/i&gt; signifie d&#233;crire, faire le compte rendu de).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Corte Ingl&#233;s : grande surface de style Galerie Lafayette r&#233;pandue dans toute l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arco : foire d'art contemporain espagnole, dont on n'entendait pas parler il y a quelques ann&#233;es et qui depuis quelques temps est m&#234;me annonc&#233;e au journal TV. L'entr&#233;e co&#251;terait la bagatelle de 25 euros (pour ne pas parler du prix des &#034;oeuvres&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Contrairement &#224; ce que dit Josu Montero ce n'est pas si simple, et le concept du temps de loisir ne peut-&#234;tre qualifi&#233; ainsi de &lt;i&gt;&#034;concept provenant de la culture ouvri&#232;re&#034;.&lt;/i&gt;L'aristocratie et la &lt;i&gt;gentry&lt;/i&gt; anglaise du XVIIIe si&#232;cle ne m&#233;prisaient nullement le &lt;i&gt;negotium&lt;/i&gt; - l'Angleterre du XVIIIe est d&#233;j&#224; une grande puissance capitaliste - mais tenait toutefois l'&lt;i&gt;otium&lt;/i&gt; dans la plus haute estime (&lt;i&gt;otium&lt;/i&gt; - loisir - se traduit par &lt;i&gt;ocio&lt;/i&gt; en castillan). Ce n'est qu'&#224; partir du XIXe si&#232;cle, suite &#224; la r&#233;volution industrielle et &#224; l'invention du chemin de fer et du bateau &#224; vapeur - entre autres - et &#224; l'organisation du travail qui en d&#233;coule que le loisir va peu &#224; peu se &#034;d&#233;mocratiser&#034; et finir par jouer le r&#244;le qui est le sien aujourd'hui au sein des diff&#233;rentes classes de la population, dont la classe ouvri&#232;re. Pour plus d'informations concernant les loisirs et le r&#244;le qu'ils ont jou&#233; et jouent encore, lire l'&lt;i&gt;Av&#232;nement des loisirs&lt;/i&gt;, Champs/Flammarion, &#233;tude dirig&#233;e par Alain Corbin (tous les chapitres ne sont pas aussi int&#233;ressants, n'h&#233;sitez pas &#224; en sauter, un livre n'a rien de sacr&#233;, faites en ce que vous voulez, mais c'est pas pour &#231;a qu'il faut tous les br&#251;ler, cabrones !).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En castillan gr&#233;viste se dit &lt;i&gt;huelguista&lt;/i&gt;, gr&#232;ve se dit &lt;i&gt;huelga&lt;/i&gt;, &#234;tre oisif &lt;i&gt;holgar&lt;/i&gt; et un fain&#233;ant ou un paresseux &lt;i&gt;un holg&#243;n&lt;/i&gt;. Provenant de la m&#234;me racine on trouve aussi &lt;i&gt;la juerga&lt;/i&gt;, la f&#234;te, la bringue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie sommaire&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Toute petite anatomie de la culture du travail et r&#233;pliques de ch&#244;meureuses et d'autres gens distingu&#233;s&lt;/i&gt;, iosk &#233;ditions, brochure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Manifeste des ch&#244;meurs heureux, Berlin 1996,&lt;/i&gt; iosk &#233;ditions, brochure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- T.A.Z., zone autonome temporaire&lt;/i&gt;, Hakim Bey, &#233;ditions de l'&#201;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Travailler, moi ? jamais !&lt;/i&gt;Bob Black, &#233;ditions de l'Esprit frappeur et en brochure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Le Droit &#224; la paresse&lt;/i&gt;, Paul Lafargue, &#233;ditions Allia, Mille et une Nuits, etc., et en brochure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &#201;loge de l'oisivet&#233;&lt;/i&gt;, Bertrand Russel, &#233;ditions Allia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- L'Art du chaos&lt;/i&gt;, Hakim Bey, Nautilus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi les diff&#233;rents textes de l'Assembl&#233;e de ch&#244;meureuses de Jussieu qui se trouvent en brochures ou sur le site ouaibe &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://mx.geocities.com/assembleedesluttes/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mx.geocities.com/assembleedesluttes/&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous retrouverez ces brochures et bon nombre d'autres toutes aussi int&#233;ressantes, &#224; consulter, commander ou t&#233;l&#233;charger, sur : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://infokiosques.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://infokiosques.net&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et dans tout bon infokiosque du squat pr&#232;s de chez vous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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