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		<title>Le CPE, une goutte d'eau dans un lac de rage</title>
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		<dc:date>2006-05-02T03:43:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Les enrag&#233;-e-s ouvrent le bal</dc:creator>


		<dc:subject>Zanzara ath&#233;e (Paris-banlieue)</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvance autonome</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvements sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>English</dc:subject>
		<dc:subject>Deutsch</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Texte issu du mouvement dit anti-CPE &#224; Grenoble, posant quelques r&#233;flexions sur :&lt;br class='manualbr' /&gt;- La violence comme moyen de se faire entendre&lt;br class='manualbr' /&gt;- L'ill&#233;galit&#233; comme cons&#233;quence de la d&#233;sob&#233;issance&lt;br class='manualbr' /&gt;- Des m&#233;dias et de l'orientation des luttes sociales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En nuisant &#224; la police et plus largement aux tenants du maintien de l'ordre, nous sortons de la r&#233;signation et de l'impuissance habituellement ressenties. Destructions et transformation de la ville pacifi&#233;e en lieu d'&#233;meute sont synonymes de cr&#233;ation (...). Nous avons tou-te-s plus ou moins conscience que vivre dans un monde que nous choisirions devient impossible sans la destruction compl&#232;te du monde actuel. Ainsi, lorsque nous d&#233;truisons ce qui nous opprime, nous participons &#224; ouvrir les br&#232;ches qui nous permettent de cr&#233;er de nouveaux rapports sociaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://germany.indymedia.org/2006/05/147905.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ici&lt;/a&gt;, le m&#234;me texte, traduit en allemand...&lt;br class='manualbr' /&gt;Et &lt;a href=&#034;http://winnipeg.indymedia.org/item.php?3130S&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;, le m&#234;me texte, traduit en anglais.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;C&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot7" rel="tag"&gt;Zanzara ath&#233;e (Paris-banlieue)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Mouvance autonome&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Mouvements sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;English&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Deutsch&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH96/arton340-d9650.jpg?1780656392' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff340.jpg?1146401319&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce texte m&#234;le en vrac quelques r&#233;flexions n&#233;es &#224; Grenoble lors de ce qu'on appelait jusqu'&#224; il y a encore peu de temps le mouvement anti-CPE... Il n'est pas forc&#233;ment tr&#232;s construit mais a pour objectif de lancer des pistes &#224; creuser. C'est toujours &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La violence comme moyen de se faire entendre&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; S'il y avait connexion entre les &#233;tudiants et les banlieues, tout serait possible. Y compris une explosion g&#233;n&#233;ralis&#233;e et une fin de quinquennat &#233;pouvantable. &#187;&lt;br /&gt;
Nicolas Sarkozy, Ministre de l'Int&#233;rieur, dimanche 12 mars 2006, cit&#233; dans &#034;La grande peur de Sarko&#034;, en page 2 du &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; (n&#176;4455, 15 mars 2006).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les &#233;meutes, ce n'est pas un hasard. Les profs sont au service du gouvernement, pas au service de l'&#233;l&#232;ve. &#187;&lt;br /&gt;
Un professeur vacataire en lutte dans le 94, lundi 20 mars 2006, sur France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ma grande crainte est que l'on ne se retrouve plus dans de l'opposition au CPE, mais dans de la provocation et dans un encha&#238;nement de violence. J'en appelle donc au retrait du CPE, &#224; la responsabilit&#233; et au retour de la paix sociale. On est dans une situation folle. Il faut voir l'image qu'a la France en ce moment &#224; l'&#233;tranger ; surtout apr&#232;s ce qui s'est pass&#233; en novembre. Une image &#233;pouvantable. &#187;&lt;br /&gt;
Michel Destot, Maire de Grenoble, interview&#233; dans le &lt;i&gt;Dauphin&#233; Lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt; du vendredi 31 mars 2006 (n&#176;19092).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au fil des semaines, d&#232;s les premi&#232;res manifs du mois de f&#233;vrier, le mouvement &#233;tudiant-lyc&#233;en-syndical contre le CPE s'est peu &#224; peu transform&#233; en r&#233;volte sociale, renouant avec certaines des pratiques violentes d'octobre-novembre 2005, lorsque des &#233;meutes avaient &#233;clat&#233; dans de nombreux quartiers populaires un peu partout en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que le CPE a &#233;t&#233; &#034;remplac&#233;&#034; (pour ne pas dire &#034;retir&#233;&#034;), alors que la gauche dans son ensemble parle de grande victoire, alors que la soci&#233;t&#233; reste la m&#234;me, alors que partout c'est la merde, ni la gauche ni la droite au pouvoir ni les m&#233;dias ne diront que la chute du CPE est due avant tout aux d&#233;bordements permanents du mouvement. Pourtant, sans la violence, sans les diff&#233;rentes pratiques ill&#233;gales des manifestant-e-s, nous en serions encore &#224; nous demander le cul viss&#233; devant la t&#233;l&#233; &#034;mais pourquoi rien ne change alors que nous &#233;tions des millions &#224; manifester sagement dans la rue ? notre citoyennet&#233; n'a donc aucune valeur ?&#034;. L'ironie de d&#233;part de ce texte se situe dans ce paradoxe :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Si &lt;i&gt;le CPE est mort&lt;/i&gt;, c'est parce que des dizaines de milliers de r&#233;volt&#233;-e-s ont foutu le bordel de Paris &#224; Toulouse, de Rennes &#224; Grenoble, etc. Pourtant, la plupart de ces r&#233;volt&#233;-e-s restent plein-e-s d'insatisfaction et de rage, leur r&#233;volte reste intacte. Le CPE n'&#233;tait pour eux et elles qu'un d&#233;tail.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ceux et celles qui crient victoire devant les cam&#233;ras et se r&#233;jouissent au micro de la mort du CPE sont les m&#234;mes par qui rien ne serait jamais arriv&#233; si l'on avait suivi leurs mots d'ordre (&#034;dispersez-vous !&#034;). Ce sont &#233;galement les m&#234;mes qui ont hurl&#233; au scandale face aux &#034;casseurs&#034;, les m&#234;mes qui ont emp&#234;ch&#233; toute manifestation &#034;sauvage&#034;, les m&#234;mes qui ont tent&#233; de canaliser la r&#233;volte vers la l&#233;galit&#233; des d&#233;fil&#233;s officiels et autoris&#233;s. De l'UNEF &#224; la CGT, tou-te-s devraient reconna&#238;tre que c'est avant tout gr&#226;ce aux casseur-e-s, gr&#226;ce &#224; tou-te-s celles et ceux qui ont particip&#233; aux actions de blocage et de sabotage, gr&#226;ce &#224; tou-te-s celles et ceux qui ont pris au pied de la lettre leurs slogans &#034;&lt;i&gt;... ou alors &#231;a va p&#233;ter, &#231;a va p&#233;ter !&lt;/i&gt;&#034; (tandis qu'eux-m&#234;mes n'avaient qu'une peur, celle que cela se r&#233;alise bel et bien), que le CPE est mort-n&#233; et que Villepin a &#233;t&#233; ridiculis&#233; au sommet de l'Etat.&lt;br /&gt;
Tout ceci n'aurait bien s&#251;r pas &#233;t&#233; possible non plus sans la mobilisation des centaines de milliers voire des millions de personnes lors des diverses manifs de d&#233;but f&#233;vrier jusqu'&#224; mi-avril. Au-del&#224; des conflits avec les syndicats, la compl&#233;mentarit&#233; des moyens d'action a &#233;t&#233; une de nos grandes forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en r&#233;alit&#233;, ce que nous retiendrons de tout &#231;a, c'est bien plus que le &#034;remplacement&#034; ou le &#034;retrait&#034; du CPE. Nous nous souviendrons longtemps de cette &lt;i&gt;union pour un mouvement populaire &lt;/i&gt;oppos&#233;e &#224; l'autre &lt;i&gt;Union pour un Mouvement Populaire&lt;/i&gt;, nous retenons ce qui s'est pass&#233; entre nous, ce que nous avons commenc&#233; &#224; construire ensemble comme ce que nous avons commenc&#233; &#224; d&#233;truire ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Grenoble, la premi&#232;re manif (le 7 f&#233;vrier) a annonc&#233; la couleur puisqu'en fin de manif le parvis de la pr&#233;fecture a &#233;t&#233; envahi par des dizaines de manifestant-e-s, qui ont descendu les trois drapeaux nationaux pour les remplacer par des drapeaux rouge et noir. La fronti&#232;re de la l&#233;galit&#233; &#233;tait d&#233;j&#224; franchie. Et cela n'a plus cess&#233;, jusqu'aux actions du 11 avril visant en vrac agence d'int&#233;rim, agence immobili&#232;re, ANPE et m&#233;dias locaux (Dauphin&#233; Lib&#233;r&#233;, France Bleu Is&#232;re, M6-Grenoble).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 mars, en fin de manif, alors que la BAC en &#233;tait encore &#224; parader au milieu des manifestant-e-s, une grosse partie du rapport de force s'est jou&#233; pour la suite du mouvement &#224; Grenoble : apr&#232;s avoir arr&#234;t&#233; deux personnes, la BAC est oblig&#233;e de sortir flashballs et tonfas pour repousser les manifestant-e-s en col&#232;re, qui se mettent &#224; caillasser en vrac la BAC et les CRS. Les mecs de la BAC reviendront casqu&#233;s et resteront d&#232;s lors bien &#224; part des manifestant-e-s. La prise de conscience et la r&#233;volte prennent de l'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 23 et 28 mars, &#231;a part carr&#233;ment en &#233;meutes dans le centre-ville. Ce que redoutait Sarkozy se r&#233;alise, la connexion entre &#233;tudiant-e-s et jeunes des banlieues est intense (on pourra bien s&#251;r regretter que ces moments de lutte commune soient bien souvent rest&#233;s sans lendemain, pour le moment en tout cas). Le rapport de force est tangible, la r&#233;volte n'est plus symbolique mais bien concr&#232;te. En nuisant &#224; la police et plus largement aux tenants du maintien de l'ordre, nous sortons de la r&#233;signation et de l'impuissance habituellement ressenties. Destructions et transformation de la ville pacifi&#233;e en lieu d'&#233;meute sont synonymes de cr&#233;ation, et inversement. Nous avons tou-te-s plus ou moins conscience que vivre dans un monde que nous choisirions devient impossible sans la destruction compl&#232;te du monde actuel. Ainsi, lorsque nous d&#233;truisons ce qui nous opprime, nous participons &#224; ouvrir les br&#232;ches qui nous permettent de cr&#233;er de nouveaux rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence insurrectionnelle (et donc destructrice) des manifestant-e-s porte en elle les germes de la construction d'une vie passionnante, une vie d&#233;passant le cadre de la &lt;i&gt;survie&lt;/i&gt; (que celle-ci soit sous-prol&#233;taire ou bourgeoise, &#034;occidentale&#034; ou du &#034;tiers-monde&#034;), une vie r&#233;appropri&#233;e des mains de l'Etat et des patrons, abolissant le &lt;i&gt;travail-famille-patrie-t&#233;l&#233;&lt;/i&gt;. La cr&#233;ativit&#233; contenue dans cette violence exprime l'impatience d'en finir avec la d&#233;possession de nos vies, la n&#233;gation en actes des r&#244;les dans lesquels nous sommes cens&#233;-e-s rester enferm&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les moments d'&#233;meutes &#224; Grenoble n'ont pas &#233;t&#233; aussi violents qu'&#224; Paris ou qu'ailleurs, si les d&#233;bordements ont &#233;t&#233; plus discrets dans certaines villes qu'&#224; Grenoble, il para&#238;t clair qu'un m&#234;me &#233;tat d'esprit insurg&#233; se retrouvait partout. Les moyens spontan&#233;s ont parfois manqu&#233; pour mat&#233;rialiser la r&#233;volte. Peut-&#234;tre que des connexions vont se solidifier et s'inscrire dans la dur&#233;e. Peut-&#234;tre que nous saurons mieux prendre des initiatives &#233;meuti&#232;res, sans attendre que les flics eux-m&#234;mes d&#233;clenchent l'affrontement (on a vu le 4 avril qu'ils pouvaient rester muets face &#224; des caillassages quand ceux-ci arrivaient dans des moments strat&#233;giquement g&#234;nants pour eux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble du mouvement, les actions directes ont &#233;t&#233; utiles. Caillasser les flics, briser une vitrine ou retourner une voiture, &#231;a n'a pas forc&#233;ment un impact direct sur le pouvoir en place, mais &#231;a augmente la tension, &#231;a nuit &#224; la paix sociale, &#231;a augmente l'impact de notre lutte.&lt;br /&gt;
Bien s&#251;r, il reste encore plus int&#233;ressant, dans la mesure du possible, de cibler nos actions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ill&#233;galit&#233; comme cons&#233;quence de la d&#233;sob&#233;issance&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le refus d'&#234;tre esclave est vraiment ce qui change le monde. &#187;&lt;br /&gt;
Raoul Vaneigem, Trait&#233; de savoir-vivre &#224; l'usage des jeunes g&#233;n&#233;rations, 1967, p.265.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;d&#233;linquance&lt;/i&gt;, comme d&#233;sob&#233;issance spontan&#233;e, comme opposition radicale &#224; la citoyennet&#233;, porte en elle la contradiction profonde de l'organisation des lois de cette soci&#233;t&#233;. Face au m&#233;pris g&#233;n&#233;ralis&#233; qui lui est renvoy&#233; sous forme passive (d&#233;sint&#233;r&#234;t massif pour la vie &lt;i&gt;citoyenne&lt;/i&gt; ou la politique &lt;i&gt;institutionnelle&lt;/i&gt;) ou active (d&#233;lits de toutes sortes - &#233;meutes, sabotages, destructions, vols, &#233;conomie parall&#232;le, etc.), le pouvoir ne cesse d'accro&#238;tre les moyens dont il dispose pour contr&#244;ler la population. &lt;br /&gt;
Comme le veut la tr&#232;s citoyenne remarque : &#034;plus vous commettrez d'infractions, plus ils mettront en place des moyens de contr&#244;le pour vous en emp&#234;cher&#034;. Tout bon &lt;i&gt;citoyen&lt;/i&gt; devrait aller au bout de ses id&#233;es polici&#232;res et conclure par un &#034;soumettez-vous, cessez donc de vivre&#034;, qui serait du meilleur effet.&lt;br /&gt;
La d&#233;mocratie s'est arrang&#233;e pour acheter la paix sociale avec son lot de divertissements (t&#233;l&#233;, gadgets, tout le mat&#233;riel du &lt;i&gt;spectacle&lt;/i&gt;). En rajoutant la couche &lt;i&gt;participative&lt;/i&gt; (associations, festivals, &#233;lections, d&#233;bats avec nos sauveurs les &#034;&#233;lus&#034;, etc.)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons que la gauche est loin d'avoir le monopole du &#034;participatif&#034; puisque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la gauche citoyenne a esp&#233;r&#233; canaliser les m&#233;contentements sociaux, mais elle n'a pas plus r&#233;ussi en cela que les religieux et autres r&#233;cup&#233;rateurs de tous bords.&lt;br /&gt;
En r&#233;alit&#233;, la solution ultime pour la coalition Etat/capital est bel et bien la r&#233;pression et sa meilleure alli&#233;e : la pr&#233;vention s&#233;curitaire. L'id&#233;ologie s&#233;curitaire n'a pas attendu l'accroissement de la d&#233;linquance et des pratiques ill&#233;gales pour renforcer son dispositif (police, arm&#233;e, milices priv&#233;es, services &#034;sociaux&#034;, prisons, vid&#233;o-surveillance, satellites et autres contr&#244;les des moyens de communication, puces RFID, biom&#233;trie, etc.). A nous de renverser la remarque citoyenne pr&#233;cit&#233;e : &#034;plus l'Etat et les entreprises priv&#233;es mettront en place des moyens de contr&#244;le pour nous emp&#234;cher de vivre en toute ill&#233;galit&#233;, plus nous mettrons en place des moyens d'y r&#233;sister et d'y &#233;chapper&#034;. Tout-e bon-ne &lt;i&gt;d&#233;linquant-e&lt;/i&gt; devrait aller au bout de sa d&#233;sob&#233;issance active et conclure par un &#034;insoumission ! c'est maintenant que nous vivons&#034; qui serait du meilleur effet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et au-del&#224; de la d&#233;marche individuelle, penser l'organisation collective de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le genre banale d&#233;linquance, tous les m&#233;dias se sont jet&#233;s r&#233;cemment sur les pr&#233;tendus et controvers&#233;s 300 000 euros de d&#233;g&#226;ts commis dans la galerie des amphis (UPMF), &#034;saccag&#233;e&#034; essentiellement par des graffitis inscrits sur tous ses murs... Ce lieu, habituellement &#233;troitement limit&#233; &#224; la r&#233;ception passive de cours menant les &#233;tudiant-e-s droit &#224; l'int&#233;gration dans un monde priv&#233; ou fonctionnaire, dans l'objectif d'&#234;tre toujours rentables et soumis-es, est devenu pendant une bonne trentaine de jours d'occupation un lieu de vie, d'&#233;changes humains, et quoi qu'on en dise, de cr&#233;ation et d'autogestion, parfois de cr&#233;ation &#224; travers la destruction (toute partielle) d'un lieu de toute fa&#231;on inhabitable et aux mains d'un pr&#233;sident d'Universit&#233; (monsieur Courlet) qui repr&#233;sente &#224; lui seul tout ce qu'il y a de plus puant dans les institutions de ce monde (l'arrogance du pouvoir, mais aussi son hypocrisie, ses mensonges et manipulations, par dessus tout ses volont&#233;s de pr&#233;server ses privil&#232;ges). Qui d&#233;cide de quoi au sujet de cette galerie des amphis ? Qui d&#233;cide de quoi dans cette universit&#233; comme dans les autres ? Qui d&#233;cide de quoi dans ce monde ? Qui &lt;i&gt;peut&lt;/i&gt; d&#233;cider de quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'autogestion, comme mode de cr&#233;ation d'une vie nouvelle, &#233;tait pour la plupart d'entre nous une d&#233;couverte. Pratiqu&#233;e dans les squats ou dans certains collectifs, il nous reste &#224; l'exp&#233;rimenter sur du plus long terme, en &#233;tant de plus en plus nombreux-euses &#224; l'envisager comme moyen et comme fin en soi. Sachant que le pouvoir a vis-&#224;-vis de cette d&#233;marche deux intentions qui suivent une m&#234;me logique, celle de nous mettre des b&#226;tons dans les roues :&lt;br class='manualbr' /&gt;- utiliser la loi et la force contre nos exp&#233;rimentations, n&#233;cessairement ill&#233;gales puisque autonomes. Ceci rend l'autogestion et l'autonomie partielles car &#034;pr&#233;caires&#034;, d&#233;pendantes du rapport de force mis en place face aux autorit&#233;s du syst&#232;me duquel nous sommes prisonnier-e-s de toute fa&#231;on.&lt;br class='manualbr' /&gt;- nous pousser &#224; pratiquer l'autogestion (ou la cogestion) au sein d'entreprises ou de lieux d&#233;pendants du syst&#232;me de mani&#232;re l&#233;gale (crit&#232;res de s&#233;curit&#233;, loyer, objectifs restreints / assos, etc.).&lt;br /&gt;
Le but est toujours de faire rentrer dans le rang, de nous rendre acceptables et inoffensifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des m&#233;dias et de l'orientation des luttes sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias, tentant de fabriquer la r&#233;alit&#233;, ne cessent de relayer des propos anti-gr&#233;vistes au moindre blocage. Ce n'est pas nouveau, et cela s'est v&#233;rifi&#233; lors de ces deux derniers mois. Les journalistes, dans leur grande bont&#233;, donnent la parole au peuple. Mais pas n'importe quel peuple, plut&#244;t celui qui se plaint, celui qui se lamente, celui qui est une victime perp&#233;tuelle, celui qui n'a rien &#224; redire des patrons et de l'Etat mais qui ne supporte pas qu'on l'emp&#234;che d'aller travailler, celui qui n'envisage pas un seul instant de se placer en solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les joies ressenties lors de ce mouvement, il y a eu les rencontres et les forces collectives pendant les &#233;meutes et autres manifs sauvages. Il y a eu les forts bouleversements des rapports sociaux pendant l'occupation de la galerie des amphis ou les blocages de lyc&#233;es. Il y a aussi eu les joies qui provenaient des diff&#233;rents signes de solidarit&#233;, effectu&#233;s par toutes sortes de personnes, que ce soit pendant les manifestations ou pendant les &#233;meutes... Parfois, des travailleur-euse-s &#233;taient vraiment emmerd&#233;-e-s par certaines formes de blocage, mais il nous paraissait parfois compl&#232;tement dingue, alors que la ville &#233;tait le lieu de plusieurs &#233;meutes simultan&#233;es, que la vie continue pour certain-e-s comme s'il ne se passait rien de sp&#233;cial (ce ne f&#251;t pas toujours le cas, puisque certains jours, des rues commer&#231;antes enti&#232;res avaient ferm&#233; leurs boutiques pr&#233;ventivement ou en voyant affluer manifestant-e-s et odeurs de lacrymo).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 9 f&#233;vrier 1961 &#224; Naples, des ouvriers sortant le soir des usines ne trouvent pas les tramways qui les transportent habituellement, dont les conducteurs ont d&#233;clench&#233; une gr&#232;ve-surprise parce que plusieurs d'entre eux viennent d'&#234;tre licenci&#233;s. Les ouvriers manifestent leur solidarit&#233; aux gr&#233;vistes en lan&#231;ant contre les bureaux de la compagnie divers projectiles, puis des bouteilles d'essence qui mettent le feu &#224; une partie de la gare des tramways. Puis ils incendient des autobus, affrontent victorieusement la police et les pompiers. Au nombre de plusieurs milliers, ils se r&#233;pandent dans la ville, brisant les vitrines et les enseignes lumineuses. Dans la nuit, on doit faire appel &#224; la troupe pour ramener l'ordre, et des blind&#233;s font mouvement sur Naples. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Internationale situationniste&lt;/i&gt; n&#176;7, &#034;Notes &#233;ditoriales&#034; (Les mauvais jours finiront), 1962, p.11.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On a une fois de plus constat&#233;, lors du mouvement contre le CPE et son monde, que le pouvoir comme les m&#233;dias ne parlent de nous en termes &#034;positifs&#034; que quand ils nous consid&#232;rent comme inoffensifs, comme pour canaliser l'orientation de notre lutte. Quand nous devenons mena&#231;ant-e-s, dangereux-euses pour leurs privil&#232;ges, pour le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;, pour la paix sociale, le discours peut changer du jour au lendemain et nous sommes alors transform&#233;-e-s en &#034;casseurs&#034;, &#034;voyous&#034;, qui n'avons &#034;rien &#224; voir avec les manifestant-e-s&#034;. A partir de l&#224;, c'est &#224; nous de faire conna&#238;tre nos luttes, &#224; nous de cr&#233;er des m&#233;dias ind&#233;pendants et d'intervenir directement le plus souvent possible (par la parole et la rencontre). On nous a trop habitu&#233;-e-s &#224; communiquer indirectement (notamment &#224; travers ce texte - nous ne voulons pas dire qu'il faut cesser d'&#233;crire, simplement rappeler que ce qui s'est pass&#233; de plus fort lors de ce mouvement a &#233;t&#233; v&#233;cu directement, de vive voix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias, encore eux, cherchent &#224; &lt;i&gt;d&#233;cr&#233;dibiliser&lt;/i&gt; notre lutte en annon&#231;ant partout que les grands gagnants du mouvement anti-CPE sont Sarkozy (qui devient le seul pr&#233;sidentiable envisageable pour l'UMP), le PS (la gauche unie profite toujours aux plus pourris) et les syndicats (en particulier la CFDT dont le grand m&#233;rite serait d'avoir &#233;t&#233; pr&#233;sent jusqu'au bout... jusqu'au bout de quoi ?).&lt;br /&gt;
Ce que nous savons, c'est que &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; ressortons plus d&#233;termin&#233;-e-s que jamais de ce mouvement. Ce mouvement, nous le prolongeons, sous d'autres formes. Pendant ces semaines de lutte, d'&#233;meutes, de blocages, d'occupations, nous avons v&#233;cu ce que nous choisissions de vivre (dans la mesure ou &#034;choisir&#034; &#233;tait possible). Nous n'avons pas fait &lt;i&gt;comme on nous a dit de faire&lt;/i&gt;. Nous avons rencontr&#233; des gens avec qui nous avons des pratiques et des r&#233;flexions communes, pratiques et r&#233;flexions qui tranchent avec les politiques institutionnelles et &#233;lectoralistes. &lt;br /&gt;
C'est en restant calmes que nous aurions fait &#034;le jeu&#034; de Sarko, du PS et de la CFDT ! C'est &#224; coup s&#251;r en nous calmant que ceux-ci se r&#233;jouissent des perspectives &#233;lectorales de 2007. &lt;i&gt;Pourquoi on resterait calme ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie actuelle de nos luttes est forte en ce qu'elle est incontr&#244;lable et agissante. &lt;br /&gt;
Tout en restant incontr&#244;lables, nous serions encore plus fort-e-s en &#233;tant organis&#233;-e-s en r&#233;seaux d'entraide. Restons en contact, continuons d'en cr&#233;er de nouveaux. R&#233;pandons nos d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Grenoble, 20 avril 2006&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Les enrag&#233;-e-s ouvrent le bal&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notons que la gauche est loin d'avoir le monopole du &#034;participatif&#034; puisque toutes les &#233;missions de t&#233;l&#233; ou de radio appellent leurs t&#233;l&#233;spectateur-ice-s ou autiteur-ice-s &#224; &#034;participer&#034; en &#034;intervenant&#034; d'une fa&#231;on ou d'une autre (poser une question &#224; l'antenne, participer &#224; un jeu, un sondage, un &#034;vote&#034;, sans oublier bien s&#251;r tout ce qui touche &#224; la &#034;t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233;&#034;). C'est aussi &#231;a la &#034;d&#233;mocratie participative&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et au-del&#224; de la d&#233;marche individuelle, penser l'organisation collective de r&#233;seaux &lt;i&gt;criminels&lt;/i&gt; (au sens subversif du terme) de r&#233;sistance et d'offensive semble n&#233;cessaire, non ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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