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		<title>SHAC Attack !</title>
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		<dc:date>2013-07-01T10:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Do or Die</dc:creator>


		<dc:subject>Antisp&#233;cisme, v&#233;ganisme</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Anticapitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Italiano</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette brochure est la traduction en fran&#231;ais (finalis&#233;e au printemps 2013) d'un article publi&#233; en 2003 dans le dixi&#232;me et dernier num&#233;ro de &lt;i&gt;Do or Die&lt;/i&gt;, &#034;journal ap&#233;riodique publi&#233; au Royaume uni de 1992 &#224; 2003, bourr&#233; de comptes-rendus et d'analyses des lignes de front &#233;cologiques &#224; travers le monde&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle revient sur les quatre premi&#232;res ann&#233;es de campagne intensive contre le labo d'exp&#233;rimentation animale HLS, mis au bord de la banqueroute en 2001 par les actions des activistes et sauv&#233; in-extremis par la Banque d'Angleterre et le gouvernement britannique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;S&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Antisp&#233;cisme, v&#233;ganisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Anticapitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot130" rel="tag"&gt;Italiano&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH112/arton1037-17f49.jpg?1780590773' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1037.jpg?1371570258&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette brochure est la traduction en fran&#231;ais (finalis&#233;e au printemps 2013) d'un article publi&#233; en 2003 dans le dixi&#232;me et dernier num&#233;ro de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.eco-action.org/dod/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Do or Die&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#034;journal ap&#233;riodique publi&#233; au Royaume uni de 1992 &#224; 2003, bourr&#233; de comptes-rendus et d'analyses des lignes de front &#233;cologiques &#224; travers le monde&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle revient sur les quatre premi&#232;res ann&#233;es de campagne intensive contre le labo d'exp&#233;rimentation animale HLS, mis au bord de la banqueroute en 2001 par les actions des activistes et sauv&#233; in-extremis par la Banque d'Angleterre et le gouvernement britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne SHAC est toujours en cours, infos sur &lt;a href=&#034;http://www.shac.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;shac.net&lt;/a&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Lib&#233;ration animale, lib&#233;ration humaine, lib&#233;ration totale !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cibler des entreprises en mode droits des animaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Un petit groupe de gens a r&#233;ussi l&#224; o&#249; Karl Marx, les Brigades Rouges et le groupe Baader-Meinhof ont tous &#233;chou&#233;.&#034;&lt;br&gt; - &lt;i&gt;The Financial Times&lt;/i&gt; sur la campagne Stop Huntigdon Animal Cruelty (SHAC = Stop &#224; la Cruaut&#233; Animale de Huntingdon).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1997, Channel 4 (&lt;i&gt;cha&#238;ne de t&#233;l&#233; britannique&lt;/i&gt;, N.D.T.) a diffus&#233; un documentaire t&#233;l&#233; sur le laboratoire d'exp&#233;rimentation animale de Huntingdon Life Sciences &#224; Cambridge, d&#233;non&#231;ant aussi bien les nombreux abus commis sur les animaux utilis&#233;s pour les tests que diverses infractions aux r&#232;gles. Le gouvernement a tap&#233; sur les doigts du labo et n'est pas all&#233; plus loin.&lt;br&gt;
Au m&#234;me moment, le mouvement des droits des animaux en Grande-Bretagne sortait d'un combat victorieux pour fermer l'&#233;leveur de beagles Consort. Une campagne vigoureuse pour fermer Hillgrove Farm, le dernier &#233;leveur commercial de chats pour la vivisection au Royaume-uni, battait &#233;galement son plein, et la campagne pour fermer Shamrock Farm, le plus important importateur de primates pour la vivisection en Europe, d&#233;butait tout juste.&lt;br&gt; Apr&#232;s de dures batailles les campagnes contre Hillgrove et Shamrock ont finalement &#233;t&#233; couronn&#233;es de succ&#232;s. Dans la foul&#233;e, il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; par certaines des personnes ayant pris part &#224; ces luttes de ne plus se contenter de faire simplement fermer la cha&#238;ne de fourniture d'animaux, et de passer au niveau sup&#233;rieur pour s'attaquer &#224; une composante majeure de l'industrie de la vivisection &#8211; Huntigdon Life Sciences (HLS), une entreprise connue publiquement et le plus grand complexe de tests sur animaux en Europe. S'appuyant sur les avantages donn&#233;s par le documentaire de Channel 4 et le succ&#232;s que repr&#233;sentait la victoire de Hillgrove, Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC) a &#233;t&#233; constitu&#233; en 1999 comme une campagne purement b&#233;n&#233;vole et &#233;manant de la base, avec le but explicite de faire fermer HLS...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Soumettre une entreprise &#224; sa volont&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait vital pour les grandes soci&#233;t&#233;s de maintenir les activistes dans l'ignorance de leurs m&#233;thodes de travail r&#233;elles. Mais en regardant de plus pr&#232;s on s'aper&#231;oit que leur armure est pleine de failles, et si l'on trouve le bon point de rupture il est alors possible de mettre &#224; genoux m&#234;me la plus plus puissante des entreprises.&lt;br&gt; Pendant longtemps les campagnes ont consist&#233; &#224; se ruer sur toutes les vitrines d'une entreprise et &#224; s'attaquer &#224; tout ce qui tombait sous la main. Malheureusement, ce qui tombait souvent sous la main &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment ce que l'entreprise voulait que nous attaquions ; ces leurres d&#233;lib&#233;r&#233;ment mis en place pour attirer l'attention des activistes, pendant que les vraies activit&#233;s continuaient sans faiblir derri&#232;re des portes closes.&lt;br&gt;
Ce que SHAC et les autres campagnes suivant sa ligne font d&#233;sormais est l'oppos&#233; complet. Avant d'annoncer une entreprise comme cible, une recherche attentive est men&#233;e. On fa&#231;onne un aper&#231;u de l'entreprise, on obtient des copies de son bilan annuel, on compile des listes de ses filiales, bureaux, sites de recherche et de production. Ses activit&#233;s et leurs faiblesses sont identifi&#233;es. Les larbin-e-s des relations publiques et l'encadrement de base, pay&#233;-e-s pour prendre les coups, sont ignor&#233;-e-s. Ce qui compte, ce sont ceux/celles qui prennent r&#233;ellement les d&#233;cisions ; les gens au sommet et celles/ceux qui tirent les ficelles en coulisses, voil&#224; les vraies cibles.&lt;br&gt;
Tout comme le fait HLS lui-m&#234;me, la campagne a fait porter une grande partie de ses efforts sur toutes les entreprises secondaires qui soutiennent la bo&#238;te et lui permettent de rester en vie, afin de les faire se d&#233;sengager. Chacune de ces d&#233;marches est devenue une campagne &#224; part enti&#232;re, et chaque fois que l'une d'elle s'effondre elle fait vaciller un peu plus HLS vers le bord du gouffre.&lt;br&gt; L'exp&#233;rience a montr&#233; que c'&#233;tait une approche extr&#234;ment fructueuse, qui a men&#233; &#224; de nombreuses victoires. C'en est arriv&#233; &#224; un point o&#249; m&#234;me un appel t&#233;l&#233;phonique d'un activiste de SHAC &#224; une entreprise, leur faisant savoir que leur implication dans HLS a &#233;t&#233; d&#233;couverte, suffit souvent &#224; leur y faire mettre un terme.&lt;br&gt;
Avec HLS lui-m&#234;me chaque aspect distinct de l'entreprise est vis&#233;, car l'unique but est sa fermeture pure et simple sans &#233;chappatoire. Cependant, la majorit&#233; des cibles secondaires ne requiert pas ce genre de campagne, le but n'&#233;tant pas de les faire fermer mais simplement de briser leurs liens avec HLS. &#199;a n&#233;cessite une approche plus cibl&#233;e, o&#249; l'entreprise li&#233;e est analys&#233;e et vis&#233;e sur ses points les plus faibles.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chaque entreprise peut &#234;tre dissoci&#233;e en cinq aspects :&lt;br&gt;
1. Dirigeant-e-s. &lt;br&gt;
2. Travailleur-euse-s de base. &lt;br&gt;
3. Communications. &lt;br&gt;
4. Bureaux. &lt;br&gt;
5. Apparitions publiques. &lt;br&gt;
Chacun d'eux requiert une strat&#233;gie diff&#233;rente, mais des attaques sur chacun des fronts feront chanceler la cible. Les entreprises n'ont pas l'habitude de faire face &#224; des campagnes fonctionnant de cette mani&#232;re, qui sont effectivement tr&#232;s dures &#224; contrer &#8211; surtout si une diversit&#233; de modes d'action m&#234;lant militantisme &#224; visage d&#233;couvert et actions clandestines se met en place. Les grandes entreprises sont trop &#233;tal&#233;es pour se prot&#233;ger partout &#224; la fois, alors que les entreprises plus petites offrent une jolie cible bien localis&#233;e o&#249; les goulots d'&#233;tranglement vitaux sont faciles d'attaque.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le levier d'action, tr&#232;s puissant, que nous avons en tant qu'activistes, c'est qu'ils/elles ne savent jamais ce que nous ferons ensuite, et que si nous agissons tou-te-s de mani&#232;re unie et coh&#233;rente nous pouvons neutraliser des parties de leur infrastructure qu'ils/elles ne peuvent pas se permettre de perdre. &#199;a se r&#233;sume principalement &#224; trois choses :&lt;br&gt;
1. Leur instiller une peur permanente. &lt;br&gt;
2. Leur co&#251;ter financi&#232;rement. &lt;br&gt;
3. Tra&#238;ner leur nom dans la boue. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne perdez pas votre temps &#224; faire appel &#224; leur bon fond &#8211; &#231;a n'existe pas parmi les gens qui comptent vraiment dans une entreprise. Ce &#224; quoi vous pouvez faire appel c'est combien d'argent vous allez leur co&#251;ter, comment vous allez leur d&#233;truire le moral, et comment ils/elles ne vont jamais savoir quand et vers o&#249; vous allez vous tourner ensuite avec une nouvelle tactique d&#233;vastatrice et emmerdante contre laquelle elles/ils ne pourront rien.&lt;br&gt;
&#199;a ne co&#251;te rien d'approcher d'abord une entreprise, en leur disant que vous pr&#233;voyez une campagne contre elles/eux. Mais soyez tr&#232;s strict sur ce que vous voulez r&#233;ellement d'elles/eux. Dites leur qu'il y a peu de marge pour la n&#233;gociation, et qu'une fois que le message selon lequel leur entreprise est vis&#233;e atteindra le grand public plus rien ne pourra &#234;tre fait pour le retirer, &#224; moins d'annoncer une victoire significative ou une concession qui a vraiment du sens. Les actions peuvent d&#233;marrer au moment o&#249; vous n&#233;gociez, car cela montre que vous &#234;tes s&#233;rieux/ses quand vous parlez.&lt;br&gt;
Cependant, il est utile de donner &#224; la cible une possibilit&#233; de sortie, un &#233;chappatoire. &#199;a d&#233;pend de la campagne, &#231;a peut &#234;tre possible ou ne pas l'&#234;tre. Mais si &#231;a l'est, o&#249; si &#231;a peut &#234;tre rendu possible en vous faisant passer pour un interlocuteur raisonnable, alors c'est un outil tr&#232;s utile pour conclure la campagne avec succ&#232;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Dirigeant-e-s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par-dessus tout, ce sont elles/eux qui sont habilit&#233;-e-s &#224; d&#233;finir la politique de l'entreprise et de ses filiales, malgr&#233; ce qu'elles/ils peuvent dire &#224; ce sujet. Peu importe si c'est juste une de leurs filiales &#233;loign&#233;es qui est en faute, ils ont toujours le pouvoir de dire stop. Ils/elles peuvent faire rentrer dans le rang n'importe qui en dessous d'eux/elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Travailleurs/euses de base&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les cadres dirigeant-e-s sont tout &#224; fait au courant des d&#233;g&#226;ts que peuvent faire des personnes depuis l'int&#233;rieur, et s'ils/elles r&#233;alisent que leur propre force de travail s'oppose &#224; eux/elles dans ce conflit, vous avez alors un outil puissant. Beaucoup de travailleur-euse-s elles/eux m&#234;mes auront des sympathies pour vos objectifs, et n'aimeront pas le sale c&#244;t&#233; de l'entreprise pour laquelles elles/ils travaillent. Dans le pass&#233;, &#231;a a permis &#224; une mine d'informations d'arriver jusqu'&#224; nous. Lors de certaines campagnes, ce sont en effet les actions d'employ&#233;-e-s &#233;v&#233;ill&#233;-e-s aux mauvais comportements de leur bo&#238;te qui ont port&#233; les coups permettant de gagner.&lt;br&gt;
L'exposition au public de secrets internes est une arme tr&#232;s puissante, qui est souvent sous-utilis&#233;e. Des secrets qui pourraient ne pas sembler importants aux yeux des opposant-e-s peuvent &#234;tre des informations tr&#232;s sensibles d'un point de vue commercial. Dans certains cas les d&#233;voileur-euse-s de secrets peuvent faire s'effondrer le cours des actions d'une entreprise. &#199;a peut ne pas sembler significatif aux gens qui font campagne contre elle, mais du point de vue de la bo&#238;te &#231;a peut &#234;tre un coup mortel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Communications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises, petites et grandes, font souvent passer tous les messages &#224; travers un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone central. C'est un goulot d'&#233;tranglement naturel &#8211; bouchez le et vous aurez un gros effet coup de poing, surtout si c'est leur num&#233;ro principal pour faire des affaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les entreprises ont aussi tendance &#224; poss&#233;der toute une sous-section de num&#233;ros. N'essayez pas seulement leurs num&#233;ros diffus&#233;s publiquement, mais ceux un ou deux chiffres en-dessous ou au-dessus. &#199;a vous donnera &#233;galement souvent des d&#233;tails int&#233;ressants, et parfois des lignes directes avec les dirigeant-e-s.&lt;br&gt;
Les e-mails sont tr&#232;s faciles &#224; viser, car vous pouvez envoyer un mail &#224; des tas de personnes en m&#234;me temps. Au bout d'un moment ils/elles vous bloqueront, mais &#231;a se contourne avec un peu d'astuce. Les inscrire &#224; des listes mail et &#224; des pages de liens gratuits peut g&#233;n&#233;rer d'immenses amas de messages en provenance d'autres personnes, tout en vous &#233;pargnant du temps et de l'effort. Nous avons eu connaissance d'une cible dont tout le syst&#232;me de mail a fini par planter, ce qui l'a gravement affect&#233;e, la plus grande partie du syst&#232;me de communication interne et de mise en r&#233;seau &#233;tant effectu&#233;e par mail. C'est aussi pour les employ&#233;-e-s un message clair comme quoi c'est vous qui vous &#234;tes en train de gagner la campagne.&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s le ciblage des dirigeant-e-s, c'est probablement la tactique la plus efficace, mais elle a besoin d'&#234;tre mise en oeuvre de mani&#232;re consistante et il faut continuer &#224; maintenir la pression. Quand vous recevez un appel &#224; une action de ce type dans votre bo&#238;tre mail, ne vous contentez pas d'envoyer un seul message, coup de fil ou fax, sans y repenser par la suite. Continuez &#224; le faire, jour apr&#232;s jour, jusqu'&#224; ce qu'elles/ils c&#232;dent.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4) Bureaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore mieux de les rencontrer sur leur propre territoire en rentrant dans leurs bureaux et en parlant directement avec la hi&#233;rarchie. Demandez &#224; voir un-e responsable et apportez des vid&#233;os et de la litt&#233;rature &#224; leur offrir. C'est une tactique qu'ils/elles ha&#239;ssent profond&#233;ment. C'est une chose d'avoir un mur entre eux et vous, mais une fois que vous &#234;tes dans leur espace de travail ils/elles ne peuvent plus vous ignorer, et en plus &#231;a les emp&#234;che de travailler correctement. Faites le de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e et elles/ils devront se mettre &#224; payer pour renforcer les mesures de s&#233;curit&#233; ; au d&#233;part, vous vous apercevrez en effet que la s&#233;curit&#233; dispose la plupart du temps d'un budget faible et se feinte facilement. Une s&#233;curit&#233; renforc&#233;e contribue &#224; cr&#233;er une atmosph&#232;re de travail d&#233;plaisante, ce qui ne peut qu'aider &#224; susciter de l'int&#233;r&#234;t pour votre cause et encourage les gens &#224; s'en prendre &#224; leurs patron-ne-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5) Apparitions publiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des activistes qui s'encha&#238;nent sur leurs stands lors de conf&#233;rences, ou un l&#226;cher de banderolles les accusant pendant des &#233;v&#232;nements publics, sont des choses dont ils/elles ne peuvent pas se cacher. &#199;a leur co&#251;te en termes d'affaires et d'image publique, et &#231;a nuit &#224; leur marque de fabrique. HLS a maintenant cess&#233; d'aller &#224; certaines conf&#233;rences parce qu'elles/ils savent qu'ils ne pourront pas &#233;chapper &#224; une humiliation publique &#8211; et &#231;a veut dire en d&#233;finitive qu'ils/elles perdent une partie de leur chiffre d'affaires.&lt;br&gt;
Et &#231;a ne vaut pas que pour les entreprises. Les directeurs/trices de bo&#238;tes si&#232;gent souvent dans les collectivit&#233;s locales et les organisations caritatives &#8211; quelques visites dans ces endroits et les directrices/teurs comprendront que ce n'est pas seulement le nom de leur entreprise qui est tra&#238;n&#233; dans la boue, mais leur nom aussi. C'est &#224; ce moment l&#224; que beaucoup de campagnes sur le long terme arrivent &#224; une conclusion rapide.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S'occuper des filiales et des partenaires commerciaux&lt;br&gt;
N'abandonnez jamais !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois que vous avez choisi votre cible, n'abandonnez jamais. M&#234;me si pendant un temps vous avez l'impression que &#231;a ne m&#232;ne &#224; rien, laissez simplement ce constat vous stimuler pour mettre en oeuvre des m&#233;thodes de campagne plus inventives et efficaces et passer &#224; l'action. Abandonner vous donne une image n&#233;gative et laisse croire aux autres entreprises qu'elles peuvent vous vaincre.&lt;br&gt;
Dans le pass&#233; trop de campagnes ont fini comme &#231;a, et &#231;a a un effet extr&#234;mement pr&#233;judiciable sur la campagne et les gens impliqu&#233;s. La seule vraie mani&#232;re de gagner, c'est de ne pas l&#226;cher le morceau et de refuser de se laisser aller, sans tenir compte de ce qu'elles/ils vous balancent en repr&#233;sailles. Si vous montrez le moindre signe de faiblesse vos ennemi-e-s vont sauter dessus, et &#231;a rendra les autres victoires bien plus dures &#224; accomplir. La psychologie de votre r&#233;ussite a autant d'importance que celle utilis&#233;e pour retourner leur peur contre elles/eux. N'abandonnez jamais !&lt;br&gt; Ce point appelle une r&#233;ponse double. D'abord, les filiales font toutes partie de la m&#234;me entreprise tentaculaire et &#231;a veut dire qu'elles ont toutes une voix. Si on met la pression sur les autres filiales, c'est pour s'assurer que les dirigeant-e-s captent bien le message : les activistes sont s&#233;rieux/ses. C'est une chose pour les grand-e-s dirigeant-e-s d'ignorer les slogans des contestataires, c'en est une autre d'ignorer les plaintes de leurs propres responsables qui veulent savoir pourquoi elles/ils s'en prennent plein la gueule.&lt;br&gt; La deuxi&#232;me raison c'est que les entreprises sont faites de divisions s&#233;par&#233;es les unes des autres qui souvent ne s'aiment pas entre elles. Il y a une comp&#233;tition pour les ressources et les promotions. Bien que ce soit quelque chose qu'on voit rarement, il arrive qu'en coulisses les contestations donnent carr&#233;ment des armes aux diff&#233;rentes factions dans l'entreprise, nous permettant ainsi de diviser pour mieux r&#233;gner. &#199;a oblige les directeurs/rices des filiales li&#233;es &#224; HLS &#224; surveiller leurs arri&#232;res, dans la peur que leurs concurrent-e-s saisissent l'occasion de leur sauter &#224; la gorge et leur fassent perdre de pr&#233;cieuses ressources ainsi que des augmentations de salaires.&lt;br&gt;
M&#234;me si vous n'aboutissez pas &#224; une victoire du premier coup, une campagne bien men&#233;e et qui frappe fort peut avoir des effets majeurs. &#199;a fait r&#233;fl&#233;chir la cible &#224; deux fois &#224; si elle veut encore travailler avec HLS dans le futur, et si le co&#251;t engendr&#233; par les affaires manqu&#233;es et la s&#233;curit&#233; suppl&#233;mentaire en vaut vraiment la peine. De plus, &#231;a envoie un message fort au reste de l'industrie confirmant que vous &#234;tre s&#233;rieux/ses.&lt;br&gt;
Avec cette campagne-ci les r&#233;sultats sont all&#233;s bien au-del&#224; de HLS uniquement. Des multinationales comme Novartis ont remis en question la pertinence du Royaume-uni comme lieu pour la recherche animale, tandis que des entreprises japonaises ont supprim&#233; des financements d'un montant d'un milliard de livres sterling destin&#233;s &#224; la recherche. Les deux citent la campagne contre HLS comme une des raisons. Le r&#233;sultat, c'est que le Royaume-uni est de plus en plus consid&#233;r&#233; comme un endroit o&#249; &#233;viter d'entreprendre des recherches bas&#233;es sur les animaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Mondes de la Finance et du Commerce&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Il a souvent &#233;t&#233; demand&#233; pourquoi SHAC s'en est pris &#224; des entreprises comme les assureuses/eurs, les banquiers/&#232;res, les administratrices/eurs, les actionnaires, les agent-e-s de change, les traders... d'HLS, au lieu de se concentrer sur les bo&#238;tes directement impliqu&#233;es dans la maltraitance animale.&lt;br&gt;
Le r&#233;ponse, c'est qu'on a besoin de penser &#224; l'entreprise elle-m&#234;me, par juste &#224; pourquoi on m&#232;ne des actions contre elle. Une fois la cible choisie il faut lui &#244;ter tous les appuis qui la soutiennent. Du point de vue de la bo&#238;te, ses administrateurs/trices, ses assureuses/eurs et sa cotation en bourse sont tous des aspects importants, dont la perte rend le fonctionnement tr&#232;s difficile. Une bonne campagne, en plus de perturber les t&#226;ches normales de l'entreprise, cr&#233;e un climat de suspicion et d'instabilit&#233; parmi les cr&#233;anciers/&#232;res et les client-e-s, climat dont il est dur de venir &#224; bout.&lt;br&gt;
Les client-e-s deviennent r&#233;ticent-e-s &#224; investir, et ne d&#233;bourseront pas des millions pour un contrat s'il y a un gros doute sur la possibilit&#233; pour la bo&#238;te de le mener &#224; bien. Les gros-se-s investisseuses/eurs n'investissent que dans les entreprises pr&#233;sentes sur un march&#233; des valeurs prestigieux et avec des administrateurs/trices reconnu-e-s. Il est dur pour les bo&#238;tes qui ne b&#233;n&#233;ficient pas de &#231;a d'attirer ces investisseurs/euses, ce qui ent&#226;che encore plus leur cr&#233;dibilit&#233;, et une fois entra&#238;n&#233; dans ce cercle vicieux il est dur de remonter la pente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre effet est que, &#233;tant donn&#233; la mani&#232;re dont fonctionne le syst&#232;me, &#231;a rend beaucoup plus dur d'obtenir des pr&#234;ts. Les pr&#234;ts sont une partie vitale du processus d'expansion et d'attraction de nouveaux march&#233;s. Ils sont n&#233;cessaires pour se moderniser et rester au sommet. Pour des entreprises de la taille d'HLS, les pr&#234;ts sont &#233;troitement li&#233;s au cours des actions en bourse &#8211; un cours tr&#232;s bas veut dire que les pr&#234;ts arrivent tr&#232;s difficilement. Au fur et &#224; mesure qu'HLS lutte pour remplacer les bo&#238;tes qui le soutiennent, il perd la bataille pour la cr&#233;dibilit&#233; aux yeux des financiers/&#232;res qui peuvent r&#233;ellement compter pour son futur. Dor&#233;navant, personne dans les principaux march&#233;s financiers ne rentrera en contact avec HLS, et pour une entreprise qui se bat pour sa survie c'est une situation mortelle.&lt;br class='autobr' /&gt; Le succ&#232;s est vital. C'est mieux de se concentrer sur une seule entreprise, de gagner une victoire sur elle, et de s'en servir comme exemple &#224; brandir devant d'autres. Une fois qu'une entreprise a perdu, c'est bien plus facile de cr&#233;er un effet boule de neige sur les autres. M&#234;me s'il est possible que vous vous retrouviez avec une profusion de cibles &#224; attaquer, s&#233;lectionnez les une par une. Elles vont toutes en parler entre elles, et le message comme quoi vous ne plaisantez pas va circuler de lui-m&#234;me.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Internationalisme en Action !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ussite engendre aussi une prise de conscience globale &#8211; et une prise de conscience globale engendre davantage de r&#233;ussite. La campagne contre HLS captive l'imagination collective et a maintenant des organisations soeurs dans des dizaines de pays &#224; travers le monde. &#199;a veut dire que quand une nouvelle cible est choisie elle est touch&#233;e &#224; une &#233;chelle internationale, ce qui augmente grandement l'impact de la campagne et aide &#224; unifier le mouvement en g&#233;n&#233;ral. Quand HLS a d&#233;m&#233;nag&#233; ses actions et ses pr&#234;ts aux Etats-Unis afin d'&#233;chapper &#224; l'activisme du Royaume-uni, la campagne SHAC aux Etats-Unis leur a enlev&#233; et, &#224; leur grand effroi, a r&#233;duit en miettes tout ce qu'ils pouvaient mettre en place.&lt;br&gt;
Cet aspect global de la lutte a &#233;t&#233; un point significatif de la campagne contre HLS. C'est particuli&#232;rement important quand les cibles n'ont pas de si&#232;ge social dans le pays. Les si&#232;ges sociaux sont vitaux car c'est l&#224; que les vraies d&#233;cisions se prennent. La pr&#233;sence d'activistes pr&#232;s de chez elles/eux a une grande influence et les encourage &#224; prendre la d&#233;cision de se d&#233;sengager vis-&#224;-vis d'HLS. &#199;a veut dire aussi qu'ils/elles ne peuvent pas tout simplement &#233;chapper &#224; l'attention de SHAC en changeant de pays. HLS a essay&#233; et ils se sont fait humilier. De m&#234;me l'entreprise pharmaceutique Yamanouchi, apr&#232;s avoir ferm&#233; son grand centre de recherche au Royaume-uni, s'est aper&#231;u qu'il n'y avait pas de refuge pour elle en Hollande.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fin (pour HLS !)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, apr&#232;s les 10 ans ou &#224; peu pr&#232;s qui viennent de s'&#233;couler (en 2003, N.D.T.), les exploiteurs/euses d'animaux et les autres entreprises de destruction s'attendent &#224; des contestations directes de notre part, et sont pr&#234;t-e-s et capables de les g&#233;rer. Ce qu'ils/elles ne sont pas capables de g&#233;rer, c'est la perte du soutien dont elles/ils ont besoin pour rester dans leur bizness. Quand ces soutiens se font &#233;jecter, les entreprises se retrouvent dans une position o&#249; il est relativement facile de les &#233;liminer des affaires. Les promesses des gouvernant-e-s et de la police ne sont pas des substituts &#224; nos tactiques de guerre &#233;conomique, ni &#224; la peur d'&#234;tre tenu personnellement et directement responsable du fait de soutenir la maltraitance animale sous une forme ou une autre.&lt;br&gt; La campagne contre HLS s'est aventur&#233;e sur un terrain compl&#232;tement nouveau ; la courbe a &#233;t&#233; exponentielle, et continue &#224; l'&#234;tre. Une campagne et des actions consistantes et d&#233;termin&#233;es, qui revoient continuellement leurs strat&#233;gies et leurs tactiques et produisent une litt&#233;rature brillante et professionnelle, ont pris la police et le gouvernement au d&#233;pourvu tout en gardant le public de notre c&#244;t&#233;. &lt;br&gt;
Un dur travail et un engagement acharn&#233; se sont r&#233;v&#233;l&#233;s payants, puisque HLS est devenue une marque de fabrique associ&#233;e &#224; la maltraitance animale et que les autres entreprises tremblent de peur &#224; l'id&#233;e d'y &#234;tre publiquement associ&#233;es.&lt;br&gt;
Tout ce dont nous avons eu besoin c'est de reconna&#238;tre que nous devons aller de l'avant, saisir de nouvelles opportunit&#233;s et adopter de nouvelles formes d'action. &#199;a ne veut pas dire non plus qu'il y a besoin de beaucoup de monde. Quelques individu-e-s concentr&#233;-e-s et du temps consacr&#233; &#224; faire de recherches approfondies permettent d'ouvrir la voie &#224; une campagne efficace et victorieuse. Le point crucial est d'arr&#234;ter de penser comme des contestataires, mais de nous mettre &#224; la place de la cible et de d&#233;couvrir ses points faibles. Une entreprise est compos&#233;e de nombreuses personnes et a de nombreuses structures qui la soutiennent. Si on choisit les bonnes, la plupart d'entre elles s'effondrent.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis le d&#233;but de la campagne contre HLS beaucoup de choses ont chang&#233; dans le monde du droit des animaux, mais, comme l'a m&#234;me r&#233;cemment admis leur directeur g&#233;n&#233;ral, HLS est sur les rotules. Les m&#233;dias et le gouvernement font des d&#233;clamations autour de la campagne, mais &#231;a ne change que tr&#232;s peu de choses. En effet la mauvaise pub s'est r&#233;v&#233;l&#233;e un outil tr&#232;s utile, car elle aide &#224; faire tourner le mot aux entreprises et &#224; leur montrer ce qu'elles ont &#224; craindre concr&#232;tement quand elles sont sous le feu des projecteurs. Durant les quatre derni&#232;res ann&#233;es SHAC s'est tromp&#233; &#224; un certain nombre de reprises mais a appris de ses erreurs, et ses strat&#233;gies et tactiques se sont affin&#233;es. Les entreprises peuvent peut-&#234;tre bien continuer &#224; marcher mais elles d&#233;couvrent qu'il est vraiment dur de se cacher...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Huntingdon Life Sciences et la Campagne contre Marsh...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Marsh Inc., l'une des plus grandes compagnies d'assurance au monde, a agi en faveur de HLS. Ce fut l'une des plus dures campagnes lanc&#233;es par SHAC, il a fallu pr&#232;s d'un an pour obliger Marsh &#224; annoncer qu'ils cessaient leur implication avec HLS. La victoire a &#233;tabli SHAC comme une force avec laquelle il fallait compter, avec comme r&#233;sultat que d&#233;sormais les autres entreprises regardent comment s'est d&#233;roul&#233;e la campagne contre Marsh, et d&#233;cident en cons&#233;quence qu'elles ne sont pas pr&#234;tes &#224; se prendre la m&#234;me chose dans la tronche.&lt;br&gt; A la suite de Marsh, les comptables de HLS Deloitte &amp; Touche ont clairement vu la douleur qui avait lui avait &#233;t&#233; inflig&#233;e ; il ne leur a fallu que 10 jours pour se retirer et aucune grande entreprise de comptabilit&#233; ne rentrera d&#233;sormais en contact avec HLS, m&#234;me tout au bout d'une longue perche. &#199;a a instaur&#233; comme m&#233;thode de campagne l'effet domino, gr&#226;ce auquel un dur travail sur une entreprise donn&#233;e m&#232;ne &#224; des victoires plus faciles sur les autres.&lt;br&gt;
Voici ci-dessous une chronologie de la campagne contre Marsh, afin de donner une id&#233;e de l'intensit&#233; de la pression mise sur Marsh et de montrer comment cette victoire fondamentale a &#233;t&#233; obtenue. La campagne a d&#233;marr&#233; en F&#233;vrier 2002 et a pris fin en D&#233;cembre 2002.&lt;br&gt;
Les pays impliqu&#233;s comprenaient : l'Autriche, l'Australie, la R&#233;publique Tch&#232;que, La France, la Hollande, l'Italie, l'Allemagne, La Nouvelle Z&#233;lande, Le Portugal, l'Afrique du Sud, Le Royaume-uni et les Etats-unis.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier - Ao&#251;t Au Royaume-uni Marsh s'est fait briser les fen&#234;tres de ses bureaux. A certains points, il y avait presque tous les jours des manifs et occupations &#224; leurs bureaux pour les d&#233;ranger dans leur travail, des manifs sur leurs toits, des repr&#233;sailles &#224; leurs domiciles, des campements install&#233;s devant les maisons de plusieurs directeurs/trices, de m&#234;me que des campagnes de tractage dans leurs villages pour leur mettre la honte. De plus leurs client-e-s et les gens qui leur louaient leurs bureaux ont &#233;t&#233; cibl&#233;-e-s, les compagnies d'assurance travaillant avec elles/eux attaqu&#233;es, leurs voitures recouvertes de peinture, et des &#233;v&#232;nements sponsoris&#233;s par elles/eux ruin&#233;s.&lt;br&gt;
Mars - Juin Les cadres de Marsh &#224; Boston re&#231;oivent la visite de plusieurs manifs devant chez eux/elles, dont plusieurs &#224; 3 heures du matin.&lt;br&gt;
4 Mars A Boston, des activistes organisent une manif devant les bureaux de Marsh dans le cadre d'un week-end d'action. &#201;galement, &#224; Chicago, des activistes perturbent le fonctionnement de l'immeuble o&#249; se situent les bureaux de Marsh. A San Antonio l'activit&#233; de leurs bureaux est perturb&#233;e avec des bombes puantes et des tracts.&lt;br&gt;
5 Mars Sous le couvert de l'obscurit&#233;, des activistes recouvrent les bureaux de Marsh d'autocollants et mettent de la colle dans leurs serrures.&lt;br&gt;
10 Mars Les maisons de plusieurs cadres de Marsh se font recouvrir d'autocollants anti-HLS au milieu de la nuit.&lt;br&gt;
11 Mars Des activistes de Chicago rendent visite chez eux aux cadres de Marsh avec des m&#233;gaphones, des trompes, des cornes de brume, des autocollants, et tapent des poings sur les portes. Pendant la nuit des gens peignent &#224; la bombe des slogans &#034;Tueur (ou tueuse, Note du traducteur) de chiots&#034; sur la maison d'un-e cadre. Au Texas, 3 bureaux de Marsh sont recouverts d'autocollants et de tracts.&lt;br&gt;
25 Mars Perturbations &#224; l'immeuble de Marsh &#224; Chicago. Des notes internes de Marsh sont rendues publiques, elles d&#233;taillent &#034;les mesures pr&#233;ventives qui devraient &#234;tre prises au sein de chaque bureau&#034; en r&#233;ponse &#224; la campagne SHAC. Elle mentionne &#233;galement un num&#233;ro vert joignable 24h sur 24, mis en place pour les employ&#233;-e-s de Marsh qui ont &#233;t&#233; perturb&#233;-e-s !&lt;br&gt;
29 Mars Des activistes de Seattle recouvrent de tracts les bureaux de Marsh.&lt;br&gt;
5 Avril Des Activistes se barricadent dans les bureaux de Marsh &#224; San Francisco.&lt;br&gt;
8 Avril Des fruits pourris, qui ont &#233;t&#233; laiss&#233;s &#224; l'int&#233;rieur des bureaux de Marsh &#224; Boston, empestent tout l'endroit d'une odeur infecte.&lt;br&gt;
9 Avril A Chicago, un-e cadre re&#231;oit une visite de nuit tardive &#224; son domicile.&lt;br&gt;
21 Avril &#8211; 28 Avril Les maisons de deux cadres de Marsh &#224; New York se font d&#233;vaster. Les portes, vases, lampes et miroirs des vestibules de leurs maisons &#224; Central Park et Park Avenue sont transform&#233;-e-s en tas de verre pil&#233;. Des actions sont organis&#233;es devant les bureaux et les maisons des employ&#233;-e-s de Marsh &#224; San Francisco, au Texas et &#224; Chicago. Leurs quartiers sont tapiss&#233;s d'affiches informant les voisins que des tueurs/euses de chiots habitent dans leur communaut&#233;.&lt;br&gt;
14 Mai A San Francisco, les cadres de Marsh d&#233;couvrent au r&#233;veil leurs quartiers tapiss&#233;s d'affiches informant les voisins que des tueurs/euses de chiots habitent dans leur communaut&#233;.&lt;br&gt;
7 Juin Un-e cadre de Marsh &#224; Chicago se fait recouvrir sa maison de peinture rouge et &#233;clater ses fen&#234;tres.&lt;br&gt;
11 Juin A San Jos&#233;, Californie, un-e cadre de Marsh se fait peinturlurer sa maison de slogans &#034;Tueur (ou tueuse, N.d.T.) de chiots&#034; et &#034;ordure&#034;.&lt;br&gt;
17 Juin Un-e cadre de Marsh &#224; Boston se fait recouvrir la fa&#231;ade de sa maison de litres de peinture rouge.&lt;br&gt;
1er Juillet A Sacramento, Californie, un-e cadre de Marsh se fait peinturlurer sa maison de slogans &#034;Tueur (ou tueuse) de chiots&#034; et &#034;ordure&#034;.&lt;br&gt;
3 Juillet Un-e cadre de Marsh &#224; Boston re&#231;oit la visite d'une manif devant chez lui/elle &#224; 7 heures du matin. Plus tard ce soir l&#224;, deux cadres de Marsh ont droit &#224; une veill&#233;e aux chandelles tard dans la nuit.&lt;br&gt;
7 juillet Des activistes d&#233;ploient une banderole et tractent dans le quartier d'un-e cadre de Marsh en Californie.&lt;br&gt;
10 Juillet Des fumig&#232;nes de gros calibre sont d&#233;clench&#233;s dans deux bureaux de Marsh &#224; Seattle. Les bureaux sont tous les deux &#233;vacu&#233;s et les autorit&#233;s bloquent l'acc&#232;s aux p&#226;t&#233;s de maisons.&lt;br&gt;
15 Juillet Des banderoles hiss&#233;es par des ballons d'h&#233;lium sont l&#226;ch&#233;es devant trois bureaux de Marsh &#224; San Francisco.&lt;br&gt;
24 Juillet Des banderoles anti-Marsh sont d&#233;ploy&#233;es au-dessus de la voie express &#224; Chicago.&lt;br&gt;
26 Juillet Des activistes de San Francisco organisent une f&#234;te de rue anti-Marsh dans le quartier des affaires.&lt;br&gt;
1er Ao&#251;t Pendant le PGA Tournament (tournoi national de golf aux &#201;tats-Unis, N.D.T.) une cellule de l'Animal Liberation Front (ALF) d&#233;truit un cours de golf &#224; Long Island, dont est membre un-e directeur/trice honoraire de Marsh.&lt;br&gt;
5 Ao&#251;t Des activistes manifestent devant les maisons et bureaux de cadres de Marsh, pendant un week-end d'action r&#233;gional au Texas.&lt;br&gt;
9 Ao&#251;t - 11 Ao&#251;t Des activistes de Boston manifestent devant les maisons et bureaux de cadres de Marsh, dans le cadre d'un week-end d'action r&#233;gional.&lt;br&gt;
17 Ao&#251;t Une cadre de Marsh au Texas se fait tapisser sa maison d'autocollants et d'affiches informant ses voisin-e-s qu'elle est une tueuse de chiots.&lt;br&gt;
26 Ao&#251;t Nouvelles visites &#224; domicile pour Marsh au Royaume-uni.&lt;br&gt;
27 Ao&#251;t Un autre jour de visites &#224; domicile pour Marsh au Royaume-uni.&lt;br&gt;
28 Ao&#251;t Manif &#224; domicile &#224; 6 heures du matin chez un-e cadre de Marsh. Il/elle ne va pas au travail. Les manifestant-e-s reviennent &#224; 4 heures de l'apr&#232;s-midi pour toucher les gens qui passent &#224; l'heure de pointe.&lt;br&gt;
1er Septembre Les directrices/teurs de Marsh en Nouvele-Z&#233;lande ont droit &#224; une visite &#224; leur domicile.&lt;br&gt;
2 Septembre Des activistes manifestent &#224; l'emplacement des bureaux, des domiciles et des lieux de culte des cadres de Marsh. De plus, les maisons des d&#233;tectives priv&#233;-e-s de Marsh re&#231;oivent des visites &#224; domicile.&lt;br&gt;
3 Septembre Le directeur de Marsh Hamish Ritchie se fait briser ses fen&#234;tres.&lt;br&gt;
5 Septembre Manif bruyante tard dans la nuit au domicile du directeur de Marsh Chrisopher Pearsons. Plus tard courant septembre, il a &#233;t&#233; signal&#233; qu'une manif avait eu lieu devant la maison de Pearson le jour des fun&#233;railles d'un membre de la famille.&lt;br&gt;
7 Septembre Des activistes visitent les bureaux de Marsh &#224; travers le Royaume-uni. Certains sont envahis et d'autres subissent des manifs bruyantes &#224; l'ext&#233;rieur. C'&#233;tait une pratique courante avec Marsh que des personnes restent immobiles toute la journ&#233;e &#224; l'ext&#233;rieur des bureaux &#224; frapper sur des tambours, crier et hurler, utiliser des sir&#232;nes et des cornes de brume, et &#224; faire tellement de bruit qu'il &#233;tait impossible de travailler.&lt;br&gt;
7 Septembre Tard dans la nuit, un-e d&#233;tective priv&#233;e de Marsh se fait r&#233;veiller par un appel t&#233;l&#233;phonique.&lt;br&gt;
14 Septembre Une cellule italienne de l'ALF d&#233;fonce un club de golf o&#249; Marsh sponsorise un tournoi. Le terrain de golf subit des d&#233;g&#226;ts suppl&#233;mentaires.&lt;br&gt;
17 Septembre Des activistes de Long Island manifestent au domicile d'un-e directrice/eur honoraire de Marsh.&lt;br&gt;
21 Septembre A Long Island, l'ALF repeint la maison d'un-e directeur/trice honoraire de Marsh avec des slogans pendant que les vigiles dorment &#224; proximit&#233; dans leurs voitures.&lt;br&gt;
22 Septembre Des cadres de Marsh re&#231;oivent des manifs &#224; leur domicile en Californie.&lt;br&gt;
23 Septembre Un blocus t&#233;l&#233;phonique commence contre un h&#244;tel en Nouvelle-Z&#233;lande qui h&#233;berge un &#233;v&#233;nement sponsoris&#233; par Marsh. Il y a aussi des manifs anti-Marsh au Portugal et en Nouvelle-Z&#233;lande. &lt;br&gt;
En Nouvelle-Z&#233;lande des personnes entrent dans des bureaux et collent des autocollants partout. Devant un autre bureau, 15 personnes distribuent des tracts contenant l'adresse personnelle des employ&#233;-e-s. Des manifs anti-Marsh on lieu dans quatre villes d'Allemagne le m&#234;me jour. Les bureaux sont assi&#233;g&#233;s toute la journ&#233;e.&lt;br&gt;
24 Septembre Dans le cadre d'un week-end d'action contre Marsh en Italie, des manifs ont eu lieu devant 3 bureaux et 3 ont &#233;t&#233; envahis, tandis qu'un blocus t&#233;l&#233;phonique d'une semaine se mettait en place.&lt;br&gt;
25 Septembre Des activistes investissent les bureaux de Marsh &#224; Liverpool.&lt;br&gt;
28 Septembre Des m&#233;moriaux en hommage aux animaux sont laiss&#233;s devant les maisons et les clubs de sant&#233; des cadres de Marsh en Californie.&lt;br&gt;
29 Septembre Des activistes se scindent d'une manif nationale contre HLS et vont rendre visite aux directeurs/trices de Marsh chez elles/eux.&lt;br&gt;
30 Septembre A une heure du matin, des activistes arrivent au domicile du directeur de Marsh Hamish Ritchie, crient dans des m&#233;gaphones et font sonner des cornes de brume.&lt;br&gt;
3 Octobre Une attaque internet contre Marsh d&#233;bute. Des activistes mettent en place une chat room sur internet o&#249;, chaque fois qu'un mot est tap&#233;, un email est envoy&#233; &#224; Marsh. Marsh en a re&#231;u plus de 200.000 gr&#226;ce &#224; l'action et a d&#251; faire face de ce fait &#224; des probl&#232;mes informatiques. Pour plus de d&#233;tails, voir : &lt;a href=&#034;https://www.huntingdonsucks.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.huntingdonsucks.com&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
10 Octobre Perturbation de la foire des m&#233;tiers &#224; l'universit&#233; de Londres. Des activistes assi&#232;gent le stand de Marsh avec des slogans, des m&#233;gaphones, des affiches et des tracts.&lt;br&gt;
19 Octobre SHAC re&#231;oit une lettre d'un-e employ&#233;-e de Marsh revendiquant qu'un groupe d'employ&#233;-e-s sympathise avec la campagne et inflige des d&#233;g&#226;ts &#224; la propri&#233;t&#233; de l'entreprise. A un moment durant la campagne, une machine a caf&#233; a pris feu et a entra&#238;n&#233; l'&#233;vacuation du bureau tout entier.&lt;br&gt;
24 Octobre Des activistes perturbent une f&#234;te dans un country club de Long Island, aux Etats-unis, ou les directrices/teurs de Marsh se sociabilisent avec d'autres parieurs de haut vol. S'ensuit une autre mainf &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;br&gt;
27 Octobre Des autocollants portant le nom et l'adresse du directeur de Marsh William White Cooper sont coll&#233;s partout dans son quartier. Des manifs ont lieu devant les bureaux de Marsh &#224; Exeter. Marsh obtient la mise en place d'un arr&#234;t&#233; visant &#224; neutraliser les gens et &#224; les maintenir &#224; l'&#233;cart de ses bureaux, mais il est constamment ignor&#233; durant les semaines suivantes et les gens s'&#233;vertuent &#224; faire vivre &#224; Marsh un v&#233;ritable enfer. Le conseil municipal d'Exeter, client de Marsh, est &#233;galement vis&#233; et prend un arr&#234;t&#233; identique.&lt;br&gt;
28 Octobre Une conf&#233;rence de deux jours &#224; Londres est assi&#233;g&#233;e par des activistes pour protester contre le fait qu'un-e des directeurs/trices de Marsh est invit&#233;-e &#224; y parler.&lt;br&gt;
30 Octobre Des activistes font de l'information aux personnes assistant &#224; une pr&#233;sentation de Marsh, dans le cadre d'une foire des m&#233;tiers &#224; l'universit&#233;. En plein milieu de la pr&#233;sentation, des activistes se l&#232;vent et la sabotent.&lt;br&gt;
1er Novembre Des activistes manifestent devant des bureaux de Marsh en Italie.&lt;br&gt;
4 Novembre Des activistes de Long Island organisent des actions aux domiciles et au club de golf de cadres de Marsh.&lt;br&gt;
5 Novembre Une cellule de l'ALF revendique des slogans bomb&#233;s partout dans le village de Julian Atinkson, directeur de Marsh au Royaume-uni.&lt;br&gt;
6 Novembre La maison de la/le directrice/teur de Marsh en Nouvelle-Z&#233;lande est attaqu&#233;e par l'ALF. Sa voiture se fait peinturlurer, des slogans sont bomb&#233;s partout et d'autres directeurs/trices de Marsh re&#231;oivent des visites au Royaume-uni.&lt;br&gt;
7 Novembre La veille des &#233;lections, les bureaux de vote de cadres de Marsh sont recouverts avec des affiches informant les gens du quartier que des tueurs/euses de chiots vivent parmi elles/eux.&lt;br&gt;
8 Novembre Hamish Ritchie, directeur de Marsh, &#034;se retire&#034; d'une autre entreprise dans laquelle il est impliqu&#233; (HALMA), pour lui &#233;pargner les troubles li&#233;s &#224; une semaine d'action pr&#233;vue contre elle. A Philadelphie des activistes organisent une action devant les bureaux de Marsh.&lt;br&gt;
9 Novembre A Long Island, le quartier, le supermarch&#233; et la station essence d'un-e directeur/trice honoraire de Marsh sont recouverts d'affiches informant la ville qu'il s'agit d'un-e sale tueur/euse de chiots !&lt;br&gt;
10 Novembre Des directrices/teurs de Marsh &#224; travers le Sud-est de l'Angleterre re&#231;oivent des visites &#224; domicile, malgr&#233; une &#233;norme pr&#233;sence polici&#232;re pour neutraliser et ma&#238;triser la manif.&lt;br&gt;
11 Novembre Les Fronts de Lib&#233;ration des Animaux et de la Terre (ALF et ELF) s'offrent une visite au club de golf d'un/une directrice/teur honoraire de Marsh &#224; Long Island et recouvrent la boutique, les b&#226;timents adjacents et les enseignes de slogans &#224; la peinture.&lt;br&gt;
17 Novembre Au Portugal, le SHAC local rend visite aux bureaux de Marsh. Dans tout le Royaume-uni les bureaux de Marsh subissent des manifs. Durant la soir&#233;e des activistes d&#233;couvrent que Hamish Ritchie et sa femme si&#232;gent au conseil d'adinistration de l'English National Ballet. Une s&#233;ance du spectacle mondialement connu &#034;Casse-noisettes&#034; est envahie et interrompue. Quelques jours plus tard, Ritchie et sa femme finissent par se r&#233;signer et le Ballet confirme que leur accord de sponsoring avec Marsh ne sera pas renouvel&#233;.&lt;br&gt;
21 Novembre Des activistes organisent une manif devant la British Insurance Brokers Association (association d'assureurs/euses britanniques) par rapport &#224; ses liens avec Hamish Ritchie de Marsh.&lt;br&gt;
22 Novembre Plusieurs directrices/eurs de Marsh se font briser leurs fen&#234;tres et des visites ont lieu aux domiciles de directeurs/trices de Marsh en Autriche.&lt;br&gt;
23 Novembre Divulgation d'un rapport confidentiel &#233;manant de la direction de la s&#233;curit&#233; de Marsh au Royaume-uni. Il r&#233;v&#232;le que jusqu'en Septembre 2002 Marsh avait eu des milliers de mails et de lettres d'insultes, jusqu'&#224; 400 appels t&#233;l&#233;phoniques malveillants par jour, des textos envoy&#233;s aux employ&#233;-e-s sur leur portable, 244 manifs devant des bureaux, plusieurs fausses bombes et colis suspects, 42 employ&#233;-e-s bombard&#233;-e-s de spams et de lettres de menace ; 26 directeurs/trices avaient eu des visites &#224; leur domicile, 58 fois en tout, plusieurs voitures endommag&#233;es, des fen&#234;tres bris&#233;es ; des &#233;v&#232;nements d'entreprise avaient &#233;t&#233; sabot&#233;s et des documents subtilis&#233;s et divulgu&#233;s !&lt;br&gt;
26 Novembre Le directeur de Marsh en Nouvelle-Z&#233;lande vend sa maison et d&#233;m&#233;nage apr&#232;s des visites, des tractages et de la casse &#224; son domicile. 10 directrices/eurs de Marsh au Royaume-uni re&#231;oivent des visites &#8211; certain-e-s aux premi&#232;res heures du jour.&lt;br&gt;
28 Novembre Des cadres de Marsh &#224; Cincinnatti re&#231;oivent des visites aux m&#233;gaphone chez elles/eux tard dans la nuit.&lt;br&gt;
1er D&#233;cembre Le fils du directeur de Marsh appelle SHAC et affirme que des engins incendiaires ont &#233;t&#233; trouv&#233;s dans la maison familiale. Des activistes allemand-e-s rendent visite &#224; des directrices/eurs de Marsh chez eux/elles et manifestent devant leur maison. Environ 24 visites &#224; domicile ont lieu en un jour &#224; l'encontre de Marsh et d'autres directeurs/trices collabos de HLS. L'ALF rapporte qu'en Hollande les fen&#234;tres de Marsh ont &#233;t&#233; bris&#233;es, leurs serrures englu&#233;es, et que de l'acide a &#233;t&#233; jet&#233; partout dans l'all&#233;e principale.&lt;br&gt;
5 D&#233;cembre Les fen&#234;tres de Marsh &#224; Southampton sont mur&#233;es.&lt;br&gt;
9 D&#233;cembre Des affiches et des autocollants sont coll&#233;s partout sur un bureau de Marsh en Allemagne.&lt;br&gt;
10 D&#233;cembre Des manifs s'encha&#238;nent partout dans le monde devant les bureaux de Marsh, dans le cadre d'un week-end d'action global. On rapporte &#233;galement qu'un/une directeur/trice allemand-e de Marsh a &#233;t&#233; bombard&#233;-e de spams et de mails inutiles, en guise de cadeau de No&#235;l avant l'heure.&lt;br&gt;
12 D&#233;cembre Des activistes texan-e-s organisent des manifs &#224; domicile contre des cadres de Marsh.&lt;br&gt;
13 D&#233;cembre Manifs anti-Marsh dans trois villes allemandes.&lt;br&gt;
14 D&#233;cembre Visites au domicile des directrices/eurs de Marsh dans le Surrey.&lt;br&gt;
17 D&#233;cembre Manifs devant les bureaux de Marsh &#224; Londres &#8211; il y en a tous les mercredis depuis quelques mois.&lt;br&gt;
Date inconnue en D&#233;cembre La police affirme qu'un-e activiste tente de mener &#224; bien une attaque incendiaire sur la propri&#233;t&#233; du directeur de Marsh, Christopher Pearson.&lt;br&gt;
18 D&#233;cembre Marsh annonce rompre tout lien avec HLS. Victoire !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entreprises collabos de HLS dans l'&#233;tat fran&#231;ais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Infos r&#233;colt&#233;es sur &lt;a href=&#034;http://www.shac.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.shac.net&lt;/a&gt; pour les petit-e-s elfes espi&#232;gles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fournisseurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * AIR FRANCE-KLM (transport de primates destin&#233;-e-s &#224; l'exp&#233;rimentation)&lt;br&gt; Site de la campagne Air Souffrance : &lt;a href=&#034;http://www.airsouffrance.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.airsouffrance.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clients&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*ABBOTT&lt;br&gt;
Abbott France S.A.&lt;br&gt;
10 rue d'Arceuil&lt;br&gt;
Silic 233&lt;br&gt;
94528 Rungis Cedex, France&lt;br&gt;
Telephone : (33 1) 456 02 500&lt;br&gt;
Facsimile : (33 1) 456 0 2443&lt;br&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Diagnostics&lt;br&gt;
Abbott France&lt;br&gt;
12, Rue de la Couture&lt;br&gt;
BP 50203&lt;br&gt;
94518 Rungis Cedex, France&lt;br&gt;
Telephone : (33 1) 456 02 500&lt;br&gt;
Facsimile : (33 1) 456 00 498&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*ACTELION&lt;br&gt;
21 Bd de la Madeleine&lt;br&gt;
75001 Paris&lt;br&gt;
France&lt;br&gt;
Phone : +33 1 58 62 32 32&lt;br&gt;
Fax : +33 1 58 62 32 22&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*ASTRAZENECA&lt;br&gt;
224, Avenue de la Dordogne BP 41&lt;br&gt;
Dunkerque Cedex 2&lt;br&gt;
F-59944&lt;br&gt;
Tel :+33 (0)3 28 58 48 00&lt;br&gt;
Fax :+33 (0)3 28 60 77 82&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Place Renault&lt;br&gt;
Rueil Malmaison Cedex&lt;br&gt;
F-92844&lt;br&gt;
Tel :+33 (0)1 41 29 40 00&lt;br&gt;
Fax :+33 (0)1 41 29 40 01&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 Rue de Montbazon&lt;br&gt;
Monts&lt;br&gt;
F-37260&lt;br&gt;
Tel :+33 (0)2 47 21 10 10&lt;br&gt;
Fax :+33 (0)2 47 26 68 82&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parc Industriel Pompelle Chemin de Vrilly BP 1050&lt;br&gt;
Reims Cedex 2&lt;br&gt;
F-51689&lt;br&gt;
Tel :+33 (0)3 26 61 68 68&lt;br&gt;
Fax :+33 (0)3 26 85 58 64&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Astra Tech France&lt;br&gt;
7, rue Eug&#232;ne &amp; Armand Peugeot&lt;br&gt;
Rueil-Malmaison Cedex&lt;br&gt;
F-92563&lt;br&gt;
Tel :+33 (0)1 41 39 02 40&lt;br&gt;
Fax :+33 (0)1 41 39 02 44&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*BRISTOL MYERS SQUIBB&lt;br&gt;
3, rue Joseph Monier &lt;br&gt;
BP 325 - 92506 &lt;br&gt;
Rueil-Malmaison Cedex&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*DOW&lt;br&gt;
Marco Polo B - 790 avenue Dr Donat&lt;br&gt;
B.P. 1220&lt;br&gt;
06254 Mougins Cedex&lt;br&gt;
Fax : 04.93.95.60.12&lt;br&gt;
6, rue Jean-Pierre Timbaud - Bat A&lt;br&gt;
Montigny le Bretonneux - 78067 St Quentin en Yvelines Cedex&lt;br&gt;
Fax : 01.30.23.13.00&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE (INRA)&lt;br&gt;
147 rue de l'universit&#233;&lt;br&gt;
75338 Paris Cedex 07&lt;br&gt;
Phone : +33(0)1 42 75 90 00&lt;br&gt;
Fax : +33(0)1 47 05 99 66&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*GLAXO SMITHKLINE&lt;br&gt;
Marly-le-Roi &lt;br&gt;
100 route de Versailles&lt;br&gt;
78163 Marly-le-Roi cedex&lt;br&gt;
T&#233;l. : 01 39 17 80 00 &lt;br&gt;
Fax : 01 39 17 17 58&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 avenue du Qu&#233;bec ZA de Courtaboeuf&lt;br&gt;
91140 Les Ulis &lt;br&gt;
T&#233;l. : 01 69 29 60 00 &lt;br&gt;
Fax : 01 69 07 48 92&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Fran&#231;ois Chambon &lt;br&gt;
112 avenue Kleber &lt;br&gt;
75784 Paris Cedex 16 &lt;br&gt;
T&#233;l. : 01 47 55 74 84 &lt;br&gt;
Fax : 01 47 55 74 83&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evreux&lt;br&gt;
23 rue Lavoisier &lt;br&gt;
27000 Evreux&lt;br&gt;
Tel. : 02 32 23 55 00&lt;br&gt;
Fax : 02 32 23 55 58&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terras 1&lt;br&gt;
ZI du Terras &lt;br&gt;
53101 Mayenne cedex &lt;br&gt;
Tel. : 02 43 30 22 00 &lt;br&gt;
Fax : 02 43 00 98 58&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1, rue de l'Abbaye&lt;br&gt;
76 960 Notre-Dame-de-Bondeville&lt;br&gt;
Tel : 02.35.14.34.00 &lt;br&gt;
Fax : 02.35.14.33.10 &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;637, rue Aulnois&lt;br&gt;
59 230 Saint-Amand-Les-Eaux&lt;br&gt;
Tel : 03.27.28.64.00 &lt;br&gt;
Fax : 03.27.48.83.15&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*MAKHTESHIM &amp; AGAN&lt;br&gt;
2 Rue Troyon, &lt;br&gt;
92316 - sevres cedex &lt;br&gt;
Tel : (33)-1-4190-1696&lt;br&gt;
Fax : (33)-1-4662-6497&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*MERCK&lt;br&gt;
3 Avenue Hoche&lt;br&gt;
75114 Paris Cedex 08&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*MONSANTO&lt;br&gt;
Andard Corn States International&lt;br&gt;
ZA Le R&#233;seau&lt;br&gt;
49800 Andard&lt;br&gt;
Phone : 02 41 80 46 46&lt;br&gt;
Fax : 02 41 80 40 04&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsanto SAS&lt;br&gt;
Centre de Recherche de Boissay&lt;br&gt;
28310 Toury&lt;br&gt;
Phone : 02 37 90 10 17&lt;br&gt;
Fax : 02 37 90 69 09&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seminis&lt;br&gt;
22 Ruelle Simon&lt;br&gt;
Guerbigny, France 80500&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Z.A. La Montgervalaise&lt;br&gt;
35520 La M&#233;zi&#232;re&lt;br&gt;
Phone : 02 99 13 06 60&lt;br&gt;
Fax : 02 99 13 06 69&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Europarc du Ch&#234;ne&lt;br&gt;
1 Rue Jacques Monod&lt;br&gt;
69673 Bron C&#233;dex&lt;br&gt;
Phone : 04 72 14 40 40&lt;br&gt;
Fax : 04 72 14 41 41&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Europarc du Ch&#234;ne&lt;br&gt;
1 Rue Jacques Monod&lt;br&gt;
69673 Bron C&#233;dex&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Domaine de Mercie&lt;br&gt;
82170 MONBEQUI&lt;br&gt;
Phone : 05 63 26 17 00&lt;br&gt;
Fax : 05 63 26 17 09&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seminis&lt;br&gt;
Mas de Rouzel Chemin de Canaux&lt;br&gt;
C.S. 17270&lt;br&gt;
Nimes Cedex 2, France 30918&lt;br&gt;
BP 21 - Croix de Pardies&lt;br&gt;
40305 Peyrehorade Cedex&lt;br&gt;
Phone : 05 58 73 60 99&lt;br&gt;
Fax : 05 58 73 09 29&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Route de Crest&lt;br&gt;
26740 Sauzet&lt;br&gt;
Phone : 04 75 91 83 08&lt;br&gt;
Fax : 04 75 46 77 32&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 rue Fran&#231;ois Mauriac&lt;br&gt;
41310 St Amand Longpr&#233;&lt;br&gt;
Phone : 02 54 82 36 36&lt;br&gt;
Fax : 02 54 82 91 82&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Service Production&lt;br&gt;
ZI du Cairat - 20 Route du Th&#233;ron&lt;br&gt;
11800 Tr&#232;bes&lt;br&gt;
Phone : 04 68 78 80 80&lt;br&gt;
Fax : 04 68 78 63 91&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*PFIZER&lt;br&gt;
Si&#232;ge : 23-25 avenue du Docteur Lannelongue&lt;br&gt;
75668 Paris Cedex 14 &lt;br&gt;
T&#233;l. : 01 58 07 30 00&lt;br&gt;
Fax : 01 58 07 30 01&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZI Poc&#233;-sur-Cisse&lt;br&gt;
BP 109&lt;br&gt;
37401 Amboise Cedex&lt;br&gt;
T&#233;l. : 02 47 23 77 78&lt;br&gt;
Fax. : 02 47 23 79 80&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capsugel Plo&#235;rmel&lt;br&gt;
Z.I. Camagnon - BP 320&lt;br&gt;
56803 Plo&#235;rmel Cedex&lt;br&gt;
T&#233;l. : 02 97 72 10 00&lt;br&gt;
Fax. : 02 97 72 15 00&lt;br&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Capsugel Colmar&lt;br&gt;
Site de production&lt;br&gt;
10, rue Timken&lt;br&gt;
68027 Colmar Cedex&lt;br&gt;
T&#233;l. : 03 89 20 57 09&lt;br&gt;
Fax. : 03 89 41 48 11&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23-25 avenue du Dr. Lannelongue &lt;br&gt;
75668 Paris Cedex 14 &lt;br&gt;
T&#233;l. : 01 58 07 30 00&lt;br&gt;
Fax : 01 58 07 30 01&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*PHENOMENEX SAS&lt;br&gt;
Parc des Grillons&lt;br&gt;
BAT 3 - 60 Route de Sartrouville&lt;br&gt;
78232 Le Pecq Cedex&lt;br&gt;
Tel : 01 30 09 21 10&lt;br&gt;
fax : 01 30 09 21 11&lt;br&gt;
Email : franceinfo@phenomenex.com&lt;br&gt;
web : &lt;a href=&#034;http://www.phenomenex.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.phenomenex.com&lt;/a&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*SANOFI AVENTIS&lt;br&gt;
54 rue de la Bo&#233;tie,&lt;br&gt;
Paris 75009&lt;br&gt;
Tel. : +33 (0)1 53 77 40 00&lt;br&gt;
Fax : +33 (0)1 53 77 41 33 &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*SYNGENTA&lt;br&gt;
20 rue Marat &lt;br&gt;
78212 - Saint Cyr l'Ecole Cedex&lt;br&gt;
Ph : + 33 1 39 42 20 00&lt;br&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Utopies Pirates</title>
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		<dc:date>2007-01-09T17:55:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Do or Die, Julius Van Daal, Markus Rediker</dc:creator>


		<dc:subject>Hobolo (Paris)</dc:subject>
		<dc:subject>Bo&#238;te A Outils Editions (Forcalquier)</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>
		<dc:subject>Auto-organisation, exp&#233;rimentations collectives</dc:subject>
		<dc:subject>Agitations arm&#233;es</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Durant &#171; l'Age d'Or &#187; de la piraterie, entre le 17&#232;me et le 18&#232;me si&#232;cle, des &#233;quipages compos&#233;s des premiers rebelles prol&#233;tariens, des exclus de la civilisation, pill&#232;rent les voies maritimes entre l'Europe et l'Am&#233;rique. Ils op&#233;raient depuis des enclaves terrestres, des ports libres, des &#171; utopies pirates &#187; situ&#233;es sur des &#238;les ou le long des c&#244;tes, hors de port&#233;e de toute civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Utopies pirates&lt;/i&gt; est la traduction d'un texte publi&#233; en 2001 dans &lt;i&gt;Do or Die&lt;/i&gt; n&#176;8, la revue d'&#233;cologie radicale du collectif libertaire britannique du m&#234;me nom. La premi&#232;re traduction &#233;tait du collectif FTP, parue sous le nom de &lt;i&gt;Bastions pirates&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Les bateaux ivres de la libert&#233;&lt;/i&gt; est un extrait de la pr&#233;face que Julius Van Daal a r&#233;dig&#233;e pour &lt;i&gt;Pirates de tous les pays&lt;/i&gt;, de Markus Rediker, &#233;d. Libertalia, l'un des ouvrages les plus fr&#233;quemment cit&#233;s dans &lt;i&gt;Utopies pirates&lt;/i&gt;. Van Daal est l'auteur de &lt;i&gt;Beau comme une prison qui br&#251;le&lt;/i&gt;, &#233;d. l'Insomniaque, mai 2010, et de &lt;i&gt;Le r&#234;ve en armes : anarchisme, r&#233;volution et contre-r&#233;volution en Espagne (1936-1937)&lt;/i&gt;, &#233;d. Nautilus, Coll. Utopies en action, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Between the Devil and the Deep Blue Sea&lt;/i&gt; est la pr&#233;face de l'auteur, Markus Rediker, &#224; l'&#233;dition fran&#231;aise de &lt;i&gt;Les For&#231;ats de la mer, marins, marchands et pirates dans le monde anglo-am&#233;ricain&lt;/i&gt;, publi&#233;e chez Libertalia en 2010.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;U&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot65" rel="tag"&gt;Hobolo (Paris)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Bo&#238;te A Outils Editions (Forcalquier)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Auto-organisation, exp&#233;rimentations collectives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Agitations arm&#233;es&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L119xH150/arton294-9cc9f.jpg?1780457292' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='119' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff294.jpg?1433753205&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Durant &#171; l'Age d'Or &#187; de la piraterie, entre le 17&#232;me et le 18&#232;me si&#232;cle, des &#233;quipages compos&#233;s des premiers rebelles prol&#233;tariens, des exclus de la civilisation, pill&#232;rent les voies maritimes entre l'Europe et l'Am&#233;rique. Ils op&#233;raient depuis des enclaves terrestres, des ports libres, des &#171; utopies pirates &#187; situ&#233;es sur des &#238;les ou le long des c&#244;tes, hors de port&#233;e de toute civilisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UTOPIES PIRATES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis ces mini-anarchies &#8211; des &#171; Zones d'Autonomie Temporaire &#187; &#8211; ils lan&#231;aient des raids si fructueux qu'ils d&#233;clench&#232;rent une crise imp&#233;riale, en s'attaquant aux &#233;changes britanniques avec les colonies, paralysant ainsi le syst&#232;me d'exploitation globale, d'esclavage et de colonialisme naissant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, la Compagnie des Indes faillit &#234;tre mise en d&#233;route par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous pouvons ais&#233;ment imaginer l'attraction qu'exer&#231;ait cette vie d'&#233;cumeur des mers n'ayant de compte &#224; rendre &#224; personne. La soci&#233;t&#233; euro-am&#233;ricaine des 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles &#233;tait celle du capitalisme en plein essor, de la guerre, de l'esclavage, de l'expulsion des paysans hors des communaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'enclosure act a permis l'appropriation priv&#233;e des pr&#233;s communaux et plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; la famine et la mis&#232;re c&#244;toyaient une richesse inimaginable. L'Eglise dominait tous les aspects de l'existence et les femmes avaient peu de choix hormis l'esclavage marital. Vous pouviez &#234;tre enr&#244;l&#233;s de force dans la marine et y endurer des conditions bien pires que celles qui avaient cours &#224; bord d'un bateau pirate :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les conditions pour les marins ordinaires &#233;taient &#224; la fois dures et dangereuses &#8211; et la paye &#233;tait faible. Les punitions inflig&#233;es par les officiers incluaient les fers, la flagellation, le passage sous la quille &#8211; la victime &#233;tant tir&#233;e au moyen d'une corde d'un c&#244;t&#233; &#224; l'autre du bateau. Le passage sous la coque &#233;tait un ch&#226;timent qui s'av&#233;rait souvent fatal. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Larry Law - Misson and Libertalia (London, A Distribution / Dark Star Press, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a tr&#232;s bien fait remarquer le Dr Johnson :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aucun homme ne sera marin s'il peut se d&#233;brouiller pour aller plut&#244;t en prison ; car &#234;tre marin c'est &#234;tre en prison avec le risque d'&#234;tre noy&#233;... En prison, un homme a plus d'espace, une meilleure nourriture, et commun&#233;ment, une meilleure compagnie. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marcus B. Rediker - Beetween the Devil and the Deep Blue Sea : Merchant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En opposition &#224; cela, les pirates cr&#233;&#232;rent un monde qui leur &#233;tait propre, o&#249; ils avaient leur libre-arbitre &#8211; un monde de solidarit&#233; et de fraternit&#233;, o&#249; ils partageaient les risques et les gains de la vie en mer, prenaient collectivement les d&#233;cisions et reprenaient leur vie en main, refusant aux marchands leur utilisation comme outil d'accumulation de richesses. D'ailleurs, Lord Vaughan, Gouverneur de la Jama&#239;que &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; Ces Indes sont si vastes et riches, et ce genre de rapine si doux, que c'est l'une des choses les plus dures au monde que d'en sortir ceux qui en ont fait usage pendant si longtemps. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 255 ; Ritchie, Op. Cit., p. 29, 142.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Emergence de la piraterie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#232;re de la piraterie euro-am&#233;ricaine est inaugur&#233;e par la d&#233;couverte du Nouveau Monde et de l'&#233;norme empire conquis par les Espagnols dans les Am&#233;riques. De nouvelles technologies permirent aux voyages en mer d'avoir plus de r&#233;gularit&#233; et de pr&#233;cision, et les nouveaux empires &#233;mergents n'&#233;taient pas tant bas&#233;s sur le contr&#244;le des terres que sur celui des mers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Espagnols constituaient la superpuissance mondiale du 16&#232;me si&#232;cle, mais ils ne rest&#232;rent pas tr&#232;s longtemps sans concurrence : Fran&#231;ais, Hollandais, et Anglais tent&#232;rent de les devancer dans la course &#224; l'empire. Dans cette qu&#234;te, ils ne se g&#234;naient pas pour recourir &#224; la piraterie et attaquer les Espagnols tant ha&#239;s, remplissant ainsi leurs coffres avec les richesses dont les Espagnols avaient d&#233;pouill&#233; les Am&#233;rindiens. En temps de guerre, les raids &#233;taient l&#233;gitim&#233;s comme actes corsaires, mais le reste du temps il s'agissait purement et simplement de piraterie d'&#201;tat (ou du moins d'une piraterie tol&#233;r&#233;e, voire m&#234;me encourag&#233;e). Au cours du 17&#232;me si&#232;cle, ces empires embryonnaires finirent par devancer les Espagnols et &#224; s'&#233;tablir. Gr&#226;ce aux nouvelles technologies, la navigation n'&#233;tait plus uniquement utilis&#233;e pour les produits de luxe, mais devint la base d'un r&#233;seau commercial international essentiel dans l'&#233;mergence et le d&#233;veloppement du capitalisme. L'expansion massive du commerce maritime durant cette p&#233;riode cr&#233;a &#233;galement, et de fait, une population de marins &#8211; une nouvelle classe de salari&#233;s qui n'existait pas auparavant. Pour nombre d'entre eux, la piraterie paraissait &#234;tre une alternative attractive aux dures r&#233;alit&#233;s de la marine marchande ou de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en m&#234;me temps que les nouveaux empires &#8211; et plus particuli&#232;rement l'empire Britannique &#8211; se d&#233;veloppaient, l'attitude envers la piraterie &#233;volua : &lt;i&gt;&#171; Le boucanier festoyeur ne convient pas aux marchands &#224; la t&#234;te froide ni aux bureaucrates imp&#233;riaux, dont le monde de bilans et de rapports qui sent le renferm&#233; entre en conflit violent avec celui des pirates. &#187;&lt;/i&gt; La classe dirigeante prit conscience du fait qu'un commerce stable, disciplin&#233; et r&#233;glementaire servait bien mieux les int&#233;r&#234;ts d'un pouvoir imp&#233;rial mature que la piraterie. Ainsi la piraterie fut forc&#233;e d'&#233;voluer entre la fin du 17&#232;me et le d&#233;but du 18&#232;me si&#232;cles. Les pirates n'&#233;taient plus des gentlemen-aventuriers subventionn&#233;s par l'&#201;tat, tels que Sir Francis Drake, mais des esclaves du salariat en fuite, des mutins, un m&#233;lange pluriethnique de prol&#233;taires rebelles. Alors que la fronti&#232;re entre activit&#233; commerciale l&#233;gitime et piraterie &#233;tait auparavant plut&#244;t floue, les pirates r&#233;alis&#232;rent vite qu'il leur restait tr&#232;s peu de leurs anciens amis et qu'ils &#233;taient de plus en plus consid&#233;r&#233;s comme des &lt;i&gt;&#171; brutes, et des pr&#233;dateurs &#187;&lt;/i&gt;. Au fur et &#224; mesure que la soci&#233;t&#233; dominante rejetait les pirates, ceux-ci devinrent aussi de plus en plus radicaux dans leur rejet de celle-ci. A partir de l&#224;, les vrais pirates &#233;taient ceux qui rejetaient explicitement l'&#201;tat et ses lois et se d&#233;claraient en guerre ouverte contre celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pirates &#233;taient chass&#233;s loin des centres de pouvoir tandis que les colonies am&#233;ricaines, &#224; l'origine hors du contr&#244;le de l'&#201;tat et relativement autonomes, &#233;taient contraintes de rentrer dans le rang de la gouvernance et du commerce imp&#233;riaux. C'est alors que se d&#233;veloppa une spirale infernale de violence sans cesse croissante, alors que les attaques de l'&#201;tat entra&#238;naient la vengeance des pirates, ce qui mena &#224; une terreur d'&#201;tat plus grand encore.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 272 n52, 274 - &#171; plus il y avait de pirates captur&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tas de fumier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Durant la seconde moiti&#233; du 17&#232;me si&#232;cle, les Iles Cara&#239;bes &#233;taient un melting-pot d'immigrants rebelles et paup&#233;ris&#233;s venant du monde entier. Il y avait des milliers de d&#233;port&#233;s irlandais, de mendiants de Liverpool, de prisonniers royalistes &#233;cossais, de pirates pris en haute mer anglaise, de bandits de grands chemins pris aux fronti&#232;res &#233;cossaises, de Huguenots et de Fran&#231;ais en exil, de religieux dissidents, et de prisonniers captur&#233;s lors de divers soul&#232;vements et complots contre le Roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements r&#233;volutionnaires proto-anarchistes de la Guerre Civile de 1640 avaient &#233;t&#233; &#233;radiqu&#233;s et vaincus avant l'aube de la grande &#233;poque de la piraterie vers la fin du 17&#232;me si&#232;cle, mais il est prouv&#233; que des &lt;i&gt;Diggers&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;Muggletoniens&lt;/i&gt;, des Hommes de la Cinqui&#232;me Monarchie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des groupes de protestants radicaux : les Diggers (b&#234;cheurs) tent&#232;rent de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, etc. avaient fuit vers les Am&#233;riques et les Cara&#239;bes o&#249; ils inspir&#232;rent ou rejoignirent ces &#233;quipages pirates insurg&#233;s. En fait, un groupe de pirates s'&#233;tablit &#224; Madagascar &#224; un endroit qu'ils nomm&#232;rent Ranter Bay.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Libertalia : The Pirate's Utopia in David Cordingly (ed.) - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Apr&#232;s la d&#233;faite des &lt;i&gt;Levellers&lt;/i&gt; en 1649, John Lilburne proposa de mener ses fid&#232;les vers les Antilles, si le gouvernement acceptait de payer la note. Il semble &#233;galement que les &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt; et les &lt;i&gt;Diggers&lt;/i&gt; dur&#232;rent plus longtemps aux Am&#233;riques qu'en Grande-Bretagne &#8211; on note la pr&#233;sence de &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt; &#224; Long Island jusqu'en 1690.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci n'est gu&#232;re &#233;tonnant dans la mesure o&#249; les territoires du Nouveau Monde &#233;taient utilis&#233;s par la Grande-Bretagne comme colonies p&#233;nitentiaires pour ses pauvres m&#233;contents et rebelles. En 1655, la Barbade &#233;tait d&#233;crite comme &lt;i&gt;&#171; un tas de fumier sur lequel l'Angleterre jette ses ordures &#187;&lt;/i&gt;. Parmi ces ind&#233;sirables on trouvait forc&#233;ment de nombreux radicaux &#8211; ceux qui avaient allum&#233; la m&#232;che de la r&#233;volution de 1640. &lt;i&gt;&#171; Perrot, le &lt;/i&gt; Ranter &lt;i&gt;barbu qui refusait d'&#244;ter son chapeau devant le Tout-Puissant, se retrouva &#224; la Barbade &#187;&lt;/i&gt;, comme beaucoup d'autres, tel l'intellectuel &lt;i&gt;ranter&lt;/i&gt;, Joseph Salmon. Que les Cara&#239;bes soient devenues un havre pour les radicaux ne passa pas inaper&#231;u : en 1665, Samuel Highland sugg&#233;ra au Parlement de ne pas condamner l'h&#233;r&#233;tique &lt;i&gt;Quaker&lt;/i&gt; James Nayler &#224; la d&#233;portation de peur qu'il n'infecte les autres immigrants. Il est clair qu'&#224; cette &#233;poque, les nouvelles colonies britanniques &#224; l'Ouest &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme un havre de relative libert&#233; religieuse et politique, d'autant plus &#233;loign&#233;es qu'elles &#233;taient de la mainmise de la loi et de l'autorit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christopher Hill - Radical Pirates ? in Collected Essays, Vol. 3, pp. 162, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que les marchands europ&#233;ens ne d&#233;couvrent le commerce d'esclaves africains et les possibilit&#233;s commerciales du transport d'Africains vers les Cara&#239;bes, des milliers d'Europ&#233;ens pauvres et issus de la classe ouvri&#232;re furent exp&#233;di&#233;s vers les nouvelles colonies comme apprentis domestiques &#8211; en fait une autre forme de commerce d'esclaves. La seule diff&#233;rence entre le commerce d'apprentis domestiques et celui d'esclaves africains &#233;tait qu'en th&#233;orie, l'esclavage de ces immigrants n'&#233;tait pas consid&#233;r&#233; comme &#233;ternel et h&#233;r&#233;ditaire. Cependant, beaucoup d'entre eux furent escroqu&#233;s, et leurs contrats prolong&#233;s ind&#233;finiment de sorte qu'ils n'obtinrent jamais leur libert&#233;. Les esclaves, qui &#233;taient des investissements &#224; vie, &#233;taient souvent mieux trait&#233;s que les apprentis domestiques.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jenifer G. Marx - Brethren of the Coast in Cordingly (ed.) - Pirates, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, les ma&#238;tres avaient beaucoup de difficult&#233;s &#224; tenir leurs domestiques qui avaient tendance &#224; adopter le mode de vie indig&#232;ne et &#224; fuir vers la libert&#233; des myriades d'&#238;les des Antilles, ou vers des parcelles isol&#233;es de c&#244;tes ou de jungle. L&#224;, ils formaient souvent des petites bandes ou tribus autog&#233;r&#233;es de marginaux et de fuyards, imitant souvent les indig&#232;nes qui les avaient pr&#233;c&#233;d&#233;s. Ces hommes &#8211; marins et soldats, esclaves et apprentis domestiques &#8211; form&#232;rent le terreau de la piraterie des Cara&#239;bes qui &#233;mergea au 17&#232;me si&#232;cle, conservant m&#234;me en mer leur structure tribale &#233;galitaire. Leur nombre grandissant et de plus en plus d'hommes se ralliant au drapeau rouge, leurs attaques contre les Espagnols devinrent plus audacieuses. Apr&#232;s un raid, ils rejoignaient des villes telles que Port Royal en Jama&#239;que, pour y d&#233;penser tout leur argent dans une &#233;norme f&#234;te o&#249; ils &#171; couraient la gueuse &#187;, jouaient et buvaient avant de retourner &#224; leur vie de chasseurs-cueilleurs dans des &#238;les isol&#233;es.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richard Platt et Tina Chambers (photographe) - Pirate (London, Dorling (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi bien s&#251;r jusqu'&#224; 80.000 esclaves noirs qui travaillaient dans les plantations, enclins &#224; de fr&#233;quentes et sanglantes r&#233;voltes, tout comme les quelques Indiens indig&#232;nes qui vivaient encore sur les &#238;les. En 1649, une r&#233;volte d'esclaves &#224; la Barbade co&#239;ncida avec le soul&#232;vement de domestiques blancs. En 1665, suivant un mod&#232;le semblable, les Irlandais se joignirent aux Noirs dans la r&#233;volte. Il y eut des r&#233;bellions similaires aux Bermudes, &#224; St Christophe et Montserrat, alors qu'en Jama&#239;que les rebelles &lt;i&gt;Monmouthites&lt;/i&gt; d&#233;port&#233;s s'unirent aux Indiens en r&#233;volte. Ce salmigondis de d&#233;poss&#233;d&#233;s fut d&#233;crit en 1665 comme &lt;i&gt;&#171; du gibier de potence ou des individus s&#233;ditieux, pourris avant l'heure, et au mieux paresseux et seulement bons pour les mines &#187;&lt;/i&gt;. Ce &#224; quoi une dame colon d'Antigua ajouta &lt;i&gt;&#171; ce sont tous des sodomites &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; dans quel bouillonnement de troubles sociaux multiraciaux et de tensions nos &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Diggers&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Levellers&lt;/i&gt; d&#233;port&#233;s ou exil&#233;s volontaires sont probablement arriv&#233;s et &#224; partir duquel la grande &#233;poque de la piraterie euro-am&#233;ricaine prit forme avec l'&#233;mergence des boucaniers dans les Cara&#239;bes vers le milieu du 17&#232;me si&#232;cle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hill, Op. Cit, pp. 169-170.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Arrgh, Jim Lad !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasante majorit&#233; des pirates &#233;tait constitu&#233;e de marins qui choisissaient de rejoindre les pirates lorsque leur bateau &#233;tait captur&#233;. N&#233;anmoins, un petit nombre d'entre eux &#233;taient des mutins qui avaient collectivement pris le contr&#244;le du leur. &lt;i&gt;&#171; Selon le Jolly Roger de Patrick Pringle, le recrutement des pirates se faisait surtout chez les ch&#244;meurs, les esclaves en fuite, et les criminels d&#233;port&#233;s. La haute mer contribuait &#224; une stabilisation instantan&#233;e des in&#233;galit&#233;s sociales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux pirates manifestaient un sens aigu de la conscience de classe ; par exemple, un pirate du nom de Capitaine Bellamy tint ce discours au capitaine d'un navire marchand qu'il venait juste de capturer. Le capitaine du navire venait de d&#233;cliner son invitation &#224; rejoindre l'&#233;quipage pirate :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis navr&#233; qu'ils ne vous laissent r&#233;cup&#233;rer votre sloop, car je ne m'abaisserais pas &#224; faire du tort &#224; quiconque, lorsque cela n'est pas &#224; mon avantage ; maudit soit le sloop, nous devons le couler, d'autant qu'il pourrait vous &#234;tre utile. Vous aussi, soyez maudit, vous n'&#234;tes qu'un sournois godelureau, de m&#234;me que tous ceux qui s'abaissent &#224; &#234;tre gouvern&#233;s par les lois que les riches ont cr&#233;&#233;es pour leur propre s&#233;curit&#233;, car ces couards n'ont aucun courage sinon celui de d&#233;fendre ce qu'ils ont obtenu par leur filouterie ; mais soyez maudit aussi : que soit maudite cette bande de vauriens rus&#233;s, et vous aussi, qui les servez, n'&#234;tes qu'un ramassis de stupides poules mouill&#233;es. Ils nous calomnient, les fripouilles, alors qu'en fait ils ne diff&#232;rent de nous que parce qu'ils volent le pauvre sous couvert de la loi, en v&#233;rit&#233;, et que nous pillons le riche sous la protection de notre seul courage ; ne feriez-vous pas mieux de devenir l'un des n&#244;tres, plut&#244;t que de l&#233;cher le cul de ces sc&#233;l&#233;rats pour avoir un travail ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le capitaine r&#233;pondit que sa conscience ne lui permettait pas de violer les lois de Dieu et des hommes, le pirate Bellamy poursuivit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Vous &#234;tes la conscience du mal, vaurien, soyez maudit, moi je suis un prince libre, et j'ai autant d'autorit&#233; pour faire la guerre au monde entier que celui qui a une flotte de cent navires sur mer, et une arm&#233;e de 100.000 hommes sur terre ; voici ce que me dit ma conscience mais que l'on ne peut discuter avec des morveux pleurnichards qui permettent &#224; des sup&#233;rieurs de leur botter le train &#224; volont&#233; d'un bout &#224; l'autre du pont. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 258 ; Hakim Bey - TAZ : Zone Autonome Temporaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La piraterie &#233;tait une strat&#233;gie dans un des premiers cycles de la lutte des classes dans l'Atlantique. Les marins recouraient aussi &#224; la mutinerie et &#224; la d&#233;sertion et &#224; d'autres tactiques pour survivre et r&#233;sister &#224; leur sort. Les pirates &#233;taient probablement la section la plus internationale et militante du proto-prol&#233;tariat constitu&#233;e par les marins du 17&#232;me et du 18&#232;me si&#232;cle. Il y avait par exemple, de s&#233;rieux fauteurs de troubles tels qu'Edward Buckmaster, un marin qui rejoignit l'&#233;quipage de Kidd en 1696, qui avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233; &#224; de nombreuses reprises pour agitation et s&#233;dition, ou Robert Culliford, qui mena nombre de mutineries, capturant le navire sur lequel il servait et le transformant en bateau pirate.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., pp. 65, 117-8.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En temps de guerre, avec les demandes de la marine, il y avait une grande p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e, et les marins pouvaient esp&#233;rer des salaires relativement &#233;lev&#233;s. La fin des guerres, et plus particuli&#232;rement celle de la Succession d'Espagne, qui s'acheva en 1713, mit un grand nombre de marins au ch&#244;mage et provoqua une forte baisse des salaires. 40.000 hommes se retrouv&#232;rent sans travail &#224; la fin de la guerre &#8211; &#233;cumant les rues de ports tels que Bristol, Portsmouth et New York. En temps de guerre, les corsaires b&#233;n&#233;ficiaient de l'opportunit&#233; d'une libert&#233; relative et d'une chance de s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la guerre signifiait aussi la fin des courses et les ex-corsaires au ch&#244;mage ne faisaient que s'ajouter &#224; l'&#233;norme surplus de main-d'&#339;uvre. La Guerre de la Succession d'Espagne avait dur&#233; 11 ans et, en 1713, nombre de marins n'avaient sans doute rien connu d'autre que la guerre et le pillage de bateaux. On constatait fr&#233;quemment qu'&#224; la fin des guerres, les corsaires devenaient pirates. La conjonction de milliers d'hommes entra&#238;n&#233;s et exp&#233;riment&#233;s dans la capture et le pillage des navires se retrouvant subitement sans travail et somm&#233;s d'accomplir des t&#226;ches de plus en plus dures et de moins en moins pay&#233;es rendit la situation explosive &#8211; pour beaucoup la piraterie fut sans doute une des seules alternatives &#224; la famine.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. pp. 42, 234.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ayant &#233;chapp&#233; &#224; la discipline tyrannique &#224; bord des navires marchands, la chose la plus frappante dans les &#233;quipages pirates &#233;tait leur nature anti-autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#233;quipage fonctionnait selon les termes d'une charte &#233;crite, la &#171; chasse-partie &#187;, adopt&#233;e par l'int&#233;gralit&#233; de l'&#233;quipage et sign&#233;e par chacun de ses membres. La charte de l'&#233;quipage de Bartholomew Roberts commence ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout homme a une voix dans les affaires en cours ; a un titre &#233;gal aux provisions fra&#238;ches, ou aux liqueurs fortes, saisies &#224; tout moment, et peut les utiliser selon son bon plaisir, &#224; moins qu'une disette ne rende n&#233;cessaire pour le bien de tous, le vote de r&#233;ductions. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Captain Charles Johnson, Histoire G&#233;n&#233;rale des Plus Fameux Pyrates (Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;quipages de pirates euro-am&#233;ricains formaient une v&#233;ritable communaut&#233;, dot&#233;e de coutumes communes, partag&#233;es sur tous les navires. Les concepts de Libert&#233;, d'&#233;galit&#233;, et de Fraternit&#233; florissaient en mer plus de cent ans avant la R&#233;volution fran&#231;aise. Les autorit&#233;s &#233;taient souvent choqu&#233;es par les tendances libertaires des &#233;quipages pirates ; le gouverneur hollandais de l'Ile Maurice commenta ainsi sa rencontre avec un &#233;quipage pirate : &lt;i&gt;&#171; Chaque homme avait le m&#234;me droit de parole que le capitaine et portait ses propres armes sur lui. &#187;&lt;/i&gt; Ceci &#233;tait extr&#234;mement mena&#231;ant pour l'ordre de la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne o&#249; les armes &#224; feu &#233;taient r&#233;serv&#233;es aux classes sup&#233;rieures, et apportait un contraste saisissant avec les navires marchands o&#249; tout ce qui pouvait servir d'armes &#233;tait mis sous cl&#233;, et avec la marine de guerre dont le but principal de ses soldats &#233;tait de maintenir les matelots &#224; leur place.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert C. Ritchie, Captain Kidd and the War against the Pirates, p. 124.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vaisseaux pirates op&#233;raient sur le principe de &lt;i&gt;&#171; Pas de Prise, Pas de Paie &#187;&lt;/i&gt;, mais lorsqu'un vaisseau &#233;tait arraisonn&#233;, le butin &#233;tait r&#233;parti selon un syst&#232;me de partage, un syst&#232;me r&#233;pandu dans la navigation m&#233;di&#233;vale, mais qui s'&#233;tait progressivement &#233;teint lorsque la navigation &#233;tait devenue une entreprise capitaliste et les marins des salari&#233;s. Il existait encore chez les corsaires et les chasseurs de baleines, mais les pirates le d&#233;velopp&#232;rent sous sa forme la plus &#233;galitaire : il n'y avait pas de parts pour les propri&#233;taires, ni les investisseurs, ni les marchands, il n'y avait pas de hi&#233;rarchie &#233;labor&#233;e pour diff&#233;rencier les salaires, chacun recevait une part &#233;quitable du butin et le capitaine g&#233;n&#233;ralement seulement une part ou deux, maximum. L'&#233;pave du Whydah, le vaisseau pirate de Sam Bellamy, d&#233;couverte en 1984, le montre bien : parmi les objets retrouv&#233;s, il y avait des bijoux rares en or provenant d'Afrique occidentale qui &lt;i&gt;&#171; avaient &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;s et dont les entailles au couteau tr&#232;s visibles laissaient penser qu'on avait tent&#233; de les diviser &#233;quitablement &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lawrence Osborne - A Pirate's Progress : How the Maritime Rogue Became a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rudesse de la vie en mer faisait de l'entraide une simple tactique de survie. La solidarit&#233; naturelle des matelots entre eux se perp&#233;tua dans l'organisation pirate. Les pirates se &#171; concubinaient &#187; souvent entre eux, de sorte que si l'un mourrait, l'autre r&#233;cup&#233;rait ses biens. Les r&#232;glements pirates incluaient aussi g&#233;n&#233;ralement une forme d'entraide pour que les marins bless&#233;s incapables de participer au combat re&#231;oivent leur part sous forme de pension. Les pirates prenaient tr&#232;s au s&#233;rieux ce genre de solidarit&#233; &#8211; un &#233;quipage pirate au moins est connu pour avoir offert une compensation &#224; ses bless&#233;s puis s'&#234;tre aper&#231;u qu'il ne restait plus rien. Selon la charte de l'&#233;quipage de Batholomew Roberts : &lt;i&gt;&#171; Si (...) un homme perdait une jambe, ou devenait infirme durant son service, il devrait recevoir 800 dollars, provenant des fonds communs, et pour des blessures plus l&#233;g&#232;res, une aide proportionnelle. &#187;&lt;/i&gt; Et celui de l'&#233;quipage de George Lowther : &lt;i&gt;&#171; Celui qui aura le malheur de perdre un membre au combat recevra la somme de cent cinquante livres sterling, et restera avec la compagnie aussi longtemps qu'il lui conviendra. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., p. 59, 258, n38 ; Markus B. Rediker &#8211; Libertalia the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitaines pirates &#233;taient &#233;lus et pouvaient &#234;tre destitu&#233;s &#224; tout moment pour abus d'autorit&#233;. Ils ne jouissaient d'aucun privil&#232;ge particulier : lui &#171; ou tout autre officier n'a pas droit &#224; plus [de nourriture] que les autres hommes, et m&#234;me, le capitaine ne peut garder sa cabine pour lui seul. &#187; Les capitaines pouvaient &#234;tre destitu&#233;s pour l&#226;chet&#233;, cruaut&#233; et, ce qui est r&#233;v&#233;lateur, pour avoir refus&#233; &lt;i&gt;&#171; de capturer et de piller des vaisseaux anglais &#187;&lt;/i&gt; : les pirates avaient tourn&#233; le dos &#224; l'&#201;tat anglais et &#224; ses lois, et il n'&#233;tait pas question de tol&#233;rer le moindre relent de sentiment patriotique. Le capitaine avait juste le droit de commander durant la bataille, sinon toutes les d&#233;cisions &#233;taient prises par l'&#233;quipage tout entier. Cette d&#233;mocratie radicale n'&#233;tait pas forc&#233;ment tr&#232;s efficace : souvent les bateaux pirates erraient sans but jusqu'&#224; ce que l'&#233;quipage prenne une d&#233;cision.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 262.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers boucaniers s'&#233;taient surnomm&#233;s eux-m&#234;mes les &lt;i&gt;&#171; fr&#232;res de la c&#244;te &#187;&lt;/i&gt; &#8211; un terme appropri&#233; puisque les pirates s'&#233;changeaient les navires, se retrouvaient &#224; des points de rendez-vous, se regroupaient entre &#233;quipages pour des attaques combin&#233;es et se retrouvaient entre vieux potes. M&#234;me s'il semble surprenant qu'au travers de la vaste &#233;tendue des oc&#233;ans, les pirates aient gard&#233; le contact et se soient rencontr&#233;s, en fait ils retournaient r&#233;guli&#232;rement vers les divers &#171; ports libres &#187; o&#249; ils &#233;taient accueillis par les trafiquants du march&#233; noir qui achetaient leurs marchandises. Les &#233;quipages pirates se reconnaissaient entre eux, ne s'attaquaient pas mutuellement et travaillaient souvent ensemble pour former de v&#233;ritables flottes. En 1695, par exemple, les &#233;quipages des capitaines Avery, Faro, Want, Maze, Tew et Wake s'unirent pour effectuer un raid sur la flotte du p&#232;lerinage annuel vers la Mecque, avec leurs six navires comptant au moins 500 hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se retrouvaient aussi pour festoyer ; comme lors des &#171; saturnales &#187; en 1718, o&#249; les &#233;quipages de Barbe Noire et Charles Vane se rejoignirent dans l'Ile d'Ocracoke en Caroline du Nord. Il est m&#234;me prouv&#233; qu'il y avait un langage pirate unique, ce qui montre bien que les pirates &#233;taient en train de d&#233;velopper leur propre culture. Philip Ashton qui passa seize mois chez les pirates entre 1722 et 1723, rapporta que l'un de ses ravisseurs &lt;i&gt;&#171; selon la coutume des pirates, et dans leur propre dialecte, me demanda, si je voulais signer leur r&#232;glement &#187;&lt;/i&gt;. Il existe une anecdote hilarante sur un captif des pirates qui &lt;i&gt;&#171; sauva sa vie&lt;/i&gt; (&#224; force de) &lt;i&gt;jurer et de blasph&#233;mer &#187;&lt;/i&gt; &#8211; sugg&#233;rant ainsi que l'une des particularit&#233;s de ce langage pirate &#233;tait l'utilisation g&#233;n&#233;reuse de jurons et de blasph&#232;mes. Gr&#226;ce aux s&#233;parations et aux regroupements &#8211; les hommes changeant fr&#233;quemment de bateaux &#8211; il existait une grande continuit&#233; parmi les divers &#233;quipages pirates qui partageaient les m&#234;mes cultures et les m&#234;mes coutumes et qui, au fil du temps, d&#233;velopp&#232;rent une &#171; conscience pirate &#187; sp&#233;cifique. La perspective que cette communaut&#233; pirate puisse prendre une forme plus permanente constituait une menace pour les autorit&#233;s qui craignaient qu'elle ne d&#233;veloppe un &#171; Commonwealth &#187; dans les r&#233;gions inhabit&#233;es, o&#249; &lt;i&gt;&#171; aucun pouvoir dans les parties du monde ne serait parvenu &#224; le leur contester &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., pp. 87-88, 117 ; Douglas Botting and the Editors of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vengeance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un aspect particuli&#232;rement important de ce que nous pourrions appeler la &#171; conscience pirate &#187; &#233;tait la vengeance envers les capitaines et les ma&#238;tres qui les avaient exploit&#233;s auparavant. Le pirate Howell Davis d&#233;clara : &lt;i&gt;&#171; leurs raisons pour devenir pirate &#233;taient qu'ils voulaient se venger des vils marchands et des cruels commandants de vaisseaux &#187;&lt;/i&gt;. En capturant un marchand, les pirates lui administraient g&#233;n&#233;ralement la &lt;i&gt;&#171; Distribution de Justice &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; en s'informant aupr&#232;s de leurs hommes sur la mani&#232;re dont le commandant se comportait et ceux de qui on se plaignait &#187;&lt;/i&gt; &#233;taient &lt;i&gt;&#171; fouett&#233;s et pass&#233;s &#224; la saumure &#187;&lt;/i&gt;. Il est int&#233;ressant de noter que la torture favorite inflig&#233;e aux capitaines captur&#233;s &#233;tait la &lt;i&gt;&#171; Corv&#233;e &#187;&lt;/i&gt; &#8211; en souvenir d'autres corv&#233;es &#8211; lors de laquelle le coupable devait courir en cercle autour du mat d'artimon entre les ponts, tandis que les pirates l'encourageaient &#224; acc&#233;l&#233;rer en lui piquant les fesses &#224; l'aide de &lt;i&gt;&#171; pointes de sabres, de couteaux, de compas, de fourches, etc. &#187;&lt;/i&gt;, ceci au son d'une gigue endiabl&#233;e. Il semble que les pirates &#233;taient d&#233;termin&#233;s &#224; donner au ma&#238;tre le go&#251;t de sa propre m&#233;decine &#8211; en cr&#233;ant un cercle litt&#233;ralement vicieux ou un man&#232;ge de discipline qui &#233;voquait la vie p&#233;nible du marin. Le plus militant de ces redresseurs de torts des mers &#233;tait sans doute Philip Lyne, qui lors de son arrestation en 1726, confessa qu'il &lt;i&gt;&#171; avait tu&#233; 37 ma&#238;tres de vaisseaux &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cordingly - Life Among the Pirates, p. 271 ; Ritchie, Op. Cit., p. 234 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien radical Marcus Rediker a d&#233;couvert d'int&#233;ressants indices sur l'int&#233;r&#234;t port&#233; par les pirates pour la revanche dans les noms donn&#233;s &#224; leurs bateaux &#8211; le groupe de noms le plus r&#233;pandu contenait le mot &lt;i&gt;revenge&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vengeance (ndlt).&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme par exemple le &lt;i&gt;Queen Anne's Revenge&lt;/i&gt; de Barbe Noire, o&#249; celui de John Cole, le &lt;i&gt;New York Revenge's Revenge&lt;/i&gt;. Le Capitaine marchand Thomas Checkley avait raison en d&#233;crivant les pirates qui avaient captur&#233; son navire comme se pr&#233;tendant des &lt;i&gt;&#171; hommes de Robin des Bois &#187;&lt;/i&gt;. Il y a d'autres indices &#224; ce sujet dans le nom d'un autre bateau, le &lt;i&gt;Little John&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un des plus c&#233;l&#232;bres compagnons de Robin. Il doit son nom fran&#231;ais, Petit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui appartenait au pirate John Ward. Pour Peter Lamborn Wilson, ceci&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; nous donne une indication pr&#233;cieuse sur ses id&#233;es et sur l'image qu'il avait de lui-m&#234;me : il se consid&#233;rait &#224; l'&#233;vidence comme une sorte de Robin des Mers. Certains indices nous sugg&#232;rent d'ailleurs qu'il donnait aux pauvres et qu'il &#233;tait nettement d&#233;termin&#233; &#224; prendre aux riches &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 269 ; Peter Lamborn Wilson - Utopies Pirates : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de l'&#201;tat &#224; ces joyeux marins des sept mers fut brutale &#8211; le crime de piraterie &#233;tait puni de mort. Les premi&#232;res ann&#233;es du 18&#232;me si&#232;cle virent les &lt;i&gt;&#171; officiers royaux et les pirates &lt;/i&gt; [pi&#233;g&#233;s] &lt;i&gt;dans un syst&#232;me de terreur r&#233;ciproque &#187;&lt;/i&gt; avec l'antagonisme des pirates contre la soci&#233;t&#233; s'accentuant et les autorit&#233;s &#233;tant plus que jamais d&#233;termin&#233;es &#224; les traquer. Des rumeurs voulurent que les pirates qui avaient tir&#233; profit du pardon royal de 1698 se virent refuser ses avantages en se rendant, ce qui ne fit qu'accro&#238;tre la m&#233;fiance et l'antagonisme ; les pirates r&#233;solurent alors de &lt;i&gt;&#171; ne plus tenir compte des offres de pardon, mais en cas d'attaque, de se d&#233;fendre contre leurs compatriotes d&#233;loyaux qui tomberaient entre leurs mains &#187;&lt;/i&gt;. En 1722, le Capitaine Luke Knott se vit accorder 230 livres pour la perte de son emploi : apr&#232;s avoir livr&#233; 8 pirates, &lt;i&gt;&#171; il fut oblig&#233; de quitter le service marchand, les pirates le mena&#231;ant de le torturer &#224; mort si jamais il tombait entre leurs main &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agissait aucunement d'une menace en l'air &#8211; en 1720, les pirates de l'&#233;quipage de Bartholomew Roberts &lt;i&gt;&#171; br&#251;l&#232;rent et d&#233;truisirent, ouvertement et en plein jour (...) des vaisseaux sur la route de Basseterre (St. Kitts) et eurent l'audace d'insulter H. M. Fort &#187;&lt;/i&gt;, pour se venger de l'ex&#233;cution de &lt;i&gt;&#171; leurs camarades &#224; Nevis &#187;&lt;/i&gt;. Roberts envoya ensuite un courrier au gouverneur, lui indiquant qu'&lt;i&gt;&#171; ils viendraient et br&#251;leraient la ville (Sandy Point) autour de lui pour y avoir pendu les pirates &#187;&lt;/i&gt;. Roberts se fit m&#234;me faire un drapeau le montrant debout sur deux cr&#226;nes avec les inscriptions ABH et AMH - A Barbadian's Head et A Martican's Head&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une T&#234;te de la Barbade et Une T&#234;te de la Martinique (ndlt).&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Plus tard au cours de cette m&#234;me ann&#233;e, il donna corps &#224; sa vendetta contre ces deux &#238;les en pendant le gouverneur de la Martinique en bout de vergue. Comme des primes &#233;taient offertes pour la capture des pirates, ceux-ci y r&#233;pondirent en offrant des r&#233;compenses pour la capture de certains personnages officiels. Et lorsque les pirates &#233;taient captur&#233;s ou ex&#233;cut&#233;s, d'autres &#233;quipages pirates vengeaient g&#233;n&#233;ralement leurs fr&#232;res en attaquant la ville qui les avait condamn&#233;s, ou les bateaux qui se trouvaient dans son port. Cette forme de solidarit&#233; montre qu'une v&#233;ritable communaut&#233; pirate s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e, et que ceux qui naviguaient sous &lt;i&gt;&#171; la banni&#232;re du Roi de la Mort &#187;&lt;/i&gt; ne se consid&#233;raient plus comme Anglais, Hollandais ou Fran&#231;ais, mais comme des pirates.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., pp. 255, 274, 277 ; Ritchie, Op. Cit., p. 234 ; Botting - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Piraterie et Esclavage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Age d'Or de la piraterie est aussi celui du commerce d'esclaves dans l'Atlantique. La relation entre la piraterie et le commerce d'esclaves est complexe et ambigu&#235;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pirates particip&#232;rent au commerce d'esclaves et eurent la m&#234;me attitude que leurs compatriotes envers les Africains dont ils se servaient comme monnaie d'&#233;change. Cependant, tous les pirates ne particip&#232;rent pas au commerce des esclaves. En fait, un grand nombre de pirates &#233;taient d'anciens esclaves ; il y avait bien plus de Noirs sur les bateaux pirates que sur les navires de guerre ou de commerce, et les observateurs qui ont mentionn&#233; leur pr&#233;sence ne les qualifiaient que rarement d'esclaves. La plupart de ces pirates noirs &#233;taient des esclaves en fuite, qui rejoignaient les pirates au cours de leur voyage depuis l'Afrique, apr&#232;s avoir d&#233;sert&#233; les plantations, ou encore qui &#233;taient envoy&#233;s comme esclaves pour travailler &#224; bord des navires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait sans doute quelques hommes libres, comme les &lt;i&gt;&#171; N&#232;gres libres &#187;&lt;/i&gt;, des marins de Deptford qui en 1721 men&#232;rent &lt;i&gt;&#171; une mutinerie parce que nous avions trop d'officiers, et que le travail &#233;tait trop dur, et ainsi de suite &#187;&lt;/i&gt;. La vie en mer en g&#233;n&#233;ral offrait plus d'autonomie aux Noirs que la vie dans les plantations, mais la piraterie, plus particuli&#232;rement, pouvait &#8211; bien que cela soit tr&#232;s risqu&#233; &#8211; offrir l'une des rares chances d'&#234;tre libre pour un Africain, dans l'Atlantique du 18&#232;me si&#232;cle. Par exemple, un quart des deux cents hommes d'&#233;quipage du vaisseau du Capitaine Bellamy, le Whydah, &#233;taient noirs, et des t&#233;moignages sur le naufrage de ce navire pirate en 1717 &#224; Wellfleet, Massachusetts, rapportent que nombre des corps rejet&#233;s sur le rivage &#233;taient ceux de Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien de la piraterie Kenneth Kinkor affirme que m&#234;me si le Whydah &#233;tait &#224; l'origine un n&#233;grier, les Noirs qui se trouvaient &#224; bord lors du naufrage &#233;taient bien des membres de l'&#233;quipage et non des esclaves. En partie parce que les pirates, comme d'autres matelots, &lt;i&gt;&#171; n'avaient que m&#233;pris pour les terriens &#187;&lt;/i&gt;, un homme noir qui savait manier les cordages et les n&#339;uds &#233;tait plus &#224; m&#234;me de gagner le respect qu'un homme vivant &#224; terre et n'y connaissant rien. Selon Kinkor : &lt;i&gt;&#171; Les pirates jugeaient les Africains sur leur fa&#231;on de parler et leurs aptitudes maritimes &#8211; en d'autres termes, sur leurs connaissances &#8211; plut&#244;t que sur leur race. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., pp. 133-4 ; W. Jeffrey Bolster, Black Jacks : African (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pirates noirs menaient souvent l'abordage pour capturer un navire. Le vaisseau pirate le Morning Star &lt;i&gt;&#171; avait un cuisinier noir doublement arm&#233; &#187;&lt;/i&gt; lors des abordages et plus de la moiti&#233; des hommes d'abordage d'Edward Condent sur le Dragon Volant &#233;taient noirs. Certains pirates noirs devinrent quartier-ma&#238;tre ou capitaine. Par exemple, en 1699, lorsque le Capitaine Kidd jeta l'ancre &#224; New York, deux sloops l'attendaient, dont l'un &#233;tait &lt;i&gt;&#171; celui d'un petit homme noir... qui avait &#233;t&#233; auparavant le quartier-ma&#238;tre du Capitaine Kidd &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 133 ; Bolster, Op. Cit., p. 15.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 17&#232;me si&#232;cle, les Noirs trouv&#233;s sur un bateau pirate n'&#233;taient pas jug&#233;s avec les autres pirates parce que l'on pensait qu'ils &#233;taient des esclaves, mais au 18&#232;me, ils &#233;taient ex&#233;cut&#233;s aux c&#244;t&#233;s de leurs &#171; fr&#232;res &#187; blancs. N&#233;anmoins, le sort le plus probable pour un pirate noir captur&#233; &#233;tait d'&#234;tre vendu comme esclave, qu'il soit affranchi ou non. Lorsque Barbe Noire fut captur&#233; par la Royal Navy en 1718, cinq de ses dix-huit hommes d'&#233;quipages &#233;taient noirs, et selon le Conseil du Gouverneur de Virginie, les cinq Noirs &#233;taient &lt;i&gt;&#171; autant impliqu&#233;s que le reste de l'&#233;quipage dans les m&#234;mes actes de piraterie &#187;&lt;/i&gt;. Un &lt;i&gt;&#171; coquin d&#233;termin&#233;, un N&#232;gre &#187;&lt;/i&gt; nomm&#233; C&#233;sar fut pris alors qu'il allait faire sauter le navire plut&#244;t que d'&#234;tre captur&#233; et d'&#234;tre probablement de nouveau r&#233;duit en esclavage.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., pp. 133-4, 249 n37 ; Bolster, Op. Cit., p. 14 ; Captain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1715, le Conseil de la Colonie de Virginie s'inqui&#233;tait des liens entre le &lt;i&gt;&#171; ravage des pirates &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; une insurrection de N&#232;gres &#187;&lt;/i&gt;. Il avait bien raison de s'inqui&#233;ter. En 1716, les esclaves d'Antigua &#233;taient devenus &lt;i&gt;&#171; tr&#232;s impudents et insultants &#187;&lt;/i&gt; et il fut signal&#233; que bon nombre &lt;i&gt;&#171; rejoignirent ces pirates qui ne semblent pas faire grand cas des diff&#233;rences raciales &#187;&lt;/i&gt;. Ces liens &#233;taient transatlantiques ; s'&#233;tendant depuis le c&#339;ur de l'Empire, &#224; Londres, jusqu'aux colonies d'esclaves des Am&#233;riques et la &#171; C&#244;te de l'Esclavage &#187; en Afrique. Au d&#233;but des ann&#233;es 1720, un groupe de pirates s'&#233;tablit en Afrique occidentale, rejoignant et se m&#233;langeant aux Kru &#8211; un peuple d'Afrique occidentale originaires de ce qui est actuellement la Sierra Leone et le Liberia, renomm&#233; pour sa technique de navigation dans de longues pirogues et pour avoir men&#233; les r&#233;voltes d'esclaves lorsqu'il fut soumis. Ces pirates faisaient probablement partie de l'&#233;quipage de Bartholomew Roberts qui avait d&#251; s'enfuir dans les bois lors de l'attaque de la Navy en 1722. Cette alliance n'est pas si inhabituelle lorsque l'on consid&#232;re que sur les 157 hommes qui ne purent s'&#233;chapper du bateau de Roberts, et furent captur&#233;s ou tu&#233;s &#224; bord, 45 &#233;taient noirs &#8211; probablement ni des pirates ni des esclaves, mais des &lt;i&gt;&#171; marins noirs, plus commun&#233;ment appel&#233;s gr&#233;metes &#187;&lt;/i&gt; &#8211; des marins africains ind&#233;pendants venant principalement de la Sierra Leone, et qui auraient rejoint les pirates &lt;i&gt;&#171; contre un modeste salaire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., pp. 134, 249 n42, 250 n44 ; Bolster, Op. Cit., pp. 50-1&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut voir comment ces liens s'&#233;taient &#233;tendus et comment l'h&#233;ritage des pirates s'est diss&#233;min&#233; m&#234;me apr&#232;s la d&#233;faite en observant le destin d'une partie de ceux qui avaient &#233;t&#233; captur&#233;s &#224; bord du bateau pirate de Roberts. Par la suite, les &lt;i&gt;&#171; N&#232;gres &#187;&lt;/i&gt; de son &#233;quipage se mutin&#232;rent &#224; cause des mauvaises conditions et des &lt;i&gt;&#171; repas r&#233;duits &#187;&lt;/i&gt; que leur proposait la &lt;i&gt;Navy&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup d'entre eux avaient longtemps v&#233;cu comme des pirates &#187;&lt;/i&gt;, ce qui signifiait bien &#233;videmment pour eux plus de libert&#233; et une meilleure nourriture.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 134 ; Captain Johnson, Op. Cit.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Devenir indig&#232;ne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lionel Wafer &#233;tait un chirurgien fran&#231;ais qui avait ralli&#233; un &#233;quipage de boucaniers aux Cara&#239;bes en 1677. Au retour d'un voyage aux Indes orientales, victime d'un accident, il dut se r&#233;tablir dans un village indien et finit par adopter les coutumes locales. Voici sa description du retour de marins anglais dans ce village :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais assis, les jambes crois&#233;es parmi les Indiens. Selon leurs coutumes, j'&#233;tais peint comme eux, avec pour seul v&#234;tement un pagne, et mon anneau de nez pendant au-dessus de ma bouche. Il a fallu presque une heure avant qu'un membre de l'&#233;quipage, en me regardant de plus pr&#232;s, ne s'&#233;crie, &#8216;Voici notre docteur', et imm&#233;diatement tous salu&#232;rent mon arriv&#233;e parmi eux. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lionel Wafer, Voyage de Mr. Wafer, o&#249; l'on trouve la description de l'Isthme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce genre d'abandon de la &#171; civilisation &#187; pour le mode de vie indig&#232;ne n'&#233;tait pas toujours accidentel. Les boucaniers des Cara&#239;bes tirent leur nom du boucan, une technique de fumage de la viande qu'ils tenaient des Indiens Arawak. A l'origine, les boucaniers squattaient des terres sur la vaste &#238;le d'Hispaniola qui appartenait &#224; l'Espagne (d&#233;sormais Ha&#239;ti et la R&#233;publique dominicaine) &#8211; et se tourn&#232;rent vers la piraterie lorsque les Espagnols tent&#232;rent de les expulser. Sur Hispaniola, ils vivaient de la m&#234;me fa&#231;on que les indig&#232;nes qui les y avaient pr&#233;c&#233;d&#233;s. Ce mode de vie &lt;i&gt;maroon&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux Antilles et en Guyane : esclave &#233;vad&#233; ou &#171; N&#232;gre libre &#187;.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;tait clairement identifi&#233; &#224; la piraterie. Hormis les boucaniers d'Hispaniola et de Tortuga, le principal groupe d'Europ&#233;ens marginaux dans le Nouveau Monde &#233;tait celui des b&#251;cherons de la Baie de Campeche (aujourd'hui Honduras et Belize), un &lt;i&gt;&#171; &#233;quipage d'ivrognes insolents &#187;&lt;/i&gt; consid&#233;r&#233;s par la plupart des observateurs comme interchangeable avec des pirates. Ils choisirent consciemment un mode de vie non-cumulatif dans des villages communautaires ind&#233;pendants &#224; la p&#233;riph&#233;rie du monde.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platt and Chambers, Pirate pp. 26-7 ; Rediker, Op. Cit., p. 146 ; Cordingly, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations des pirates avec les indig&#232;nes qu'ils rencontraient &#233;taient variables. Certains pirates en faisaient des esclaves, les for&#231;ant &#224; travailler pour eux, violant les femmes et volant ce qui les int&#233;ressait. En revanche, d'autres pirates s'installaient et se mariaient &#8211; int&#233;grant la soci&#233;t&#233; indig&#232;ne. C'est plus particuli&#232;rement &#224; Madagascar, o&#249; les pirates se m&#234;l&#232;rent &#224; la population, que se d&#233;veloppa &lt;i&gt;&#171; une race de mul&#226;tres &#224; la peau sombre &#187;&lt;/i&gt;. Les contacts et les &#233;changes culturels entre pirates, marins et Africains ont entra&#238;n&#233; des similarit&#233;s incontestables entre chansons de marins et chants africains. En 1743, des marins furent traduits devant une cour martiale pour avoir chant&#233; un &lt;i&gt;&#171; chant n&#232;gre &#187;&lt;/i&gt;. Ce genre de rapprochement se fit dans les deux sens et n'&#233;tait pas aussi rare que l'on pourrait croire. Un pirate du nom de William May, &#233;chou&#233; sur l'&#238;le de Johanna &#224; Madagascar, fut fort surpris lorsqu'un des &#171; n&#232;gres &#187; s'adressa &#224; lui en parlant anglais couramment. Il apprit que l'homme avait &#233;t&#233; enlev&#233; de son &#238;le par un navire anglais et qu'il avait v&#233;cu un moment &#224; Bethnal Green, &#224; Londres, avant de revenir chez lui. Son nouvel ami lui &#233;vita d'&#234;tre captur&#233; par les Anglais et d'&#234;tre ensuite amen&#233; &#224; Bombay pour y &#234;tre pendu.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Captain Johnson, Op. Cit., Ritchie, Op. Cit., pp.86-7, 104, 118.&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les pirates se consid&#232;rent comme des rois libres, comme des empereurs individuels autonomes &#233;tait une des caract&#233;ristiques de ce que l'on pourrait nommer &#171; l'id&#233;ologie pirate &#187;. Ceci &#233;tait en partie li&#233;e au r&#234;ve de richesse &#8211; Henry Avery &#233;tait idol&#226;tr&#233; pour l'&#233;norme fortune qu'il avait pill&#233;e ; certains pensaient qu'il avait m&#234;me b&#226;ti son propre royaume pirate. Mais il y eut un pirate qui connut une histoire encore plus &#233;difiante, puisqu'il avait d&#233;but&#233; comme esclave en Martinique : Abraham Samuel, &lt;i&gt;&#171; Tolinor Rex &#187;&lt;/i&gt;, le Roi de Fort Dauphin. Samuel &#233;tait un esclave en fuite qui avait ralli&#233; l'&#233;quipage du navire pirate John &amp; Rebecca, dont il devint finalement quartier-ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1696, les pirates s'empar&#232;rent d'un important butin et d&#233;cid&#232;rent de se retirer et de s'&#233;tablir &#224; Madagascar. Samuel se retrouva dans l'ancienne colonie fran&#231;aise de Fort Dauphin o&#249; la princesse locale l'identifia comme &#233;tant l'enfant qu'elle avait eu d'un Fran&#231;ais durant l'occupation de la colonie. Samuel se retrouva soudainement h&#233;ritier du tr&#244;ne vacant de ce royaume. Les n&#233;griers et les marchands venaient en masse pour commercer avec le &#171; Roi Samuel &#187; mais il garda ses sympathies pour ses camarades pirates, les autorisant, et les assistant m&#234;me dans le pillage des navires marchands qui venaient pour commercer avec lui. Il y eut un certain nombre de personnages similaires, peut-&#234;tre moins flamboyants, dans les ports et les rades de Madagascar &#8211; des pirates ou des n&#233;griers qui &#233;taient devenus des chefs locaux &#224; la t&#234;te d'arm&#233;es priv&#233;es d'au moins 500 hommes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., pp. 84-5&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sexe, drogues &amp; rock n'roll&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les pirates semblent s'&#234;tre beaucoup plus amus&#233;s que leurs pauvres camarades des navires de guerre ou de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils organisaient de sacr&#233;es f&#234;tes &#8211; en 1669, pr&#232;s des c&#244;tes d'Hispaniola, des boucaniers d'Henry Morgan firent sauter leur propre navire lors d'une f&#234;te particuli&#232;rement tapageuse qui, comme toute f&#234;te pirate qui se respecte, comportait son lot de fusillades &#233;m&#233;ch&#233;es avec les armes du navire. Ils s'&#233;taient d&#233;brouill&#233;s pour mettre le feu aux poudres dans la soute du navire, ce qui provoqua sa destruction compl&#232;te. Lors de certains voyages, l'alcool &lt;i&gt;&#171; coulait &#224; flots &#187;&lt;/i&gt; et pour nombre de matelots, la promesse de grog &#224; volont&#233; avait &#233;t&#233; l'une des principales raisons pour quitter la marine marchande afin de devenir pirate. Mais ceci se retournait parfois contre eux &#8211; un groupe de pirates mit trois jours &#224; capturer un navire parce qu'il n'y avait jamais assez d'hommes &#224; jeun disponibles. Les marins en g&#233;n&#233;ral d&#233;testaient les voyages sans alcool &#8211; l'une des principales raisons &#233;tant que sous les tropiques l'eau avait tendance &#224; accueillir des cr&#233;atures qu'il fallait filtrer entre les dents.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert C. Ritchie - Captain Kidd and the War against the Pirates pp. 59, 69, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une f&#234;te pirate n'&#233;tait pas digne de ce nom sans musique. Les pirates &#233;taient renomm&#233;s pour leur amour de la musique et ils engageaient souvent des musiciens pour la dur&#233;e du voyage. Durant le jugement de l'&#233;quipage de Black Bart Bartholomew Roberts en 1722, deux hommes furent acquitt&#233;s parce qu'ils &#233;taient de simples musiciens. Les pirates semblent avoir utilis&#233; la musique lors des batailles : il fut dit d'un des deux hommes, James White, que &lt;i&gt;&#171; son travail consistait &#224; faire de la musique &#224; la poupe au moment de l'action &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cordingly - Life Among the Pirates, p.115.&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, la libert&#233; que la piraterie offrait, &#224; l'oppos&#233; du monde de contraintes qu'ils venaient de quitter, s'&#233;tendait &#224; la sexualit&#233;. La soci&#233;t&#233; europ&#233;enne du 17&#232;me et du 18&#232;me si&#232;cles &#233;tait sauvagement anti-homosexuelle. La &lt;i&gt;Royal Navy&lt;/i&gt; menait r&#233;guli&#232;rement des campagnes anti-sodomie sur les navires &#224; bord desquels les hommes &#233;taient confin&#233;s ensemble pour des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les navires de guerre et de commerce, on consid&#233;rait la sexualit&#233; incompatible avec le travail et la discipline &#224; bord, comme le pr&#233;cisa le pasteur John Flavel en &#233;crivant au commer&#231;ant John Lovering au sujet des marins : &lt;i&gt;&#171; la mort de leur d&#233;sir est le meilleur moyen pour donner vie &#224; votre commerce. &#187;&lt;/i&gt; Dans &lt;i&gt;Sodomy and the Pirate's Tradition&lt;/i&gt;, B. R. Burg sugg&#232;re que la grande majorit&#233; des pirates &#233;taient homosexuels, et m&#234;me s'il n'existe pas suffisamment de preuves pour soutenir cette th&#233;orie, il n'en est pas moins s&#251;r que pour ce genre de pratiques, une colonie pirate &#233;tait l'endroit le plus s&#251;r. Au d&#233;but, certains des boucaniers d'Hispaniola et de Tortuga vivaient dans une sorte d'union homosexuelle connue sous le nom de matelotage, mettant en commun ce qu'ils poss&#233;daient, le survivant h&#233;ritant alors de la part de son compagnon. M&#234;me apr&#232;s que les femmes eurent rejoint les boucaniers, le matelotage continua, un matelot partageant alors sa femme avec son partenaire. Louis Le Golif, dans ses M&#233;moires d'un Boucanier, se plaignait de l'homosexualit&#233; &#224; Tortuga, o&#249; il dut combattre dans deux duels afin de tenir &#224; distance deux pr&#233;tendants pleins d'ardeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le Gouverneur fran&#231;ais de Tortuga fit venir des centaines de prostitu&#233;es, dans l'espoir de d&#233;tourner les boucaniers de leurs pratiques. Le capitaine pirate Robert Culliford, avait un &lt;i&gt;&#171; grand consort &#187;&lt;/i&gt;, John Swann avec lequel il vivait. Certains pirates achetaient de &lt;i&gt;&#171; beaux gar&#231;ons &#187;&lt;/i&gt; pour en faire leurs compagnons. Sur un navire pirate, un jeune homme qui reconnut avoir eu une relation homosexuelle fut mis aux fers et maltrait&#233;, mais il semble qu'il s'agit l&#224; d'une exception. Il est &#233;galement significatif que dans aucune charte pirate on ne trouve d'articles contre l'homosexualit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. pp. 122-5 ; Marcus B. Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger : The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Femmes pirates&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La vie de libert&#233; sous le drapeau noir, le Jolly Roger, s'&#233;tendait &#224; un autre groupe qui pourrait surprendre de voleurs des mers : les femmes pirates. Il n'&#233;tait pas si rare de voir naviguer des femmes aux 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles. Il existait une tradition assez bien &#233;tablie de femmes s'&#233;tant travesties pour faire fortune, ou bien suivre leur mari ou leur amant en mer. Bien s&#251;r, on ne conna&#238;t que celles qui ont &#233;t&#233; prises et reconnues comme telles. Leurs s&#339;urs plus chanceuses ont navigu&#233; dans l'anonymat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans ce cas, il semblerait que les femmes &#224; bord des bateaux pirates &#233;taient peu nombreuses, ce qui, par ironie, a peut-&#234;tre contribu&#233; &#224; leur chute &#8211; il &#233;tait relativement facile pour l'Etat d'&#233;craser la communaut&#233; pirate, parce que celle-ci &#233;tait largement dispers&#233;e et fondamentalement fragile ; les pirates avaient du mal &#224; avoir une descendance ou &#224; se d&#233;velopper. En comparaison, les pirates des mers de la Chine du Sud, qui eurent plus de chance et dur&#232;rent plus longtemps, &#233;taient organis&#233;s en groupes familiaux rassemblant les hommes, les femmes et les enfants sur les navires &#8211; de sorte qu'il y avait toujours une nouvelle g&#233;n&#233;ration de pirates par&#233;e &#224; l'abordage.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 8-11, 233 n26 ; Captain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les pirates en g&#233;n&#233;ral se d&#233;finissaient en opposition avec les relations sociales du capitalisme naissant des 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles, certaines femmes trouv&#232;rent dans la piraterie une fa&#231;on de se rebeller contre l'&#233;mergence des r&#244;les li&#233;s aux genres. Par exemple, Charlotte du Berry, n&#233;e en Angleterre en 1636, suivit son mari dans la marine de guerre en s'habillant en homme. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; viol&#233;e sur un vaisseau &#224; destination de l'Afrique, elle mena une mutinerie contre le capitaine qui l'avait violent&#233;e, et lui trancha la t&#234;te avec un poignard. Elle devint alors capitaine pirate, son navire croisant la c&#244;te africaine pour capturer des bateaux charg&#233;s d'or. Il y eut &#233;galement d'autres femmes pirates moins chanceuses ; en 1726 les autorit&#233;s de Virginie jug&#232;rent Mary Harley (ou Harvey) et trois hommes pour piraterie. Les trois hommes furent condamn&#233;s &#224; la pendaison mais Harley fut lib&#233;r&#233;e. Thomas, le mari de Mary &#233;galement pirate, semble avoir &#233;chapp&#233; &#224; la capture. Mary et son mari avaient &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s vers les colonies une ann&#233;e auparavant. Trois ans plus tard, en 1729, une autre d&#233;port&#233;e &#233;tait jug&#233;e pour piraterie dans la colonie de Virginie. Les six membres d'un gang pirate, dont Mary Crickett (ou Crichett), et Edmund Williams, chef de ce gang, furent d&#233;port&#233;s en Virginie en 1728 comme criminels.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platt and Chambers - Pirate p. 33 ; Rediker - Liberty beneath the Jolly (&#8230;)&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les femmes pirates au sujet desquelles nous en savons le plus sont Anne Bonny et Mary Read. Mary Read &#233;tait une enfant ill&#233;gitime, et fut &#233;lev&#233;e comme un gar&#231;on par sa m&#232;re afin de la faire passer pour son fils l&#233;gitime parmi sa famille. Elle dut s'endurcir pour faire face &#224; une vie difficile et adolescente, elle &#233;tait d&#233;j&#224; &lt;i&gt;&#171; audacieuse et forte &#187;&lt;/i&gt;. Mary semble avoir appr&#233;ci&#233; son identit&#233; masculine et elle s'engagea comme marin sur un navire de guerre, puis comme soldat anglais lors de la guerre des Flandres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la guerre, elle embarqua sur un navire hollandais &#224; destination des Cara&#239;bes. Lorsque son navire fut captur&#233; par l'&#233;quipage pirate de Calico Jack Rackam, dont faisait partie Anne Bonny, elle d&#233;cida de tenter sa chance avec les pirates. Il semble qu'elle se soit adapt&#233;e &#224; cette vie, et elle tomba bient&#244;t amoureuse d'un des membres de l'&#233;quipage. Son amant s'&#233;tant disput&#233; avec un autre pirate, ce qui impliquait, selon leur tradition, de r&#233;gler l'affaire &lt;i&gt;&#171; &#224; l'&#233;p&#233;e et au pistolet &#187;&lt;/i&gt;, Mary le sauva en cherchant la bagarre avec son adversaire : elle le provoqua en duel deux heures avant le combat pr&#233;vu et le transper&#231;a de son sabre d'abordage.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 3-5, 8, 13 ; Platt and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Bonny &#233;tait l'enfant ill&#233;gitime d'une servante en Irlande et grandit d&#233;guis&#233;e en gar&#231;on, son p&#232;re pr&#233;tendant qu'elle &#233;tait l'enfant d'un parent dont ont lui avait confi&#233; la garde. Il l'emmena par la suite &#224; Charleston, en Caroline du Sud, o&#249; il n'&#233;tait plus n&#233;cessaire de dissimuler son identit&#233;. Annie devint une femme &lt;i&gt;&#171; robuste &#187;&lt;/i&gt; avec un &lt;i&gt;&#171; temp&#233;rament f&#233;roce et courageux &#187;&lt;/i&gt;. En effet, &lt;i&gt;&#171; un jour o&#249; un jeune homme tentait de coucher avec elle contre sa volont&#233;, elle le frappa si durement qu'il en resta longtemps alit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Elle s'enfuit vers les Cara&#239;bes o&#249; elle tomba amoureuse d'un capitaine pirate nomm&#233; Calico Jack Rackam (on l'appelait ainsi &#224; cause de ses v&#234;tements bizarres et pittoresques). Anne et Calico Jack, &lt;i&gt;&#171; d&#233;couvrant qu'ils ne pouvaient jouir librement de la compagnie l'un de l'autre par des moyens honn&#234;tes, d&#233;cid&#232;rent de s'enfuir ensemble, et d'en jouir malgr&#233; le monde entier &#187;&lt;/i&gt;. Ils d&#233;rob&#232;rent un navire dans le port et durant les deux ann&#233;es qui suivirent, Bonny seconda Rackam tout en &#233;tant son amante, &#224; la t&#234;te d'un &#233;quipage (dont fera bient&#244;t partie Mary Read d&#233;guis&#233;e en homme qui les rejoindra suite &#224; la capture de son navire) qui pillait les navires dans les Cara&#239;bes et les eaux c&#244;ti&#232;res de l'Am&#233;rique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 5-7, 13-16, 234 n41 ; Platt (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des t&#233;moins &#224; leur proc&#232;s, une femme du nom de Dorothy Thomas qui avait &#233;t&#233; faite prisonni&#232;re par les pirates, affirma que les femmes &lt;i&gt;&#171; portaient des vestes d'hommes, des pantalons longs, et des foulards nou&#233;s autour de la t&#234;te, et que chacune d'entre elles avait une machette et un pistolet en main &#187;&lt;/i&gt;. Bien que Read et Bonny portaient des v&#234;tements d'hommes, leur prisonni&#232;re ne s'y trompa pas ; pour elle &lt;i&gt;&#171; la raison pour laquelle elle sut qu'il s'agissait de femmes &#233;tait la grosseur de leurs seins &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres prisonniers captur&#233;s par les pirates racont&#232;rent que Bonny et Read &lt;i&gt;&#171; &#233;taient toutes deux tr&#232;s d&#233;vergond&#233;es, ne cessant de sacrer et de jurer, et toujours pr&#234;tes et d&#233;sireuses de faire ce qu'il y avait &#224; faire &#224; bord &#187;&lt;/i&gt;. Les deux femmes semblent avoir b&#233;n&#233;fici&#233; d'un certain ascendant ; par exemple, elles faisaient partie du groupe d&#233;sign&#233; pour monter &#224; l'abordage &#8211; un r&#244;le confi&#233; aux membres les plus courageux et les plus respect&#233;s de l'&#233;quipage. Lorsque les pirates &lt;i&gt;&#171; apercevaient un navire, le traquaient ou l'attaquaient &#187;&lt;/i&gt;, les deux femmes &lt;i&gt;&#171; portaient des v&#234;tements d'hommes &#187;&lt;/i&gt;, et en toutes autres occasions, &lt;i&gt;&#171; elles portaient des v&#234;tements de femmes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 7-8.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rackam, Bonny et Read furent captur&#233;s ensemble par un sloop britannique qui quittait la Jama&#239;que en 1720. L'&#233;quipage &#233;tait compl&#232;tement ivre (un fait banal) et se cacha dans la cale &#8211; un seul d'entre eux hormis Read et Bonny eut le courage de combattre. Ec&#339;ur&#233;e, Mary Read fit feu avec son pistolet en direction de la cale &lt;i&gt;&#171; tuant un homme d'&#233;quipage et en blessant plusieurs autres &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-huit hommes d'&#233;quipage avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jug&#233;s et condamn&#233;s &#224; la pendaison lorsque les femmes arriv&#232;rent au tribunal. Trois d'entre eux, dont Rackam, furent plus tard pendus &#224; des emplacements de choix afin de servir d'instruction morale et d'&lt;i&gt;&#171; exemple public &#187;&lt;/i&gt; aux marins qui passeraient &#224; c&#244;t&#233; de leurs corps en d&#233;composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Mary Read insista sur le fait que les &#171; hommes de courage &#187; &#8211; comme elle &#8211; ne craignent pas la mort. Le courage &#233;tait une des principales vertus parmi les pirates &#8211; car seul le courage leur permettait de survivre. Calico Jack Rackam &#233;tait pass&#233; du rang de quartier-ma&#238;tre &#224; celui de capitaine lorsque le capitaine en charge, Charles Vane, avait &#233;t&#233; destitu&#233; par son &#233;quipage pour l&#226;chet&#233;. C'est pourquoi ce fut une fin ignominieuse pour Rackam, de s'entendre dire par Anne Bonny, avant d'&#234;tre pendu, que &lt;i&gt;&#171; s'il s'&#233;tait battu comme un homme, il n'aurait pas &#233;t&#233; pendu comme un chien &#187;&lt;/i&gt;. Bonny et Read &#233;chapp&#232;rent toutes deux &#224; l'ex&#233;cution car elle &#171; plaid&#232;rent que leur ventre portait enfant, et implor&#232;rent que l'ex&#233;cution soit report&#233;e &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. pp. 2-3, 5-7, 13-14 ; Platt and Chambers - Pirate pp. 32, 35 ; Captain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Misson et Libertalia&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plus c&#233;l&#232;bre utopie pirate fut celle du Capitaine Misson et de son &#233;quipage, qui &#233;tablirent leur communaut&#233; intentionnelle, leur utopie sans loi, Libertalia, au nord de Madagascar au 18&#232;me si&#232;cle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ce jour, aucune preuve historique n'atteste que Libertalia ait jamais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Misson &#233;tait fran&#231;ais, il naquit en Provence, et c'est &#224; Rome alors qu'il &#233;tait en permission de son poste sur le vaisseau de guerre fran&#231;ais La Victoire, qu'il perdit sa foi, d&#233;go&#251;t&#233; par la d&#233;cadence de la cour papale. A Rome, il rencontra Caraccioli &#8211; un &lt;i&gt;&#171; pr&#234;tre libertin &#187;&lt;/i&gt; qui d&#233;cida d'embarquer avec lui sur la Victoire. Au cours des longs voyages sans grande occupation si ce n'est la discussion, Caraccioli convertit progressivement Misson et une grande partie de l'&#233;quipage &#224; une sorte de communisme ath&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'attaqua &#224; la question politique, et montra &#224; ses auditeurs que tout homme &#233;tait n&#233; libre et avait autant droit aux ressources n&#233;cessaires &#224; sa vie, qu'&#224; l'air qu'il respirait. (...) Que l'immense diff&#233;rence qui existait entre l'homme qui se vautrait dans le luxe et celui qui se voyait plong&#233; dans la mis&#232;re la plus noire r&#233;sultait seulement de l'avarice et de l'ambition d'une part, d'une suj&#233;tion craintive de l'autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;S'embarquant pour une carri&#232;re dans la piraterie, l'&#233;quipage de La Victoire, fort de 200 hommes, fit appel &#224; Misson pour qu'il devienne le capitaine. Les hommes collectivis&#232;rent les biens du vaisseau, d&#233;cidant que &lt;i&gt;&#171; tout devrait &#234;tre mis en commun &#187;&lt;/i&gt;. Les d&#233;cisions seraient soumises au &#171; vote de toute la &lt;i&gt;compagnie &#187;&lt;/i&gt;. Et c'est ainsi qu'ils se mirent en route pour une nouvelle &lt;i&gt;&#171; vie de libert&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Au large des c&#244;tes de l'Afrique de l'ouest, ils captur&#232;rent un vaisseau n&#233;grier hollandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esclaves furent lib&#233;r&#233;s et emmen&#233;s &#224; bord de La Victoire, Misson d&#233;clarant que &lt;i&gt;&#171; le commerce de gens de notre propre esp&#232;ce ne saurait jamais trouver gr&#226;ce aux yeux de la justice divine : qu'aucun homme n'a le pouvoir de libert&#233; sur un autre &#187;&lt;/i&gt; et qu'&lt;i&gt;&#171; il n'avait pas lib&#233;r&#233; son cou du joug de l'esclavage et affirm&#233; sa propre libert&#233; pour asservir les autres &#187;&lt;/i&gt;. A chacun de leurs combats, l'&#233;quipage se renfor&#231;ait de nouvelles recrues fran&#231;aises, anglaises et hollandaises, ainsi que d'esclaves africains lib&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'il naviguait au large des c&#244;tes de Madagascar, Misson d&#233;couvrit une crique parfaite situ&#233;e dans un territoire au sol fertile, &#224; l'eau claire et dont les habitants &#233;taient amicaux. C'est l&#224; que les pirates &#233;tablirent Libertalia, renon&#231;ant &#224; leurs titres d'Anglais, de Fran&#231;ais, de Hollandais ou d'Africains pour se rebaptiser Liberi. Ils cr&#233;&#232;rent leur propre langue, un m&#233;lange polyglotte de langues africaines, combin&#233;es au fran&#231;ais, &#224; l'anglais, au hollandais, au portugais et &#224; la langue des indig&#232;nes de Madagascar. Peu apr&#232;s avoir commenc&#233; &#224; travailler &#224; l'implantation de la colonie, La Victoire croisa le pirate Thomas Tew, qui d&#233;cida de les accompagner jusque Libertalia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce genre de colonie n'&#233;tait pas une id&#233;e nouvelle pour Tew ; il avait perdu son quartier-ma&#238;tre et 23 membres d'&#233;quipage qui s'&#233;taient &#233;tablis un peu plus loin sur la c&#244;te malgache. Les Liberi &#8211; &lt;i&gt;&#171; les ennemis de l'esclavage &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;voyaient d'accro&#238;tre leur nombre en capturant un autre navire n&#233;grier. Le long des c&#244;tes de l'Angola, Tew et son &#233;quipage captur&#232;rent un n&#233;grier anglais avec dans ses cales 240 hommes, femmes et enfants. Les membres africains de l'&#233;quipage pirate d&#233;couvrirent parmi les esclaves de nombreux amis et parents, qu'ils d&#233;livr&#232;rent de leurs entraves, les r&#233;galant d'histoires sur la gloire de leur nouvelle vie de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pirates s'&#233;tablirent l&#224; pour devenir fermiers, g&#233;rant la terre en commun &#8211; &lt;i&gt;&#171; aucune haie ne d&#233;limitant la propri&#233;t&#233; de quiconque &#187;&lt;/i&gt;. Le butin et l'argent pris en mer &#233;taient &lt;i&gt;&#171; mis dans le tr&#233;sor commun, l'argent &#233;tant inutile l&#224; o&#249; tout est mis en commun &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Empire contre-attaque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Age d'Or de la piraterie euro-am&#233;ricaine dura approximativement de 1650 &#224; 1725, avec son apog&#233;e aux alentours de 1720, ceci &#233;tant li&#233; &#224; des conditions et des circonstances particuli&#232;res. La p&#233;riode d&#233;bute avec l'&#233;mergence des boucaniers sur les &#238;les cara&#239;bes d'Hispaniola et de Tortuga. Durant la majeure partie de cette p&#233;riode, la piraterie &#233;tait centr&#233;e autour des Cara&#239;bes, et ce pour d'excellentes raisons. Les &#238;les Cara&#239;bes offraient d'innombrables cachettes, des criques secr&#232;tes et des &#238;les qui ne figuraient sur aucune carte ; des endroits o&#249; les pirates pouvaient trouver de l'eau et des provisions, se reposer et attendre. La localisation &#233;tait parfaite ; situ&#233;e sur la route emprunt&#233;e par des flottes de navires lourdement charg&#233;s de tr&#233;sors retournant vers l'Espagne ou le Portugal et venant d'Am&#233;rique du Sud, la mer des Cara&#239;bes &#233;tait r&#233;ellement impossible &#224; contr&#244;ler pour les marines de guerre et la plupart des &#238;les &#233;taient inhabit&#233;es ou n'appartenaient &#224; personne. Un v&#233;ritable paradis pour la flibuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1700, une nouvelle loi fut introduite, autorisant le jugement et l'ex&#233;cution rapide des pirates, quel que soit l'endroit o&#249; ils &#233;taient pris. Auparavant, ils devaient &#234;tre ramen&#233;s &#224; Londres pour y &#234;tre jug&#233;s et ex&#233;cut&#233;s &#224; la laisse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Limite extr&#234;me atteinte par l'eau &#224; mar&#233;e basse. Le niveau de la Tamise &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de basse mer &#224; Wapping. La &lt;i&gt;&#171; loi pour une suppression plus efficace de la piraterie &#187;&lt;/i&gt; mettait &#233;galement en vigueur l'usage de la peine de mort et r&#233;compensait toute r&#233;sistance aux attaques pirates mais le plus important, c'est qu'elle rempla&#231;ait le jugement par jury populaire par un tribunal sp&#233;cial constitu&#233; d'officiers de la marine de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#233;l&#232;bre Capitaine Kidd fut l'une des premi&#232;res victimes de cette nouvelle loi &#8211; celle-ci fut d'ailleurs partiellement adopt&#233;e en urgence afin de pouvoir lui &#234;tre appliqu&#233;e. Il fut pendu &#224; l'&lt;i&gt;Execution Dock&lt;/i&gt; de Wapping, et son corps expos&#233; au gibet &#224; Tilbury Point&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant-port de Londres, dans l'Essex. (ndlt).&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, recouvert de goudron pour mieux le conserver, et ainsi inspirer la &lt;i&gt;&#171; terreur &#224; tous ceux qui le verraient &#187;&lt;/i&gt;. Son cadavre noirci et en d&#233;composition devait servir d'avertissement clair concernant les risques que les marins encouraient en r&#233;sistant &#224; la discipline du travail.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert C. Ritchie - Captain Kidd and the War against the Pirates, pp.153-4, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de Kidd s'av&#232;re plut&#244;t inhabituel puisqu'il fut ex&#233;cut&#233; &#224; Londres. Apr&#232;s 1700, gr&#226;ce &#224; cette nouvelle loi, la guerre contre les pirates allait se d&#233;velopper de mani&#232;re croissante aux p&#233;riph&#233;ries de l'Empire britannique, et il ne s'agissait plus d'un ou deux cadavres qui pendaient aux gibets pr&#232;s des laisses de basse mer, mais parfois de vingt ou trente d'un coup. En 1722, lors d'une affaire particuli&#232;rement significative, l'Amiraut&#233; britannique jugea 169 pirates de l'&#233;quipage de Bartholomew Roberts et ex&#233;cuta 52 d'entre eux &#224; Cape Coast Castle sur la c&#244;te de Guin&#233;e. Les 72 Africains qui se trouvaient &#224; bord, qu'ils aient &#233;t&#233; libres ou non, furent vendus en esclavage, dont certains avaient &#233;chapp&#233; pour une courte p&#233;riode.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., p. 235 ; Bolting - The Pirates, pp.174-5&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la disparition de ces conditions favorables uniques de l'Age d'Or de la piraterie qui mit un terme au r&#232;gne des pirates. Avec le d&#233;veloppement du capital au 17&#232;me si&#232;cle vint l'&#233;mergence de l'Etat, favoris&#233;e par les guerres imp&#233;riales qui ruin&#232;rent le globe &#224; partir de 1688. Ces vastes campagnes de guerres n&#233;cessitaient un d&#233;veloppement &#233;norme du pouvoir de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1713, le Trait&#233; d'Utrecht mit fin &#224; la guerre entre les nations europ&#233;ennes, la capacit&#233; de l'Etat &#224; contr&#244;ler la piraterie s'&#233;tait massivement d&#233;velopp&#233;e. La fin de la guerre permit &#233;galement aux navires de combat de se concentrer sur la chasse aux pirates et offrit aux Britanniques des int&#233;r&#234;ts commerciaux accrus dans les Cara&#239;bes, ce qui fournit une motivation suppl&#233;mentaire pour accomplir cet effort. Tandis que le nouvel Etat encore plus puissant consolidait son monopole sur la violence, les colonies durent s'aligner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique consistant &#224; traiter avec les pirates et &#224; investir dans leurs voyages &#233;tait encore monnaie courante dans les colonies bien longtemps apr&#232;s que ceci ne soit devenu intol&#233;rable en Angleterre ; elle fut annihil&#233;e par une extension du pouvoir de l'Etat de la m&#232;re patrie qui devait renforcer la discipline dans les colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de la fin fut marqu&#233; par le retour &#224; la Jama&#239;que de l'ancien boucanier Sir Henry Morgan comme gouverneur avec l'ordre pr&#233;cis de d&#233;truire les pirates. Les patrouilles navales les firent sortir de leurs repaires et les pendaisons massives &#233;limin&#232;rent les chefs. Au bout du compte, la guerre des pirates contre le commerce &#233;tait devenue trop efficace pour &#234;tre tol&#233;r&#233;e ; l'Etat combattait pour permettre au commerce de s'effectuer sans contraintes et au capital de s'accumuler, apportant la richesse aux marchands et des rentes pour l'&#201;tat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., pp. 7, 128, 138, 147-51.&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons rechercher les h&#233;ritiers de la piraterie libertaire de cet Age d'Or, il ne faut pas regarder du c&#244;t&#233; des pirates modernes, mais plut&#244;t voir de quelle fa&#231;on la piraterie fut introduite dans la lutte des classes atlantique. Tout comme l'&#233;lan initial de la piraterie des 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles provenait de mouvements radicaux ax&#233;s sur la terre, tels que celui des Levellers, le courant d'id&#233;es et de pratiques circula dans le monde atlantique, pour &#233;merger dans des endroits parfois surprenants. En 1748, il y eut une mutinerie &#224; bord du HMS Chesterfield, pr&#232;s de Cape Coast Castle, le long de la c&#244;te d'Afrique. L'un des meneurs &#8211; John Place &#8211; &#233;tait d&#233;j&#224; pass&#233; par l&#224; ; il faisait partie de ceux qui avaient &#233;t&#233; captur&#233;s avec Bartholomew Roberts, en 1722.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce furent les &lt;i&gt;&#171; vieux loups de mer &#187;&lt;/i&gt; tels que John Place qui surent faire vivre la tradition pirate et assur&#232;rent la continuit&#233; des id&#233;es et des pratiques. Les mutins esp&#233;raient &lt;i&gt;&#171; installer une colonie &#187;&lt;/i&gt; selon la tradition pirate. Le terme anglais &lt;i&gt;to strike&lt;/i&gt; (faire gr&#232;ve) vient des mutineries, et plus particuli&#232;rement des &lt;i&gt;&#171; Grandes Mutineries &#187;&lt;/i&gt; de Spithead et de Nore en 1797, lorsque les marins abaiss&#232;rent les voiles pour interrompre le flot incessant du commerce ainsi que la machine de guerre &#233;tatique. Ces marins anglais, irlandais et africains &#233;tablirent leur propre &lt;i&gt;&#171; conseil &#187;&lt;/i&gt; et une &lt;i&gt;&#171; d&#233;mocratie de bord &#187;&lt;/i&gt; et certains parl&#232;rent m&#234;me d'&#233;tablir une &lt;i&gt;&#171; Nouvelle Colonie &#187;&lt;/i&gt;, en Am&#233;rique ou &#224; Madagascar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 137-8.&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pirates ont prosp&#233;r&#233; gr&#226;ce &#224; un vide dans le pouvoir, pendant une p&#233;riode de bouleversement et de guerre qui leur conf&#233;ra la libert&#233; de vivre v&#233;ritablement en dehors des lois. Le retour de la paix entra&#238;na une extension du contr&#244;le et la fin des possibilit&#233;s de l'autonomie pirate. Ceci n'est gu&#232;re surprenant lorsque l'on consid&#232;re que les p&#233;riodes de guerre et de trouble ont souvent favoris&#233; l'&#233;closion d'exp&#233;riences r&#233;volutionnaires, d'enclaves, de communes et d'anarchies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pirates des 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles, jusqu'&#224; la R&#233;publique de Fiume, d'inspiration pirate et concr&#233;tis&#233;e par D'Annunzio durant la premi&#232;re guerre mondiale, en passant par la Commune de Paris qui fit suite &#224; la guerre franco-prussienne, les communes des Diggers pendant la Guerre Civile Anglaise et les paysans makhnovistes en Ukraine pendant la R&#233;volution russe, on constate que c'est souvent lors d'&#233;tapes transitoires que les exp&#233;riences de la libert&#233; peuvent trouver l'espace pour s'&#233;panouir.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;i&gt;Do or Die&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES BATEAUX IVRES DE LA LIBERTE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus, voici de larges extraits de la pr&#233;face que Julius Van Daal a r&#233;dig&#233; pour &lt;i&gt;Pirates de tous les pays&lt;/i&gt;, de Markus Rediker, l'un des ouvrages les plus fr&#233;quemment cit&#233;s dans l'article de &lt;i&gt;Do or Die&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels hommes &#8211; quelles femmes parfois &#8211; &#233;taient vraiment les protagonistes de l'&#233;pop&#233;e de la flibuste ? De quelles classes sociales provenaient-ils et quelle &#233;tait la nature exacte des rapports humains &#224; bord d'un &lt;i&gt;sloop&lt;/i&gt; battant pavillon noir ? Pourquoi et comment devenait-on pirate ? En quoi les activit&#233;s de ces hors-la-loi s'inscrivaient-elles dans les bouleversements sociaux et &#233;conomiques de leur &#233;poque avant de fasciner leurs contemporains, puis des g&#233;n&#233;rations d'enthousiastes ? Il n'est gu&#232;re de domaine o&#249; le mythe &#8211; la l&#233;gende noire de ces aventuriers mais plus encore leur gloire &#8211; ait autant occult&#233; la r&#233;alit&#233;. Il y a pourtant bien des le&#231;ons &#224; tirer de l'&#233;tude de la libre piraterie, flotte disparate d'esquifs fr&#234;les et redout&#233;s, dispers&#233;e aux quatre vents des mers du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;rudit Marcus Rediker nous livre le r&#233;sultat de ses longues recherches sur ce sujet, passionnant entre tous. En se fondant scrupuleusement sur la documentation disponible, il se concentre sur la deuxi&#232;me d&#233;cennie du 17&#232;me si&#232;cle. (&#8230;) Le grand m&#233;rite de ce texte lumineux, c'est d'attribuer &#224; la piraterie sa juste place dans l'histoire de la lutte des classes. Car la piraterie de cette p&#233;riode atteignait au plus haut point la pratique d'un mouvement de r&#233;volte des for&#231;ats de la mer contre la discipline odieuse qui r&#233;gnait &#224; bord des navires. Les travailleurs de la flotte marchande se voyaient pi&#233;tin&#233;s par l'esprit de lucre des armateurs et la duret&#233; pleine de morgue des officiers. Le d&#233;veloppement des voies maritimes, l'accroissement du commerce mondial, les am&#233;liorations techniques dans la construction navale &#233;taient en passe de faire du vaisseau marchand une sorte de bagne flottant, pr&#233;figurant la fabrique des premiers pas de la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions d'exploitation y &#233;taient g&#233;n&#233;ralement effroyables, la nourriture ex&#233;crable et chiche, la paye trop vite bue, les dangers certains, les chances de survie tr&#232;s al&#233;atoires. Aussi l'amour du grand large n'entrait-il que pour tr&#232;s peu dans la vocation du matelot de France ou d'Angleterre, de Hollande ou d'Espagne. Il &#233;tait souvent enr&#244;l&#233; de force, comme on en usait avec la pi&#233;taille des arm&#233;es ou avec les gueux qu'on envoyait d&#233;fricher des terres lointaines et inhospitali&#232;res. Et le malheureux qui devenait matelot de son &#171; plein gr&#233; &#187; &#233;tait en r&#233;alit&#233; r&#233;duit &#224; cette extr&#233;mit&#233; par la mis&#232;re la plus sordide. Avec parfois comme arri&#232;re-pens&#233;e le d&#233;sir de se faire pirate &#224; la premi&#232;re occasion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un navire, comme dans une prison ou une caserne, l'&#233;meute &#8211; l'&#233;motion populaire &#8211; se nomme mutinerie ; et par la mutinerie, le matelot rompait toute attache avec le vieux monde, p&#233;tri d'entraves et de contraintes, qui l'avait jet&#233; sur les flots hasardeux pour faire circuler et cro&#238;tre de la valeur. C'&#233;tait donc de la mutinerie, geste collectif pr&#233;curseur de la gr&#232;ve sauvage, que proc&#233;dait l'entr&#233;e en piraterie. La mutinerie &#233;tait d'abord une audacieuse r&#233;action de d&#233;fense face &#224; l'iniquit&#233; des conditions de vie &#224; bord, permettant d'&#233;viter la famine et l'humiliation &#224; des pauvres qui n'avaient depuis longtemps plus rien &#224; perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hormis la tr&#232;s hasardeuse fondation de colonies &#224; l'&#233;cart de la civilisation, comme il arriva d'ailleurs sans doute en certaines &#238;les des oc&#233;ans Indien et Pacifique, cette r&#233;volte ne pouvait se prolonger que par des actes de brigandages r&#233;p&#233;t&#233;s. En s'emparant des &#171; moyens de production &#187; nautiques, les matelots indociles n'avaient d'autre choix que de les retourner contre l'ennemi &#8211; ainsi que les canons dont tous les navires &#233;taient alors &#233;quip&#233;s. Et de poursuivre la lutte jusqu'&#224; la mort. Ils savaient que leur mise au ban du monde marchand leur interdirait d'employer leurs vaisseaux pirates et leurs prises &#224; quelque n&#233;goce licite. La profanation initiale qu'ils avaient commise &#224; l'encontre d'une propri&#233;t&#233; priv&#233;e, en se rendant ma&#238;tres de leur outil de travail, &#233;tait vou&#233;e &#224; se perp&#233;tuer par une gu&#233;rilla permanente contre toute propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rediker y insiste &#224; juste titre : la piraterie &#233;tait, avant de se conna&#238;tre comme utopie praticable, le r&#233;sultat d'un conflit de classe nourri des visions d'une vie meilleure &#8211; c'est-&#224;-dire une existence moins ch&#233;tive mais surtout libre et fond&#233;e sur des rapports &#233;galitaires. Le capitaine typique d'un vaisseau pirate, appel&#233; &#224; exercer une fonction indispensable sur un navire de haute mer, &#233;tait &#233;lu par l'&#233;quipage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Choisi pour son aptitude ou son bagout, il &#233;tait r&#233;vocable &#224; tout instant et ne tirait de son statut et de ses attributions gu&#232;re plus d'avantages mat&#233;riels que les hommes d'&#233;quipage : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[Les pirates] &lt;i&gt;lui permettaient d'&#234;tre capitaine &#224; la condition qu'ils fussent capitaines au-dessus de lui &#187;&lt;/i&gt;, comme le note un t&#233;moin de leurs aventures. Singulier dans une &#233;poque o&#249; les privil&#232;ges f&#233;odaux scl&#233;rosaient encore amplement les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes, cet engouement pour l'&#233;galit&#233; transcendait les barri&#232;res de langue et de nationalit&#233;. Mieux, les pirates avaient pour coutume de lib&#233;rer les captifs africains &#8211; marchandises humaines d'entre les marchandises humaines &#8211; que transportaient leurs prises ; et ils en faisaient volontiers des fr&#232;res d'armes et de bombance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la libert&#233;, si brusquement acquise, ils en usaient parfois avec maladresse et pouvaient verser dans une sorte de cruaut&#233; infantile, excessivement vindicative &#8211; comme il arrive souvent aux esclaves qui viennent de rompre des cha&#238;nes ancestrales. Mais enfin, ils en usaient. Ayant pris en main leur destin&#233;e et ch&#226;ti&#233; &#224; leur aise ceux des fauteurs de p&#233;nurie qu'ils tenaient &#224; leur merci, leur but principal &#233;tait de vivre &#224; foison. Beaucoup de liqueurs fortes, bien s&#251;r, et une abondance de bonne ch&#232;re, une succession presque incessante de r&#233;jouissances. Et suffisamment de num&#233;raire pour r&#233;tribuer comme des princes les faveurs des putains d'escale. L'exigence, en somme, d'une profusion d'instants v&#233;ritablement v&#233;cus, dans le combat et la ripaille, dans les d&#233;bats et les pagailles. Du moins, autant et plus que les inconforts et d&#233;sagr&#233;ments d'une cavale perp&#233;tuelle le permettaient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une r&#233;publique fraternelle, sans autre territoire que l'immensit&#233; oc&#233;anique, sans autre constitution que d'antiques et collectifs r&#234;ves de cocagne. Et o&#249; le vouloir de chaque pirate n'&#233;tait limit&#233; que par les &#171; articles &#187; qu'ils adoptaient de concert : ces r&#232;gles simples &#8211; et peu contraignantes dans de telles circonstances &#8211; suffisaient au bon fonctionnement de ces petites communaut&#233;s partageuses et &#233;ph&#233;m&#232;res. C'est ainsi qu'&#224; l'instar des ouvriers luddites un si&#232;cle plus tard, des flibustiers pouvaient se pr&#233;senter en toute bonne foi comme &#233;tant &lt;i&gt;&#171; les hommes de Robin des bois &#187;&lt;/i&gt;, paradigme increvable des aspirations &#233;galitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rediker confirme en historien rigoureux ce dont les chantres frivoles de l'imaginaire flibustier &#233;taient convaincus de longue date : la libre piraterie, ce n'&#233;tait pas seulement la mise en pratique balbutiante d'une organisation sociale plus juste et plus humaine par le triomphe &#233;ph&#233;m&#232;re de quelques redresseurs de torts ; c'&#233;tait aussi une belle tentative de n&#233;gation de la notion m&#234;me d'&#233;conomie. Nul parfum de &#171; nihilisme &#187; avant la lettre dans les dilapidations effr&#233;n&#233;es et l'intr&#233;pidit&#233; vertigineuse qu'ont d&#233;crites des chroniqueurs offusqu&#233;s par cette &lt;i&gt;fast life&lt;/i&gt;, ce vivre-vite jug&#233; absurde, voire d&#233;moniaque. Bien au contraire : de cette fulgurance anarchique, de cette impr&#233;voyance d&#233;lib&#233;r&#233;e naissaient une volont&#233; commune, une coh&#233;sion rebelle. Et ce go&#251;t du renversement se r&#233;v&#233;lait propice &#224; l'accomplissement des plus beaux exploits au d&#233;triment des ennemis de la libert&#233;. Cette qu&#234;te d'une vraie vie sur les eaux tumultueuses du n&#233;gatif constituait une mise &#224; nu tragique du syst&#232;me marchand, une r&#233;ponse railleuse &#224; son extension plan&#233;taire, une sagesse en mouvement. Dans le secteur hautement strat&#233;gique de l'offensive capitaliste qu'&#233;tait alors le transport maritime, les pirates critiquaient en actes les aberrations du principe de rentabilit&#233; &#8211; et les &#226;mes d'&#233;piciers, les esprits policiers s'en trouv&#232;rent &#224; jamais d&#233;sol&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, magistrats et n&#233;gociants, anim&#233;s par l'effroi et la haine, mirent tout en &#339;uvre pour r&#233;tablir l'ordre sur les mers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression implacable qui &#233;radiqua la piraterie eut pour effet de priver pour longtemps le prol&#233;tariat maritime de la moindre perspective de d&#233;passement de sa mis&#233;rable condition. Prosp&#233;rant sur la r&#233;signation des &#233;quipages et sous la protection accrue des forces navales &#233;tatiques, les armateurs purent se livrer plus tranquillement &#224; leurs trafics. A commencer par la traite des esclaves noirs, que les pirates avaient os&#233; saboter les armes &#224; la main &#8211; un si&#232;cle avant que des philanthropes n'aient l'id&#233;e de s'en &#233;mouvoir dans de beaux discours un peu tardifs. La disparition de la flibuste laissait le champ libre &#224; une entreprise de pr&#233;dation autrement efficace et massive que les rapines des forbans : la mainmise du capital europ&#233;en sur le commerce international, la conqu&#234;te et l'asservissement de territoires immenses aux quatre coins de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;limination des derniers &#233;cumeurs des mers du Sud naquit le mythe du forban mal&#233;fique et magnifique. Ce fut le d&#233;nigrement m&#234;me du mode de vie des pirates par les moralistes et autres &#233;conomistes qui les rendit si populaires. Leurs vices tant d&#233;cri&#233;s, leurs transgressions impies, leurs excursions p&#233;rilleuses aux portes de l'enfer, leurs temp&#233;raments farouches et presque sauvages parurent autant de titres de gloire &#224; ceux de leurs contemporains qui voyaient poindre le r&#232;gne de l'ennui obligatoire et s'en affligeaient. Aux yeux des po&#232;tes et des rebelles, la flibuste dans son ensemble avait tent&#233; de combattre l'emprise du temps &#8211; le temps uniforme et quantifi&#233; des t&#226;ches productives, bient&#244;t rythm&#233;es par la cloche de la fabrique puis par la pointeuse de l'usine, le temps aride qu'&#233;gr&#232;ne le grand m&#233;canisme dont l'homme n'est qu'un rouage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les pirates aimaient furieusement festoyer, ils se consumaient en de copieuses libations au son du violon et chantaient en ch&#339;ur des hymnes pa&#239;ens. Certains excellaient aussi &#224; conter, en a&#232;des pl&#233;b&#233;iens, de petites odyss&#233;es truculentes et picaresques qui fournirent la mati&#232;re de bien des l&#233;gendes, d'innombrables romans et des r&#234;ves d'une multitude d'enfants. S'&#233;tant ainsi repus, les pirates qui &#233;taient pris par l'ennemi montaient &#224; l'&#233;chafaud en blasph&#233;mant et en maudissant leurs tristes juges. Ils allaient &#224; la mort, conscients et fiers d'avoir connu la vraie richesse, qui n'est ni d'or ni de titres mais d'art de jouir ensemble et sans mesure. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;Julius Van Daal&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;BETWEEN THE DEVIL AND THE DEEP BLUE SEA&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et pour finir, la pr&#233;face de Rediker &#224; l'&#233;dition fran&#231;aise de &lt;i&gt;Between the devil and the deep blue sea&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Les For&#231;ats de la mer, marins, marchands et pirates dans le monde anglo-am&#233;ricain (1700-1750)&lt;/i&gt;), parue fin 2010 en France, &#233;dition originale 1987.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de choses ont chang&#233; dans la recherche historique, et pour le mieux, depuis que &lt;i&gt;Between the Devil and the Deep Blue Sea&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; publi&#233; en 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai commenc&#233; &#224; &#233;tudier la vie des marins et des pirates il y a plus de trente ans, les r&#233;actions que je rencontrais &#233;taient pratiquement toujours les m&#234;mes, d&#233;primantes : &lt;i&gt;&#171; Ce doit &#234;tre tr&#232;s int&#233;ressant d'&#233;tudier ces marginaux. &#187;&lt;/i&gt; La r&#233;ponse habituelle m&#234;lait &#224; la fois romantisme et condescendance. Romantisme parce que les marins &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme une version d&#233;su&#232;te, fascinante, exotique et excentrique de &#171; l'Autre &#187;. Condescendance parce qu'ils &#233;taient observ&#233;s comme des acteurs historiques sans importance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les historiens du monde ouvrier faisaient des commentaires similaires : parce que les marins ne travaillaient pas dans les usines et ne produisaient pas de biens, ils ne trouvaient qu'une petite place dans les histoires de la classe ouvri&#232;re telle qu'elle &#233;tait alors d&#233;finie. &lt;br class='autobr' /&gt;
De telles r&#233;ponses m'ont toujours h&#233;riss&#233;. Je r&#233;pondais que les marins n'&#233;taient pas des personnages romantiques. Ils &#233;taient de simples prol&#233;taires partant en mer, issus du premier groupe important de travailleurs ayant vendu leur force de travail aux capitalistes marchands, eux m&#234;mes au service de l'&#233;conomie mondialis&#233;e. J'ajoutais que les marins pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#171; marginaux &#187; dans l'histoire de certaines nations, mais que si on les envisageait au regard des origines et du d&#233;veloppement du capitalisme globalis&#233;, ils &#233;taient l'exact oppos&#233; puisqu'ils ont &#233;t&#233; au c&#339;ur du processus historique qui a radicalement transform&#233; le monde. Leur travail a litt&#233;ralement quadrill&#233; le globe en structures de production, d'&#233;change et de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marins &#233;taient, en plus de cela, au centre des conflits de classe qui ont &#233;merg&#233; entre le capital et le travail &#224; partir du 18&#232;me si&#232;cle. Comme les lecteurs l'apprendront [en lisant le livre], ils ont invent&#233; la gr&#232;ve, l'une des armes les plus importantes du prol&#233;tariat mondial. Les marins ont &#233;galement reli&#233; diverses cat&#233;gories de producteurs : esclaves, domestiques, artisans et autres travailleurs et leurs luttes &#224; travers l'espace et le temps...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me le drapeau rouge du socialisme et du communisme &#233;tait au d&#233;part un symbole maritime, utilis&#233; par les pirates et les flottes pendant les batailles pour signifier qu'aucun quartier ne serait fait ou accept&#233; au cours de l'assaut, que ce serait un combat &#224; mort. Ces connexions sont &#233;tudi&#233;es dans un livre que j'ai &#233;crit avec Peter Linebaugh, intitul&#233; &lt;i&gt;The Many Headed Hydra : Sailors, Slaves, Commoners, and The Hidden History of the Revolutionary Atlantic&lt;/i&gt; (2000), traduit par H&#233;l&#232;ne Quiniou et Christophe Faquet et publi&#233; en France sous le nom de &lt;i&gt;L'Hydre aux mille t&#234;tes : L'histoire cach&#233;e de l'Atlantique r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; (Paris, &#233;ditions Amsterdam, 2008). J'ai le plaisir d'affirmer que depuis que &lt;i&gt;Between the Devil and the Deep Blue Sea&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; publi&#233;, les marins ne sont plus consid&#233;r&#233;s comme d&#233;suets et marginaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles recherches, cr&#233;atives, n'ont cess&#233; de prouver &#224; quel point ils ont &#233;t&#233; importants &#224; des moments cruciaux de l'histoire mondiale. Julius Scott a montr&#233; comment les marins noirs, blancs et m&#233;tis ont largement diffus&#233; autour de l'Atlantique des informations subversives concernant la r&#233;volution ha&#239;tienne. Niklas Frykman montre maintenant comment des marins des ann&#233;es 1790 ont initi&#233; de puissantes mutineries au sein des marines fran&#231;aise, anglaise, n&#233;erlandaise, danoise, su&#233;doise et am&#233;ricaine, engendrant une vaste crise au c&#339;ur des nations maritimes et donnant des significations transnationales et prol&#233;tariennes aux luttes pour &#171; les droits de l'homme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire a accord&#233; une attention nouvelle aux marins, et en r&#233;alit&#233; &#224; tous les navigateurs en tant que personnages strat&#233;giques dans la division globale du travail. Et parce que les mouvements sociaux multiformes de la nouvelle gauche nous ont permis d'&#233;crire &lt;i&gt;&#171; l'histoire par en bas &#187;&lt;/i&gt; (L'expression a apparemment &#233;t&#233; utilis&#233;e la premi&#232;re fois par Georges Lefebvre, le grand historien de la R&#233;volution fran&#231;aise), nous pouvons constater les pouvoirs de cr&#233;ation de l'histoire par les marins et les autres travailleurs au del&#224; de l'&#201;tat nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore beaucoup d'histoire &#224; cr&#233;er &lt;i&gt;&#171; par en bas &#187;&lt;/i&gt;. En r&#233;alit&#233;, c'est la seule fa&#231;on dont les changements vers le progr&#232;s se font lorsque les mouvements populaires parviennent &#224; proposer de nouvelles solutions pour r&#233;gler de vieux probl&#232;mes. &#192; mon avis, la lutte pour un autre futur est toujours une lutte pour des id&#233;es et des pratiques nouvelles, r&#233;ellement d&#233;mocratiques et &#233;galitaires. Le pass&#233; peut nous &#234;tre tr&#232;s utile dans cette recherche. Si nous savons comment les peuples ont, par le pass&#233;, essay&#233; d'&#233;chapper &#224; l'exploitation et &#224; l'oppression en organisant leurs vies diff&#233;remment, comme les marins et les pirates ont tent&#233; de le faire au cours du 18&#232;me si&#232;cle, cela peut &#224; la fois nous inspirer et nous donner de nouvelles id&#233;es pour l'&#233;poque actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que ce livre est le compl&#233;ment de &lt;i&gt;Villains of All Nations : Atlantic Pirates in the Golden Age&lt;/i&gt; (2004), traduit par Fred Alpi et publi&#233; en d&#233;cembre 2008 par les &#233;ditions Libertalia sous le titre &lt;i&gt;Pirates de tous les pays : l'&#226;ge d'or de la piraterie atlantique (1716-1726)&lt;/i&gt;, j'ajouterai que les pirates ont commenc&#233; &#224; jouer un r&#244;le nouveau dans la politique contemporaine. Roger Leisner, de Radio Free Maine, m'a envoy&#233; les photos de manifestations r&#233;centes contre la guerre, manifestations qui ont rassembl&#233; des &lt;i&gt;&#171; pirates pour la paix &#187;&lt;/i&gt; des personnes qui s'habillent en pirates pour exprimer leurs revendications politiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Tariq Ali, dans son excellent ouvrage &lt;i&gt;Pirates of the Caribbean : Axis of Hope&lt;/i&gt; (qui parle du tournant progressiste des politiques en Am&#233;rique latine), exprime le d&#233;sir selon lequel &lt;i&gt;&#171; nous sommes tous des pirates &#187;&lt;/i&gt; devienne un chant de ralliement lors des manifestations pour la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements anti-guerres et anticapitalistes actuels peuvent apprendre beaucoup de ces travailleurs remuants et multiethniques dont les travaux n'ont pas seulement construit le monde, mais dont l'auto organisation radicale a fait trembler, dans les &#233;poques et les luttes pass&#233;es, ses fondations les plus profondes.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;Marcus Rediker&lt;/div&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;Pittsburgh, Pennsylvanie, USA&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.zinzine.domainepublic.net/index.php?theurl=rechercher.php&amp;col=utopies+pirates" class="spip_out"&gt;A &#233;couter sur Radio Zinzine&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, la Compagnie des Indes faillit &#234;tre mise en d&#233;route par les pirates dans les ann&#233;es 1690. Robert C. Ritchie - &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt;, pp. 128-34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&lt;i&gt;enclosure act&lt;/i&gt; a permis l'appropriation priv&#233;e des pr&#233;s communaux et plus g&#233;n&#233;ralement des terres communales qui &#233;taient auparavant mises en commun par les paysans et habitants. (ndlt)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Larry Law - &lt;i&gt;Misson and Libertalia&lt;/i&gt; (London, A Distribution / Dark Star Press, 1991), p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marcus B. Rediker - &lt;i&gt;Beetween the Devil and the Deep Blue Sea : Merchant Seamen, Pirates and the Anglo-American World 1700-1750&lt;/i&gt;, p. 258.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 255 ; Ritchie, Op. Cit., p. 29, 142.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 272 n52, 274 - &lt;i&gt;&#171; plus il y avait de pirates captur&#233;s et pendus, plus la cruaut&#233; des survivants &#233;tait grande &#187;&lt;/i&gt; ; Ritchie, Op. Cit., p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des groupes de protestants radicaux : les &lt;i&gt;Diggers&lt;/i&gt; (b&#234;cheurs) tent&#232;rent de r&#233;former l'ordre social existant par un style de vie strictement agraire (refusant l'&lt;i&gt;enclosure act&lt;/i&gt;), autonome et &#233;galitaire. Les &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt; (divagateurs) pr&#233;conisaient un renversement des valeurs courantes, l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e ainsi que du mariage. Les &lt;i&gt;Muggletoniens&lt;/i&gt; professaient un id&#233;al &#233;galitaire et &#233;taient constitu&#233;s d'une proportion &#233;lev&#233;e de femmes. Quant aux Hommes de la cinqui&#232;me monarchie, ils voulaient un gouvernement exclusivement compos&#233; de Saints, ce qui signifiait le renversement de la royaut&#233; et de la noblesse qui les avaient jusque-l&#224; opprim&#233;s. (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Libertalia : The Pirate's Utopia&lt;/i&gt; in David Cordingly (ed.) - Pirates, p. 123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christopher Hill - &lt;i&gt;Radical Pirates ?&lt;/i&gt; in &lt;i&gt;Collected Essays&lt;/i&gt;, Vol. 3, pp. 162, 166&#8211; 9 ; Peter Lamborn Wilson - &lt;i&gt;Le Masque de Caliban : L'Anarchie Spirituelle et le Sauvage dans l'Am&#233;rique Coloniale &lt;/i&gt; in Sakolsky and Koehnline (eds.) - &lt;i&gt;Gone to Croatan : The Origins of North American Dropout Culture&lt;/i&gt; (New York / Edinburgh, Autonomedia / AK Press, 1993) p. 107 ; Ritchie, Op. Cit., p. 14-15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jenifer G. Marx - &lt;i&gt;Brethren of the Coast&lt;/i&gt; in Cordingly (ed.) - &lt;i&gt;Pirates&lt;/i&gt;, pp. 47, 49, 50 ; Ritchie, Op. Cit., pp. 65, 211, 226.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Richard Platt et Tina Chambers (photographe) - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; (London, Dorling Kindersley, 1995), pp. 20, 26-7 ; Ritchie, Op. Cit., p. 22-23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hill, Op. Cit, pp. 169-170.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 258 ; Hakim Bey - &lt;i&gt;TAZ : Zone Autonome Temporaire &lt;/i&gt; (Paris, L'Eclat, 1997), voir aussi &lt;i&gt;L'Art du Chaos&lt;/i&gt; (Paris, Nautilus, 2001).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., pp. 65, 117-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid. pp. 42, 234.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Captain Charles Johnson, &lt;i&gt;Histoire G&#233;n&#233;rale des Plus Fameux Pyrates&lt;/i&gt; (Paris, Ph&#233;bus, 1990).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert C. Ritchie, &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt;, p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lawrence Osborne - &lt;i&gt;A Pirate's Progress : How the Maritime Rogue Became a Multiracial Hero Lingua Franca&lt;/i&gt;, Mars 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., p. 59, 258, n38 ; Markus B. Rediker &#8211; &lt;i&gt;Libertalia the pirate's utopia&lt;/i&gt;, in David Cordingly (ed), p. 264 ; Captain Johnson, Op. Cit., pp. 212, 308, 343.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 262.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., pp. 87-88, 117 ; Douglas Botting and the Editors of Time-Life Books - &lt;i&gt;The Pirates&lt;/i&gt; (Amsterdam, Time Life, 1979), p. 142 ; Rediker, Op. Cit., p. 278 ; Captain Johnson, Op. Cit., p.7&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cordingly - &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p. 271 ; Ritchie, Op. Cit., p. 234 ; Botting - &lt;i&gt;The Pirates&lt;/i&gt;, p. 61 ; Rediker, Op. Cit., pp. 269-272.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vengeance (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un des plus c&#233;l&#232;bres compagnons de Robin. Il doit son nom fran&#231;ais, Petit Jean, alors qu'il est toujours pr&#233;sent&#233; comme quelqu'un de grand et fort, au fait que &lt;i&gt;little&lt;/i&gt;, en anglais, veut aussi dire jeune. (ndlt)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 269 ; Peter Lamborn Wilson - &lt;i&gt;Utopies Pirates : Corsaires Maures et Renegados&lt;/i&gt; (Paris, Dagorno, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une T&#234;te de la Barbade et Une T&#234;te de la Martinique (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., pp. 255, 274, 277 ; Ritchie, Op. Cit., p. 234 ; Botting - &lt;i&gt;The Pirates&lt;/i&gt;, pp. 48, 166 ; Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt;, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., pp. 133-4 ; W. Jeffrey Bolster, Black Jacks : &lt;i&gt;African American Seamen in the Age of Sail&lt;/i&gt;, Harvard University Press, 1997, pp. 12-13 ; Captain Charles Johnson, &lt;i&gt;Histoire G&#233;n&#233;rale des Plus Fameux Pyrates&lt;/i&gt;, Paris, Ph&#233;bus, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 133 ; Bolster, Op. Cit., p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., pp. 133-4, 249 n37 ; Bolster, Op. Cit., p. 14 ; Captain Johnson, Op. Cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., pp. 134, 249 n42, 250 n44 ; Bolster, Op. Cit., pp. 50-1&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 134 ; Captain Johnson, Op. Cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lionel Wafer, &lt;i&gt;Voyage de Mr. Wafer&lt;/i&gt;, o&#249; l'on trouve la description de l'Isthme de l'Am&#233;rique, 1723 &lt;span class='ressource spip_in'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.buccaneer.net/piratebooks.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.buccaneer.net/piratebooks.htm&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aux Antilles et en Guyane : esclave &#233;vad&#233; ou &#171; N&#232;gre libre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Platt and Chambers, &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; pp. 26-7 ; Rediker, Op. Cit., p. 146 ; Cordingly, &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p.7&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Captain Johnson, Op. Cit., Ritchie, Op. Cit., pp.86-7, 104, 118.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., pp. 84-5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert C. Ritchie - &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt; pp. 59, 69, 72-3 ; Cordingly - &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p.64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cordingly - &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p.115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid. pp. 122-5 ; Marcus B. Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger : The Lives of Anne Bonny and Mary Read&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pirates&lt;/i&gt; in M. Creighton and L. Norling (eds.) - &lt;i&gt;Iron Men, Wooden Women : Gender and Atlantic Seafaring, 1700-1920 &lt;/i&gt; (Baltimore, John Hopkins University Press, 1995), p. 9 ; Ritchie, Op. Cit., pp. 123-4 ; Marx - &lt;i&gt;Brethren of the Coast&lt;/i&gt;, p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 8-11, 233 n26 ; Captain Johnson, Op. Cit., p. 212 ; Platt and Chambers - Pirate pp. 32-3, 62 ; Rediker, Op. Cit., p. 285 ; Klausmann Ulrike, Marion Meinzerin &amp; Gabriel Khun (trad. Nicholas Levi) - &lt;i&gt;Women Pirates and the Politics of the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 36-7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; p. 33 ; Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 10, 232-233 n24 n25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 3-5, 8, 13 ; Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt;, pp. 32-3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 5-7, 13-16, 234 n41 ; Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; pp. 32-3 ; Cpt Johnson, Op. Cit., pp. 623-6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 7-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid. pp. 2-3, 5-7, 13-14 ; Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; pp. 32, 35 ; Captain Johnson, Op. Cit., pp. 158-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce jour, aucune preuve historique n'atteste que Libertalia ait jamais exist&#233; mais des ann&#233;es durant, les historiens et le grand public y ont cru tr&#232;s fort, tant cette histoire m&#233;riterait d'&#234;tre vraie ! (ndlt). Elle est tir&#233;e de l'ouvrage du Captain Charles Johnson, &lt;i&gt;General History of the Robberies and Murders of the most notorious Pyrates&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; Londres en 1728, (Captain Johnson, Op. Cit. 1, pp. 383-439), voir aussi &lt;i&gt;Libertalia, une utopie pirate&lt;/i&gt; (Esprit Frappeur), &lt;i&gt;Histoire g&#233;n&#233;rale des plus fameux pirates&lt;/i&gt; (Ph&#233;bus) du Captain Johnson, ainsi que &lt;i&gt;Utopies Pirates&lt;/i&gt; (Dagorno) de Peter Lamborn Wilson.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Limite extr&#234;me atteinte par l'eau &#224; mar&#233;e basse. Le niveau de la Tamise &#224; Londres peut varier de six m&#232;tres selon la mar&#233;e. (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant-port de Londres, dans l'Essex. (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert C. Ritchie - &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt;, pp.153-4, 228, 235 ; Cordingly - &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p.237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., p. 235 ; Bolting - &lt;i&gt;The Pirates&lt;/i&gt;, pp.174-5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., pp. 7, 128, 138, 147-51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 137-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petite bibliographie :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Pirates, Les ma&#238;tres des sept mers du monde&lt;/i&gt; de Marco Carini, Flora Macallan, &#233;ditions Parragon (14 septembre 2009).&lt;br class='autobr' /&gt;
Des Cara&#239;bes &#224; la mer de Chine, de l'Antiquit&#233; &#224; nos jours, plein d'illustration et tr&#232;s bien document&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Pirates de Tous les Pays !&lt;/i&gt; de Marcus Rediker, &#233;ditions Libertalia (r&#233;&#233;dition 2011).&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des livres tr&#232;s cit&#233;s dans le texte de Do or Die, Les pirates dans une perspective de classe. &#65279;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Les Forcats de la Mer : Marins, marchands et pirates&lt;/i&gt;, de Marcus Rediker, &#233;ditions Libertalia (9 juillet 2010).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#65279;Il s'agit l&#224; de sa th&#232;se sur les marins anglo-saxons du 18e si&#232;cle. Cette &lt;i&gt;''histoire d'en bas''&lt;/i&gt; raconte la vie de &lt;i&gt;''Jack Tar''&lt;/i&gt;, l'all&#233;gorie du pauvre marin. Victime des armateurs, des sp&#233;culateurs, premier travailleur d'un monde ouvert aux libres &#233;changes, on le suit dans sa qu&#234;te de justice et d'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Histoire g&#233;n&#233;rale des plus fameux pyrates&lt;/i&gt;, attribu&#233;e &#224; Daniel Defoe, &#233;ditions Ph&#233;bus (9 ao&#251;t 2010). &#65279;&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233;e en deux volumes en 1726 par un myst&#233;rieux &#171; Captain Johnson &#187;, ce livre est consid&#233;r&#233; depuis toujours comme la bible de tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; la Flibuste. &#65279;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Histoire des aventuriers flibustiers d'Am&#233;rique&lt;/i&gt; de Alexandre Olivier Exquemelin (Oexmelin), &#233;ditions &#65279;La D&#233;couvrance (12 novembre 2012). &#65279;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1679, Alexandre Olivier Exquemelin dit Oexmelin &#233;crit le r&#233;cit de ses aventures avec les Fr&#232;res de la C&#244;te. C'est un succ&#232;s imm&#233;diat. Depuis, les r&#233;&#233;ditions se sont succ&#233;d&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Utopies pirates, &#65279;Corsaires, Maures Et Renegados&lt;/i&gt; de Peter Lamborn Wilson, &#65279;Editions Dagorno (26 ao&#251;t 1998).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#65279;Un &#233;pisode peu connu de l'histoire de la piraterie, l'existence d'un ''Etat corsaire'' au Maroc actuel, et la vie de ren&#233;gats, tels que les fr&#232;res Barberousse. Beaucoup de chouettes illustrations. Peter Lamborn Wilson a aussi &#233;crit, sous le pseudo Hakim Bey, &#65279;Taz - &lt;i&gt;Zone Autonome Temporaire&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'art du chaos : antidote au d&#233;lire num&#233;rique g&#233;n&#233;ralis&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En anglais :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt;, de Robert Ritchie, &#65279;Harvard University Press, (1989). &#65279;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitaine Kidd &#233;tait soit un pirate notoire, soit l'homme le plus diffam&#233; et pers&#233;cut&#233; par la couronne anglaise, selon les points de vue de l'&#233;poque. Il a en tout cas &#233;t&#233; victime des magouilles et luttes de pouvoir politiques entre les Tories (conservateurs) et les Whigs, plus lib&#233;raux et qui s'appuyaient surtout sur la bourgeoisie commer&#231;ante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#65279;&lt;i&gt;Under the Black Flag : The Romance and the Reality of Life Among the Pirates&lt;/i&gt; de David Cordingly, &#233;ditions &#65279;Random House Trade (2006).&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme son nom l'indique, sur le romantisme et la r&#233;alit&#233; de la vie parmi les pirates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Granuaile : Grace O'malley - Ireland's Pirate Queen&lt;/i&gt; de Anne Chambers, &#65279;&#233;ditions Gill &amp; Macmillan Ltd (20 mars 2009) et &lt;i&gt;Pirate Queen of Ireland : The True Story of Grace O'Malley&lt;/i&gt;, aussi de Anne Chambers, &#233;ditions &#65279;The Collins Press (15 mars 2014).&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc sur la longue vie et carri&#232;re de la pirate irlandaise Gr&#225;inne Ni Mh&#225;ille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Bold in Her Breeches : Woman Pirates Across the Ages&lt;/i&gt; de Jo Stanley, &#233;ditions R&#65279;ivers Oram Press/Pandora List (1 janvier 1995).&lt;br class='autobr' /&gt;
Une histoire f&#233;ministe des femmes pirates au travers des &#226;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Rum, Sodomy and the Lash : Piracy, Sexuality, and Masculine Identity&lt;/i&gt; de Hans Turley, &#233;ditions NYU Press (2001).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pirates, la sexualit&#233; et l'identit&#233; masculine, au travers entre autres, des romans d'&#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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