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		<title>Gentrification, urbanisme et mixit&#233; sociale</title>
		<link>https://www.infokiosques.net/spip.php?article962</link>
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		<dc:date>2014-10-20T14:36:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>D&#233;surbanisme, Georges Bataille, Lewis Mumford, Non Fides</dc:creator>


		<dc:subject>Squat, logement</dc:subject>
		<dc:subject>Urbanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Apache &#233;ditions (Paris)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Recueil de textes contre la gentrification, notamment en r&#233;gion parisienne dans les ann&#233;es 2000-2010, mais pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommaire :&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Introduction au concept de gentrification&lt;/i&gt; (Paris, 2009)&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Lettre aux villes qui s'aseptisent&lt;/i&gt; (Gen&#232;ve, 2001)&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Chronique ordinaire de la gentrification dans le 19e arrondissement de Paris&lt;/i&gt; (Paris, 2009)&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Face &#224; la guerre aux pauvres...&lt;/i&gt; (Paris, 2009) &lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;La Gentrification par l'art&lt;/i&gt; (Paris, 2009)&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;On n'ira pas dans votre parc !&lt;/i&gt; (Paris, 2005-2006)&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;L'am&#233;nagement du territoire&lt;/i&gt; (extrait de &#034;La Cit&#233; &#224; travers l'Histoire&#034;, 1961)&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;La pr&#233;vention situationnelle&lt;/i&gt; (extrait de &#034;D&#233;surbanisme&#034; n&#176;19, 2005)&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;La Chiourme architecturale&lt;/i&gt; (extrait de &#034;Architecture, Documents&#034; n&#176;2, 1929)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;G&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot5" rel="tag"&gt;Squat, logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Urbanisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Apache &#233;ditions (Paris)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH107/arton962-42b90.jpg?1780493365' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff962.jpg?1339340046&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction au concept de gentrification&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; gentrification &#187; est un terme anglo-saxon, de &#171; gentry &#187;, petite noblesse en anglais. Sa traduction la plus r&#233;aliste en fran&#231;ais serait &#171; embourgeoisement &#187;, m&#234;me si celle-ci recouvre un sens galvaud&#233; compar&#233; au terme anglais. La gentrification est un processus urbain, par lequel le profil socio-&#233;conomique des habitants d'un quartier se transforme au profit d'une couche sociale sup&#233;rieure. C'est donc un processus de substitution des populations : remplacer les pauvres par les riches ou par les classes moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quemment au d&#233;veloppement sauvage du capitalisme depuis la premi&#232;re r&#233;volution industrielle, les villes furent de plus en plus peupl&#233;es et leurs habitants de plus en plus concentr&#233;s. Il existait cependant d&#233;j&#224;, des segmentations g&#233;ographiques, certaines zones &#233;tant frapp&#233;es par la d&#233;linquance (les zones portuaires, par exemple) et d'autres occup&#233;es par les classes sup&#233;rieures. Le transport &#233;tant difficile et cher, et l'appartenance se d&#233;terminant sur des crit&#232;res surtout ethniques ou professionnels, riches et pauvres ont pourtant v&#233;cu c&#244;te &#224; c&#244;te. Parfois m&#234;me dans les m&#234;mes immeubles comme en France : les riches proches du rez-de-chauss&#233;e, les pauvres sous les toits, r&#233;sultat de la politique d'urbanisme haussmannienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais avec le d&#233;veloppement technologique et industriel, les moyens de transports devenus toujours plus capables et rapides, et l'argent supplantant progressivement les autres crit&#232;res de distinction et de regroupement par quartiers, la segmentation sociale des villes s'est affin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi la figure du pauvre qui change entre le Moyen-Age et aujourd'hui. La figure chr&#233;tienne du mendiant, du pauvre, n'est pas sans rappeler la figure du christ &#224; laquelle se d&#233;vou&#232;rent les ordres mendiants et le d&#233;veloppement du v&#339;u de pauvret&#233;. Or, c'est une soci&#233;t&#233; de plus en plus la&#239;que et capitaliste qui laisse de moins en moins de place aux &#233;tats d'&#226;me chr&#233;tiens. Au fur et &#224; mesure que les villes ont &#233;volu&#233; vers un mod&#232;le plus favorable au capitalisme et &#224; l'industrie, les repr&#233;sentations des pauvres dans la conscience collective ont &#233;galement &#233;volu&#233;. Vint alors la distinction entre bons et mauvais pauvres, puis peu &#224; peu, la vision du mauvais pauvre comme unique perception. De la figure de martyr, le pauvre va peu &#224; peu se transformer en monstre, en paria. Aussi, le d&#233;veloppement des th&#233;ories hygi&#233;nistes apparues essentiellement au cours du XIXe si&#232;cle, contribuera peu &#224; peu &#224; la mise au ban&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Racine, notamment, du mot banlieue.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des pauvres. Les riches pouvant alors vivre entre eux en bonne intelligence, en s&#233;curit&#233; et dans la propret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus de substitution des populations est cependant tr&#232;s versatile. Tel endroit, hier hupp&#233;, peut laisser progressivement la place &#224; une population plus nombreuse et plus pauvre parce que les ressources se sont taries, ou parce que les classes sup&#233;rieures ont trouv&#233; mieux ailleurs selon des crit&#232;res culturels de mode. Tel autre quartier, parce qu'il dispose d'attraits naturels et que des inconv&#233;nients y ont &#233;t&#233; supprim&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;charges, industrie polluante, zone de d&#233;linquance...&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou que des avantages nouveaux sont apparus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une nouvelle industrie, une liaison rapide avec les centres &#233;conomiques, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou parce que la classe moyenne s'est accrue et ne trouve plus de place suffisante dans les secteurs qu'elle occupait ant&#233;rieurement, redevient accessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gentrification se traduit aussi par une pression plus forte des nouveaux habitants sur les pouvoirs publics par le biais du vote, pour qu'ils am&#233;liorent le quartier : moins de bruit, plus de s&#233;curit&#233;, plus d'&#233;quipements, destructions de logements massifs au profit d'un habitat de type pavillonnaire. Elle permet de garantir la solvabilit&#233; des citoyens. Le capitalisme pr&#233;f&#232;re des populations qui participent au syst&#232;me en votant, qui consomment, participent directement ou indirectement &#224; la chasse aux pauvres, qui travaillent et qui payent leurs imp&#244;ts que des populations frapp&#233;es par le ch&#244;mage et la mis&#232;re et qui portent en elles de fortes potentialit&#233;s de trouble &#224; l'ordre public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gentrification d&#233;signe donc la migration de classes ais&#233;es vers un quartier &#224; la mode, c'est &#224; dire regroupant un ensemble de crit&#232;res chers &#224; ces populations. Souvent, ces migrations se traduisent par une hausse brutale des expulsions immobili&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous des pr&#233;textes fallacieux comme l'insalubrit&#233;&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par la r&#233;novation des b&#226;timents et par l'accroissement des valeurs immobili&#232;res entra&#238;n&#233; par la sp&#233;culation et la hausse des loyers. Les pauvres ne peuvent plus suivre en termes de loyer et sont contraints &#224; chercher ailleurs, dans des zones moins ch&#232;res offrant moins d'avantages et plus d'inconv&#233;nients comme le fait d'&#234;tre excentr&#233;es ou mal desservies par les transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de d&#233;veloppement et d'expansion urbaine dans la soci&#233;t&#233; capitaliste proc&#232;de inexorablement par l'expulsion des pauvres vers des zones moins demand&#233;es. Ce ph&#233;nom&#232;ne engendre souvent des r&#233;voltes sociales, surtout s'il se produit brutalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combattre la gentrification ne r&#233;duira pas pour autant le capitalisme en cendre. D&#233;truire le capitalisme, par contre, mettra un terme au processus de gentrification urbaine.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pourtant, l'explosion sociale, les &#233;meutes et les insurrections qui ont &#233;clat&#233; &#224; travers l'histoire ont retard&#233; ce processus. Reste maintenant &#224; d&#233;truire le capitalisme pour l'an&#233;antir d&#233;finitivement sans se priver par ailleurs de l'attaquer au sein de ses villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait du dossier &#034;Gentrification, Urbanisme et mixit&#233; sociale&#034;, publi&#233; dans &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;III (2009).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lettre aux villes qui s'aseptisent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lettre &#224; un-e voisin-e, dans un quartier genevois que l'on nettoie de squats et de toute vie &#034;populaire&#034;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame la voisine ou Monsieur le voisin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre jour en me r&#233;veillant chez mes ami-e-s les occupant-e-s du 20 Grottes, une douce m&#233;lodie me l&#233;chait les tympans. Elle venait de la fen&#234;tre ouverte, de la rue, du b&#226;timent d'en face, tr&#232;s chic, fra&#238;chement r&#233;nov&#233;. Elle venait de votre appartement. Vous d&#233;gustiez sans doute vos croissants en chargeant votre st&#233;r&#233;o d'ajouter un peu de beaut&#233; &#224; votre matin&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;J'aurais pu f&#233;liciter votre bon go&#251;t. Du Yann Tiersen au r&#233;veil, quel charme ! Quelle douceur ! Quelle finesse ! De belles et longues minutes d'harmonie, d'accord&#233;on minutieux. Des images &#233;touff&#233;es de Montmartre sous la pluie. Yann Tiersen, le champion de la po&#233;sie quotidienne. Yann Tiersen, le pote d'Am&#233;lie Poulain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais moi j'entends cette belle musique et je vous imagine vous, et j'enrage. Vous vivez dans le dernier &#034; vieux &#034; quartier populaire de Gen&#232;ve : les Grottes. Il est en train de se faire raser, sous vos yeux, sous votre fen&#234;tre, jour apr&#232;s jour. On le rase comme on sait le faire de nos jours, en douceur, avec une douceur sardonique, avec un joli sourire &#233;cologiste et des jolies s&#233;r&#233;nades au &#034; d&#233;veloppement durable &#034;. C'est le fameux capitalisme &#224; visage humain, qui ne d&#233;truit plus les vieux quartiers &#224; coups de bulldozer mais &#224; coups de r&#233;novations, qui n'y plante plus des tours en b&#233;ton, mais des lampadaires et des pav&#233;s en plastique, et surtout, des nouveaux habitants et des nouvelles habitantes, ais&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Grottes &#233;taient une honte pour Gen&#232;ve. Comment ! Une ville si riche, si internationale, qui n'a pas encore fini de se standardiser ! Comment ! Une cit&#233; d'Europe Occidentale qui n'a pas encore refoul&#233; tous ses quartiers populaires &#224; la p&#233;riph&#233;rie ! Qui en garde un juste derri&#232;re la gare ! Quelle ind&#233;cence ! Nettoyez-moi bien cet immonde champignon, cet espace &#233;trange, incongru, tout de guingois, vivant, truff&#233; de squats. Remplissez-moi ces places de caf&#233;s, et chassez-m'en toute bouffe populaire impromptue. Uniformisez-moi la couleur de ces fa&#231;ades, maladroitement peintes par celles et ceux qui habitent derri&#232;re. Expulsez-moi ces squats et haussez-moi donc ces loyers. Plus rien ne doit &#234;tre laiss&#233; &#224; l'improvisation, ni aux habitant-e-s. Le service de l'urbanisme est bien plus apte que quiconque &#224; choisir la norme qui est bonne pour tout le monde et surtout pour l'image de la ville, laissons-le faire du mod&#233;lisme avec nos rues, il nous peaufinera les plus belles maquettes qui soient, et elles seront grandeur nature. Nos h&#244;tes aux cravates satin&#233;es (et aux poches pleines) pourront enfin aller de l'O.N.U. &#224; la banque sans risquer &#224; aucun moment d'&#234;tre surpris. La m&#234;me nettet&#233;, la m&#234;me aseptie, la m&#234;me s&#233;curit&#233;, la m&#234;me s&#233;cheresse, couvrira tous les trottoirs qu'ils emprunteront, et ils n'auront m&#234;me plus l'impression de quitter leur bureau en arpentant la rue de la Faucille. Enfin notre ville enti&#232;re, de bout en bout, de Carouge &#224; Cologny, des P&#226;quis &#224; Plainpalais, sera compl&#232;tement morte. Empaill&#233;e avec gloire en un mausol&#233;e pour l'&#233;lite mondiale. Vid&#233;e de substance, fignol&#233;e en fa&#231;ade, pour qu'il reste aux touristes quelque chose &#224; photographier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voisin ou voisine, j'enrage. Parce que tu pr&#233;f&#232;res aller acheter au supermarch&#233;, sous forme de musique enregistr&#233;e, cette ambiance &#034; populaire &#034;, &#034; authentique &#034;, qu'on assassine dans ton quartier. Parce que tu pr&#233;f&#232;res aller au supermarch&#233; plut&#244;t que de descendre d&#233;fendre ta rue. Parce que tu consommes ce que tu pourrais vivre ou cr&#233;er. Parce que tu r&#233;v&#232;les la force et le cynisme d'un syst&#232;me qui spectacularise, manufacture, empaqu&#232;te, publicise, marchandifie la beaut&#233; qu'il &#244;te &#224; la r&#233;alit&#233;. Parce que tu symbolises notre apathie, notre incapacit&#233; &#224; nous battre dans une soci&#233;t&#233; qui nous apprivoise, nous berce et nous berne en nous vendant des succ&#233;dan&#233;s de ce qu'elle an&#233;antit devant nos consciences, lucides mais diverties par des pr&#233;occupations routini&#232;res, personnalis&#233;es, infiniment importantes. Le bac. Le dipl&#244;me. Le job. Le grand amour. La voiture. Les gosses. La carri&#232;re. La retraite. Le testament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voisine ou voisin, j'enrage maintenant parce que je suis jeune et fougueux. Mais ne t'en fais pas. Tout le monde me dit que ce n'est qu'une &#233;tape. Il para&#238;t qu'on vieillit tr&#232;s tr&#232;s vite. Qu'en vieillissant on voit des tonnes de Grottes poignard&#233;es, on voit des Croix-Rousses, des Paniers, des centres florentins, crever par dizaines, par centaines, et on se blase, on comprend que c'est comme &#231;a, que c'est le cours de l'Histoire, qu'on n'y peut rien. Quand je serai vieux (l'ann&#233;e prochaine ?) je n'arriverai pas &#224; enrager parce que je serai comme toi, je chercherai mon petit nid dans la soci&#233;t&#233;, mes petites matin&#233;es sucr&#233;es dans mon studio, je paierai mes imp&#244;ts et je ferai mes courses : je financerai les Etats, les armements, les autoroutes, les multinationales, la mis&#232;re noire du Sud, parce que faire autrement il para&#238;t que c'est trop compliqu&#233; quand on est des hommes, des vrais. Autant se m&#233;nager une vie pas trop extraordinaire avant que notre passivit&#233; complice ne fasse exploser la plan&#232;te. Ou ne la transforme en verre. Une bille toute ronde, toute lisse, absolument s&#251;re, compl&#232;tement morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait du dossier &#034;Gentrification, Urbanisme et mixit&#233; sociale&#034;, publi&#233; dans &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;III (2009). [Publi&#233; &#224; l'origine &lt;a href=&#034;http://infokiosques.net/lire.php?id_article=7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en 2001 &#224; Gen&#232;ve&lt;/a&gt;.]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronique ordinaire de la gentrification dans le 19e arrondissement de Paris&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Anciennement service municipal des pompes fun&#232;bres de Paris, le 104 rue D'Aubervilliers dans le 19e arrondissement de Paris a &#233;t&#233; restaur&#233;. Il a r&#233;ouvert ses portes le 18 octobre 2008 sous le nom de &#171; Cent quatre &#187; pour y accueillir un projet culturel d'envergure de la mairie de Paris. Le 104, c'est plus de 200 artistes en r&#233;sidence, 39.000 M2 de surface et un budget de 8 millions d'euros de subventions par an pour la mairie de Paris. C'est aussi plus d'une centaine de millions d'euros pay&#233;s conjointement par la mairie (encore), mais aussi en &#233;change de reconnaissances commerciales, par une dizaine d'investisseurs (quelques multinationales reconverties dans le m&#233;c&#233;nat comme Mitsubishi) pour financer les travaux d'envergures. L'&#233;quipe commerciale du 104 attend pour l'ann&#233;e 2009 un peu moins d'un million de visiteurs dans ce lieu pouvant simultan&#233;ment contenir 5000 personnes, encadr&#233;s par une soixantaine de permanents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19e arrondissement est un quartier populaire comme aiment &#224; le rappeler les centquatreux. Le quartier de Flandre o&#249; s'est install&#233; le 104, c'est une moyenne de 20% de ch&#244;mage (12% dans Paris) et 60% de logements sociaux contre 19,7% dans le reste de Paris. Selon le co-patron du 104 Fr&#233;d&#233;ric Fisbach, &#171; le Cent quatre est aussi un projet social, un microquartier ouvert sur la ville. Ainsi, &#224; partir de 2009, on y trouvera un caf&#233;, un restaurant, une maison des petits, une librairie... Dans cette &#8220;rue&#8221; occup&#233;e par des artistes, on pourra marcher, s'asseoir, discuter, consommer. On croit &#224; l'insertion sociale par la culture et on esp&#232;re que ce sera un lieu de foisonnement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; culture &#187; pourtant si ch&#232;re aux &#233;lites et aux urbanistes n'apporte pas le logement d&#233;cent, elle ne donne pas des papiers, elle ne donne pas &#224; manger &#224; la fin du mois, elle n'essuie pas la sueur et ne paye pas mieux les travailleurs exploit&#233;s, ni ceux qui tentent de r&#233;sister &#224; l'enfer du travail. Leur culture ne pr&#233;munit pas contre le harc&#232;lement policier (racket, contr&#244;les au faci&#232;s, tabassages, arrestations, rafles, m&#233;pris&#8230;), ni contre le harc&#232;lement des huissiers et des proprios (expulsions, saisie des biens des pauvres&#8230;), elle n'offre pas un toit &#224; ceux qui vivent &#224; la rue, dans les foyers. Elle n'adoucit pas le contr&#244;le des agents de mort de l'ANPE, ni de la justice anti-pauvres. Ce n'est pas de &#171; marcher, s'asseoir, discuter, consommer &#187; dont nous avons besoin. Nous ne voulons pas &#234;tre la caution morale de quelques bourgeois complex&#233;s par leurs ressources familiales venus chez nous comme dans un zoo humain pour s'encanailler au contact des &#171; classes dangereuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 104 participe d'une logique plus globale de restructuration des quartiers du Nord-Est Parisien : Chasser les pauvres au-del&#224; du p&#233;riph&#233;rique, installer de nouveaux outils de contr&#244;le et de nouvelles populations plus &#171; correctes &#187;. C'est &#224; dire payant plus d'imp&#244;ts, consommant plus, bio et mieux, rentabilisant les march&#233;s de l'immobilier et des services de luxe. Une population qui n'aura plus aucune raison (ou presque) de se r&#233;volter ou de troubler l'ordre publique. Une population qui assurera le bon d&#233;roulement de l'exploitation en achetant la paix sociale &#224; grand coup de marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 104 aux quais de seine en passant par la Villette et le jardin d'&#201;ole, ils veulent faire du 19e un quartier propre : expulsion des squats et des pauvres sous des pr&#233;textes fallacieux (insalubrit&#233;) et hausse des prix de l'immobilier repoussant les pauvres un peu plus loin dans les ghettos qui leur sont destin&#233;s, transformation des march&#233;s populaires en march&#233;s bio-&#233;quitables pour population ais&#233;es et soucieuses de leur bien-&#234;tre, transformation du mobilier urbain en r&#233;pulsif anti-SDF, tentatives d'&#233;touffement des contestations. C'est aussi plus de cam&#233;ras pour assurer ce m&#234;me bien-&#234;tre des nouvelles populations abreuv&#233;es tout les jours &#224; 20h des discours s&#233;curitaires sur le 19e, cette &#171; zone de non-droit &#224; feu et &#224; sang &#187;. Le 104 et les divers grand chantiers r&#233;cents de la mairie de Paris, c'est aussi un regain de l'occupation polici&#232;re du quartier, ceci afin d'assurer la pacification des rapports conflictuels que pourraient engendrer les diff&#233;rences de richesses entre visiteurs (du 104 par exemple) et habitants du quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette guerre sociale, le pinceau peut remplacer la matraque et la matraque peut remplacer le pinceau. Les pr&#233;tendus &#171; artistes &#187; s'av&#232;rent &#234;tre (encore une fois) de bons alli&#233;s pour les &#233;lites &#233;conomiques, ils sont appel&#233;s &#224; grand renfort de modes pr&#233;fabriqu&#233;es par l'interm&#233;diaire des m&#233;dias pour tenter de nettoyer les quartiers populaires de toute possibilit&#233; d'explosions sociales. Heureusement que leur efficacit&#233; laisse souvent &#224; d&#233;sirer : les tentatives de pacification de l'espace urbain par les immenses barres HLM (les orgues de Flandre, la cit&#233; Curial...) ont toutes plus ou moins capot&#233;es, les &#233;lites sont donc pass&#233;es &#224; de nouvelles techniques plus sournoises, plus radicales : l'occupation du territoire par la &#171; culture &#187;. Toutefois, cela n'a jamais compl&#232;tement emp&#234;ch&#233; pas les gens, de ci de l&#224;, de se r&#233;volter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de quelle culture parlons nous ? cette &#171; culture &#187; unidimensionnelle qui n'est autre que la culture bourgeoise, se veut unique et h&#233;g&#233;monique. Ces ap&#244;tres de la culture savante que sont la mairie de Paris, les investisseurs du 104 et les artistes, viennent dans le 19e pour apporter la bonne parole, la bonne culture, la vraie, celle qui se marchande et dont les go&#251;ts sont mall&#233;ables &#224; merci par l'&#233;conomie de march&#233; et les effets de mode marketing. Seulement, donner du pain et des jeux aux pauvres (ou fabriquer une &#171; rue &#187; o&#249; l'on peut admirer des artistes inspir&#233;s en plein travail) ne les emp&#234;chera pas de r&#233;sister comme ils le font d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout dans le Nord-Est Parisien des liens de solidarit&#233; se tissent, des comit&#233;s de mal-log&#233;s s'organisent ; des habitants du quartier se r&#233;unissent pour emp&#234;cher les expulsions de sans-papiers et enrayer la machine &#224; expulser ; Des guets-apens fragilisent l'occupation polici&#232;re du quartier ; Des collectifs de pr&#233;caires, de ch&#244;meurs, de SDF se mobilisent ; des r&#233;sistances aux expulsions locatives se manifestent ; ainsi que d'innombrables autres viviers&#8230; Autant de r&#233;sistances aux attaques incessantes du pouvoir. Lui faire comprendre que la cohabitation des pauvres et des riches, le mythe de la mixit&#233; sociale, ne se d&#233;roule pas au b&#233;n&#233;fice de la figure christique du pauvre, nous ne voulons pas de cet humanisme condescendant, ni de de votre arsenal r&#233;pressif.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais merci quand m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Demander est un verbe qui porte malheur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Louis Scutenaire - Mes inscriptions III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors d&#233;truisons ce qui nous d&#233;truit !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait du dossier &#034;Gentrification, Urbanisme et mixit&#233; sociale&#034;, publi&#233; dans &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;III (2009).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2043 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.infokiosques.net/IMG/jpg/Face_a_la.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH707/Face_a_la-078a2.jpg?1780493365' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Face &#224; la guerre aux pauvres&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Hausse des loyers, expulsion des logements, transformation du mobilier urbain en repoussoir anti-SDF, occupation polici&#232;re, multiplication des cam&#233;ras de vid&#233;o-surveillance, chasse aux sans-papiers, aux prostitu&#233;es, aux vendeurs &#224; la sauvette...
&lt;p&gt;La r&#233;novation n'a qu'un but : faire du fric. Elle permet de virer les pauvres pour installer des populations plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mairie et l'&#233;tat organisent la sp&#233;culation immobili&#232;re et en tirent profit au c&#244;t&#233; des promoteurs. Ils construisent sp&#233;cialement pour cette nouvelle population : 104, MK2, caf&#233;s-bobos, boutiques de mode...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;FLICS, POLITICIENS, ARTISTES BRANCHES, SP&#201;CULATEURS...
&lt;p&gt;D&#201;GAGEONS-LES !&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;[Affiche trouv&#233;e sur les murs du Nord-Est de Paris, juin 2009]&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Gentrification par l'art&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avant-garde artistique est celle qui d&#233;broussaille les forets de la guerre immobili&#232;re pour les pouvoirs publics et les promoteurs. Tel est le processus de gentrification par l'art : comment faire d'un quartier populaire un quartier branch&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; &lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Commencer par &#233;tablir de grands projets municipaux, souvent culturels, comme un centre artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; &lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Favoriser l'installation de commerces tertiaires ad&#233;quats, &#233;conomiquement et culturellement s&#233;lectifs : boites de nuit branch&#233;es, ateliers cr&#233;atifs, caf&#233;s et restaurants de cuisine cr&#233;ative, boutiques d'art ou de haute couture, salles de concerts, cin&#233;mas de gauche, magasins bio et d&#233;taillants de commerce &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; &lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; En m&#234;me temps, commencer de grands chantiers publics : nouvelles places de cr&#232;che, universit&#233;s, espaces associatifs citoyens, commissariats, espaces verts &#233;cologiques mais chics, syst&#232;mes de v&#233;los en libre-service payant, construction de nouveaux axes de transports en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; &lt;strong&gt;4.&lt;/strong&gt; Peut alors commencer la phase de nettoyage humain : augmentation des loyers de tout les habitats proches des chantiers cit&#233;s plus haut, acc&#233;l&#233;ration des expulsions locatives sous divers pr&#233;textes tels que l'insalubrit&#233;, suppression du racolage par le harc&#232;lement des putes pour permettre l'installation de bars &#224; escort-girls, acc&#233;l&#233;ration aussi des expulsions de squats, adaptation du mobilier urbain pour repousser toute tentative d'oisivet&#233; un peu plus loin, plus de surveillance technologique ou citoyenne et renforcement des effectifs de police urbaine de proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; &lt;strong&gt;5.&lt;/strong&gt; Moins de pauvres et restructuration des quartiers : l'avant garde artistique peut alors servir d'app&#226;t. Favoris&#233;s, ils peuvent alors se regrouper dans un nouvel espace communautaire en tra&#238;nant derri&#232;re eux la cohorte des admirateurs et de ceux qui doivent &#234;tre l&#224; ou il faut &#234;tre. L'admiration qu'ils suscitent parmi les masses gr&#233;gaires de classe moyenne rend op&#233;rante la phase de substitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; &lt;strong&gt;6.&lt;/strong&gt; Phase de substitution des populations : le r&#234;ve se r&#233;alise. Les pauvres, harcel&#233;s, finissent par lever l'ancre et sont repouss&#233;s encore un peu plus aux confins des m&#233;tropoles. De nouvelles populations s'installent alors, artistiques ou &#224; la remorque des artistes. Plus enclines &#224; &#171; participer &#224; la vie du quartier &#187;, c'est &#224; dire &#224; voter, &#224; trier ses d&#233;chets et &#224; pr&#233;venir la police de toute malversation. L&#224; se trouve le jackpot urbaniste. Ces populations plus solvables et int&#233;gr&#233;es vont alors mieux consommer, et plus. Elles ne seront pas sujettes au ch&#244;mage de masse et offriront une coop&#233;ration sans faille aux&lt;br class='autobr' /&gt;
diff&#233;rentes tentacules de la machine. Bien plus dociles, leur m&#233;contentement n'ira jamais plus loin que l'insurrection p&#233;titionnaire ou la cyber-manif. La ville se pr&#233;munit alors des &#233;meutes urbaines, des guet-apens sur flics et pompiers ou de tout autre acte de d&#233;-pacification sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; &lt;strong&gt;7.&lt;/strong&gt; la derni&#232;re phase est la plus d&#233;licate, car cohabitent alors des populations socialement mixtes. Cette cohabitation difficile permet alors le renforcement de l'occupation polici&#232;re afin de donner confiance aux porte-feuilles des nouvelles populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand le pinceau devient le prolongement de la matraque, flics et artistes sont deux moyens compl&#233;mentaires de la chasse aux pauvres, les deux faces d'une m&#234;me pi&#232;ce.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;IV, p.46, juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On n'ira pas dans votre parc !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce tract anonyme fut diffus&#233; &#224; notre connaissance dans le Nord-Est de Paris en 2005/2006.&lt;br class='manualbr' /&gt;Aujourd'hui en 2009 le jardin d'&#233;ole, flambant neuf, tr&#244;ne &#224; l'int&#233;rieur d'enceintes grillag&#233;es comme pour rappeler aux pauvres leur condition. Non loin du &#034;104&#034; rue d'Aubervilliers, il fait partie du plan d'ensemble de restructuration du Nord Est de Paris de la mairie et de ses amis : promoteurs, criminologues, artistes branch&#233;s et sp&#233;culateurs en tout genres.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A chaque arbre plant&#233;, un immeuble expuls&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parc &#171; Jardin d'Eole &#187; n'est pas un parc. Enfin pas seulement. C'est un outil de la ville de Paris pour r&#233;am&#233;nager, restructurer le nord de la capitale en g&#233;n&#233;rale, les quartiers de la Chapelle et de la Villette en particuliers. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ces deux quartiers sont des cibles id&#233;ales pour la mairie de Paris parce que beaucoup d'op&#233;rations immobili&#232;res sont encore possibles et surtout trop de pauvres y habitent encore. Il faut faire de la place pour des gens qui valent le coup, pour les cadres, les artistes, les &#233;tudiants. Et puisque la place est d&#233;j&#224; occup&#233;e, il faut trouver les moyens de la prendre. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le parc est un de ces moyens, parce que m&#234;me en travaux, il fait exploser les prix des logements dans la rue d'Aubervilliers, la rue Riquet, la rue Pajol... D&#232;s 2005 les gens ont re&#231;u des cong&#233;s ventes (menaces d'expulsion sous six mois) qui sont aujourd'hui appliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment la mairie fabrique &#171; le dernier quartier &#224; la mode &#187; ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mairie a un projet plus global que relaie les associations : m&#234;me si la Chapelle a &#233;chapp&#233; &#224; son avenir olympique, Barb&#232;s doit devenir &#171; un espace civilis&#233; &#187; et Stalingrad &#171; le dernier quartier &#224; la mode &#187; (Bertrand Delano&#235;, le Monde 14 janvier 2002).&lt;br class='manualbr' /&gt;Si le parc est un moyen pour transformer le quartier, pour y installer d'autres gens, ce n'est pas le seul : &lt;br class='autobr' /&gt; - Les anciennes pompes fun&#232;bres du 104 rue d'Aubervilliers sont transform&#233;es pour des artistes subventionn&#233;s en r&#233;sidences et centre d'art contemporain. &lt;br class='autobr' /&gt; - Le bassin de la Villette est r&#233;am&#233;nag&#233; pour les branch&#233;s en centre commercial &#224; ciel ouvert (cin&#233;mas MK2 et terrasses qui vont avec, p&#233;niche-concert, bateaux-mouches ... ). &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour parfaire le nettoyage, il faut raser ou r&#233;habiliter tous les immeubles v&#233;tustes ou insalubres. A la place ils construisent moins de logements et pour d'autres gens : &#224; la goutte d'Or, &#224; la Chapelle et dans le sud du 19&#232;me, la mairie ne construit presque aucun logement HLM que tout le monde peut obtenir(PLAI), mais des centaines de faux-HLM-tr&#232;s-chers pour lesquels il faut au moins gagner 2000 euros (P LS). Pas de place pour les Rmistes, les smicards seuls, ceux qui travaillent au noir ou &#224; mi-temps, ceux qui n'ont pas de papier. Rassurons-nous, ils laisseront quelques cages &#224; lapins pour ceux qui nettoient le m&#233;tro ou font la plonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... Et comment les associations lui pr&#233;parent le terrain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines associations sont complices ou &#224; l'initiative de cette restructuration. Ce sont elles qui veulent le parc de la &#171; cour du Maroc &#187; et le centre d'art contemporain du 104 rue d'Aubervilliers. Elles ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#233;vacu&#233; tout projet de logement dans la Halle Pajol pour y mettre seulement des &#233;quipements qui correspondent aux loisirs des nouvelles populations. Ce sont aussi elles qui r&#233;clament &#171; la mixit&#233; sociale &#187; c'est-&#224;-dire la construction de faux-HLM-pour-riches &#224; la place des vieux immeubles. Ce sont encore elles qui nous prennent pour des enfants &#224; vouloir nous assister, encadrer la moindre de nos pratiques pour la convertir en activit&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;biles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces associations marchent avec la mairie, marchons leurs dessus. &lt;br class='manualbr' /&gt;Non aux expulsions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le souffle d'&#233;ole suffira-t-il &#224; se d&#233;barrasser des pauvres ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;resist.paris(at)no-log.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait du dossier &#034;Gentrification, Urbanisme et mixit&#233; sociale&#034;, publi&#233; dans &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;III (2009).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'am&#233;nagement du territoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233; des grandes m&#233;tropoles est particuli&#232;rement bien outill&#233;e pour &#233;liminer les initiatives spontan&#233;es et l'ind&#233;pendance de l'esprit.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au dernier stade de son d&#233;veloppement, la m&#233;tropole capitaliste est devenue le ressort essentiel qui assure le fonctionnement de cet absurde syst&#232;me. Elle procure &#224; ses victimes l'illusion de la puissance, de la richesse, du bonheur, l'illusion d'atteindre au plus haut point de la perfection humaine. En fait, leur vie est sans cesse menac&#233;e, leur opulence est &#233;ph&#233;m&#232;re et priv&#233;e de go&#251;t, leurs loisirs sont d&#233;sesp&#233;r&#233;ment monotones, et leur peur justifi&#233;e de la violence aveugle et d'une mort brutale p&#232;se sur cette apparence de bonheur. Dans un monde o&#249; ils ne peuvent plus reconna&#238;tre leur &#339;uvre, ils se sentent de plus en plus &#233;trangers et menac&#233;s : un monde qui de plus en plus &#233;chappe au contr&#244;le des hommes, et qui, pour l'humanit&#233;, a de moins en moins de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il faut savoir d&#233;tourner les yeux des sombres aspects de la r&#233;alit&#233; quotidienne pour pr&#233;tendre, dans ces conditions, que la civilisation humaine a atteint son plus brillant sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est &#224; cette attitude que les citoyens de la m&#233;tropole s'entra&#238;nent chaque jour : ils ne vivent pas dans un univers r&#233;el, mais dans un monde de fantasmes, habilement machin&#233; dans tout leur environnement, avec des placards, des images, des effets de lumi&#232;re et de la pellicule impressionn&#233;e ; un monde de murs vitr&#233;s, de plexiglass, de cellophane, qui les isole de leur peine et des mortifications de la vie, - monde d'illusionnistes professionnels entour&#233;s de leurs dupes cr&#233;dules. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les spectateurs ne conversent plus comme des personnes qui se rencontrent au croisement des routes, sur la place publique, autour d'une table. Par l'antenne de la radio et de la t&#233;l&#233;vision, un tr&#232;s petits nombre d'individus interpr&#232;tent &#224; notre place, avec une adresse toute professionnelle, les mouvements d'opinion et les &#233;v&#233;nements quotidiens. Ainsi les occupations les plus naturelles, les actes les plus spontan&#233;es sont l'objet d'une surveillance professionnelle et soumis &#224; un contr&#244;le centralis&#233;. Des moyens de diffusion, aussi puissants que vari&#233;s, donnent aux plus &#233;ph&#233;m&#232;res et aux plus m&#233;diocres ouvrages un &#233;clat et une r&#233;sonance qui d&#233;passent de loin leurs m&#233;rites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lewis Mumford, &lt;i&gt;La Cit&#233; &#224; travers l'histoire&lt;/i&gt;, 1961.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait du dossier &#034;Gentrification, Urbanisme et mixit&#233; sociale&#034;, publi&#233; dans &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;III (2009).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La pr&#233;vention situationnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;vention situationnelle, comme sa d&#233;finition, n'a pas de recoins, de fragilit&#233;, elle est bloc, &#233;vidence impos&#233;e : qu'on la retourne dans tous les sens ou qu'on prenne des &#233;l&#233;ments &#224; droite &#224; gauche toujours le m&#234;me bloc se forme. La pr&#233;vention situationnelle est le dispositif qui permet qu'une situation n'arrive pas, en l'occurrence, une situation d'ins&#233;curit&#233;. En fait, pr&#233;venir (voir venir et emp&#234;cher) toute situation d'arriver. Ceci simplement en agissant sur la structure m&#234;me du b&#226;ti des villes, sur l'organisation sociale des espaces urbains, publics et priv&#233;s. Elle est aussi appel&#233;e &#8220;s&#233;curit&#233; passive&#8221; : c'est une &#8220;conception de la pr&#233;vention&#8221; bas&#233;e sur le &#8220;traitement de l'environnement&#8221;, visant &#224; &#8220;favoriser l'appropriation de l'espace&#8221; pour assurer son &#8220;contr&#244;le social naturel&#8221;. L'id&#233;al fantasmatique d'une sociabilit&#233; lisse, sans accroche, dans laquelle on n'entretient que le minimum de rapport avec l'alt&#233;rit&#233; incarn&#233;e dans &#8220;les autres&#8221;, dans laquelle tout le monde peut se reconna&#238;tre puisque impersonnelle, et o&#249; on peut se perdre &#224; force de ne pas y trouver de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, il s'agit de penser l'ins&#233;curit&#233; comme un tout, dont tout peut en &#234;tre et en &#234;tre facteur, chaque &#233;l&#233;ment devenant ainsi, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; une part du probl&#232;me une part de la solution, aussi bien mat&#233;riel qu'humain, technologique ou social ; il s'agit d'habiter dans des prisons, et de r&#233;veiller le maton justicier qui sommeille en chacun de nous. Ceci avec un sourire &#233;panoui, comme dans la pub pour cette vie-l&#224;, celle du dentifrice blanchisseur et de la bonne ambiance pendant les soldes. Concr&#232;tement, il s'agit surtout de ne rien laisser au hasard. La pr&#233;vention situationnelle porte sur les conditions mat&#233;rielles et les circonstances dans lesquelles un d&#233;lit pourrait &#234;tre commis. Pourrait &#234;tre. Mais ON dispose de chiffres, de tableaux de statistiques et de relev&#233;s comportementaux qui d&#233;montrent qu'on a jamais assez raison de se m&#233;fier de ce qui pourrait arriver. De tsunami point, mais de tags ; de temp&#234;tes pas plus mais de crottes de chien et d'injures, de d&#233;stabilisation des propri&#233;taires et des argent&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois qu'on a eu dit que les grands ensembles pouvaient &#234;tre facteurs d'ins&#233;curit&#233;, de par leur forme m&#234;me, leur tristesse suintante, grise &#224; leur horizon malade et leur ennui tra&#238;n&#233; dans les escaliers, ce qui permettait de charger la barque de leurs habitants, ON a r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'envi : &#8220;Vous voyez, ce n'est pas de votre faute ! C'est les cit&#233;s !&#8221; Ainsi donc leur r&#233;bellion pouvait et devait &#234;tre canalis&#233;e et &#233;vacu&#233;e en r&#233;pondant mal &#224; une question bien pos&#233;e, elle. Cette soci&#233;t&#233; qui engendre les cit&#233;s (mais aussi : exploite tout un chacun, ethnicise les luttes, m&#233;diatise les conflits qu'elle cr&#233;e, rend justice en enfermant, rel&#232;gue les femmes, finance l'armement total, courre d'&#233;chec en &#233;chec pour des politiques de toutes sortes, entre autres) a le ressorts de r&#233;pondre : &#8220;Vos luttes sont justes, car avec l'urbanisme nous avons failli. Nous allons r&#233;soudre ce probl&#232;me, et vos probl&#232;mes, avec, dispara&#238;tront&#8221;. Formidable. Comme si la ville &#233;tait le seul terrain de faillite, celui seul o&#249; le conflit est manifeste, celui qui pourrait &#233;branler la soci&#233;t&#233; enti&#232;re. Puisque les habitants ont, d'une certaine fa&#231;on, prise sur la r&#233;alit&#233; gr&#226;ce &#224; leur fa&#231;on d'&#234;tre ensemble au quotidien et d'habiter et et d'occuper l'espace, et que c'est l&#224;, par des &#233;meutes de quartier, des d&#233;gradations multiples, des messages &#233;crits sur les murs, des drapeaux accroch&#233;s aux fen&#234;tres, des lumi&#232;res filtrant de dessous les portes, que la col&#232;re peut s'exprimer, alors simplement ON reprend ce terrain en en contr&#244;lant la moindre parcelle, &#224; la moindre &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les conflits qui trouvaient leur source dans l'agonie de ce monde, nous entra&#238;nant avec lui, se manifestaient sur et dans les murs des m&#233;tropoles. ON a pr&#233;f&#233;r&#233; y voir que les conflits trouvaient leur source dans et sur les murs des m&#233;tropoles, entra&#238;nant avec eux l'agonie de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffisait donc de trouver un nouveau concept, qui fasse mouche, un concept englobant et attirant : ON l'a formalis&#233; en premier en Angleterre dans les ann&#233;es 80, sur la base de principes &#8220;test&#233;s&#8221; depuis les ann&#233;es 70 aux Etats-Unis et au Canada. Sa diffusion ne fut pas difficile en France. Son application l&#233;gale n'est pas si facile, mais quel besoin de la loi quand on est face &#224; un mouvement in&#233;vitable, appel&#233; de ses voeux par la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re (7 personnes sur 10 se d&#233;clarent favorable &#224; l'augmentation de la lutte contre l'ins&#233;curit&#233;, dans un sondage de 164 personnes &#224; la sortie d'un commissariat ; et puis Le Pen a failli &#234;tre pr&#233;sident, &#231;a veut bien dire quelque chose.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES GENS/LES MATONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation des habitants pour relever syst&#233;matiquement les dysfonctionnements (pannes d'ascenseur, pannes de courant, absence du gardien, nettoyage mal fait...) et les d&#233;gradations (bo&#238;tes aux lettres et portes cass&#233;es, graffitis, affiches et affichettes, poubelles retourn&#233;es ou br&#251;l&#233;es...) ; pr&#233;sence de chiens de garde dans l'&#233;quipe de gardiennage ; organisation des flux humains pour que la fr&#233;quentation de l'espace joue un r&#244;le de dissuasion (s'arranger pour que les riches croisent des riches, ce qui les rassurera) ; favoriser des espaces utilisables par les gens, y d&#233;velopper des activit&#233;s (festival dans un jardin public, pelouse sur laquelle on peut marcher, th&#233;&#226;tre de rue conventionn&#233;...). On peut m&#234;me lire : &#8220;en augmentant le confort, l'accueil, la convivialit&#233;, on am&#233;liore l'ambiance urbaine et r&#233;duit le sentiment d'ins&#233;curit&#233;&#8221;. La convivialit&#233; cr&#233;&#233;e par l'urbanisme n'a d'autre fin que r&#233;duire le sentiment d'ins&#233;curit&#233;. On dit ainsi aux gens : &#8220;vivez ende&#231;&#224;, toujours en de&#231;&#224; de ce que vous pouvez. L'&#233;panouissement non, la r&#233;duction du sentiment d'ins&#233;curit&#233; oui&#8221; ; d&#233;lation entre voisins facilit&#233;e et favoris&#233;e par le contact soutenu avec la police de proximit&#233;, par les dispositions des contrats locaux de s&#233;curit&#233;, et par la r&#233;compense sociale permanente de n'importe quelle action en tant que citoyen/citoyenne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LEURS OUTILS/LES CLES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise en place de gardiennage, allant le plus souvent de paire avec des dispositifs de vid&#233;osurveillance (filmant les entr&#233;es, cours, parkings, halls, avec des cam&#233;ras &#233;tanches et motoris&#233;es permettant de suivre les individus, effectuer des zooms, filmer de nuit...), ainsi que l'installation de cl&#244;tures, grilles et portes adapt&#233;es contre l'intrusion d'individus quels qu'ils soient, &#233;trangers &#224; la copropri&#233;t&#233; ou &#224; la r&#233;sidence ; installation de grilles autour des terrains de sport et de jeux, ferm&#233;s au moins la nuit ; syst&#232;mes de fermeture de plus en plus sophistiqu&#233;s, allant de la simple serrure &#224; la clef magn&#233;tique, du digicode lumineux &#224; l'interphone num&#233;rique, actionnables &#224; distance s'il le faut ; mise en place d'horodateurs &#224; carte &#224; puce, contenant toutes les informations sur la voiture et sa propri&#233;taire, ses all&#233;es et venues, facilitant le stationnement payant et &#233;vitant surtout aux pauvres de r&#233;cup&#233;rer les pi&#232;ces dans les horodateurs ; syst&#232;mes antivol et dispositifs d'alertes des v&#233;hicules automobiles, des locaux &#224; poubelles, des locaux &#224; v&#233;lo, des loges de gardien, du central de gardiennage, &#233;mettant un signal sonore sur place et relay&#233; au commissariat le plus proche &#233;ventuellement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LEURS MAISONS/LES PRISONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Architecture des nouveaux b&#226;tis pens&#233;e en amont du projet de construction dans le sens de la pr&#233;vention situationnelle : une bonne visibilit&#233; pour l'ensemble des habitants ou usagers, sans angles morts ni endroits cach&#233;s, avec un grand d&#233;gagement visuel ; la notion de territorialit&#233; permet de d&#233;crire un sentiment d'appartenance &#224; un espace, ceci &#233;tant rendu possible par une &#8220;lisibilit&#233;&#8221; de cet espace, int&#233;rieur et ext&#233;rieur d&#233;finis, entr&#233;e et sortie canalis&#233;es, public et priv&#233; d&#233;limit&#233;s... un &#233;clairage adapt&#233; (sans p&#233;nombre et sans discontinuit&#233; entre le jour et la nuit), un am&#233;nagement paysager adapt&#233; (des buissons trop petits pour s'y cacher), une signal&#233;tique donnant une identit&#233; particuli&#232;re &#224; un espace, de la v&#233;g&#233;tation pour son caract&#232;re apaisant, un mobilier urbain moderne ne favorisant pas le squattage par des &#233;trangers ; &#233;quipements mat&#233;riels fixes (cam&#233;ras, grilles, etc.) int&#233;gr&#233;s &#224; l'am&#233;nagement architectural et &#233;quipements mat&#233;riels fix&#233;s (dans le sens de tr&#232;s bien fix&#233;s) au sol ou aux murs pour ne pas pouvoir servir de projectile ou de barricade, tels que les bancs, poubelles, jeux pour enfants, tables de ping-pong en ciment, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de quoi avons nous peur ? De quoi devons-nous nous prot&#233;ger ? Je ne vois que le d&#233;placement dans un ailleurs qui existera toujours des &#233;changes de toutes sortes (deals et amourettes), les incivilit&#233;s se modifiant comme les insectes face &#224; de nouveaux insecticides. Il y aura toujours cette intelligence de frapper l&#224; o&#249; &#231;a fait mal, l'urbanisme n'y pourra rien. &lt;br class='manualbr' /&gt;La pr&#233;vention situationnelle veut dire : pas d'amour, pas de secrets, pas de cabanes. Elle veut aussi dire : tuer la vie o&#249; elle existe encore, en un mot les conditions de l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &lt;i&gt;D&#233;surbanisme&lt;/i&gt; N&#176;19, avril-mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Chiourme architecturale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'architecture est l'expression de l'&#234;tre m&#234;me des soci&#233;t&#233;s, de la m&#234;me fa&#231;on que la physionomie humaine est l'expression de l'&#234;tre des individus. Toutefois, c'est surtout &#224; des physionomies de personnages officiels (pr&#233;lats, magistraux, amiraux) que cette comparaison doit &#234;tre rapport&#233;e. En effet, seul l'&#234;tre id&#233;al de la soci&#233;t&#233;, celui qui ordonne et prohibe avec autorit&#233;, s'exprime dans les compositions architecturales proprement dites. Ainsi les grands monuments s'&#233;l&#232;vent comme des digues, opposant la logique de la majest&#233; et de l'autorit&#233; &#224; tous les &#233;l&#233;ments troubles : c'est sous la forme des cath&#233;drales et des palais que l'&#201;glise ou l'&#201;tat s'adressent et imposent silence aux multitudes. Il est &#233;vident, en effet, que les monuments inspirent la sagesse sociale et souvent m&#234;me une v&#233;ritable crainte. La prise de la Bastille est symbolique de cet &#233;tat de choses : il est difficile d'expliquer ce mouvement de foule, autrement que par l'animosit&#233; du peuple contre les monuments qui sont ses v&#233;ritables ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi bien, chaque fois que la composition architecturale se retrouve ailleurs que dans les monuments, que ce soit dans la physionomie, le costume, la musique ou la peinture, peut-on inf&#233;rer un go&#251;t pr&#233;dominant de l'autorit&#233; humaine ou divine. Les grandes compositions de certains peintres expriment la volont&#233; de contraindre l'esprit &#224; un id&#233;al officiel. La disparition de la construction acad&#233;mique en peinture est, au contraire, la voie ouverte &#224; l'expression (par l&#224; m&#234;me &#224; l'exaltation) des processus psychologiques les plus incompatibles avec la stabilit&#233; sociale. C'est ce qui explique en grande partie les vives r&#233;actions provoqu&#233;es depuis plus d'un demi-si&#232;cle par la transformation progressive de la peinture jusque-l&#224; caract&#233;ris&#233;e par une sorte de squelette architectural dissimul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident d'ailleurs que l'ordonnance math&#233;matique impos&#233;e &#224; la pierre n'est autre que l'ach&#232;vement d'une &#233;volution des formes terrestres, dont le sens est donn&#233;, dans l'ordre biologique, par le passage de la forme simiesque &#224; la forme humaine, celle-ci pr&#233;sentant d&#233;j&#224; tous les &#233;l&#233;ments de l'architecture. Les hommes ne repr&#233;sentent apparemment dans le processus morphologique, qu'une &#233;tape interm&#233;diaire entre les singes et les grands &#233;difices. Les formes sont devenues de plus en plus statiques, de plus en plus dominantes. Aussi bien, l'ordre humain est-il d&#232;s l'origine solidaire de l'ordre architectural, qui n'en est que le d&#233;veloppement. Que si l'on s'en prend &#224; l'architecture, dont les productions monumentales sont actuellement les v&#233;ritables ma&#238;tres sur toute la terre, groupant &#224; leur ombre des multitudes serviles, imposant l'admiration et l'&#233;tonnement, l'ordre et la contrainte, on s'en prend en quelque sorte &#224; l'homme. Toute une activit&#233; terrestre actuellement, et sans doute la plus brillante dans l'ordre intellectuel, tend d'ailleurs dans un tel sens, d&#233;non&#231;ant l'insuffisance de la pr&#233;dominance humaine : ainsi, pour &#233;trange que cela puisse sembler quand il s'agit d'une cr&#233;ature aussi &#233;l&#233;gante que l'&#234;tre humain, une voie s'ouvre - indiqu&#233;e par les peintres - vers la monstruosit&#233; bestiale ; comme s'il n'&#233;tait pas d'autre chance d'&#233;chapper &#224; la chiourme architecturale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Bataille, &lt;i&gt;&#171; Architecture &#187;, Documents&lt;/i&gt;, num&#233;ro 2, mai 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait du dossier &#034;Gentrification, Urbanisme et mixit&#233; sociale&#034;, publi&#233; dans &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;III (2009).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;B I B L I O G R A P H I E&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Mike Davis, &lt;i&gt;City of quartz - Los Angeles, capitale du futur&lt;/i&gt;, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - &lt;a href=&#034;http://infokiosques.net/spip.php?article242&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;D&#233;surbanisme&lt;/i&gt; N&#176;19&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://infokiosques.net/spip.php?article626&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'occupation du territoire par l'art et la gentrification&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/?La-mixite-sociale-c-est-la-guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La &#171; mixit&#233; sociale &#187; c'est la guerre aux pauvres&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://infokiosques.net/spip.php?article629&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nothing to lose&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Raoul Vaneigem, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.infokiosques.net/spip.php?article968&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre l'urbanisme&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Commentaires contre l'urbanisme&lt;/i&gt; suivi de &lt;i&gt;Programme &#233;l&#233;mentaire du bureau d'urbanisme unitaire&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://apache-editions.blogspot.fr/2010/02/gentrification-urbanisme-et-mixite.html" class="spip_out"&gt;http://apache-editions.blogspot.fr/...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Racine, notamment, du mot banlieue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;charges, industrie polluante, zone de d&#233;linquance...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une nouvelle industrie, une liaison rapide avec les centres &#233;conomiques, pr&#233;sence polici&#232;re renforc&#233;e, un parc qui le rend agr&#233;able, des espaces culturels pour cadres...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sous des pr&#233;textes fallacieux comme l'insalubrit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Contre le travail et ses ap&#244;tres</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Non Fides</dc:creator>


		<dc:subject>Critiques du travail</dc:subject>
		<dc:subject>Apache &#233;ditions (Paris)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans ce renforcement somme toute r&#233;cent du culte populaire du travail, de nombreuses charognes politiques ont une bonne part de responsabilit&#233;, syndicats, partis et organisations dites &#171; radicales &#187; en t&#234;te.&lt;br class='manualbr' /&gt;Car l'ouvri&#233;risme n'est pas pour rien dans la d&#233;mocratisation de ce culte : les batailles pour le droit au travail (&#231;a r&#233;sonne comme un &#233;chos &#224; la vieille rengaine &#171; Mais il y a des gens qui sont morts pour que tu aies le droit de vote !! &#187;) ont commenc&#233; avec la constitution de ce qui s'appelle encore aujourd'hui le Mouvement Social, lui-m&#234;me ayant pris part &#224; l'enterrement des mouvements insurrectionnels caract&#233;ris&#233;s par le cassage en r&#232;gle de machines et d'usines. Aussi, apr&#232;s la &#034;mort&#034; de l'exploit&#233; r&#233;volt&#233;, surgit une autre &#171; figure &#187;, avec la bonne imagerie du prolo muscl&#233;, qui sue courb&#233; sur sa machine, plein de t&#233;nacit&#233; face &#224; l'adversit&#233; et la douleur, les parades d'ouvriers pour le premier mai avec force banderoles &#171; sauvez nos emplois et nos salaires &#187;, &#171; sauvez notre profession &#187;, &#171; l'industrie automobile doit survivre &#187;, ou encore &#171; pour la d&#233;fense de la m&#233;tallurgie en Lorraine &#187;, &#171; 3000 euros par mois d&#232;s maintenant c'est possible ! &#187; et autres hymnes bien puants incitant &#224; &#234;tre fier de sa condition. Une imagerie o&#249; la faucille ne sert plus &#224; &#233;gorger le contre-ma&#238;tre, ni le marteau &#224; d&#233;foncer le m&#233;tier &#224; tisser, mais &#224; repr&#233;senter le travail dans toute sa splendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;IV, juillet 2009.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;C&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Apache &#233;ditions (Paris)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH75/arton915-59471.jpg?1780585679' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff915.jpg?1325870116&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ces gens-l&#224; sont des travailleurs, messieurs, &lt;br class='autobr' /&gt;
reprit le g&#233;n&#233;ral Soleno Chagoya &#224; l'adresse des journalistes qui l'entouraient. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce peuple aime travailler. Et le travail est fondamental pour assurer la paix sociale &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Carlos Montemayor, &lt;i&gt;Guerre au Paradis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bus, les m&#233;tros, les p&#233;riph&#233;riques, les trains de banlieue sont pleins &#224; craquer de salari&#233;s pris au pi&#232;ge de la normalit&#233;. L'entassement, prix d'un calme fragile, prix de l'ordre. Le sommeil qui ne vient pas, le sommeil interrompu &#224; l'aube, prix du calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas chercher bien loin pour constater les signes d'un consensus apparent ; au cours d'une manifestation, un gr&#233;viste r&#233;agit &#224; un slogan &#171; A bas le travail &#187; tagu&#233; sur les murs : &#171; Ce n'est pas bien, il ne faut pas dire &#231;a ! &#187; Pourquoi ce n'est pas bien ? &#171; Parce que c'est extr&#233;miste ; il en faut du travail, il faut travailler ! &#187; Et pourquoi faudrait-il travailler ? &#171; Il faut travailler&#8230;mais parce qu'il FAUT TRAVAILLER ! &#187; Brillante d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fallait-il en d&#233;duire une d&#233;claration d'amour pour le travail, ou alors s'agissait-il d'obtenir le pr&#233;cieux salaire mensuel, celui qui vous donne droit au pr&#233;cieux logement (et encore), &#224; la pr&#233;cieuse bouffe, au pr&#233;cieux compte en banque, au pr&#233;cieux titre de transport pour aller au travail, au pr&#233;cieux titre de s&#233;jour, aux pr&#233;cieux habits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ce foutu cercle sans d&#233;but ni fin qui revient le plus souvent. D'o&#249; viennent l'argent et la n&#233;cessit&#233; de s'en procurer pour survivre, d'o&#249; viennent le travail salari&#233; et le rapport salariat/patronat, d'o&#249; vient le rapport marchand ? Mais plus encore, vous r&#233;pondra-t-on, qui a encore le temps de se poser ces foutues questions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut travailler parce qu'il FAUT TRAVAILLER &#187;. Certes, certes&#8230;Le genre de domaine social que le sacr&#233; a impr&#233;gn&#233; profond&#233;ment de son odeur f&#233;tide de malheur, de myst&#232;re, le pr&#233;servant de toute remise en cause.&lt;br class='manualbr' /&gt;Une &#233;vidence si partag&#233;e qu'on oublie de s'&#233;tonner que des ouvriers puissent s'engager dans des gr&#232;ves sauvages et dures, manifester et bloquer des routes, saccager des pr&#233;fectures&#8230; pour le droit au travail, pour le maintien de telle ou telle industrie, pour l'emploi. Nous sommes &#224; l'heure de l'apog&#233;e du culte du travail, &#224; l'heure o&#249; les patrons ne sont plus tant ha&#239;s pour ce qu'ils sont (ceux qui nous font trimer comme du b&#233;tail) mais parce qu'ils ne nous offrent plus de travail, parce qu'ils ferment les usines. Bien s&#251;r, il y a toujours ce sentiment diffus de haine de classe : les patrons sont des menteurs, des salauds qui nous traitent et nous virent comme de la merde, qui nous jettent comme des moins-que-rien quand &#231;a leur plait, nous licencient et partent avec la caisse sous le bras. Mais le &#171; patron-voyou &#187; disparu, on se presse d'en chercher un autre, plus honn&#234;te, un patron r&#233;glo', un brave homme qui respectera notre &#171; dignit&#233; de salari&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait toujours bizarre d'entendre des travailleurs dire &#224; un ministre sur un plateau t&#233;l&#233;, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; vir&#233;s : &#171; mais nous on est d'accord avec vous au fond, on veut que &#231;a marche, on veut travailler. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;D'autant plus lorsqu'en parall&#232;le se lit en majuscule sur la tronche des gens cette tristesse sans fond quand ils vont bosser, ou quand ils rentrent du boulot. L&#224; on se dit : &#171; Mais bordel c'est &#233;vident que personne n'aime son taff, que personne n'aime LE taff, puisque quel que soit le type de travail qui les tient encha&#238;n&#233;s, ils tirent tous les m&#234;mes gueules de macchab&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi le d&#233;go&#251;t se lit-il seulement dans l'intime, dans les regards fuyants ? Pourquoi la question du travail m&#232;ne si souvent &#224; une impasse lorsqu'elle est pos&#233;e publiquement ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Malgr&#233; toute cette vaste morgue qui tourne en rond, malgr&#233; le fait que la d&#233;pression touche une personne sur deux, que les psychotropes sont aval&#233;s &#224; la louche, on retrouve partout cette conne r&#233;plique du manifestant-type : &#171; il faut travailler parce qu'il faut travailler &#187;. La palme revenant &#224; une auditrice (prise au hasard) r&#233;agissant &#224; l'antenne &#224; un sujet m&#233;diatique (l'indemnisation des ch&#244;meurs) : &#171; Bien s&#251;r que je pense qu'il faut sanctionner les ch&#244;meurs ; pourquoi auraient-ils plus de droits que les autres ? Puisque moi je me l&#232;ve tous les matins pour aller au travail, pour ne pas me faire renvoyer, pourquoi est-ce qu'on ne punirait pas les ch&#244;meurs qui ne se l&#232;vent pas le matin pour chercher du travail ? &#187;. Comme le disait Maurice Thorez aux gr&#233;vistes d'apr&#232;s-guerre : &#171; Il est temps de se retrousser les manches, camarades ! &#187;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; Ca en dit autant : en dehors du temple du travail sacr&#233; et de ses disciples, il n'y a que des h&#233;r&#233;tiques &#224; convertir de force, &#224; sanctionner, ou &#224; r&#233;&#233;duquer socialement, &#224; d&#233;faut de les &#233;liminer purement et simplement comme &#233;l&#233;ments inutiles et nuisibles.&lt;br class='manualbr' /&gt;S'agit-il vraiment d'amour du travail ? Si on aime vraiment le travail, on peut tout au plus prendre en piti&#233; ceux et celles qui ch&#244;ment, du style : &#171; Ah les pauvres, ils ne savent pas ce qu'est le plaisir du travail, les joies du salariat, le bonheur du r&#233;veil &#224; six heures, les trains bond&#233;s. Ah c'est vraiment triste ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les ch&#244;meurs emp&#234;chent rarement (trop rarement) les travailleurs de travailler. Alors quoi ? Jalousie peut-&#234;tre ? Et comme on ne peut jalouser quelqu'un qui gagne moins d'argent que soi dans ce monde, il ne reste que la jalousie du &#171; temps libre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que reste-t-il &#224; r&#233;pondre &#224; ces personnes ? &#171; Bah ok alors, vas bosser et bon vent &#224; toi ! &#187;. D'ailleurs, comme disait l'autre : &#171; Les esclaves antiques, il fallait leur mettre des cha&#238;nes et des boulets en fonte aux pieds pour les emp&#234;cher de fuir ; les esclaves modernes, on leur donne deux semaines de vacances l'&#233;t&#233; et ils reviennent tous seuls &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et pourtant ils s'en plaignent de leur taff, de leur connard de petit chef qui leur p&#232;se sur le dos, qui les emmerde &#224; cent sous de l'heure, et que &#231;a leur ruine le moral et la sant&#233;, que &#231;a les stresse, que vivement la retraite, que j'ai pas envie de me lever putain&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Alors quoi ? Masochisme, schizophr&#233;nie de masse ?&lt;br class='manualbr' /&gt;De deux choses l'une :&lt;br class='manualbr' /&gt;- soit les esclaves modernes sont tellement d&#233;pendants de leurs ma&#238;tres que le choix ne se pose tout simplement pas,&lt;br class='manualbr' /&gt;- soit ils n'ont rien &#224; d&#233;sirer dans l'id&#233;e d'&#233;vasion, et le travail est alors un choix parmi d'autres possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand on y r&#233;fl&#233;chit, comment une soci&#233;t&#233; &#233;lev&#233;e sur la base des diverses d&#233;clinaisons du travaillisme (compris comme religion du travail) pourrait-elle avouer sans honte : &#171; Ah &#231;a le travail, c'est vraiment de la daube, j'suis bien d'accord ! &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un travaillisme institu&#233; depuis des si&#232;cles, d'abord comme id&#233;ologie du pouvoir, puis (comme toute id&#233;ologie qui fonctionne) relay&#233;e par la base, par &#171; les masses &#187;. Un travaillisme civique qui a apprit par c&#339;ur que l'oisivet&#233; est un des pires vices existant, et qui sait que les non-travailleurs sont un danger social, un p&#233;ril pour la s&#233;curit&#233;, cette autre religion moderne.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1962 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L212xH204/BD_tout_les_matins_je_suis_en_greve-2ba2d.png?1781037011' width='212' height='204' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On en vient &#224; penser qu'avec le temps, ce qui &#233;tait martel&#233; comme un devoir &#224; accomplir, surtout p&#233;niblement, prend le sens non plus d'un ch&#226;timent, d'une punition ou d'une marque d'abjection, mais au contraire de m&#233;rite, de r&#233;compense, de gratitude. Dans un tel monde renvers&#233;, on est fier de travailler, d'avoir sa m&#233;daille des &#171; quarante ans de bons et loyaux services &#187;, on s'&#233;panouit et on s'&#233;mancipe par le travail, on verse une larme de joie quand les usines ouvrent leurs portes &#224; proximit&#233;. Et qui sont ceux qui sont tax&#233;s d' &#034;aristocrates&#034; ? Ceux qui crient ouvertement que le travail est, a toujours &#233;t&#233;, et sera toujours une infamie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas si longtemps, les jaunes devaient faire profil bas lors des gr&#232;ves, quand ils croisaient leurs coll&#232;gues qui d&#233;brayaient et d&#233;truisaient les machines.&lt;br class='manualbr' /&gt;Aujourd'hui, les grandes gueules peuvent ouvertement laisser &#233;clater leur haine du gr&#233;viste et trouver de nombreux complices pour leur dire &#224; l'unisson : &#171; T'as bien raison, je te les enverrais travailler au Bangladesh pour trois euros de l'heure moi, pour leur apprendre ce que c'est que l'exploitation ! &#187; Et autant de partisans d'une loi pr&#233;voyant de rayer des listes les ch&#244;meurs refusant &#171; deux offres d'emploi acceptables &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Autant de produits (&#224; quel point consentants ?) de la frustration sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui en viennent &#224; ha&#239;r violemment, dans la vieille logique de la guerre civile, qui les plus oppress&#233;s par le capital, qui ceux qui ont la force de lutter et de rendre des coups &#224; la machine &#224; soumettre. Pensez donc ! Les patrons sont des rois-mages qui nous offrent du travail comme on offre des chocolats, et on ne leur en veut que lorsqu'ils ne tiennent pas leurs promesses (un peu comme avec les politiciens au fond).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce renforcement somme toute r&#233;cent du culte populaire du travail, de nombreuses charognes politiques ont une bonne part de responsabilit&#233;, syndicats, partis et organisations dites &#171; radicales &#187; en t&#234;te.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1963 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH211/Syndicatine_500-b50d0.jpg?1781037011' width='500' height='211' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Car l'ouvri&#233;risme n'est pas pour rien dans la d&#233;mocratisation de ce culte : les batailles pour le droit au travail (&#231;a r&#233;sonne comme un &#233;chos &#224; la vieille rengaine &#171; Mais il y a des gens qui sont morts pour que tu aies le droit de vote !! &#187;) ont commenc&#233; avec la constitution de ce qui s'appelle encore aujourd'hui le Mouvement Social, lui-m&#234;me ayant pris part &#224; l'enterrement des mouvements insurrectionnels caract&#233;ris&#233;s par le cassage en r&#232;gle de machines et d'usines. Aussi, apr&#232;s la &#034;mort&#034; de l'exploit&#233; r&#233;volt&#233;, surgit une autre &#171; figure &#187;, avec la bonne imagerie du prolo muscl&#233;, qui sue courb&#233; sur sa machine, plein de t&#233;nacit&#233; face &#224; l'adversit&#233; et la douleur, les parades d'ouvriers pour le premier mai avec force banderoles &#171; sauvez nos emplois et nos salaires &#187;, &#171; sauvez notre profession &#187;, &#171; l'industrie automobile doit survivre &#187;, ou encore &#171; pour la d&#233;fense de la m&#233;tallurgie en Lorraine &#187;, &#171; 3000 euros par mois d&#232;s maintenant c'est possible ! &#187; et autres hymnes bien puants incitant &#224; &#234;tre fier de sa condition. Une imagerie o&#249; la faucille ne sert plus &#224; &#233;gorger le contre-ma&#238;tre, ni le marteau &#224; d&#233;foncer le m&#233;tier &#224; tisser, mais &#224; repr&#233;senter le travail dans toute sa splendeur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L271xH409/Travail-e83a1.png?1781037011' width='271' height='409' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un ouvri&#233;risme pouss&#233; jusqu'aux slogans &#171; qui ne travaille pas ne mange pas &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reproduction fid&#232;le d'un verset de saint Paul &#233;non&#231;ant que &#034;Si quelqu'un ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; travaillons TOUS, moins et autrement &#187;, des slogans qui traduisent une vision de la &#171; Soci&#233;t&#233; Future &#187; pas si &#233;loign&#233;e que &#231;a de l'actuelle, qu'on pourrait r&#233;sumer par la formule suivante : &#171; L'anarchie &#233;tant l'expression achev&#233;e de l'Ordre (sic), et le travail &#233;tant &#171; la meilleure des polices &#187; (sans rire), l'anarchisme est donc l'id&#233;ologie du travail g&#233;n&#233;ralis&#233; &#187;. Que reste-t-il de &#171; r&#233;volutionnaire &#187; l&#224;-dedans, et quel plus beau cadeau pourrait-on faire &#224; ce syst&#232;me que cette fausse critique qui s'attaque &#224; la forme et laisse le fond intact ? Une id&#233;ologie qui viserait &#224; r&#233;cup&#233;rer les termes du &#171; vieux monde &#187; pour les pousser &#224; l'extr&#234;me et non plus les subvertir ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour clarifier les choses, un tract intitul&#233; &#171; Travailler pourquoi faire ? &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ou plus souvent, c'est l'apologie de l'autogestion comme rem&#232;de miracle, mythe entour&#233; de &#171; radicalisme &#187; mais compl&#232;tement vide (quoi ? les ouvriers vont forc&#233;ment mieux g&#233;rer l'industrie automobile, les prisons, les usines d'armement, les usines Airbus, les supermarch&#233;s ? Autog&#233;rer quoi en fait ?).&lt;br class='manualbr' /&gt;Une id&#233;ologie dans laquelle les ch&#244;meurs ne sont que des &#171; camarades travailleurs momentan&#233;ment priv&#233;s d'emploi &#187;, des victimes que le glorieux socialisme (m&#234;me dans sa version dite &#171; libertaire &#187;) s'empressera de rendre &#171; utiles &#187; et de &#171; valoriser &#187; &#224; nouveau. Des &#171; camarades &#187; qui doivent quand m&#234;me se sentir coupables de se tenir un peu &#224; l'&#233;cart de LA classe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvri&#233;risme proc&#232;de d'un raisonnement bien ficel&#233;, bien que recouvert par la poussi&#232;re du pass&#233; : le prol&#233;taire est la figure m&#234;me de l'individu (oups pardon, l'individu n'existe pas c'est vrai&#8230;) subissant de plein fouet l'exploitation, le symbole (personnifi&#233; autant que massifi&#233;) des m&#233;faits du capitalisme ; ce que les ouvri&#233;ristes utilisent pour dire &#171; le prol&#233;tariat comme classe est au centre de la lutte des classes, donc seul lui pourra faire la r&#233;volution, qui est son dessin historique, sa t&#226;che supr&#234;me &#187;. D'o&#249; la construction du sujet r&#233;volutionnaire cher non seulement aux marxistes, mais aussi &#224; de nombreux anarchistes &#171; lutte-de-classistes &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour r&#233;sumer, une id&#233;ologie fonctionnant sur la croyance en &#171; l'&#233;galitarisme n&#233;gatif &#187; du syst&#232;me, en l'autodestruction (toujours proche il para&#238;t) de ce dernier par &#171; exacerbation m&#233;canique de ses contradictions internes &#187;. Et &#233;tant donn&#233; que tout le monde -ou presque- va se retrouver &#224; plus ou moins long terme dans la m&#234;me merde, cela suffira &#224; d&#233;clencher une prise de conscience &#171; de classe &#187;, et la r&#233;volte puis la r&#233;volution&lt;br class='autobr' /&gt;
arriveront fatalement. Mis&#232;re sociale engendre automatiquement r&#233;volte&#8230;Vraiment ? Un bref coup d'&#339;il sur l'histoire suffit pourtant pour s'apercevoir que ce mythe, accompagn&#233; de la Gr&#232;ve G&#233;n&#233;rale, de la R&#233;volution Sociale, a &#233;t&#233; largement infirm&#233;. Parce qu'&#224; peu pr&#232;s tout peu na&#238;tre d'une col&#232;re r&#233;pandue, fut-elle &#171; de classe &#187; : fascisme, soul&#232;vements libertaires, autoritarismes, pouss&#233;es nationalistes, etc&#8230; Tout &#231;a pour dire que la mis&#232;re et l'oppression ne d&#233;terminent rien en soi (m&#234;me pas forc&#233;ment la col&#232;re), si ce n'est justement la mis&#232;re et l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, dans une situation o&#249; la paix sociale est largement bris&#233;e, il est largement pr&#233;f&#233;rable de voir des sabotages et autres blocages de voie de circulation de la marchandise, des s&#233;questrations de patrons, des sous-pr&#233;fectures saccag&#233;es, plut&#244;t que des pogroms, des chasses &#224; l'&#233;tranger et autres actes renvoyant &#224; la guerre civile, o&#249; les exploit&#233;s se tirent mutuellement dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce contexte, il est clair que l'ouvri&#233;risme comme partie int&#233;grante du travaillisme n'arrange pas les choses : fiert&#233; pour sa condition, amour du travail bien fait, renforcement d'une identit&#233; ouvri&#232;re qu'on se transmet dans la classe pour la reproduire, avec ses rites, son folklore, en somme l'exact oppos&#233; d'une volont&#233; d'auto-n&#233;gation du &#171; prol&#233;tariat &#187; dans la destruction du capital et du travail. &lt;br class='manualbr' /&gt;Et pas un mot, la plupart du temps, en dehors du sempiternel &#171; partage des richesses &#187;, sur l'origine du travail, sous pr&#233;texte que cela renverrait &#224; une &#171; r&#233;flexion &#233;tymologique sp&#233;cieuse &#187; ; pas un mot de critique sur son sens et sa signification, son r&#244;le social de domestication et de contr&#244;le, dans les bureaux comme dans les usines, sur sa capacit&#233; nihiliste &#224; tout fondre dans une m&#234;me cat&#233;gorie, de l'agriculture destructrice au nucl&#233;aire, de la fabrication des divers poisons industriels aux m&#233;tiers d'encadrement et de surveillance (profs, vigiles, cadres, employ&#233;s &#224; P&#244;le Emploi, assistantes sociales..). Pensez-vous, le Mouvement Social a trop besoin de draguer sa classe bien-aim&#233;e, il ne faudrait vexer personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est dit sur le fait que le travail n'est fondamentalement rien d'autre que notre force transform&#233;e en &#233;nergie pour le capital, celle dont il ne peut se passer, son essence vitale, son meilleur alli&#233;, et ce quel que soit le degr&#233; d'automatisation de la production. Rien sur le fait que le travail est ce qui nous ennuie, nous &#233;touffe, nous br&#251;le et nous d&#233;vore, la torture normale et morale qui nous cr&#232;ve. Et qu'au final, comme l'on d&#233;cr&#232;te ainsi que la vie n'a pas de sens en dehors du travail, celui-ci est &#233;rig&#233; en pillier de bronze d'une soci&#233;t&#233; ouvertement totalitaire, si totalitaire qu'elle est parvenue &#224; int&#233;grer ses faux contestataires et &#224; les recycler en prestataires de solutions alternatives &#224; une mise au travail forc&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Au final, rien n'est dit sur tout ce dont nous devrons nous d&#233;barrasser dans une perspective de lib&#233;ration, de l'argent au salariat, en passant par toutes les nuisances qu'il n'est pas question de g&#233;rer, mais de supprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans l'imm&#233;diat, le capital s'en frotte les mains, ainsi que tous ceux qui trouvent un int&#233;r&#234;t dans la perp&#233;tuation de l'existant.&lt;br class='manualbr' /&gt;Comment pourrait-il en &#234;tre autrement ? &#171; Le travail c'est la sant&#233; &#187; d&#233;clare le patron, &#171; Il faut travailler parce qu'il faut travailler &#187; r&#233;pond le &#034;manifestant responsable&#034;. La boucle est bien boucl&#233;e dans la d&#233;mocratie capitaliste. Et pour qu'elle se brise, il ne suffira pas que la haine du &#171; patron-voyou-qui-a-ferm&#233;-l'usine &#187; se r&#233;pande, pas plus que les appels &#224; l'autogestion &#233;manant d'organisations &#224; bout de souffle et trop occup&#233;es &#224; vouloir recruter des fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faudra-t-il que tous les Maurice Thorez des temps modernes se fassent d&#233;gager &#224; coup de pieds dans le cul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en finir avec le travail, le capital et leurs souteneurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH486/BD_Mauss_1-221af.png?1781037011' width='500' height='486' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/?NON-FIDES-NoIV&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;IV&lt;/a&gt;, juillet 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.non-fides.fr/?Contre-le-travail-et-ses-apotres" class="spip_out"&gt;http://www.non-fides.fr/?Contre-le-...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Reproduction fid&#232;le d'un verset de saint Paul &#233;non&#231;ant que &#034;Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus&#034;. Verset auquel on peut ajouter ces quelques mots tir&#233;s d'un Symbole mormon, et rapport&#233;s par M. Weber : &#034;Mais un indolent ou un paresseux ne peut &#234;tre chr&#233;tien, ni &#234;tre sauv&#233;. Il est destin&#233; &#224; &#234;tre &lt;i&gt;piqu&#233; &#224; mort&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;rejet&#233; hors de la ruche&lt;/i&gt;&#034;. Et l'auteur de commenter : &#034;C'&#233;tait surtout une extraordinaire &lt;i&gt;discipline&lt;/i&gt;, &#224; mi-chemin entre le clo&#238;tre et la manufacture, qui pla&#231;ait l'individu devant le choix entre le travail ou l'&#233;limination&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour clarifier les choses, un tract intitul&#233; &#171; Travailler pourquoi faire ? &#187; &#233;tait paru dans le premier num&#233;ro de ce journal, qui traduisait plus ou moins cette logique d'une &#171; vision alternative du travail &#187; ; nous sommes largement revenus sur cette mani&#232;re de voir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Adieu Non Fides</title>
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		<dc:date>2009-11-28T15:09:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Non Fides</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ans d'existence et quatre num&#233;ros, le journal Non Fides a d&#233;cid&#233; d'en finir.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton764-ba2f4.jpg?1781037011' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='54' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s deux ans d'existence et quatre num&#233;ros, le journal Non Fides a d&#233;cid&#233; d'en finir.&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;N&#233; de la volont&#233; de plusieurs individus de faire quelque chose qui leur ressemble, ce journal se voulait une sorte de proposition &#224; cr&#233;er, &#233;crire, d&#233;battre et r&#233;fl&#233;chir. Il nous apparaissait &#224; l'&#233;poque qu'un certain manque se faisait ressentir dans les domaines de l'analyse critique et de l'&#233;crit, un manque loin d'&#234;tre combl&#233;, &#224; quelques exceptions pr&#233;s, par les multiples journaux ne s'&#233;loignant pas des habituels chemins militants et alternatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ces temps o&#249; tout laisse croire que la lecture, l'analyse ou la th&#233;orie sont devenus des efforts insurmontables, un privil&#232;ge d'acad&#233;miciens et d'intellectuels, et o&#249; au final on sait de moins en moins lire, y compris dans les milieux radicaux ; &#224; cette &#233;poque o&#249; l'on doit choisir entre deux sp&#233;cialisations : l'activisme ou l'intellectualisme ; &#224; cette &#233;poque o&#249; tout semble converger vers la d&#233;gradation qualitative de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire, vers l'appauvrissement des rapports humains, nous voulions, avec Non Fides, contribuer &#224; notre mesure, &#224; op&#233;rer une jonction entre l'activit&#233; et la r&#233;flexion, l'action et l'analyse. Les personnes qui se sont impliqu&#233;es dans ce journal au cours de ces deux ann&#233;es, se sont rencontr&#233;es dans diff&#233;rentes luttes et ont voulu, ensemble, aller plus loin et partager un peu plus que de simples rassemblements, mouvements, activit&#233;s, activismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil de notre &#233;volution, il serait malhonn&#234;te de dire que nous ne nous sommes jamais senti d&#233;pass&#233;s par l'accueil que nous avons re&#231;u ici et l&#224;. Un accueil souvent respectueux dans sa r&#233;ciprocit&#233;, mais un accueil la plupart du temps fait d'enthousiasme acritique, ou &#224; l'inverse d'une stigmatisation permettant d'&#233;viter tout r&#233;el conflit d'id&#233;es. L'un comme l'autre nous ont encourag&#233;s &#224; vouloir en faire toujours plus, et c'est cette course effr&#233;n&#233;e qui a amen&#233; ce sentiment d'ali&#233;nation que nous ressentons aujourd'hui, de Non Fides par rapport &#224; ceux qui l'animaient. Comme si Non Fides n'&#233;tait plus qu'une repr&#233;sentation permanente de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tenons &#224; rappeler plusieurs choses. Tout d'abord, nous n'avons jamais voulu, ni pr&#233;tendu repr&#233;senter quoi que ce soit, ni une organisation, ni une tendance au sein d'un mouvement plus large, ni un courant, ni une fraction quelconque d'un hypoth&#233;tique mouvement social, et ce malgr&#233; les jugements &#224; l'emporte pi&#232;ce qui nous ont &#233;t&#233; adress&#233;s : tant&#244;t nous &#233;tions les &#171; totos &#187;, tant&#244;t les &#171; intellos &#187;, tantot les &#171; rupturo-rupturistes &#187; tant&#244;t les &#171; insurrectionalistes &#187;, tant&#244;t des &#171; assoiff&#233;s de violence &#187;. Si nous avons certainement fait l'erreur plusieurs fois d'employer ou de reprendre &#224; notre compte des &#171; ismes &#187; superflus, parfois pour les critiquer (mais sans que personne ne s'en aper&#231;oive), parfois pour les pousser plus loin, il semble que ces erreurs, nous les avons pay&#233;es cher jusqu'au bout de l'aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous parlons d'aventure, c'est bien cependant, que nous ne regrettons rien, pas m&#234;me nos erreurs qui ont contribu&#233; &#224; notre &#233;volution et dont nous ne ressentons pas le besoin de nous cacher, ou de les nier. Le journal, et le site qui lui est attach&#233;, ont &#233;t&#233; le reflet de l'&#233;volution qui a travers&#233; chacun de nous ; une &#233;volution qui n'est jamais facile, certes, mais n&#233;cessaire, et qui est toujours rest&#233;e attach&#233;e &#224; son autonomie vis-&#224;-vis des id&#233;ologues et des logiques de milieu, parfois avec tant de conviction que nos choix n'ont pas toujours refl&#233;t&#233; notre objectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publication &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; n'a jamais rassembl&#233; que quelques individus motiv&#233;s, et comme nous l'avons r&#233;guli&#232;rement r&#233;p&#233;t&#233;, n'a jamais affich&#233; la volont&#233; de s'agrandir, ni fait quoi que ce soit dans ce sens. Au contraire nous avons r&#233;p&#233;t&#233; &#224; qui voulait bien l'entendre que nous pr&#233;f&#233;rions la multiplication des initiatives &#224; l'unit&#233; derri&#232;re une grande et m&#234;me chapelle. Toujours pousser vers la qualit&#233;, quitte &#224; ce que la quantit&#233; en p&#226;tisse ou ne soit pas au rendez-vous. C'est aussi pour cela que la volont&#233; majeure derri&#232;re les publications, a toujours &#233;t&#233; de lutter contre la confusion, le frontisme et la fausse unit&#233;. Ce type de position ne nous a sembl&#233; que tr&#232;s rarement comprit, et cela fait partie des raisons qui nous poussent &#224; arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal est devenu de plus en plus important au fil du temps, de plus en plus pr&#233;sent. Cela, ajout&#233; &#224; l'appauvrissement g&#233;n&#233;ral dont nous parlions pr&#233;c&#233;demment, nous a amen&#233; &#224; un r&#233;sultat que nous ne souhaitions pas mais que nous avons malheureusement contribu&#233; &#224; renforcer, &#224; savoir une impression d'hyper-visibilit&#233; et d'omnipr&#233;sence, souvent virtuelle. Nous admettons sans g&#232;ne notre part de responsabilit&#233;. Cet enthousiasme nous a entre autre amen&#233;s &#224; nous doter d'un certain nombre d'outils pratiques (site, brochures, infokiosque&#8230;) qui ont contribu&#233; &#224; renforcer l'image d'une organisation large et formelle, et ce malgr&#233; nos vains efforts pour infirmer ces critiques. Face &#224; la confusion ambiante (dont certains d'entre nous &#233;taient issus), et contre laquelle nous voulions nous inscrire, nous avons eu tendance &#224; forger un discours anti-organisations, avec la volont&#233; de d&#233;construire chaque pan de ce qui nous d&#233;plaisait dans leurs divers discours naus&#233;eux. Dans cette bataille, nous sommes sans doute tomb&#233;s dans un pi&#232;ge malsain, celui de reproduire des r&#233;flexes d'organisation, m&#234;me informelle, et par l&#224;, de nous constituer en tant que &#171; p&#244;le &#187; distinct et facilement &#233;tiquettable au milieu de tout ce qui se dit &#171; subversif &#187;. Ceci ajout&#233; &#224; un r&#233;flexe de mettre des signatures et des logos l&#224; o&#249; il n'y en avait nul besoin, et la coupe &#233;tait pleine. Reste qu'&#224; la fin, et apr&#232;s de nombreuses discussions, nous avons identifi&#233; Non Fides comme ce logo que l'on pouvait apposer derri&#232;re chacune de nos productions, tel un r&#233;flexe conditionn&#233; propre aux organisations formelles pour lesquelles nous &#233;tions pourtant loin d'&#233;prouver une quelconque sympathie. Cette erreur a &#233;t&#233; facilit&#233;e, &#224; nos yeux, par la place d&#233;mesur&#233;e qu'occupe internet aujourd'hui, et qui fait que les &#171; discussions &#187; entre r&#233;volutionnaires ont de plus en plus lieu ailleurs que dans la vie, avec l'appauvrissement qui en d&#233;coule fatalement, mais aussi toute la cohorte de bassesses, d'insultes faciles et sans cons&#233;quences que cela permet, de toute part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, nous avons toujours tenu &#224; produire un journal papier, avant toute chose, et en priorit&#233;. De ce point de vue, nous sommes assez satisfaits du r&#233;sultat, et contents qu'un journal comme &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; ait pu exister, ne serait-ce que le temps de quatre num&#233;ros.&lt;br class='manualbr' /&gt;Lorsque nous avons publi&#233; un &#171; avis aux lecteurs &#187;, relatif &#224; la question financi&#232;re et &#224; nos publications, cela s'inscrivait &#233;galement dans cette volont&#233; de maintenir l'existence de la presse &#233;crite anarchiste, et quand nous disons cela, nous ne parlons &#233;videmment pas d'une diffusion suivant les sch&#233;mas et les outils de la presse classique, avec ses codes-barre, antivols, ISBN, et autres kiosques fourre-tout. Nous avions &#233;videmment en t&#234;te la volont&#233; de briser une tendance &#224; la &lt;i&gt;consommation&lt;/i&gt; de journaux anti-autoritaires, qui n'apporte rien d'enrichissant, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre. Cet avis traduisait une certaine lassitude, malgr&#233; la masse de compliments oraux que nous avons pu recevoir, mais qui n'allaient pas plus loin. Voici ce que nous disions &#224; l'&#233;poque : &#171; Le constat, avec l'&#233;mergence d'internet et la perte du contact humain qui en d&#233;coule, que ce genre de publication est de moins en moins soutenue est largement partag&#233; par une majorit&#233; de compagnons &#233;ditant du papier. Des publications de qualit&#233; meurent, r&#233;duisent leurs tirages ou se d&#233;localisent sur le net. Pour des anarchistes, ce constat est plus que navrant. Savoir que de nombreuses personnes promettent des ch&#232;ques qui ne viennent pas et ne pensent jamais aux frais d'envois qui sont les n&#244;tres, que beaucoup, dans une attitude de consommation toute d&#233;mocratique ne filent jamais un rond &#224; la presse anti-autoritaire que pourtant ils trouvent de l'int&#233;r&#234;t &#224; lire, nous informe d'une d&#233;t&#233;rioration claire des rapports. Avoir le m&#234;me rapport &#224; une publication comme Non Fides, qu'&#224; des publications commerciales montre &#233;galement &#224; quel point la soci&#233;t&#233; de consommation a su envelopper de sa main sale les petites bulles auto-proclam&#233;es subversives. &#187; Cette impression est toujours la n&#244;tre aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir un journal comme celui-l&#224; a toujours &#233;t&#233; une gal&#232;re financi&#232;re pour nous, et il nous semblait qu'il allait de soi dans l'esprit de chacun, qu'un journal pr&#234;t &#224; l'emploi et disponible ne puisse pas sortir de nulle part et tomber du ciel. Le tirage a toujours co&#251;t&#233; cher, ce n'est pas une nouveaut&#233;, et en tant qu'anarchistes, nous ne sommes pas dispos&#233;s &#224; trouver l'argent par n'importe quel moyen, mais selon notre &#233;thique. Ce choix &#233;tait assum&#233;, pour cr&#233;er un certain contact humain, &#233;viter la froideur totale d'un PDF balanc&#233; sur le net, lu avec les pieds et rang&#233; dans des dossiers virtuels par des archivistes des mondes parall&#232;les. De notre c&#244;t&#233;, lorsque nous lisons une publication qui nous int&#233;resse sinc&#232;rement, nous nous d&#233;merdons toujours pour lui filer un coup de main, m&#234;me modeste, qu'il soit financier ou non, d'ailleurs ; traduire, reprendre des textes, diffuser les publications... autant de petits gestes qui peinent &#224; devenir r&#233;ciproques, freinant ainsi la diffusion et la cr&#233;ation de liens affinitaires et mutuels, et agrandissant l'isolement. Cette r&#233;ciprocit&#233; anti-consommatrice, &#233;liminant de fait les sch&#233;mas s&#233;paratistes auteurs/lecteurs, nous ne l'avons jamais assez ressenti, encore une des raisons de cette mise &#224; plat g&#233;n&#233;rale. En r&#233;sum&#233;, nous tirons des conclusions assez pessimistes, notamment sur le fait qu'il faille &#234;tre riche et &lt;i&gt;populaire&lt;/i&gt; aujourd'hui pour pouvoir proposer un journal de qualit&#233; &#224; prix libre et s'y tenir, et pour que sa diffusion d&#233;passe les petits cercles restreints d'aficionados. Il ne s'agit pas l&#224; de consid&#233;rations &#233;conomiques, et comme nous l'avons souvent r&#233;p&#233;t&#233;, &#234;tre d&#233;ficitaires ou non, nous nous foutons de cela. La question &#233;tait ailleurs : &#234;tre en mesure de continuer &#224; donner une existence papier &#224; nos publications et &#224; pouvoir en retirer encore un peu de sens. Un journal qui ne s'inscrit plus dans une dynamique satisfaisante (&#233;mulation, pol&#233;miques, discussions, conflits, enthousiasme, solidarit&#233;, partage) perd &#224; nos yeux une partie de sa raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout autre chose : nous avons souvent re&#231;u le qualificatif de &#171; juges &#187; assis dans leur tour d'ivoire, totalement d&#233;tach&#233;s des r&#233;alit&#233;s et d&#233;livrant les bons et mauvais points en terme de radicalit&#233;, de fa&#231;on id&#233;ologique. Ou alors d'&#234;tre des &#171; r&#233;volutionnaires hors-sol &#187;, attendant le Grand Soir en crachant sur toute initiative jug&#233;e &#171; molle &#187;, &#171; r&#233;formiste &#187; et insuffisante. Face &#224; cela, nous r&#233;pondons simplement que les individus ayant particip&#233; &#224; ce journal se sont toujours refus&#233; &#224; reproduire la classique division/s&#233;paration entre th&#233;orie et pratique, et cela ne changera pas. &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; &#233;tant un outil anonyme, il n'avait pas &#224; rendre compte des activit&#233;s de ceux qui le composent. C'est pour cela que lorsqu'on nous envoyait, comme seule r&#233;action &#224; des r&#233;flexions, la remarque : &#171; Vous critiquez tout, mais qu'est-ce que vous faites concr&#232;tement ? &#187;, nous avons toujours refus&#233; de r&#233;pondre &#224; cela. Tout ce qui a &#233;t&#233; propos&#233; par le journal &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; (journaux, affiches, tracts, brochures) a eu une existence r&#233;elle : les journaux en librairies, les brochures sur les tables de presse, les tracts diffus&#233;s dans la rue, les affiches coll&#233;es sur les murs. Les tables de presse, par exemple, ont toujours fait partie de nos activit&#233;s r&#233;guli&#232;res, et cela non plus ne s'arr&#234;tera pas. Aussi, aux &#171; anarcho-flics &#187; qui nous ont sans cesse emmerd&#233;s avec leurs questions sur la concr&#233;tude de nos activit&#233;s, nous n'avons qu'une seule chose &#224; dire : sales flics. Chercher un ou des auteurs, publiquement, derri&#232;re chaque texte, chaque affiche, tract ou action, c'est faire un travail de keuf, c'est m&#233;riter sa correction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un journal dispara&#238;t, mais pas les individus qui le faisaient, et ceux-ci comptent fermement continuer ce qu'ils ont fait jusqu'&#224; pr&#233;sent avec l'exp&#233;rience de leurs erreurs, mais aussi &#224; explorer des voies inconnues, avec au c&#339;ur une irr&#233;pressible volont&#233; de subvertir ce foutu monde dans lequel nous vivons et contre lequel nous nous battons, et de ne pas laisser en paix tout ce qui contribue &#224; nous maintenir esclaves. Un journal qui meurt pour exploser en une multitude de projets qui ne s'y r&#233;f&#233;renceront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bient&#244;t, ailleurs.&lt;br class='manualbr' /&gt;Vive l'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article557&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.non-fides.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On pourra toujours commander des exemplaires de Non Fides N&#176;4, &#224; l'adresse habituelle. Le site, lui, plut&#244;t que de se contenter d'&#234;tre la vitrine d'un journal, continuera son chemin autrement. Il prendra peu &#224; peu la forme d'une base de donn&#233;e anarchiste internationale et multilingue qui pourra servir (&#224; celles et ceux qui en ressentent le besoin) d'archive de tracts, affiches, journaux, textes, brochures, analyses, actualit&#233; et contre-information. Nous continuerons le travail effectu&#233; sur les vieilleries, ainsi que les traductions. Nique la France, guerre sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Anarchisme contre l'antifascisme</title>
		<link>https://www.infokiosques.net/spip.php?article722</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.infokiosques.net/spip.php?article722</guid>
		<dc:date>2009-10-19T09:58:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alfredo M. Bonanno, Antoine Gimenez, Belgrado Pedrini, Emilio Strafelini, Non Fides, Severino Di Giovanni</dc:creator>


		<dc:subject>Anarchismes, anarchie</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Agitations arm&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Critiques du citoyennisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'anti-fascisme est la lutte contre l'un des diff&#233;rents modes de gestion de l'&#201;tat et de la domination. Il se place aux cot&#233;s de l'anti-th&#233;ocratisme, l'anti-d&#233;mocratisme, l'anti-r&#233;publicanisme etc. Il n'est qu'un composant minimal parmi tant d'autres de l'anti-autoritarisme. Si nous d&#233;cidons cependant de prendre la plume contre l'anti-fascisme d'un point de vue anarchiste, ce n'est pas par amour du fascisme, mais bien par haine de tous les modes de gouvernement de l'&#201;tat, du pouvoir et de ses ennemis qui ne souhaitent que le gerer ou le remplacer par un autre.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'anti-fascisme a trop souvent servi d'excuse &#224; des unions sacr&#233;es et des fronts unis d'alliances contre-nature, il a trop souvent servi &#224; renforcer la succession du fascisme par d'autres soci&#233;t&#233;s de domination, telles que la d&#233;mocratie. Lorsque l'anti-fascisme n'est que l'autre nom de la d&#233;fense de l'existant, il n'est qu'un autre adversaire du projet anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous opposons ici l'anarchisme &#224; l'anti-fascisme.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;A&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Anarchismes, anarchie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Agitations arm&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Critiques du citoyennisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L106xH150/arton722-8fb85.jpg?1780789914' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff722.jpg?1249252391&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Anarchisme contre l'antifascisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis 1945 r&#232;gne dans les pays anciennement fascistes un mythe structurant. D&#233;livr&#233;s du joug de l'&#233;pisode fasciste de l'Etat, et aussit&#244;t pass&#233;s &#224; l'&#233;pisode d&#233;mocratique, la condition des habitants de ces pays aurait &#233;t&#233; radicalement boulevers&#233;e. Beaucoup s'en r&#233;jouissent encore aujourd'hui, une cinquantaine d'ann&#233;es de pacification sociale plus tard, en t&#233;moigne les nombreuses manifestations et comm&#233;morations annuelles inscrites au calendrier de tout bon Etat qui se respecte. Les exploit&#233;s, les ind&#233;sirables auraient alors miraculeusement chang&#233; de condition. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ce mythe est le mythe de la lib&#233;ration de 45, c'est le mythe antifasciste, nous allons tenter d'en d&#233;gager quelques traits.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans cette mythologie, comme dans toute mythologie, une illusion qui pourchasse la raison. Les ind&#233;sirables extermin&#233;s, massacr&#233;s, tortur&#233;s &#224; mort sous le r&#233;gime fasciste et ceux enferm&#233;s, exploit&#233;s, expuls&#233;s, contamin&#233;s, g&#233;n&#233;tiquement fich&#233;s sous le r&#233;gime d&#233;mocratique n'ont en fait jamais chang&#233; de condition, ils n'ont chang&#233; que de conditions de vie. &lt;br class='manualbr' /&gt;Chaque r&#233;gime a eu ses cat&#233;gories d'ind&#233;sirables, parfois les m&#234;mes. Chaque groupement humain autoritaire a poss&#233;d&#233; ses esclaves, ses ennemis, son langage sp&#233;cifique, ses tendances &#224; la domestication, sa part de servitude volontaire et son arsenal punitif. De la tribu primitive au fascisme, de la d&#233;mocratie &#224; la tyrannie. Il suffit que le principe d'autorit&#233; surgisse pour qu'un contrat plus ou moins forc&#233;, qu'il soit &#171; laxiste &#187; ou enti&#232;rement coercitif, soit scell&#233; par ceux qui d&#233;tiennent le moindre pouvoir et ceux que la faiblesse mat&#233;rielle et sociale encage aux confins de la domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ce mythe sont multiples et nombreuses, elles sont tellement ancr&#233;e depuis les bagnes scolaires jusqu'aux bagnes fun&#232;bres que s'en d&#233;faire rel&#232;ve d'une d&#233;construction profonde, et pour beaucoup, douloureuse. Mais essayons tout de m&#234;me de poser quelques notes sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1.	Attaquer dans le but de causer des d&#233;g&#226;ts au pouvoir et jeter le d&#233;sordre en son sein pour l'affaiblir tant id&#233;ologiquement que mat&#233;riellement.&lt;br class='manualbr' /&gt;2.	Accentuer les conflictualit&#233;s pour tracer des lignes de d&#233;marcation nettes et belliqueuses entre les partisans de la libert&#233; sans concession et les partisans de la domination et du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux moyens ont toujours &#233;t&#233; de fa&#231;on compl&#233;mentaire et pour beaucoup d'anarchistes, des cartes &#224; jouer pour assouvir notre faim effr&#233;n&#233;e de libert&#233;. C'est ce qu'ont fait de nombreux anarchistes des temps pr&#233;-d&#233;mocratiques sous les divers fascismes, de l'Europe (Gr&#232;ce, Italie, Espagne, Portugal, France&#8230;) &#224; L'Am&#233;rique Latine (Chili, Argentine, Guatemala&#8230;). Avec des moyens plus ou moins radicaux : du sabotage &#224; la diffusion de tracts et de placards muraux, de l'utilisation d'engins explosifs ou incendiaires &#224; l'&#233;dition de journaux. Beaucoup se sont &#233;lanc&#233;s &#224; corps perdu dans cette lutte, beaucoup l'ont pay&#233; au prix de leur vie ou de leur libert&#233;, ce qui revient au m&#234;me, et beaucoup d'entre eux sans ne jamais rien attendre d'autre en retour que le triomphe de l'id&#233;e anti-autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, ils sont moins nombreux, ceux qui identifi&#232;rent leur ennemi irr&#233;conciliable avec justesse, ceux pour qui la b&#234;te immonde &#224; abattre &#233;tait le pouvoir, et non le &lt;i&gt;mode de gestion&lt;/i&gt; du pouvoir, aussi fasciste soit-il. Peu nombreux aussi ceux qui n'ont pas baiss&#233; les armes lorsqu'en face la d&#233;mocratie venait d'h&#233;riter de l'arsenal scientifique, mat&#233;riel et id&#233;ologique du fascisme dans une m&#234;me continuit&#233; de la domination &#233;tatique et &#233;conomique.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il y en eut qui n'abaiss&#232;rent pas les armes apr&#232;s la passation de pouvoir, les r&#233;cits sont discrets mais nombreux. Belgrado Pedrini&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Condamn&#233; &#224; mort par le fascisme, Pedrini se voit lib&#233;r&#233; en 1944 de la prison (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est de ceux qui furent &#171; bandits &#187; sous Mussolini, parce qu'ils s'insurg&#232;rent contre l'ordre fasciste, et &#171; criminels &#187; au sortir de la guerre, parce qu'ils refus&#232;rent de s'en remettre aux autorit&#233;s d&#233;mocratiques issues de la R&#233;sistance. il y en avait qui, malgr&#233; le fait qu'ils n'aient pas surv&#233;cu au fascisme, essayaient d&#233;j&#224; d'attirer l'attention sur le fait que l'ennemi v&#233;ritable &#233;tait le pouvoir et non le fascisme, comme Severino Di Giovanni, insistant lui, sur le fait que les puissants, fascistes ou non, sont toujours les m&#234;mes : &#171; Avec eux, il ne pourra jamais y avoir de r&#233;conciliation. Au m&#234;me titre que les phalanges &#224; t&#234;te de mort d'aujourd'hui, ils ont hier (oui, eux, les antifascistes d'aujourd'hui, les opposants et r&#233;fugi&#233;s politiques, ceux qui ont v&#233;g&#233;t&#233; dans les marais m&#233;phitiques de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente) &#233;t&#233; des maquereaux, ils ont v&#233;cu dans les coulisses du Viminal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le palais pr&#233;sidentiel italien.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou dans les chambres du parlement, appuyant ou soutenant le r&#233;gime et ses infamies. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Il nostro antifascismo, extrait de Culmine N&#176;16, 23 d&#233;cembre 1926.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il leur aura fallu dissiper l'&#233;cran de fum&#233;e fasciste pour leur permettre d'identifier les jeux de pouvoirs qui derri&#232;re le rideau, tiraient les ficelles. Le fascisme est au pouvoir ce que le dialecte est au langage, un simple mode d'expression parmi d'autres, et ces autres sont la dictature, la th&#233;ocratie, le communisme et la d&#233;mocratie. C'est la d&#233;mocratie qui de nos jours, a su se rendre le meilleur mode de gestion politique et social du capitalisme occidental. C'est aussi pour cette raison que le fascisme a fait son temps. Il ne reste de lui qu'une brumeuse nostalgie dans les esprits de quelques imb&#233;ciles bien trop isol&#233;s et inconstants pour menacer la d&#233;mocratie ; qu'ils d&#233;ambulent en costard de politicien ou munis d'une batte de base-ball ne semble rien changer &#224; l'affaire. La d&#233;mocratie a ent&#233;rin&#233; la d&#233;faite des modes de gouvernement omni-coercitifs en occident. Si nous nous foutons de la vie des quelques fascistes d'aujourd'hui, et cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas les combattre eux aussi, nous nous sentons bien plus concern&#233;s par la d&#233;g&#233;n&#233;rescence et la r&#233;cup&#233;ration d'un antifascisme de lutte contre le pouvoir des ann&#233;es pr&#233;-d&#233;mocratiques par un antifascisme nouveau cru et vid&#233; de tout sens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cet antifascisme l&#224;, n'est en fait rien d'autre qu'une sc&#232;ne culturelle, un milieu avec une identit&#233; communautaire tel que les ann&#233;es 80/90s ont tant su en produire : Skaters, gothiques, fans de jeux-vid&#233;os, traders, satanistes, technophiles, new-borns, ravers, baby-boomers, v&#233;liplanchistes et je ne sais quoi d'autre encore. L'autoproclam&#233; antifascisme est aujourd'hui devenu, comme tous ceux cit&#233;s avant, un vulgaire mode de consommation collectif et &#233;ph&#233;m&#232;re. L'on est antifasciste quelques ann&#233;es avant de devenir trader ou m&#233;canicien. Parfois on le reste &#233;ternellement comme d'autres d&#233;dient leurs vies &#224; Michael Jackson, &#224; leur collection de boite d'allumettes ou &#224; leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord le code vestimentaire, du lacet au cale&#231;on, il y a les marques conseill&#233;es et les marques bannies &#8211; le plus souvent parce qu'elles sont d&#233;j&#224; r&#233;serv&#233;es par la communaut&#233; oppos&#233;e : les n&#233;o-fascistes - le gang adverse de celui des n&#233;o-antifascistes, vous suivez ? Ensuite il y a le lien social : les f&#234;tes, les bars, squats et salles de concert attitr&#233;s, tout autant d'occasions d'&#233;prouver son style et son charisme au devant de l'alt&#233;rit&#233; intra-communautaire. Aussi la musique officielle et les all&#233;geances collectives aux divers outils de la domestication tels que les syndicats ; l'antifasciste va choisir tel ou tel syndicat -celui que son identit&#233; communautaire lui sugg&#232;re- de la m&#234;me mani&#232;re qu'un nationaliste corse au supermarch&#233; va choisir un fromage corse parmi une centaine d'autres. Puis une bonne dose de mythomanie, de mythologie et de peopolisation &#224; propos des affrontements de rue avec l'ennemi fantasm&#233; tentaculaire afin de justifier l'antifascisme au-del&#224; de son obsolescence manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a d'autres encore, de ces &#233;l&#233;ments qui font que l'antifascisme aujourd'hui n'est plus qu'un simple loisir. Avec la mort du fascisme, on a du maintenir l'anti-fascisme sous respiration artificielle, et avec un acharnement th&#233;rapeutique sans barri&#232;res, jusqu'&#224; ce que l'on aboutisse &#224; cet avatar d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#224; la fois de la soci&#233;t&#233; de consommation et de la nostalgie d'une lutte offensive contre le pouvoir. Alfredo Bonanno nous raconte, apr&#233;s avoir soulign&#233; l'importance de la m&#233;moire et de la transmission des anciens qui ont combattu le fascisme les armes &#224; la main : &#171; Je comprends moins ceux qui un demi-si&#232;cle plus tard et n'ayant pas v&#233;cu ces exp&#233;riences (ne se trouvant donc pas prisonniers de ces &#233;motions) empruntent des explications qui n'ont plus aucune raison d'exister et qui ne sont souvent rien de plus qu'un simple &#233;cran de fum&#233;e derri&#232;re lequel se cacher confortablement. Je suis anti-fasciste !, vous jettent-ils &#224; la figure comme une d&#233;claration de guerre, et vous ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le texte Che ne facciamo dell'antifascismo ?, publi&#233; dans la revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si de nombreux r&#233;volutionnaires se tournent vers un futur trop lointain, donc impalpable, les antifascistes eux, sont tourn&#233;s vers un pass&#233; tout aussi impalpable. Vers des &#233;motions qui ont &#233;t&#233; v&#233;cues par nos anciens, les rares survivants de ces temps r&#233;volus. Si ils ont tant de choses &#224; raconter, il n'y a pour autant plus aucun antifasciste pour les &#233;couter. C'est que nos anciens sont des ennemis de l'&#201;tat, anarchistes, qu'ils ne sont donc pas c&#233;l&#233;br&#233;s chaque ann&#233;e par l'&#201;tat, et sont donc inconnus de tous ceux qui ne s'y sont pas int&#233;ress&#233;s de fa&#231;on autonome et individuelle. C'est ainsi que nos antifascistes se tournent vers la m&#233;moire de r&#233;sistants communistes autoritaires, parfois nationalistes et parfois gaullistes. Ces m&#234;mes r&#233;sistants qui au lendemain de la guerre ont pris le pouvoir, qui ont pers&#233;cut&#233; nos compagnons. L'histoire ayant toujours &#233;t&#233; &#233;crite par les dominants, et la curiosit&#233; et l'&#233;rudition manquant &#224; l'appel, c'est de cette r&#233;sistance mythifi&#233;e dont se p&#226;ment les antifascistes d'aujourd'hui, et nous ne parlons l&#224; que de ceux qui se r&#233;clament de l'anarchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils sont nombreux et tr&#232;s peu &#224; la fois, ceux qui se r&#233;clament de l'anarchisme dans le mouvement culturel antifasciste ; je m'explique. La sc&#232;ne artistique antifasciste d'aujourd'hui se plait &#224; m&#233;langer les symboles et les ic&#244;nes. Souvent se trouvent c&#244;te &#224; c&#244;te des symboles du folklore anarchiste (drapeaux noirs, A cercl&#233;s, marins r&#233;volt&#233;s de Kronstadt et autres figures historiques mis en avant pour leur h&#233;ro&#239;sme...) et des symboles dont le folklore nous rappelle les massacres et les peines d'emprisonnement anti-anarchistes : Les trois fl&#232;ches de la S.F.I.O. de Jaur&#232;s et de Blum devenue logo officiel des antifascistes, les drapeaux rouges et les visages de L&#233;nine, Mao, parfois Staline et autres bouchers comp&#233;titeurs des pires fascistes. Tant de symboles m&#233;lang&#233;s entre eux, donc vid&#233;s de tout sens. La sc&#232;ne culturelle antifasciste joue aujourd'hui le r&#244;le d'un agent de confusion efficace au service de l'affaiblissement de toute clart&#233; r&#233;volutionnaire, au service du pillage de la m&#233;moire des anarchistes qui ont combattu le fascisme et qui n'ont pas d&#233;pos&#233; les armes lorsque la sale gueule de la d&#233;mocratie pointait son nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voila pourquoi nous ne sommes pas antifascistes. Notre anarchisme est de fait antifasciste puisque le fascisme n'est qu'un &#233;ni&#232;me mode de gestion, certes plus violent, plus spectaculaire et plus identifiable de la domination. Mais l'anarchisme est un courant qui a toujours su identifier ses ennemis : l'Etat et la domination, qu'ils soient fascistes, antifascistes, d&#233;mocrates ou communistes, ou pr&#233;tendument anarchistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme en Espagne o&#249; les Cenetistes Juan Garc&#237;a Oliver et Federica Montseny (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous opposons l'anarchisme &#224; l'antifascisme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non Fides.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire de l'anti-fascisme ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le renard sait beaucoup de choses. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le porc-&#233;pic n'en sais qu'une, mais une grande. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Archiloque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme est un mot &#224; sept lettres qui commence par F. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les gens aiment jouer avec les mots, qui en dissimulant en partie la r&#233;alit&#233;, les d&#233;chargent de toute r&#233;flexion personnelle ou de toute prise de d&#233;cision. Le symbole agit &#224; notre place en nous fournissant un drapeau et un alibi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et placer &#171; &lt;i&gt;anti-&lt;/i&gt; &#187; devant le symbole n'&#233;quivaut pas &#224; &#234;tre absolument contre tout ce qui nous d&#233;go&#251;te. Nous nous sentons &#224; l'aise de ce c&#244;t&#233;-ci, avec le sentiment du devoir accompli. Avoir recours &#224; ce &#171; &lt;i&gt;anti-&lt;/i&gt; &#187; nous donne une conscience claire, nous enfermant dans un domaine bien gard&#233;, et tr&#232;s fr&#233;quent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les choses &#233;voluent. Les ann&#233;es passent, tout comme les relations de pouvoir. De nouveaux patrons prennent la place des vieux et le cercueil tragique du pouvoir passe d'une main &#224; l'autre. Les fascistes d'antan ont observ&#233; le jeu d&#233;mocratique et ont laiss&#233; leurs drapeaux et leurs croix gamm&#233;es &#224; quelques t&#234;tes brul&#233;es. Et pourquoi pas ? Apr&#232;s tout, nous parlons l&#224; d'hommes de pouvoir. Les bavardages vont et viennent, le r&#233;alisme politique est &#233;ternel. Mais nous, qui ne voulons savoir que peu ou rien de la politique, nous demandons &#224; nous-m&#234;mes, embarrass&#233;s, qu'&#224;-t-il bien pu se passer pour que les chemises noires, les fascistes &#224; barres de fer que nous avons combattus avec r&#233;solution, disparaissent de la sc&#232;ne ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi, comme des poules sans t&#234;tes nous cherchons un nouveau bouc &#233;missaire contre lequel nous pouvons l&#226;cher notre &lt;i&gt;pr&#234;t-&#224;-ha&#239;r&lt;/i&gt;, alors que tout autour de nous, tout tend &#224; devenir plus subtil et plus m&#251;r et que le pouvoir nous invite &#224; entrer en dialogue avec lui : Mais marchez vers l'avant je vous prie, en avant, dites ce que vous devez dire, ce n'est pas un probl&#232;me ! N'oubliez pas, nous vivons en d&#233;mocratie, chacun a le droit de dire ce qu'il veut. D'autres &#233;coutent, sont d'accord ou ne sont pas d'accord, mais les purs d&#233;cident du jeu. La majorit&#233; gagne et il ne reste plus &#224; la minorit&#233; que le droit de continuer &#224; n'&#234;tre pas d'accord. Tout cela, aussi longtemps que la totalit&#233; se r&#233;duit &#224; la dialectique du &#171; &lt;i&gt;choisir son camp&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous devions r&#233;duire la question du fascisme &#224; de simples mots, nous serions forc&#233;s d'admettre que tout cela n'ait &#233;t&#233; qu'un jeu, ou peut-&#234;tre un r&#234;ve. &lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &lt;i&gt;Mussolini, un honn&#234;te homme, un grand politicien. Il a fait des erreurs. Mais qui n'en fait pas ? puis il est devenu hors de contr&#244;le. Il a &#233;t&#233; trahi. Nous avons tous &#233;t&#233; trahis. De la mythologie fasciste ? Laisse tomber ! Il n'y a aucun int&#233;r&#234;t &#224; penser &#224; de telles reliques du pass&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Hitler&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Klausmann, en faisant le portrait sarcastique de la mentalit&#233; de Gerhart Hauptmann, le vieux th&#233;oricien du r&#233;alisme politique, &#171; &lt;i&gt;mes chers amis ! ... sans rancune ! Essayons d'&#234;tre... Non, si vous me permettez, ... permettez moi ... objectif ... Voulez vous que je vous serve un autre verre ? Ce champagne... vraiment exquis - Ce Hitler l&#224;, je veux dire ... le champagne aussi, d'ailleurs, quelle grande &#233;volution ... la jeunesse allemande... environ 7 millions de votes ... comme je le dis souvent &#224; mes amis juifs... ces allemands... incroyable nation... vraiment myst&#233;rieuse ...des impulsions cosmiques... Goethe ... la saga de la dynamique ... des tendances &#233;l&#233;mentaires et irr&#233;sistibles...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, que cesse le papotage. Les diff&#233;rences s'att&#233;nuent autour d'un verre de bon vin, et tout devient une question d'opinion. Parce que, et c'est l&#224; la chose importante, il y a des diff&#233;rences, pas entre le fascisme et l'anti-fascisme, mais entre ceux qui veulent le pouvoir et ceux qui se battent contre le pouvoir et le refusent. Mais quelles sont les bases de ces diff&#233;rences &#224; d&#233;chiffrer ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Peut &#234;tre en ayant recours &#224; analyse ? Non, je ne pense pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les historiens sont la cat&#233;gorie la plus utile d'idiots au service du pouvoir. Ils pensent connaitre &#233;norm&#233;ment, mais plus ils &#233;tudient furieusement des documents, plus ils ne connaissent rien d'autre. Les documents qui certifient ind&#233;niablement ce qui est arriv&#233; proc&#232;dent de la volont&#233; de l'individu emprisonn&#233; dans la rationalit&#233; de l'&#233;v&#233;nement. L'&#233;quivalent de la v&#233;rit&#233; et du fait. Consid&#233;rer qu'autre chose est possible devient un vague passe-temps litt&#233;raire. Si l'historien a la moindre lueur vacillante d'intelligence, il se dirige imm&#233;diatement vers la philosophie, s'immergeant dans l'angoisse commune, dans les contes de f&#233;es et de ch&#226;teaux enchant&#233;s. En attendant le monde autour de nous se voit emprisonn&#233; entre les mains des puissants, et leur culture du livre de r&#233;vision d'examens est incapable de souligner la diff&#233;rence entre un document et une pomme de terre cuite. &#171; &lt;i&gt;Si la volont&#233; de l'homme &#233;tait libre&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Tolsto&#239; dans &lt;i&gt;Guerre et Paix&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;toute l'histoire serait une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements fortuits... Si au lieu de cela il y a une loi dirigeant seule les actions de l'homme, alors le libre arbitre ne peut exister, parce que la volont&#233; de l'homme doit &#234;tre soumise &#224; ces lois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que les historiens sont utiles, particuli&#232;rement pour nous fournir des &#233;l&#233;ments confortables, des alibis et des b&#233;quilles psychologiques. Quel courage ces Communards de 1871 ! Ils sont morts comme de braves hommes, dos au mur du P&#232;re Lachaise ! Et le lecteur est excit&#233; et se pr&#233;pare &#224; mourir aussi si n&#233;cessaire, dos au prochain mur des communards. Attendre des forces sociales qu'elles nous mettent dans la condition du mort h&#233;ro&#239;que nous traverse alors quotidiennement, souvent au seuil de la mort sans m&#234;me que cette occasion ne se pr&#233;sente. Mais les tendances historiques ne sont pas si exactes. Donnez ou prenez une d&#233;cennie, nous pourrions manquer cette occasion et nous retrouver les mains vides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous voulez mesurer l'imb&#233;cillit&#233; d'un historien, faites lui raisonner sur les choses qui arrivent aujourd'hui plut&#244;t que dans le pass&#233;. Cela vous ouvrira l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, pas d'analyse historique non plus : la discussion peut-&#234;tre politique ou politico-philosophique, du genre que nous nous sommes habitu&#233;s &#224; lire ces derni&#232;res ann&#233;es. Le fascisme est quelque chose une minute et quelque chose d'autre la minute suivante. La technique n&#233;cessaire pour en arriver &#224; cette analyse est vite vue. Prenez le m&#233;canisme h&#233;g&#233;lien d'affirmation et d'infirmation simultan&#233;es, extrayez-en une affirmation pure &#224; propos de ce qui vous vient &#224; l'esprit. Cela ressemble &#224; ce sentiment de d&#233;ception que l'on a lorsqu'apr&#232;s avoir couru pour attraper un bus, on r&#233;alise que le chauffeur, m&#234;me s'il nous a vu, a acc&#233;l&#233;r&#233; au lieu de s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien, dans ce cas on peut d&#233;montrer, et je pense qu'Adorno l'a fait, que c'est pr&#233;cis&#233;ment une vague de frustration inconsciente - caus&#233;e par la vie qui nous &#233;chappe et devient insaisissable - qui d&#233;ferle en nous, nous donnant envie de tuer le conducteur. Tels sont les myst&#232;res de la logique H&#233;g&#233;lienne ! Ainsi, le fascisme devient progressivement moins m&#233;prisable. Parce qu'&#224; l'int&#233;rieur de nous, se cachant dans un coin sombre de notre instinct animal, le rythme du c&#339;ur s'excite. Pourtant inconnu de nous-m&#234;mes, un fasciste se cache en nous. Et c'est au nom de ce potentiel fasciste que nous venons &#224; justifier tous les autres. Pas d'extr&#233;mistes, bien entendu ! Tant de gens sont-ils morts ? &lt;br class='manualbr' /&gt;Plus s&#233;rieusement, au nom d'un sens bancal de la justice, des personnes qui &#233;taient pourtant dignes de respect mettent les non-sens de Faurisson en circulation. Mais non, mieux vaut ne pas s'aventurer le long de cette route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les connaissances sont rares et que le peu de notions que nous avons semblent sautiller sur place dans une mer orageuse, il est facile de devenir la proie d'histoires invent&#233;es par ceux qui sont plus intelligents avec les mots que nous le sommes. Dans le but d'&#233;viter une telle &#233;ventualit&#233;, les Marxistes, gracieux programmeurs d'esprits qu'ils sont, ont entretenu l'id&#233;e que le fascisme &#233;tait l'&#233;quivalent de la matraque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233;, m&#234;me des philosophes comme Gentile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Giovanni Gentile (Castelvetrano, le 30 mai 1875 - Florence, le 15 avril (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont sugg&#233;r&#233; que la matraque, en agissant sur la volont&#233;, est aussi un moyen moral en ce qu'elle construit la symbiose future entre &#201;tat et individu dans cette unit&#233; sup&#233;rieure o&#249; l'acte individuel devient collectif. L&#224; nous voyons &#224; quel point les Marxistes et les fascistes sont originaires d'un m&#234;me stock id&#233;ologique, avec toutes les cons&#233;quences pratiques qui s'ensuivent, camps de concentration inclus. Mais continuons. Non, le fascisme n'est pas juste la matraque, il n'est pas non plus juste C&#233;line, Mishima, Pound&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ezra Weston Loomis Pound (Hailey, Idaho, &#201;tats-Unis, 30 octobre 1885 - 1er (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou Cioran. Il n'est pas un seul de ces &#233;l&#233;ments, ni aucun autre pris individuellement, mais tous, lorsqu'ils sont r&#233;unis. Ce n'est pas non plus la r&#233;bellion d'un individu isol&#233; qui choisit sa propre lutte personnelle contre toutes les autres, en incluant de temps en temps l'&#201;tat, et qui pourrait m&#234;me attirer cette sympathie humaine que nous ressentons pour tous les rebelles, m&#234;me les plus inconfortables. Non, cela n'est pas le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le pouvoir, le fascisme brut comme celui qui a pu exister sous des dictatures &#224; des p&#233;riodes diverses de l'histoire n'est plus un projet politique praticable. De nouveaux instruments apparaissent aux cot&#233;s des nouvelles formes de gestion du pouvoir. Alors laissons cela aux historiens pour qu'ils puissent m&#226;cher autant qu'ils le veulent. Le fascisme est d&#233;mod&#233; m&#234;me en tant qu'insulte politique ou accusation. Quand un mot en vient &#224; &#234;tre instrumentalis&#233; de fa&#231;on d&#233;sobligeante par ceux qui sont au pouvoir, nous ne pouvons pas l'ignorer. Et parce que ce mot et le concept li&#233; &#224; ce mot nous d&#233;go&#251;tent, il serait bien de mettre l'un et l'autre loin dans le grenier avec toutes les autres horreurs de l'histoire et l'oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oublier le mot et le concept, oui, mais surtout pas ce qui s'y dissimule. Nous devons garder cel&#224; &#224; l'esprit pour nous pr&#233;parer &#224; agir. La chasse aux fascistes pourrait en effet &#234;tre un sport plaisant de nos jours, mais il pourrait aussi repr&#233;senter ce d&#233;sir inconscient d'&#233;viter toute analyse plus profonde de l'existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je peux comprendre l'anti-fascisme. Je suis un antifasciste aussi, mais mes raisons ne sont pas semblables &#224; celle des anti-fascistes ! J'en ai entendu par le pass&#233; et j'en entend toujours aujourd'hui qui se d&#233;finissent comme tel. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour beaucoup, il fallait combattre le fascisme il y a vingt ans lorsqu'il &#233;tait au pouvoir en Espagne, au Portugal, en Gr&#232;ce, au Chili, etc. Mais pourtant, lorsque les nouveaux r&#233;gimes d&#233;mocratiques ont pris leurs marques dans ces pays, l'anti-fascisme qui poss&#233;dait tant de f&#233;roces adversaires s'est &#233;teint. C'est l&#224; que je me suis rendu compte que l'anti-fascisme de mes vieux camarades de lutte &#233;tait diff&#233;rent du mien. Pour moi rien n'avait chang&#233;. Ce que nous avons fait en Gr&#232;ce, en Espagne, dans les colonies portugaises et en d'autres endroits pourrait avoir continu&#233; m&#234;me apr&#232;s que les nouveaux &#201;tats d&#233;mocratiques aient h&#233;rit&#233; des succ&#232;s pass&#233;s du vieux fascisme. &lt;br class='manualbr' /&gt;Mais beaucoup n'&#233;taient pas d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire de savoir &#233;couter les vieux camarades qui nous racontent leurs aventures et les trag&#233;dies qu'ils ont connu, lorsqu'ils nous parlent de tous ceux qui furent assassin&#233;s par les fascistes, de la violence et de tout le reste. Mais, comme disait Tolsto&#239;, encore lui, &#171; &lt;i&gt;l'individu qui joue un r&#244;le dans des &#233;v&#233;nements historiques n'en comprend jamais vraiment la signification. S'il essaye de la comprendre, il devient un composant st&#233;rile&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je comprends moins ceux qui un demi-si&#232;cle plus tard et n'ayant pas v&#233;cu ces exp&#233;riences (ne se trouvant donc pas prisonniers de ces &#233;motions) empruntent des explications qui n'ont plus aucune raison d'exister et qui ne sont souvent rien de plus qu'un simple &#233;cran de fum&#233;e derri&#232;re lequel se cacher confortablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis anti-fasciste !&lt;/i&gt; &#187;, vous jettent-ils &#224; la figure comme une d&#233;claration de guerre, &#171; &lt;i&gt;et vous ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel cas, ma r&#233;ponse quasi-spontan&#233;e est - Non, je ne suis pas un antifasciste. Je ne suis pas un antifasciste de la fa&#231;on dont vous l'&#234;tes. Je ne suis pas un antifasciste parce que je suis all&#233; combattre les fascistes dans leurs pays pendent que vous restiez au chaud dans votre d&#233;mocratie. Je ne suis pas un antifasciste parce que j'ai continu&#233; &#224; me battre contre la d&#233;mocratie qui a remplac&#233; ces innombrables versions du fascisme dans ce v&#233;ritable feuilleton m&#233;lodramatique. La d&#233;mocratie utilise des moyens de r&#233;pression bien plus modernes, elle est, si cela vous fait plaisir, plus fasciste que les fascistes eux-m&#234;mes. Je ne suis pas un antifasciste parce que j'essaye encore d'identifier ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir aujourd'hui et je ne me laisse pas aveugler par des &#233;tiquettes et des symboles ; tandis que vous, vous continuez &#224; vous appeler anti-fascistes uniquement dans le but d'avoir une justification pour parader dans les rues &#224; vous cacher derri&#232;re votre banderole &#171; &lt;i&gt;&#224; bas le fascisme !&lt;/i&gt; &#187;. Bien s&#251;r, si j'avais eu plus de huit ans du temps de la &#171; r&#233;sistance &#187;, peut-&#234;tre aurais-je &#233;t&#233; moi aussi exalt&#233; par tant de jeunes m&#233;moires et d'antiques passions et surement que je n'aurais pas &#233;t&#233; si lucide. Mais je ne pense pas. Parce que si l'on examine soigneusement les faits, m&#234;me dans le conglom&#233;rat embarrass&#233; et anonyme de l'anti-fascisme des formations politiques, il y en eut qui ne se sont pas conform&#233;s, qui sont all&#233;s plus loin, ont continu&#233; et ont port&#233; leurs convictions bien au-del&#224; du &#171; &lt;i&gt;cessez-le-feu !&lt;/i&gt; &#187;. Parce que la lutte vitale n'est pas seulement contre les fascistes en chemises noires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les chemises noires, ou Milice Volontaire pour la S&#233;curit&#233; Nationale (MVSN) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du pass&#233; et ceux du pr&#233;sent, mais aussi et fondamentalement contre le pouvoir et tous ses &#233;l&#233;ments d'appui qui nous oppriment, m&#234;me lorsqu'il porte la figure laxiste et tol&#233;rante de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans ce cas la, vous auriez du le dire plus t&#244;t&lt;/i&gt; &#187; pourrait-on me r&#233;pondre - &#171; &lt;i&gt;vous &#234;tes un antifasciste aussi&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Et comment pourrait-il en &#234;tre autrement ? Vous &#234;tes anarchiste... donc vous &#234;tes anti-fasciste ! Arr&#234;tez de vous couper les cheveux en quatre et de nous emmerder.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je pense qu'il est utile de faire des distinctions claires, je suis anarchiste et je n'ai jamais aim&#233; les fascistes, ni leur projet. Pour d'autres raisons (mais qui apr&#232;s examen s'av&#232;rent &#234;tre les m&#234;mes), je n'ai jamais aim&#233; les d&#233;mocrates, les lib&#233;raux, les r&#233;publicains, les Gaullistes, les travaillistes, les Marxistes, les communistes, les socialistes ou n'importe lequel de ces projets. Contre eux, je n'ai jamais vraiment oppos&#233; mon anarchisme mais plut&#244;t ma diff&#233;rence : Tout d'abord mon individualit&#233;, ma propre compr&#233;hension de la vie, ressentir des &#233;motions, chercher, d&#233;couvrir, exp&#233;rimenter et aimer. Je permets seulement l'entr&#233;e &#224; ce monde qu'aux id&#233;es et aux gens qui m'attirent ; le reste je le garde g&#233;n&#233;ralement &#224; bonne distance de moi, poliment, ou autrement.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je ne me d&#233;fends pas, j'attaque. Je ne suis pas un pacifiste et je n'attends pas que les choses aillent au-del&#224; du niveau de s&#233;curit&#233; limite. J'essaye de prendre l'initiative contre ceux qui pourraient -m&#234;me potentiellement- constituer un danger pour ma fa&#231;on de vivre la vie. Et une partie de cette fa&#231;on de vivre est aussi le besoin et le d&#233;sir des autres - pas comme des entit&#233;s m&#233;taphysiques, mais comme des autres clairement identifi&#233;s, ceux qui ont une affinit&#233; avec ma fa&#231;on d'&#234;tre et de vivre. Et cette affinit&#233; n'est pas quelque chose de statique et grav&#233;e &#224; jamais dans la pierre. Il s'agit d'une affinit&#233; dynamique qui change et continue &#224; se cultiver et &#224; s'&#233;largir, en r&#233;v&#233;lant encore d'autres personnes et d'autres id&#233;es et en tissant un r&#233;seau de relation immense et divers, mais o&#249; la constance de ma fa&#231;on d'&#234;tre et de vivre avec toutes ses variations et &#233;volutions, n'est pas menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai voyag&#233; aux quatre coins du royaume des hommes et je n'ai pas encore trouv&#233; d'endroit pr&#233;cis o&#249; satisfaire ma soif pour la connaissance, la diversit&#233;, la passion, les r&#234;ves : un amant amoureux de l'amour.&lt;br class='manualbr' /&gt;Partout j'ai vu d'&#233;normes potentialit&#233;s se laisser &#233;craser par l'inconvenance, et de maigres capacit&#233;s fleurir au soleil d'une constance de l'engagement. Mais tant que fleurit l'ouverture vers ce qui est diff&#233;rent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;la r&#233;ceptivit&#233; &#224; se laisser p&#233;n&#233;trer et &#224; p&#233;n&#233;trer au point de ne plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'affinit&#233; est possible ; c'est possible de r&#234;ver &#224; un engagement commun, perp&#233;tuel et au-del&#224; du contingent, telle est l'approche humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus nous nous &#233;loignons de tout cela, plus les affinit&#233;s commencent &#224; s'affaiblir et finalement, &#224; dispara&#238;tre. Et alors nous les retrouvons l&#224;, tous ceux qui portent leurs opinions comme des m&#233;dailles, qui montrent leurs muscles et qui font tout ce qu'ils peuvent pour appara&#238;tre fascinants. Et au-del&#224;, la domination du pouvoir, ses lieux et ses hommes, la vitalit&#233; obligatoire, la fausse idol&#226;trie, le feu sans chaleur, le monologue, le bavardage, le tumulte, toutes ces choses qui peuvent &#234;tre pes&#233;es et mesur&#233;es demeurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout cela que je souhaite &#233;viter, voici mon anti-fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alfredo M. Bonanno&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Titre original : &lt;i&gt;Che ne facciamo dell'antifascismo ?&lt;/i&gt;, publi&#233; dans la revue italienne &lt;i&gt;Anarchismo&lt;/i&gt; N&#176;74. R&#233;edit&#233; en anglais avec d'autres textes de Bonanno dans le recueil &lt;i&gt;Dissonances&lt;/i&gt; en 2000 par Elephant Editions, coll. Work in Progress, &#224; Londres.&lt;br class='manualbr' /&gt;Traduction et adaptation en francais par &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt;, juillet/aout 2009.&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tu es antifasciste, oui ou non ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combien de fois m'a t-on pos&#233; cette question ? Je ne me souviens plus. Et &#224; chaque fois que j'ai cherch&#233; &#224; affronter cette discussion, cela a conduit &#224; mille incompr&#233;hensions et &#233;quivoques. Le fascisme n'a-t-il pas &#233;t&#233; l'incarnation du Mal absolu ? Alors il va de soi que l'antifascisme ne peut que repr&#233;senter le Bien absolu, une vertu &#224; exhiber en public, &#224; afficher en toute occasion. Gare &#224; vous si vous vous montrez distant en sa pr&#233;sence, si vous ne montrez pas la r&#233;v&#233;rence due &#224; son &#233;gard, si vous ne transmettez pas la glorieuse tradition, on vous regardera avec suspicion. Refuser d'applaudir devant l'antifascisme est forc&#233;ment synonyme d'une ambig&#252;it&#233; louche, voir pire...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le fait que la rh&#233;torique antifasciste soit arriv&#233;e en bout de course devrait paraitre assez clair pour quiconque, surtout aujourd'hui o&#249; tout le monde se proclame &#171; antifasciste &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous, y compris l'actuel pr&#233;sident de la Chambre (si, lui-m&#234;me, l'ex-dauphin d'Almirante, ce fusilleur de Partisans). Si si. Mais ceci est l'effet de l'obsolescence des mots et de leur sens : le terme &#171; fasciste &#187; a tellement &#233;t&#233; utilis&#233;, et on en a tellement abus&#233;, qu'il finit par d&#233;finir tout et son contraire ; et au final, pratiquement rien. Pourquoi donc utiliser encore et toujours ce terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, une pr&#233;cision. Laissons de c&#244;t&#233; les &#233;lucubrations s&#233;mantiques. Suis-je antifasciste, oui ou non ? Je suis un ennemi du fascisme, bien s&#251;r. Mais la d&#233;finition &#171; antifasciste &#187; provoque chez moi un certain agacement. Elle est trop r&#233;duite et suffocante. Je pense que l'antifascisme est effectivement une bonne chose, mais de fa&#231;on tr&#232;s partielle. A peine s'organise-t-il qu'il veut se transformer en totalit&#233;, il devient alors une calamit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour m'exprimer plus clairement, j'utiliserai une analogie. Vous croyez en Dieu ? Moi non, je ne crois en aucun &#234;tre supr&#234;me. En cela, je suis hostile &#224; toute religion, quelle qu'elle soit, car elles construisent toutes leur pouvoir sur la pr&#233;tendue existence de ce Dieu fantasm&#233;. Je suis certainement ath&#233;e. Et ceci fait de moi en m&#234;me temps un anti-chr&#233;tien, un anti-musulman, un anti-juda&#239;que, etc...&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais ces derniers traits sont pour moi secondaires, ils m'appartiennent sans me caract&#233;riser enti&#232;rement. Ils sont, pour l'instant, des descriptions partielles qui, prises isol&#233;ment, n'expriment pas l'enti&#232;ret&#233; de mon &#234;tre. Ils sont les vieilles demi-v&#233;rit&#233;s qui &#224; force d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;es, risquent de devenir des mensonges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;monstration ? Mettons que quelque jeune homme occidental m'approche et m'invite &#224; participer &#224; une initiative anti-musulmane. Que devrais-je faire, accepter ? Ne plaisantons pas. Je suis contre l'Islam, certes, mais pas seulement. Je sais trop bien que la lutte contre l'Islam attire des hordes de jeunes crois&#233;s en chemises noires ou vertes pour que ce genre de proposition pue imm&#233;diatement l'int&#233;grisme catholique.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la m&#234;me fa&#231;on, si une jeune orientale m'abordait et m'invitait &#224; une initiative anti-chr&#233;tienne, je d&#233;clinerais l'offre. Je suis antichr&#233;tien, je l'admets, mais pas seulement. Parce que je n'aime pas non plus la compagnie de celui qui fait de la lutte contre l'Eglise sa propre guerre sainte, je r&#233;pugne trop au fondamentalisme islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je devais me d&#233;finir sur la base des mes id&#233;es vis-&#224;-vis de la religion, j'userais uniquement du terme ath&#233;e. Tout autre d&#233;finition, pourtant correcte en elle-m&#234;me, me semblerait trop limit&#233;e, trop vague et ambig&#252;e. Aussi parce que chaque initiative antichr&#233;tienne, pour m'int&#233;resser, doit manifester clairement son hostilit&#233; envers toute religion. &lt;br class='manualbr' /&gt;Cela limiterait les occasions de rencontres et les contacts avec d'autres exp&#233;riences ? J'en suis conscient. Mais de certaines rencontres et contacts je tiens &#224; me pr&#233;server...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien, prenez ce raisonnement et transposez-le du R&#232;gne des Cieux aux &#201;tats de la Terre. Le r&#233;sultat est le m&#234;me. Je suis ennemi du fascisme, mais &#233;galement ennemi de la d&#233;mocratie. Entre le b&#226;ton et la carotte, entre la tyrannie du nombre et la tyrannie de quelques-uns, je ne vois pas de grandes diff&#233;rences. Pour moi il ne s'agit que de formes particuli&#232;res que l'Etat peut assumer, selon les circonstances et les exigences, pour imposer sa propre autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais celui qui veut se lib&#233;rer de cette domination parce qu'il consid&#232;re que toute forme d'autorit&#233; est la n&#233;gation de la libert&#233;, ne peut que les rejeter l'une et l'autre, avec m&#234;me force et d&#233;termination.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour cette raison, je n'arrive pas &#224; &#233;prouver une quelconque sympathie pour l'antifascisme, pas plus que pour l'anti-d&#233;mocratisme. Je me rends compte que le premier attire plus de gens &#171; bien intentionn&#233;s &#187;, et le second plus de personnes &#171; mal-intentionn&#233;es &#187;. Mais les intentions, aussi &#171; bonnes &#187; ou &#171; mauvaises &#187; soient-elles, ne doivent jamais b&#226;illonner l'esprit critique.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'antifascime reste un r&#233;ceptacle du d&#233;mocratisme le plus born&#233;, et que tant de r&#233;volutionnaires ont soutenu par le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme cela a &#233;t&#233; confirm&#233; depuis quelques temps, &#224; part d&#233;verser des cris d'alarme &#224; propos des agressions commises par des milices &#171; fascistes &#187;, l'antifascisme n'est pas parvenu &#224; exhumer sa vieille rh&#233;torique. Le culte de la charogne n'est pas seulement rentable avec les humains, mais aussi avec les id&#233;es. Ignor&#233; tant qu'il n'y avait plus de chemises noires &#224; l'horizon, d&#233;sormais le drapeau de l'antifascisme est agit&#233; pour son pouvoir mobilisateur. Un drapeau est un drapeau, il sert &#224; rassembler autour de lui. L'antifascisme ayant &#233;t&#233; largement critiqu&#233;, m&#234;me s'il s'av&#233;rait le plus efficace num&#233;riquement parlant, il faudrait pourtant le ranger au fond d'un placard, ou l'enterrer.&lt;br class='manualbr' /&gt;La dignit&#233;, la coh&#233;rence, l'amour-propre... Autant de tr&#232;s belles choses, pour s&#251;r, mais qui s'en soucie ? Comme le disait avec innocence une vieille canaille d'ex-ministre : &#171; il ne faut pas confondre &#233;thique et politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi au contraire, ent&#234;t&#233; que je suis, je continue de penser que la lutte contre le fascisme ne doit pas &#234;tre noy&#233;e dans la marre antifasciste, faite d'eaux si troubles qu'on s'y perdrait &#224; coup s&#251;r. Cela serait non seulement nuisible d'un point de vue th&#233;orique, mais sur le long terme, cela le deviendrait &#233;galement sur le plan pratique une fois l'illusion quantitative &#233;vapor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les miliciens qui se sont r&#233;cemment multipli&#233;s dans les rues sont une excroissance, voir un reflet du monde dans lequel nous vivons ; ils en sont peut-&#234;tre la partie la plus visible et la plus &#233;c&#339;urante, mais rien de plus.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il est n&#233;cessaire de s'auto-d&#233;fendre contre leurs agressions, et de les neutraliser &#224; l'occasion, mais sans pour autant en faire l'ennemi public num&#233;ro un. Les mettre sous le feu des projecteurs contribue &#224; attirer l'attention g&#233;n&#233;rale et &#224; choquer les bonnes &#226;mes, &#231;a se comprend, mais cela permet aussi de laisser prolif&#233;rer dans l'ombre tout ce qui pr&#233;c&#232;de, entoure et produit ces horreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pense pas qu'on puisse taire cet aspect, sous pr&#233;texte de &#171; proximit&#233; &#187;. Si tant de subversifs ne l'ont pas fait lorsque, dans les ann&#233;es 1920/1930, le fascisme r&#233;gnait et brutalisait le pays tout entier, pourquoi devrions-nous le faire aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Ma tu, sei antifascista si o no ? &#187;&lt;/i&gt;. Texte extrait de Machete N&#176;3. Traduit et adapt&#233; de l'italien par Non Fides. Extrait de la brochure &lt;i&gt;L'anarchisme contre l'antifascisme&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'antifascisme est le pire produit du fascisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question de l'antifascisme, ces derni&#232;res ann&#233;es, est intervenue exclusivement en r&#233;action &#224; de graves attaques consid&#233;r&#233;es comme n&#233;o-fascistes. La r&#233;ponse a pris, au mieux, la forme d'une multitude de d&#233;clarations grandiloquentes appelant &#224; la lutte contre ce n&#233;o-fascisme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que l'essentiel de ces r&#233;actions montrent le lien ind&#233;fectible entre l'antifascisme comme id&#233;ologie, et son sempiternel bagage rh&#233;torique, mythomane et alarmant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antifascisme, comme d'autres terrains d'action s&#233;par&#233;s (animalisme, antimilitarisme, antiracisme, antisexisme), sont de fait limit&#233;s (et limitant) &#224; une r&#233;action antagoniste partielle, et quasiment nuls en ce qui concerne la projectualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque effort d'&#233;mancipation qui ne se rapporte pas &#224; la subversion int&#233;grale, &#224; l'auto-d&#233;termination, est de fa&#231;on tragique vou&#233; &#224; l'&#233;chec. La r&#233;sistance a devant elle un avenir d&#233;mocratique, donc non-r&#233;volutionnaire, et elle n'emp&#234;che ni la perte de libert&#233;, ni ce que nous consid&#233;rons comme des attaques liberticides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques n&#233;o-fascistes, au m&#234;me titre que l'exploitation des humains, des animaux et des ressources naturelles, prolif&#232;rent sur le terrain fertile de l'id&#233;ologie et de la paix sociale, qui savent si bien s'y adapter.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le manque de perspectives r&#233;volutionnaires nous pousse de plus en plus vers le conformisme du &#171; &lt;i&gt;moins pire possible&lt;/i&gt; &#187;, et ce m&#234;me conformisme laisse la voie ouverte &#224; une progression lente et inexorable de la perte de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, l'attitude de ceux qui pr&#233;f&#232;rent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des victimes plut&#244;t que comme des partisans de la subversion se distingue dangereusement, car les r&#233;volutionnaires sont incompris des &#171; &lt;i&gt;masses&lt;/i&gt; &#187;, celles-l&#224; m&#234;mes qui s'acoquinent tant&#244;t avec les populistes, tant&#244;t avec les victimistes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sont antifascistes &#233;galement ceux qui r&#233;&#233;crivent l'histoire des anarchistes morts au combat, en leur collant l'appellation crapuleuse de &#171; &lt;i&gt;communistes&lt;/i&gt; &#187;. Antifascistes ceux qui ont vot&#233; pour les centres de r&#233;tention, pour l'intervention militaire au Kosovo, pour la l&#233;galisation des squats, et qui ont ferm&#233; les yeux lorsque la r&#233;pression du juge Marini s'est abattue sur les anarchistes durant l'op&#233;ration Cervantes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le sont encore ceux qui, face &#224; des pratiques d'attaques (ou seulement des pratiques radicales), participent &#224; la d&#233;lation ; antifascistes, toujours, les esth&#232;tes de l'affrontement &#224; coup d'explosifs et de poignards, mais seulement lorsque cela se produit &#224; des milliers de kilom&#232;tres de chez eux. M&#234;me les pompiers, en somme, sont antifascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, sur le front antifasciste, de la place pour tous les types d'autoritarisme et de confusion. Pas de quoi s'&#233;tonner alors qu'une lutte si partielle tienne uniquement &#224; coup de slogans, de symboles et de folklore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions coup-de-poing men&#233;es par les n&#233;o-fascistes sont la partie visible de l'iceberg ; mais sans critique pratique anti-autoritaire, toute r&#233;action &#224; ces violences sera impossible. De la m&#234;me fa&#231;on qu'il sera impossible d'attaquer le monde qui produit de telles horreurs sans une critique globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appara&#238;t clairement qu'agir sur le mode de l'urgence, du particulier, fait le jeu de tous les politiciens qui, soulevant leur propre petit drapeau, visent &#224; limiter et encadrer la r&#233;volte, pour maintenir non seulement la paix sociale dans laquelle ils prosp&#232;rent, mais &#233;galement, avec le bon vieux pr&#233;texte historique du Front Antifasciste, pour accompagner toute forme de lutte d&#233;mocratique et institutionnelle, r&#233;cup&#233;rant et &#233;touffant les antagonismes v&#233;ritables sous le poids mort de l'Unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De deux choses l'une : soit l'antifascisme s'inscrit dans une perspective anti-autoritaire, soit il restera une pauvre agitation rituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des anti-autoritaires effront&#233;s&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; Turin, 20/7/05.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Il Peggior prodotto del fascismo e' l'antifascismo&lt;/i&gt; &#187;. Texte &#233;manant d'El Paso occupato (ne'centro ne'sociale... ne'squat) de Turin. Traduit et adapt&#233; de l'italien par Non Fides. Extrait de la brochure &lt;i&gt;L'Anarchisme contre l'antifascisme&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Clore d&#233;finitivement la partie contre le fascisme, mais &#224; notre fa&#231;on &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 25 avril 1945, &#224; la chute d&#233;finitive du r&#233;gime, une extr&#234;me all&#233;gresse s'est d&#233;cha&#238;n&#233;e dans toutes les formations de partisans parmi ceux qui avaient d'abord mal support&#233; le fascisme, et qui avaient ensuite risqu&#233; leur vie pendant des ann&#233;es sur les montagnes : l'euphorie de ceux qui avaient eu raison de l'ennemi.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la r&#233;volte arm&#233;e avait cr&#233;&#233; une situation r&#233;solument diff&#233;rente, pour autant &#224; nous anarchistes, la nouvelle p&#233;riode ne nous apparaissait pas comme le paradis sur terre. On peut dire qu'on &#233;tait pass&#233; d'une situation monopartidaire dictatoriale &#224; une autre, plus lib&#233;rale, qui admettait plusieurs partis au gouvernement. On &#233;tait pass&#233; d'une forme de capitalisme autarcique &#224; une forme de capitalisme international. L'id&#233;ologie propag&#233;e par le nouveau r&#233;gime, entre autres par les partis, &#233;tait d&#233;cid&#233;ment cl&#233;ricale &#8212;au sens le plus moyen&#226;geux du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur peut imaginer quel genre de r&#233;flexions ont pu faire mes proches et mes compagnons sur cette situation. Je n'exag&#232;re pas en disant que les catholiques, &#224; Carrare et dans sa province, ont toujours &#233;t&#233; une minorit&#233; ethnique en voie d'extinction, et qu'on n'a jamais aim&#233; ni pu supporter les pr&#234;tres. Cette nouvelle r&#233;alit&#233; d&#233;mocratico-cl&#233;ricale, outre la pr&#233;sence des Am&#233;ricains &#224; la maison, d&#233;tonnait, ne nous enchantait pas, ne nous plaisait gu&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, anarchistes, avons de toute fa&#231;on commenc&#233; &#224; nous organiser d&#232;s le 26 avril : nous avons form&#233; des groupes et r&#233;organis&#233; la F&#233;d&#233;ration Anarchiste Italienne. Nous sommes pass&#233;s de la clandestinit&#233; &#224; une forme de propagande et de lutte typiques d'un r&#233;gime &#224; libert&#233;s formelles garanties. A partir du 26 avril, avec d'autres compagnons, nous avons d&#233;cid&#233; de clore d&#233;finitivement la partie contre le fascisme, mais &#224; notre fa&#231;on. En fait, apr&#232;s avoir chass&#233; les&lt;br class='autobr' /&gt;
Allemands, je n'avais nullement l'intention d'oublier tout le reste. Que la r&#233;volution se fasse ou non, je ferai la mienne. Je ferai payer aux tyrans, aux affameurs, aux propri&#233;taires, toute la faim, la mis&#232;re et la d&#233;sesp&#233;rance du fascisme. Je voulais les pers&#233;cuter comme eux nous avaient pers&#233;cut&#233;s. Ma vengeance aurait &#233;t&#233; mon pardon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les nouveaux patrons n'&#233;taient pas de cet avis : Pietro Nenni par exemple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pietro Nenni (1891-1981) : Inscrit au Parti socialiste &#224; partir de 1921, il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, commissaire aux &#233;purations, ne s'en est pas pris aux gros poissons, aux requins. Il a pr&#233;f&#233;r&#233; frapper les jeunes, les sympathisants de village, quelques pauvres cr&#233;tins qui comptaient pour du beurre. Gr&#226;ce &#224; cette man&#339;uvre, l'Etat italien se retrouva avec une magistrature et une police &#224; nouveau pleines de cadres fascistes. Le procureur de G&#234;nes savait par exemple tr&#232;s bien que nous, les victimes du fascisme, n'aurions pas pardonn&#233; si facilement et si catholiquement aux fascistes et &#224; leurs souteneurs. J'imagine que ce m&#234;me procureur, rien qu'en lisant mon dossier, avait compris &#224; quel individu il avait &#224; faire. C'est pour cela que j'ai ensuite pass&#233; 32 ann&#233;es en prison. Mon crime : avoir lutt&#233; contre le fascisme et l'avoir &#171; vaincu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les policiers de la R&#233;publique bourgeoise n&#233;e de la R&#233;sistance au cours d'un guet-apens, en mai 1945 &#224; La Spezia, o&#249; j'&#233;tais en train de d&#233;busquer des fascistes que personne n'avait envie de d&#233;nicher. J'&#233;tais seul dans l'embuscade qui me fut tendue, mais des compagnons comme Giovanni Zava, qui avaient fait la r&#233;sistance &#224; Serravezza et dans la r&#233;gion de Pistoia, furent faits prisonniers presque en m&#234;me temps pour les m&#234;mes raisons. On nous accusait d'avoir particip&#233; &#224; la fusillade de 1942, au cours de laquelle un policier avait &#233;t&#233; tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belgrado Pedrini.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Chapitre 6 : &lt;i&gt;L'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre&lt;/i&gt;, extrait de &lt;i&gt;&#171; Nous f&#251;mes les rebelles, nous f&#251;mes les brigands... &#187;&lt;/i&gt; de Belgrado Pedrini, &#233;d. &lt;a href=&#034;http://mutineseditions.free.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mutines S&#233;ditions&lt;/a&gt;, 144 p., novembre 2005, pp. 61-63]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques attentats antifascistes de la d&#233;cennie 1923-1933&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Liste d'actions mentionn&#233;es en note dans le rapport secret adress&#233; par l'anarchiste Emilio Strafelini en ao&#251;t 1933 &#224; l'Association Internationale des Travailleurs (AIT), par l'interm&#233;diaire du Comit&#233; d'&#233;migration de Paris (&#224; l'&#233;poque, Emilio se trouvait dans la capitale fran&#231;aise). Ces actions, avec d'autres et en plus des tentatives c&#233;l&#232;bres d'assassiner Mussolini men&#233;es par les anarchistes Lucetti, Sbardellotto, Zamboni et Schirru, confirment une fois de plus que la r&#233;volte arm&#233;e contre le fascisme n'a pas commenc&#233;e le 8 septembre 1943, comme l'historiographie lib&#233;rale et stalinienne l'ont toujours pr&#233;tendu. Il y a eu des compagnons qui n'ont attendu aucune consigne d'un parti ni aucune collaboration des troupes alli&#233;es pour s'insurger, armes en main, contre le capitalisme en chemise noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le 3 septembre 1923 &#224; Paris&lt;/strong&gt;, l'anarchiste Mario Castagna, suite &#224; une agression, tue &#224; coups de revolver le fasciste Gino Jeri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En f&#233;vrier 1924&lt;/strong&gt;, s&#233;rie d'attentats en France contre les &#171; case del fascio &#187; [si&#232;ges locaux des fascistes mussoliniens] et les consulats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le 20 f&#233;vrier 1924 &#224; Paris&lt;/strong&gt;, l'anarchiste Ernesto Bonomi &#233;limine Nicola Bonservizi, secr&#233;taire des fascistes italiens &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En 1926&lt;/strong&gt;, l'anarchiste Vincenzo Capuana est condamn&#233; aux Etats-Unis pour un attentat contre le si&#232;ge du Corriere d'America dirig&#233; par Luigi Barzini &#224; New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En septembre 1927&lt;/strong&gt;, attentat contre le comte Nardini, consul fasciste &#224; Paris, l'&#339;uvre de l'anarchiste Di Modugno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En ao&#251;t 1928&lt;/strong&gt;, attentat anarchiste &#224; St Rapha&#235;l (France) contre le consul fasciste Di Muro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En 1929 meurt pr&#232;s de Paris&lt;/strong&gt;, suite aux privations et tortures subies en prison, le jeune anarchiste Malaspina, impliqu&#233; (et absout pour manque de preuves) dans un atentat explosif contre la &#171; Casa del fascio &#187; de Juan-les-Pins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Le 24 octobre &#224; Bruxelles&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;, le socialiste Fernando De Rosa tire un coup de pistolet contre le prince Umberto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Dans les ann&#233;es 1930 et 1931&lt;/strong&gt;, s&#233;rie d'attentats en Italie contre les si&#232;ges et repr&#233;sentants fascistes, &#224; Barrafranca, Antignano, d'Asti, Piacenza, Poggio Catino, Varale, Milan, Montevecchio, dans les Pouilles, &#224; Bologne, Turin et G&#234;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En 1930&lt;/strong&gt;, un bourreau de la Milice fasciste de Faentino est &#233;limin&#233;. Au cours d'une fusillade qui s'en suit, 9 fascistes sont bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le 7 octobre 1930&lt;/strong&gt;, l'anarchiste Giovanni Cavolcoli tire contre le chef [Podesta] et le secr&#233;taire du parti fasciste de Villasanta (pr&#232;s de Milan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le 2 avril 1931&lt;/strong&gt;, l'anarchiste Doro Rossoni assassine &#224; Sarzana l'industriel Di Biasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En mai 1931&lt;/strong&gt;, l'anarchiste Tranquillo Pusteria est arr&#234;t&#233; &#224; Arezzo, on lui attribue l'intention de commettre des attentats terroristes ; les quatre autres co-inculp&#233;s, tous des travailleurs, fuient en Suisse mais sont reconduits aux autorit&#233;s fascistes et condamn&#233;s pour tentative de massacre, d&#233;tention d'armes et d'explosifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1932&lt;/strong&gt;, trois anarchistes sont arr&#234;t&#233;s &#224; Paris, surpris en train de transporter une valise pleine d'explosifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Toujours en 1932&lt;/strong&gt;, attentat anarchiste contre le si&#232;ge marseillais des anciens-combattants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En &#233;t&#233; 1933&lt;/strong&gt;, s&#233;rie d'attentats explosifs &#224; Livourne, mis en &#339;uvre par des anarchistes et communistes contre la caserne de la Milice et quelques lieux fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Extrait d'un num&#233;ro sp&#233;cial d'Adesso, que l'on peut lire sur le site de &lt;a href=&#034;http://toutmondehors.free.fr/italie/Rovereto/italadesso090304.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tout le Monde Dehors&lt;/a&gt;.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notre Antifascisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Severino Di Giovanni, n&#233; &#224; Chieti (Italie) en 1901, &#233;migre &#224; Buenos Aires en 1923 juste apr&#232;s l'arriv&#233;e des fascistes au pouvoir dans son pays natal. Sa br&#232;ve vie sera marqu&#233;e par une agitation incessante, entre les journaux qu'il animera (Culmine, Anarchia) ou dans lesquels ils publiera (L'Adunata dei Refrattari), les tracts, brochures et livres qu'il s'acharnera &#224; publier, mais aussi toute une s&#233;rie d'expropriations et d'actions diffuses, et sans oublier la tentative de faire &#233;vader des complices emprisonn&#233;s. Ses attaques explosives viseront en particulier les int&#233;r&#234;ts italiens (du consulat &#224; des domiciles ou commerces de fascistes install&#233;s en Argentine), mais aussi am&#233;ricains lors de la campagne internationale pour tenter d'arracher Sacco et Vanzetti &#224; la chaise &#233;lectrique. Arr&#234;t&#233; le 29 janvier 1931 apr&#232;s avoir tu&#233; un dernier flic et bless&#233; un autre dans sa fuite, il sera fusill&#233; trois jours apr&#232;s (son ami et complice argentin, Paulino Scarf&#242;, le sera le lendemain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 1926/d&#233;but 1927, date des deux textes de Di Giovanni que nous avons r&#233;unis, la question de la lutte arm&#233;e contre le fascisme italien se posait &#224; bien peu de monde en-dehors des anarchistes et de quelques rares autres r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons ainsi que le parti communiste italien s'est par exemple oppos&#233; aux Arditi del Popolo qui, en 1921/22, ont tent&#233; dans plusieurs villes de r&#233;sister les armes &#224; la main avec la population &#224; la progression fasciste vers le pouvoir. Quant aux dirigeants socialistes, les m&#234;mes qui avaient contribu&#233; &#224; envoyer des milliers de prol&#233;taires au massacre &#224; partir de 1915, ils signaient un accord de non-agression avec leurs homologues fascistes en ao&#251;t 1921 dans le dos de ces m&#234;mes Arditi. Enfin, pr&#233;cisons que d&#232;s 1931, Togliatti, dirigeant historique du PCI r&#233;fugi&#233; &#224; Moscou, d&#233;fendra au nom de son Parti la th&#232;se de s'infiltrer lentement dans les structures du r&#233;gime plut&#244;t que de l'affronter, et publiera m&#234;me en ao&#251;t 1936 son Appel aux fascistes pour leur proposer une alliance.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' &#171; arm&#233;e &#187; antifasciste grossit terriblement. Elle enfle comme un torrent limoneux et trouble qui charrie avec lui tous les d&#233;bris de la temp&#234;te, tous les rebuts du r&#233;gime dictatorial (Sala, Fasciolo, Bazzi, Rossi, Rocca&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'ex-fascistes tous plus d&#233;testables les uns que les autres, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ce sombre ramassis d'aventuristes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ricciotti Garibaldi, Raimondo Sala et d'autres personnages c&#233;l&#232;bres plus occultes (dont pourraient aussi faire partie les fr&#232;res Ezio et Peppino Garibaldi, ne serait-ce que pour ne pas faire mentir cette lign&#233;e de tra&#238;tres qu'a si bien engendr&#233;e le fils du H&#233;ros des deux mondes disparu il y a peu de temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Giuseppe Garibaldi (1807-1882) est consid&#233;r&#233; officiellement comme un des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) sont en train de nous faire subir la m&#234;me trahison inf&#226;me qu'ils ont si bien drap&#233;e d'une chemise rouge.&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui pourrait en effet nous assurer que n'importe quel ex-fasciste ne reparte pas demain, malgr&#233; les mesures ridicules prises par l'infantilisme du Duce, rejoindre les rangs des t&#234;tes de mort et se mettre une fois encore au service de l'Iscariote [Mussolini] ? Pourrons-nous un jour redonner notre confiance &#224; un Massimo Rocca&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Massimo Rocca (1884-1973) est un bon exemple de ces figures vilipend&#233;es par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au nom du seul fait qu'il ait &#233;crit les pages les plus accusatrices contre le chef des Chemises Noires ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Pourrons-nous refaire confiance &#224; tant d'abjection incarn&#233;e ? A des hommes n&#233;s pour trahir, aussi bien nous que les fascistes ? A des hommes qui ont aid&#233; les sicaires &#224; aff&#251;ter leurs armes ? Je ne crois pas !&lt;br class='manualbr' /&gt;Notre calvaire a &#233;t&#233; tr&#232;s douloureux, nous avons d&#233;j&#224; trop mis notre confiance dans les mains du premier aventurier venu, pour r&#233;p&#233;ter une fois encore les m&#234;mes erreurs et consacrer &#224; nouveau de fausses idoles.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous devons repousser au loin tous ces mis&#233;rables, seulement dignes des plus louches march&#233;s, ces alchimistes de la bonne foi des autres, ces canailles qui nagent encore dans le sang des victimes, un sang qu'ils ont sem&#233; en abondance tout au long de la route qu'ils ont parcourue.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous devons rester nous-m&#234;mes &#8211;sans la Tch&#233;ka rouge et sans la Tch&#233;ka noire, sans Fasciolo et sans Rossi, et sans les politicailleries pseudo r&#233;volutionnaires&#8211; &#234;tre nous-m&#234;mes, anarchistes de foi, anarchistes dans la foi, anarchistes avec la foi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; eux, ils peuvent aussi bien s'&#234;tre d&#233;lect&#233;s au creuset de toutes les bassesses, s'auto-d&#233;signer antifascistes &#224; pr&#233;sent pour avoir une plus grande part d'h&#233;ritage lorsque le fascisme d&#233;c&#233;dera, que mener &#224; leur tour une autre politique fasciste demain, lorsqu'ils seront enfin assis au poste de commande.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous ne pouvons pas les emp&#234;cher de se proclamer antifascistes. Qu'ils s'agitent, qu'ils s'embrassent, qu'ils s'aiment et qu'ils s'enlacent, certes, mais entre eux. Sans nous contaminer et sans nous imiter avec ce mot : antifascisme, un mot qui prend pour nous un sens plus r&#233;volutionnaire, plus sublime et plus insurrectionnel.&lt;br class='manualbr' /&gt;Avec eux &#8211;comme avec les fascistes&#8211;, il ne pourra jamais y avoir de r&#233;conciliation. Au m&#234;me titre que les phalanges &#224; t&#234;te de mort d'aujourd'hui, ils ont hier (oui, eux, les antifascistes d'aujourd'hui, les opposants et r&#233;fugi&#233;s politiques, ceux qui ont v&#233;g&#233;t&#233; dans les marais m&#233;phitiques de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente) &#233;t&#233; des maquereaux, ils ont v&#233;cu dans les coulisses du Viminale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Viminale : Palais pr&#233;sidentiel italien.&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou dans les chambres du Parlement, appuyant ou soutenant le r&#233;gime et ses infamies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons rester loin d'eux et, au m&#234;me titre, refuser tout contact avec n'importe quelle classe d'aventuriers, car ils peuvent d'un moment &#224; l'autre devenir les plus terribles de nos perfides adversaires, les plus abjects des cracheurs de venin qui, comme des serpents, viennent se nicher en notre sein pour nous blesser ensuite de leur morsure mortelle.&lt;br class='manualbr' /&gt;Notre dynamisme, une vigueur exub&#233;rante, une t&#233;nacit&#233; sans fin, un h&#233;ro&#239;sme extr&#234;me et un sacrifice qui s'&#233;l&#232;ve au-del&#224; de la gloire sont des bases inexpugnables sur lesquelles nous pouvons compter, sans avoir besoin de rien ni de personne pour livrer la bataille finale que nous avons engag&#233;e contre le fascisme.&lt;br class='manualbr' /&gt;Donnons &#224; la pl&#232;be &#8211;dont nous sommes la partie rebelle&#8211; le courage et la confiance, soyons de fer devant nos consciences d'acrates, ne reculons pas d'un pouce sur la base de nos id&#233;es, et les plus belles victoires couronneront notre travail d'agitation f&#233;brile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Libres, sans la ris&#233;e obsc&#232;ne de contacts impurs, demeurant alertes contre le fascisme et contre l'antifascisme occasionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[Severino Di Giovanni, &lt;i&gt;Il nostro antifascismo&lt;/i&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans &lt;i&gt;Culmine n&#176;16&lt;/i&gt;, 23 d&#233;cembre 1926]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment se battre ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas se leurrer sur les potentialit&#233;s du fascisme : de l'ext&#233;rieur, il pourra se d&#233;sagr&#233;ger au premier choc venu contre un adversaire aguerri, parce qu'une grande partie de ses &#8220; h&#233;ros &#8221; rassemble soit des embusqu&#233;s de la derni&#232;re guerre soit des &#8220; valeureux &#8221; habitu&#233;s &#224; se battre contre des ennemis d&#233;sarm&#233;s ; mais de l'int&#233;rieur, il s'appuie sur une forte structure militaire et polici&#232;re.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quant aux grandes masses populaires et prol&#233;taires, elles sont encore trop terroris&#233;es et avilies, elles ressentent encore trop am&#232;rement les trahisons pass&#233;es et &#224; venir pour pouvoir r&#233;pondre au premier appel insurrectionnel. Les derni&#232;res lois r&#233;pressives et l'assignation &#224; r&#233;sidence ont &#233;galement affaibli davantage encore les r&#233;sistances actives et intelligentes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il en d&#233;coule que vouloir lancer d&#232;s aujourd'hui un assaut frontal est t&#233;m&#233;raire, et qu'il pourrait se conclure par un de ces massacres que le fascisme r&#234;ve d'accomplir afin de consolider son pouvoir.&lt;br class='manualbr' /&gt;D'autre part, seule l'action peut servir contre le fascisme. On doit agir pour le vaincre en cherchant les conditions d'un effritement qui rendront &#224; leur tour possibles des mouvements g&#233;n&#233;raux &#224; plus large &#233;chelle.&lt;br class='manualbr' /&gt;A tous ceux qui veulent harceler l'ennemi jusqu'&#224; l'&#233;puiser, nous sugg&#233;rons donc, en Italie et ailleurs, une gu&#233;rilla autonome et en ordre dispers&#233;, compos&#233;e de petites entit&#233;s plus difficilement atteignables et identifiables.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que se forment donc dans les diff&#233;rents milieux et les diff&#233;rents cercles des comit&#233;s restreints ou des groupes d'action. Il n'est pas dit que chacun doive n&#233;cessairement accomplir des actes violents ; que chacun accomplisse en revanche des actions qui offensent l'ennemi en fonction des attitudes, capacit&#233;s et moyens des membres d'un groupe d&#233;termin&#233;, constitu&#233; par l'affinit&#233; et la confiance r&#233;ciproque. Que chaque groupe fasse et accomplisse sa part d'actions sans se demander ce que feront les autres groupes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous tendus vers un but unique. Et parce que l'ennemi veille, attentif et insidieux, que chaque comit&#233; et groupe d'action connaisse et contr&#244;le ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop de ren&#233;gats de tous les partis &#8211;hier peut-&#234;tre de bonne foi&#8211; ont rejoint le fascisme contre de l'argent, et il est probable que ce dernier tente, &#224; travers des &#233;l&#233;ments louches, d'organiser des complots et des intrigues pour simuler &#224; son tour l'existence de tels groupes. La plus grande prudence est donc n&#233;cessaire.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il faut aussi pr&#233;venir la population qu'il est tr&#232;s probable que le fascisme, en Italie et ailleurs, fasse accomplir des actes bestiaux et n&#233;fastes par ses sicaires pour les attribuer ensuite &#224; ses adversaires.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quant &#224; un accord entre les diff&#233;rents groupes, y compris dans une m&#234;me ville, nous sommes de l'avis qu'il n'est pas urgent pour le moment. Ce serait imprudent et dangereux, car cela mettrait trop d'&#233;l&#233;ments &#224; la merci de tra&#238;tres &#233;ventuels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si un vaste accord pour une action commune &#8211;et certainement pas avec ces &#233;l&#233;ments ambigus qu'a couv&#233; le fascisme et qui voudraient retourner &#224; ce pass&#233; qui fut un p&#232;re aimant pour le fascisme&#8211; doit se r&#233;aliser, il m&#251;rira automatiquement et logiquement lorsque les &#233;v&#233;nements m&#251;riront.&lt;br class='manualbr' /&gt;A pr&#233;sent, r&#233;p&#233;tons-le, il est souhaitable que les groupes d'action se multiplient sans que l'ennemi puisse se reposer, qu'ils soient pr&#234;ts &#224; lancer les n&#233;cessaires repr&#233;sailles, mais en d&#233;veloppant une action autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si une telle action d&#233;clenche une lutte sans piti&#233; et sans quartier, pas d'effarement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fascisme l'a voulu ainsi, cela doit &#234;tre ainsi, cela le sera !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[Severino Di Giovanni, &lt;i&gt;Il nostro antifascismo&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Culmine n&#176;16&lt;/i&gt;, 23 d&#233;cembre 1926 et extrait de &lt;i&gt;Per una maggior lotta contro il fascismo&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Culmine n&#176;18&lt;/i&gt;, 5 f&#233;vrier 1927]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La guerre entre deux formes d'esclavage &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Italien d'origine, Antoine Gimenez, de son vrai nom Bruno Salvadori (1910-1982), a particip&#233; &#224; la guerre d'Espagne dans les rangs de la colonne Durruti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but des ann&#233;es 1930, il se r&#233;fugie &#224; Marseille. Il adopte une vie de trimardeur qui le m&#232;ne en Espagne dans les milieux subversifs de Barcelone.&lt;br class='autobr' /&gt;
La police politique de Mussolini le suivant partout il d&#233;cide d'acqu&#233;rir une nouvelle identit&#233; : le personnage d'Antonio Gimenez appara&#238;t en 1936.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;fugi&#233; &#224; Marseille apr&#232;s la guerre, il y r&#233;dige entre 1974 et 1976, ses Souvenirs, qu'il communique &#224; ses amis anarchistes peu avant sa mort en 1982. Ce court extrait conte le retour du front pour quelques jours &#224; Barcelone en Novembre 1936 :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre passage &#224; Bujaraloz, on nous remit une forte somme d'argent. La solde de trois mois. Dix pesetas par jour pour essayer de nous faire tuer. C'&#233;tait pas trop mal pay&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais bien entendu dire que pour ne pas effaroucher les gouvernements des pays d&#233;mocratiques qui pouvaient nous aider en nous vendant des armes, le Comit&#233; r&#233;volutionnaire avait &#233;t&#233; oblig&#233; de remettre en circulation les pesetas. Mais pour moi, ce fut comme une r&#233;v&#233;lation : la r&#233;volution avait &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en Russie, quelques temps apr&#232;s la victoire des masses ouvri&#232;res et paysannes, les chefs du Parti Communiste d&#233;clar&#232;rent qu'il fallait faire un pas en arri&#232;re et r&#233;tablir la valeur de la monnaie. Ce premier pas avait &#233;t&#233; suivi de beaucoup d'autres, et le peuple russe n'avait fait que changer de maitre : Apr&#232;s le tsar p&#232;re de toutes les Russies, le petit p&#232;re du peuple : Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barcelone ne fit qu'augmenter mon amertume : les ramblas regorgeaient de monde, la prostitution r&#233;gnait en souveraine sur la grande ville. Les miliciens en permission, reconnaissables &#224; la salopette (mono) qu'ils avaient adopt&#233;s, remplissaient les rues de leurs chants et de leurs rires sans voir que la cause &#233;tait trahie, la r&#233;volution morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne restait plus que la guerre contre le fascisme, la guerre entre deux formes d'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Antoine Gimenez, &lt;i&gt;Les fils de la nuit. Souvenirs de la guerre d'Espagne&lt;/i&gt;, 1974-1976.]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petite bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Belgrado Pedrini&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Nous f&#251;mes les rebelles, nous f&#251;mes les brigands...&lt;/i&gt; &#233;dit&#233; par Mutines S&#233;ditions, 144 p., novembre 2005. Il est possible de lire ce livre en ligne sur le site de Mutines S&#233;ditions : &lt;a href=&#034;http://mutineseditions.free.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mutineseditions.free.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Antoine Gimenez&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Les fils de la nuit. Souvenirs de la guerre d'Espagne&lt;/i&gt;, 1974-1976, co&#233;dit&#233; par l'Insomniaque et Les Gimenologues. Il est possible de lire ce livre en ligne sur le site de l'Insomniaque : &lt;a href=&#034;http://insomniaqueediteur.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://insomniaqueediteur.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dans &lt;strong&gt; &lt;i&gt;A Corps Perdu&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; N&#176;2, Revue anarchiste internationale sortie en juillet 2009, on peut lire sur le sujet l'article &lt;i&gt;Radiographie d'un r&#233;gime&lt;/i&gt;. On peut y lire &#233;galement &lt;i&gt;Notre antifascisme&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Comment se battre ?&lt;/i&gt;, deux textes de &lt;strong&gt;Severino Di Giovanni&lt;/strong&gt; de d&#233;cembre 1926 et f&#233;vrier 1927. &lt;a href=&#034;http://www.acorpsperdu.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.acorpsperdu.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Contre l'antifascisme, contre l'&#201;tat&lt;/strong&gt;. Brochure &#233;dit&#233;e &#224; Grenoble par &lt;i&gt;Petit peuple du cagibi&lt;/i&gt;, 2005. Elle regroupe diff&#233;rents textes critiques sur le fascisme, son anti, et l'usage qui en est fait. Si les textes pr&#233;sents dans cette brochure ne partent pas du m&#234;me point de vue que ceux que vous avez entre vos mains (farouchement anti-marxiste), nous pensons qu'elle pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t certain pour des communistes libertaires souhaitant d&#233;passer l'antifascisme. Elle est lisible et t&#233;l&#233;chargeable sur le site infokiosques.net&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'article &lt;i&gt;Fascisme de la mis&#232;re, mis&#232;re de l'antifascisme&lt;/i&gt; extrait du journal &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Oiseau Temp&#234;te&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, s'int&#233;resse lui, &#224; l'antifascisme r&#233;formiste, une autre forme de l'antifascisme. Il s'att&#232;le &#224; d&#233;construire le discours derri&#232;re les &#171; fronts r&#233;publicains &#187; contre le fascisme, en prenant l'exemple r&#233;cent des pr&#233;sidentielles d'avril 2002, durant lesquelles le fasciste Jean-Marie Le Pen arrivait au second tour. Il est lisible en ligne sur le site de la CNT-AIT : &lt;a href=&#034;http://cnt-ait.info/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cnt-ait.info/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.non-fides.fr/spip.php?article385" class="spip_out"&gt;http://www.non-fides.fr/spip.php?ar...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Condamn&#233; &#224; mort par le fascisme, Pedrini se voit lib&#233;r&#233; en 1944 de la prison de Massa par un groupe de partisans. Condamn&#233; de nouveau en 1949, &#224; trente ans de prison cette fois pour avoir abattu, &#224; l'heure o&#249; c'&#233;tait devenu interdit, un policier aux sympathies fascistes av&#233;r&#233;es et expropri&#233; quelques industriels de Carrare, Milan et La Spezia, anciennement acquis au Duce, il n'en sortira qu'en toute fin de peine, au milieu des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le palais pr&#233;sidentiel italien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Il nostro antifascismo&lt;/i&gt;, extrait de Culmine N&#176;16, 23 d&#233;cembre 1926.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le texte &lt;i&gt;Che ne facciamo dell'antifascismo ?&lt;/i&gt;, publi&#233; dans la revue italienne &lt;i&gt;Anarchismo&lt;/i&gt; N&#176;74.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme en Espagne o&#249; les Cenetistes Juan Garc&#237;a Oliver et Federica Montseny devinrent ministres de la Justice et de la Sant&#233;. Pour eux, la r&#233;volution sociale devait &#234;tre d&#233;fendue tout en maintenant l'&#201;tat anti-franquiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Giovanni Gentile (Castelvetrano, le 30 mai 1875 - Florence, le 15 avril 1944) &#233;tait un philosophe italien, id&#233;aliste et n&#233;o-h&#233;g&#233;lien, proche de Benedetto Croce. Il se d&#233;crit lui-m&#234;me comme le &#034;philosophe du fascisme&#034;, et a en grande partie r&#233;dig&#233; pour Benito Mussolini la Doctrine du fascisme en 1932. Il est &#233;galement &#224; l'origine de l'id&#233;alisme actuel, un courant philosophique qui entendait se distinguer de l'id&#233;alisme transcendantal de Kant et de l'id&#233;alisme absolu de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ezra Weston Loomis Pound (Hailey, Idaho, &#201;tats-Unis, 30 octobre 1885 - 1er novembre 1972 &#224; Venise) est un po&#232;te, musicien et critique am&#233;ricain qui a fait partie du mouvement moderniste du d&#233;but des ann&#233;es 1920 et qui est souvent rattach&#233; &#224; la G&#233;n&#233;ration perdue. Pound &#233;tait le chef de file de plusieurs mouvements litt&#233;raires et artistiques comme l'imagisme et le vorticisme. Pound &#233;tait &#233;galement un fervent supporter de Benito Mussolini, il fut critiqu&#233; pour ses prises de position antis&#233;mites. Son engagement aux c&#244;t&#233;s de Mussolini lui vaut d'&#234;tre condamn&#233; en 1945. Il est reconnu malade et intern&#233; jusqu'en 1958.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les chemises noires, ou Milice Volontaire pour la S&#233;curit&#233; Nationale (MVSN) &#233;tait la principale milice des fascistes italiens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;la r&#233;ceptivit&#233; &#224; se laisser p&#233;n&#233;trer et &#224; p&#233;n&#233;trer au point de ne plus craindre l'autre, mais plut&#244;t une conscience de ses propres limites et capacit&#233;s et donc aussi des limites et des capacit&#233;s de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pietro Nenni (1891-1981) : Inscrit au Parti socialiste &#224; partir de 1921, il en devient rapidement l'un des dirigeants, devenant r&#233;dacteur en chef du journal Avanti !. Il se r&#233;fugie en France &#224; l'automne 1926 et promeut un grand parti r&#233;formiste italien qui aboutit au Congr&#232;s de Paris de 1930, r&#233;unifiant les tendances non-communistes. Par la suite partisan d'un front uni avec ces derniers, il signe un &#171; pacte d'unit&#233; d'action &#187; en 1934 qui tiendra jusqu'&#224; la fin de la guerre, malgr&#233; le pacte germano-sovi&#233;tique de 1939. Si&#233;geant pour les socialistes dans le Comit&#233; de Lib&#233;ration Nationale (CLN), il devient vice-pr&#233;sident du Conseil et ministre charg&#233; de la Constitution de juin 1945 &#224; juillet 1946 (gouvernements de gauche Parri, puis de droite De Gasperi), puis ministre des affaires &#233;trang&#232;res jusqu'en janvier 1947 (second gouvernement De Gasperi). Il fut aussi Haut Commissaire charg&#233; de l'&#233;puration, de juin 1945 &#224; la suppression de ce poste en f&#233;vrier 1946, et r&#233;dacteur de la loi (en fait un d&#233;cret entr&#233; en vigueur le 14 novembre 1945) qui porte son nom. Elle eu pour effet de diminuer consid&#233;rablement l'&#233;puration en cours, confiant par exemple aux administrations publiques la charge de s'&#233;purer elles-m&#234;mes, malgr&#233; leurs 23 ann&#233;es de bons et loyaux services pass&#233;es au service du fascisme.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur ses fonctions de &#171; grand &#233;purateur &#187;, voir Hans Woller, I conti con il fascismo. L'epurazione in Italia (1943-1948), il Mulino (Bologne), 1997, pp. 437-511&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit d'ex-fascistes tous plus d&#233;testables les uns que les autres, et qui ont fini en exil suite &#224; des dissensions internes au r&#233;gime de Mussolini. Raimondo Sala et Massimo Rocca &#233;taient par exemple membres d'Italia Libera (courant monarchiste et nationaliste) avant de devoir s'exiler. Bazzi et Rossi, deux ex-membres du Parti Fasciste, &#233;taient alors en exil &#224; France : leur nom est devenu c&#233;l&#232;bre lorsqu'ils furent attaqu&#233;s &#224; Paris en mars 1926 par Mingrino, un ex-d&#233;put&#233; socialiste fondateur des Arditi del Popolo, manipul&#233; par les services fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Giuseppe Garibaldi (1807-1882) est consid&#233;r&#233; officiellement comme un des p&#232;res de la nation pour sa contribution arm&#233;e &#224; la r&#233;unification de l'Italie. Il est surnomm&#233; le &#8220; h&#233;ros des deux Mondes &#8221;, pour ses combats aussi bien en Am&#233;rique du Sud (Br&#233;sil, Uruguay, Argentine) qu'en Europe. Son quatri&#232;me fils, Riciotti (1847-1924), apr&#232;s avoir combattu &#224; la t&#234;te de l&#233;gions garibaldiennes en France (1870) et en Gr&#232;ce (1897, 1912), finira par rejoindre le fascisme. L'un des fils de Riciotti, Ezio Garibaldi (1894-1971), rejoint &#224; son tour le fascisme, dont il fut notamment l'ambassadeur &#224; Mexico en 1923/24 puis d&#233;put&#233; de 1924 &#224; 1934. L'autre fils de Riciotti cit&#233; ici, Peppino Garibaldi (1879-1950), a &#233;t&#233; mercenaire pour de nombreuses arm&#233;es (l'Empire Anglais contre les Boers Afrique du Sud en 1903, V&#233;n&#233;zuela, Guyane, Mexique contre le dictateur Diaz en 1910, la France contre les Allemands en 1914/15 puis Italie contre l'Autriche en 1915/18) avant de mener des actions contre Mussolini tr&#232;s confuses en 1922, notamment avec l'appui de responsables Francs-Ma&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Massimo Rocca (1884-1973) est un bon exemple de ces figures vilipend&#233;es par Di Giovanni. Apr&#232;s avoir &#233;crit dans des publications anarchistes, rejoint les socialistes autour du quotidien Avanti !, puis fait le choix de l'entr&#233;e en guerre de l'Italie (&#8220; interventionisme &#8221;), Rocca est ensuite pass&#233; du c&#244;t&#233; du journal fond&#233; par Mussolini (Popolo d'Italia), avant de continuer en devenant un des fondateurs du Mouvement Fasciste (1919) puis du Parti Fasciste (1921). En 1923, il fonde une opposition interne au fascisme, le courant dit &#8220; r&#233;visioniste &#8221;, qui s'opposera aux &#8220; intransigeants &#8221;. En 1924, il est exclu du Parti Fasciste, doit abandonner son mandat de d&#233;put&#233; et se r&#233;fugier en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Viminale : Palais pr&#233;sidentiel italien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sortie de Non Fides N&#176;IV</title>
		<link>https://www.infokiosques.net/spip.php?article721</link>
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		<dc:date>2009-07-27T18:44:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Non Fides</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour commander Non Fides N&#176;IV, envoyez nous un courrier ou un mail en pr&#233;cisant l'adresse &#224; laquelle vous souhaitez le recevoir et en y joignant le prix libre que vous souhaitez. Si vous tenez un infokiosque, une table de presse, une distro (non-profit), une biblioth&#232;que, une librairie (sans bip) et que vous d&#233;sirez distribuer le journal, pr&#233;cisez le nombre d'exemplaire que vous souhaitez recevoir. Vous pouvez &#233;galement nous commander des brochures. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce journal est co&#251;teux &#224; produire pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1437 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article395&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH708/IV-e12a8-52c51.jpg?1781037012' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;IV-e12a8&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour commander Non Fides N&#176;IV, &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article38&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;envoyez nous un courrier ou un mail&lt;/a&gt; en pr&#233;cisant l'adresse &#224; laquelle vous souhaitez le recevoir et en y joignant le prix libre que vous souhaitez.&lt;br class='manualbr' /&gt;Si vous tenez un infokiosque, une table de presse, une distro (non-profit), une biblioth&#232;que, une librairie (sans bip) et que vous d&#233;sirez distribuer le journal, pr&#233;cisez le nombre d'exemplaire que vous souhaitez recevoir. Vous pouvez &#233;galement nous commander &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?rubrique3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des brochures&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce journal est co&#251;teux &#224; produire pour ceux qui s'y investissent, c'est pourquoi nous le proposons &#224; prix libre.&lt;br class='manualbr' /&gt;Prix libre, parce qu'aujourd'hui nous sommes conditionn&#233;s pour payer ce qu'on nous dit de payer, sans chercher &#224; conna&#238;tre le &#171; co&#251;t &#187;. Prix libre, &#231;a peut vouloir dire gratuit (si tu es en taule, si tu n'as plus de fric, si tu n'as pas envie de payer&#8230;), &#231;a peut &#234;tre aussi ce que tu veux/peux donner pour nous aider &#224; continuer nos publications et &#224; continuer de les envoyer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au Sommaire :&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1438 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article395&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH686/sommaire-b8368.jpg?1781037012' width='500' height='686' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;sommaire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le journal est disponible dans diverses biblioth&#232;ques, librairies, infokiosques, lieux, distros... :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Librairie &lt;strong&gt;Entropie&lt;/strong&gt;, 198 Boulevard Voltaire ( &lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt; 11&#232;me)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;CICP&lt;/strong&gt;, 21ter rue Voltaire ( &lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt; 11&#232;me)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Librairie &lt;strong&gt;L'Humeur Vagabonde&lt;/strong&gt;, 44 Rue du Poteau ( &lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt; 18&#232;me)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Librairie &lt;strong&gt;Galerie de la Sorbonne&lt;/strong&gt;, 52 rue des Ecoles ( &lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt; 5&#232;me)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Libraire &lt;strong&gt;Le Tiers Mythe&lt;/strong&gt;, 21 rue Cujas ( &lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt; 5&#232;me)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Librairie &lt;strong&gt;Le Point du Jour&lt;/strong&gt;, 58 Rue Gay-Lussac ( &lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt; 5&#232;me)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Librairie &lt;strong&gt;La Libre Pens&#233;e&lt;/strong&gt;, 10-12, rue des fosses Saint-Jacques ( &lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt; 5&#232;me)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Librairie &lt;strong&gt;Le Monte-en-l'air&lt;/strong&gt;, 6 rue des panoyaux ( &lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt; 20&#232;me)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;CCL&lt;/strong&gt;, 4, rue de Colmar (&lt;strong&gt;Lille&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les Tanneries&lt;/strong&gt;, 13-15-17 boulevard de Chicago, (&lt;strong&gt;Dijon&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Biblioth&#232;que-infokiosque&lt;/strong&gt;, 152, Grand'rue &#224; St Jean du Gard (&lt;strong&gt;C&#233;vennes&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Biblioth&#232;que &lt;strong&gt;Acrata&lt;/strong&gt;, 32, rue de la Grande Ile (&lt;strong&gt;Bruxelles&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur Internet, dans &lt;a href=&#034;http://www.ladistro.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Distro&lt;/a&gt; (sous peu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et d'autres bientot...&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;*&lt;i&gt;Si vous n'en trouvez plus dans les lieux ci-dessus ou que vous en avez trouv&#233;s ailleurs, n'h&#233;sitez pas &#224; nous envoyer un mail pour qu'on y rem&#233;die ou pour nous informer.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour nous le commander, &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article395&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Avis aux lecteurs et lectrices de Non Fides</title>
		<link>https://www.infokiosques.net/spip.php?article714</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.infokiosques.net/spip.php?article714</guid>
		<dc:date>2009-06-21T20:01:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Non Fides</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous ne nous devons rien, pour ce que je semble vous devoir, Je dois surtout &#224; moi-m&#234;me. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;ailleurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous ne nous devons rien, pour ce que je semble vous devoir, Je dois surtout &#224; moi-m&#234;me. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La sortie du N&#176;4 de Non Fides est imminente. Ce num&#233;ro, plus volumineux, pr&#233;sente donc un prix de fabrication plus &#233;lev&#233; que les num&#233;ros que nous avons sortis jusqu'ici.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous avons, depuis le d&#233;but, tenu &#224; faire en sorte que ce journal soit r&#233;ellement un journal, c'est-&#224;-dire qu'il ait une existence mat&#233;rielle, sur le papier. Cette volont&#233; est toujours la notre. Toutefois, et alors que ce nouveau num&#233;ro est pr&#234;t &#224; &#234;tre imprim&#233;, nous faisons face &#224; des difficult&#233;s financi&#232;res qui rendent cette impression toujours plus compliqu&#233;e, et qui repoussent la date de sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, cette publication est couteuse &#224; produire. Ne disposant pas du mat&#233;riel industriel qui nous permettrait de l'imprimer enti&#232;rement par nous-m&#234;me, nous devons nous en remettre &#224; d'inf&#226;mes commer&#231;ants qui ne font pas de cadeaux, m&#234;me si nous n'en attendions pas.&lt;br class='manualbr' /&gt;Aussi, nous ne pouvons compter que sur nos maigres &#233;conomies, et sur le soutien financier des lecteurs et lectrices sur nos tables de presse, en libraire ou ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi sommes lecteurs et lectrices d'autres publications, et nous savons que les probl&#232;mes d'argent se posent &#224; tous ceux qui n'ont pas touch&#233;s de juteux h&#233;ritages. C'est pourquoi, lorsque des publications nous plaisent, nous souhaitons qu'elles puissent poursuivre leur petit bout de chemin, et pour cela, nous mettons nos contributions selon nos possibilit&#233;s, afin de contribuer &#224; la th&#233;orie et aux r&#233;flexions n&#233;cessaires au combat contre toute les dominations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre d&#233;ficitaires ou non, nous nous foutons de cela. La question est ailleurs : &#234;tre en mesure de continuer &#224; publier, en l'occurrence, le quatri&#232;me num&#233;ro de notre revue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat, avec l'&#233;mergence d'internet et la perte du contact humain qui en d&#233;coule, que ce genre de publication est de moins en moins soutenue est largement partag&#233; par une majorit&#233; de compagnons &#233;ditant du papier. Des publications de qualit&#233; meurent, r&#233;duisent leurs tirages ou se d&#233;localisent sur le net. Pour des anarchistes, ce constat est plus que navrant. Savoir que de nombreuses personnes promettent des ch&#232;ques qui ne viennent pas et ne pense jamais aux frais d'envois qui sont les n&#244;tres, que beaucoup, dans une attitude de consommation toute d&#233;mocratique ne filent jamais un rond &#224; la presse anti-autoritaire que pourtant ils trouvent de l'int&#233;r&#234;t &#224; lire, nous informe d'une d&#233;t&#233;rioration claire des rapports. Avoir le m&#234;me rapport &#224; une publication comme Non Fides, qu'&#224; des publications commerciales montre &#233;galement &#224; quel point la soci&#233;t&#233; de consommation a su envelopper de sa main sale les petites bulles auto-proclam&#233;es subversives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne souhaitons pas faire de ce journal une quelconque marchandise, ni lui apposer un ignoble code-barre ou le r&#233;duire &#224; un vulgaire PDF impersonnel et qui plus est, quasi impossible &#224; imprimer en totalit&#233; du fait de sa taille. &lt;br class='manualbr' /&gt;Nous r&#233;fl&#233;chissons, &#224; contre-c&#339;ur, &#224; arr&#234;ter de donner le zine &#224; droite &#224; gauche sans rien demander en &#233;change (en esp&#233;rant souvent &#224; tort que chacun est capable de comprendre par lui-m&#234;me ce qu'implique le support papier) ; nous r&#233;fl&#233;chissons aussi &#224; la possibilit&#233; de fixer un prix de l'ordre de 3&#8364; (le prix, &#224; quelque centimes pr&#233;s que peut couter la fabrication du journal &#224; l'unit&#233;), ce qui signifierait en finir avec le prix libre qui pourtant nous tient &#224; c&#339;ur pour des raisons que nous avons d&#233;j&#224; eu l'occasion d'exprimer ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est pour &#233;viter ces solutions merdiques que nous lan&#231;ons cet appel au soutien financier, m&#234;me si nous trouvons dommage d'en arriver l&#224;. Vous pouvez comme toujours nous envoyer de l'argent (de pr&#233;f&#233;rence cash bien planqu&#233;, ou ch&#232;ques sans ordre) &#224; l'adresse : &lt;strong&gt;Non Fides 108 rue Damr&#233;mont 75018 Paris&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, nous vous proposons une autre forme de soutien : la &#034;pr&#233;-commande&#034;.&lt;br class='manualbr' /&gt;En nous adressant un mail ou un courrier, vous pouvez nous pr&#233;-commander un ou plusieurs exemplaires du N&#176;4 de la revue, en y joignant un petit quelque chose. Avec cet argent, la sortie du journal sera facilit&#233;e, et le lecteur, loin d'une consommation passive, aura la certitude d'avoir contribu&#233; &#224; ce que Non Fides puisse continuer &#224; exister. Il va sans dire que les tout premiers envois iront &#224; ceux qui auront pris cette option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la vue du nombre de lecteur/trices toujours grandissant de notre revue comme de toutes nos autres publications papier, ainsi que du nombre &#233;tonnant de visites de non-fides.fr, nous esp&#233;rons ne plus avoir &#224; perdre de temps dans les consid&#233;rations qui pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les choses soient claires, dans ces quelques lignes, nous n'appelons qu'&#224; la complicit&#233;, pas &#224; la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rage et courage.&lt;br class='manualbr' /&gt;Des gen/tes de Non Fides.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sortie de Non Fides N&#176;III</title>
		<link>https://www.infokiosques.net/spip.php?article662</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.infokiosques.net/spip.php?article662</guid>
		<dc:date>2009-02-18T22:26:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Non Fides</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour commander Non Fides N&#176;III, envoyez un mail &#224; non-fides(at)riseup.net (remplacer &#034;at&#034; par &#034;@&#034; et enlever les parenth&#232;ses) en pr&#233;cisant l'adresse &#224; laquelle vous souhaitez le recevoir. Si vous tenez un infokiosque, une table de presse, une distro (non-profit), une biblioth&#232;que, une librairie (sans bip) et que vous d&#233;sirez distribuer le journal, pr&#233;cisez le nombre d'exemplaire que vous souhaitez recevoir. Vous pouvez &#233;galement nous commander des brochures ou des Non Fides N&#176;II (le N&#176;I (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;ailleurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article153&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH708/zzzzzzzz-7f562.jpg?1781037012' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour commander Non Fides N&#176;III, envoyez un mail &#224; &lt;a href='https://www.infokiosques.net/non-fides(at)riseup.net'&gt;non-fides(at)riseup.net&lt;/a&gt; (remplacer &#034;at&#034; par &#034;@&#034; et enlever les parenth&#232;ses) en pr&#233;cisant l'adresse &#224; laquelle vous souhaitez le recevoir.&lt;br class='manualbr' /&gt;Si vous tenez un infokiosque, une table de presse, une distro (non-profit), une biblioth&#232;que, une librairie (sans bip) et que vous d&#233;sirez distribuer le journal, pr&#233;cisez le nombre d'exemplaire que vous souhaitez recevoir. Vous pouvez &#233;galement nous commander &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?rubrique3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des brochures&lt;/a&gt; ou des &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Non Fides N&#176;II&lt;/a&gt; (le N&#176;I n'est actuellement plus disponible mais t&#233;l&#233;chargeable &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article19&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce journal est co&#251;teux &#224; produire pour ceux qui s'y investissent, c'est pourquoi nous le proposons &#224; prix libre.&lt;br class='manualbr' /&gt;Prix libre, parce qu'aujourd'hui nous sommes conditionn&#233;s pour payer ce qu'on nous dit de payer, sans chercher &#224; conna&#238;tre le &#034;co&#251;t&#034; du service/produit. Prix libre, &#231;a peut vouloir dire gratuit (si tu es en taule, si tu n'as plus de fric, si tu n'as pas envie de payer&#8230;), &#231;a peut &#234;tre aussi ce que tu veux/peux donner pour nous aider &#224; continuer nos publications et &#224; continuer de les envoyer. N'oubliez pas donc de pr&#233;ciser dans votre mail si vous souhaitez nous envoyer une contribution.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au Sommaire :&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article153&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH746/z-78dd4.jpg?1781037012' width='500' height='746' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour toute commande, questions, contributions, &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article153&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;c'est ici&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui a tu&#233; Ned Ludd ?</title>
		<link>https://www.infokiosques.net/spip.php?article624</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.infokiosques.net/spip.php?article624</guid>
		<dc:date>2008-11-17T21:07:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John Zerzan, Non Fides, Paula Zerzan</dc:creator>


		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Agitations arm&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves et luttes des classes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce texte de John Zerzan, bref expos&#233; sur les r&#233;voltes luddites du XIXe si&#232;cle en Angleterre est en fait un plaidoyer contre le syndicalisme, vu ici comme outil de la collaboration de classe d&#233;s sa naissance en Angleterre. Une partie de l'histoire du syndicalisme souvent n&#233;glig&#233;e mais qui pourtant r&#233;v&#232;le sa v&#233;ritable nature : sa nature d'outil du pouvoir pour d&#233;truire et saboter les luttes et la spontan&#233;it&#233; des exploit&#233;s. Il est pr&#233;c&#233;d&#233; d'une introduction au texte de Non Fides et est suivi d'une chronologie orient&#233;e du syndicalisme.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique23" rel="directory"&gt;Q&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Agitations arm&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves et luttes des classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L107xH150/arton624-b29c5.jpg?1781037012' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff624.jpg?1226959471&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1943, Zerzan est un anarchiste am&#233;ricain qualifi&#233; d'anarcho-primitiviste ou de primitiviste. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont tr&#232;s peu sont traduits en fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir chez l'&#233;diteur l'insomniaque pour les rares traductions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et dont les th&#232;mes les plus r&#233;currents sont la critique de la civilisation, de la domestication, du langage, de la pens&#233;e symbolique (des math&#233;matiques jusqu'&#224; l'art) et du concept de temps ainsi que des sources de ces rapports de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; nous ne le suivons pas toujours, c'est lorsque celui-ci propose de substituer &#224; la soci&#233;t&#233; industrielle capitaliste, une &#171; soci&#233;t&#233; nouvelle &#187; bas&#233;e sur les modes de vie pr&#233;-agricoles comme le mod&#232;le du chasseur-cueilleur pr&#233;historique. &lt;br class='manualbr' /&gt;La chasse et la cueillette furent les premiers modes de subsistance de l'Homme. Ces activit&#233;s directement h&#233;rit&#233;es du monde animal, en particulier celui des primates, consistent &#224; pr&#233;lever sur la nature ce qu'elle fournit spontan&#233;ment. Elles pr&#233;c&#232;dent l'&#233;levage et l'agriculture et peuvent forcer au nomadisme si les troupeaux qui fournissent la subsistance principale se d&#233;placent ou si les ressources du terroir sont &#233;puis&#233;es. L'homme a &#233;t&#233; un chasseur-cueilleur jusqu'&#224; la r&#233;volution n&#233;olithique, c'est donc en quelques sortes un retour (&#224; la terre ?) que propose Zerzan&#8230; Or nous ne voulons pas d'un &#171; retour &#187;, d'une r&#233;gression de l'humanit&#233; tout autant que nous ne voulons pas d'un quelconque pseudo-progr&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette question, lire &#171; Le Mythe du Progr&#232;s &#187; de Kirkpatrick Sale (ici ou l&#224;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ailleurs nous ne suivons pas non plus Zerzan dans sa mythification bancale (et parfois douteuse) des soci&#233;t&#233;s dites primitives. Lorsqu'il cite &#224; tire-larigot d'abondantes sources sans plus de pr&#233;cisions que la simple source, sans approfondir et en d&#233;contextualisant les auteurs cit&#233;s, nous pouvons y voir une certaine malhonn&#234;tet&#233; rh&#233;torique pour arriver &#224; ses fins th&#233;oriques. Il oublie grossi&#232;rement par exemple d'&#233;voquer les famines inh&#233;rentes &#224; ce mode de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois la lecture de John Zerzan s'av&#232;re tr&#232;s int&#233;ressante et s&#233;rieuse (lorsqu'il ne tombe pas dans les travers cit&#233;s pr&#233;c&#233;demment). Zerzan voit la civilisation comme le r&#233;sultat agr&#233;g&#233; d'un processus d'ali&#233;nation. Il rejette non seulement l'&#201;tat, mais &#233;galement toutes les formes de relations hi&#233;rarchiques ou d'autorit&#233;. Le travail de Zerzan repose fortement sur un dualisme marqu&#233; entre les &#171; primitifs &#187; d'une part, vus comme non-ali&#233;n&#233;s, sauvages (et donc libres), sans hi&#233;rarchie, prompts au jeu et &#233;galitaires au plan social, et les &#171; civilis&#233;s &#187; d'autre part vus comme ali&#233;n&#233;s, soumis &#224; une hi&#233;rarchie structur&#233;e, suivant un mode de vie domestique (et donc mis en esclavage) et obs&#233;d&#233;s par le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous tenons &#224; nous dissocier de l'auteur sur certains points, c'est notamment parce que certaines de ses prises de positions ou de ses m&#233;thodes d'investigations sont contraires aux n&#244;tres, mais aussi parce que nous avions totalement oubli&#233;s de le faire dans une brochure de Kirkpatrick Sale que nous avons pr&#233;c&#233;demment &#233;dit&#233;e. En effet, Sale, avec ses modes de lutte plut&#244;t spectaculaires et sa tendance (tout comme Zerzan et beaucoup d'auteurs associ&#233;s au primitivisme) &#224; la mythification du pass&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;volte luddite : briseurs de machines &#224; l'&#232;re de l'industrialisation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne sont pas pour nous plaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rectification faite, nous vous souhaitons une bonne lecture de ce texte qui sous ses airs tr&#232;s s&#233;rieux d'expos&#233; sur les r&#233;voltes luddites du XIXe si&#232;cle, est en fait un plaidoyer contre le syndicalisme comme outil de la collaboration de classe, d&#233;s sa naissance en Angleterre. Une partie de l'histoire du syndicalisme souvent n&#233;glig&#233;e qui pourtant r&#233;v&#232;le sa v&#233;ritable nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non-fides(at)riseup.net&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui a tu&#233; Ned Ludd ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la naissance du syndicalisme et sur son utilit&#233; pour le pouvoir.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est en Angleterre, la premi&#232;re nation industrielle, et tout d'abord dans le textile, principale entreprise du capital et la premi&#232;re &#224; s'y implanter, que surgit et se propagea (entre 1810 et 1820) le mouvement r&#233;volutionnaire connu sous le nom de Luddisme. Le d&#233;fi des soul&#232;vements luddites &#8212; et leur &#233;chec &#8212; fut d'une tr&#232;s grande importance pour l'&#233;volution ult&#233;rieure de la soci&#233;t&#233; moderne. Le sabotage des machines, cette arme d&#233;cisive, pr&#233;c&#232;de, il est vrai, cette p&#233;riode ; Darvall choisit avec pr&#233;cision le terme de &#171; r&#233;current &#187; pour le qualifier tout au long du XVIIIe si&#232;cle, dans les temps favorables comme dans les difficiles. Et il n'&#233;tait certainement pas le propre des ouvriers du textile ni de l'Angleterre. Les travailleurs agricoles, les mineurs, les meuniers, et bien d'autres se retrouv&#232;rent dans la destruction des machines, souvent &#224; l'encontre de ce que l'on qualifie g&#233;n&#233;ralement de leurs propres &#171; int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques &#187;. Pareillement, comme nous le rappelle Fulop-Miller, les ouvriers d'Eupen et d'Aix-la-Chapelle d&#233;truisirent les importantes Usines Cockerill, les fileurs de Schmollen et Crimmitschau d&#233;vast&#232;rent les manufactures de ces villes, et d'autres, innombrables, firent de m&#234;me &#224; l'aube de la R&#233;volution Industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maintenant, les ouvriers anglais du textile &#8212; tricoteurs, tisserands, fileurs, tondeurs de drap, tondeurs de mouton, et autres &#8212; furent, comme l'&#233;crivit Thomson, les pionniers d'un mouvement qui &#171; en mati&#232;re de pure fureur insurrectionnelle, s'est rarement trouv&#233; plus largement r&#233;pandu dans l'histoire anglaise &#187;, en quoi cette affirmation demeure sans doute en dessous de la v&#233;rit&#233;. Bien que g&#233;n&#233;ralement regard&#233;e comme aveugle, inorganis&#233;e, r&#233;actionnaire, limit&#233;e, et agitation inefficace, cette r&#233;volte &#171; instinctive &#187; contre le nouvel ordre &#233;conomique rencontra pendant quelque temps de nombreux succ&#232;s et se fixa des buts r&#233;volutionnaires. Le Times du 11 f&#233;vrier 1812 d&#233;crivit &#171; l'apparition d'une guerre ouverte &#187; en Angleterre, le plus fortement implant&#233;e dans les r&#233;gions les plus d&#233;velopp&#233;es, et particuli&#232;rement dans le centre et le nord du pays. Le Vice-Lieutenant Wood &#233;crivit le 17 juin 1812 &#224; Fitzwilliam, du gouvernement, qu'&#171; &#224; l'exception des lieux-m&#234;mes occup&#233;s par les soldats, le pays &#233;tait de fait dans les mains des sans-loi &#187;. En plusieurs occasions au fil de la seconde d&#233;cade du si&#232;cle, les Luddites, en effet, furent irr&#233;sistibles et d&#233;velopp&#232;rent une morale ainsi qu'une conscience d'eux-m&#234;mes tr&#232;s &#233;lev&#233;es. Comme le not&#232;rent Cole et Postgate, &#171; assur&#233;ment il n'y avait pas moyen d'arr&#234;ter les Luddites. Les troupes couraient en tous sens, impuissantes, tromp&#233;es par le silence et la connivence des travailleurs &#187;. Plus, un examen des compte-rendus de presse, des lettres et tracts montre que l'insurrection prenait clairement parti ; par exemple, &#171; tous les Nobles et tous les tyrans doivent &#234;tre abattus &#187;, peut-on lire dans un extrait de tract distribu&#233; &#224; Leeds. Les signes de pr&#233;paratifs pour une r&#233;volution g&#233;n&#233;rale d&#233;clar&#233;e &#233;taient largement visibles, par exemple dans le Yorkshire et le Lancashire, d&#233;j&#224; en 1812.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'&#233;normes quantit&#233;s de biens furent d&#233;truits, parmi lesquels de tr&#232;s nombreux m&#233;tiers &#224; filer, qui avaient &#233;t&#233; modifi&#233;s en vue d'une production de qualit&#233; inf&#233;rieure. En fait, le mouvement tira son nom du jeune Ned Ludd, qui, plut&#244;t que de produire la camelote qu'on exigeait de lui, s'empara d'un marteau de forgeron et brisa tous les m&#233;tiers &#224; sa port&#233;e. L'insistance avec laquelle les Luddites se posaient la question du choix entre le contr&#244;le des modes de production et leur suppression enflammait l'imagination populaire et les assurait de fait, d'un soutien unanime. Hobsbawm d&#233;clara qu'il existait une &#171; sympathie d&#233;bordante pour les briseurs de machine dans tous les secteurs de la population &#187;, une situation qui vers 1813, selon Churchill, &#171; avait trahi l'absence compl&#232;te de moyens pour pr&#233;server l'ordre public &#187;. La destruction des m&#233;tiers fut, en 1812, vue comme un outrage capital, et il fallut d&#233;p&#234;cher des effectifs chaque fois plus nombreux, au point de d&#233;passer en quantit&#233; les troupes que Wellington commanda contre Napol&#233;on. L'arm&#233;e, toutefois, &#233;tait non seulement &#233;parpill&#233;e, mais encore consid&#233;r&#233;e comme non fiable en raison de ses propres sympathies et de la pr&#233;sence de nombreux conscrits luddites dans ses rangs. De m&#234;me ne pouvait-on compter sur la police et les magistrats locaux, et un important r&#233;seau d'espions d&#233;montra son impuissance face &#224; l'authentique solidarit&#233; du peuple. Comme on pouvait le penser, la milice volontaire, r&#233;gie par le Watch and Ward Act, ne parvint, selon les Hammonds, qu'&#224; &#171; armer les plus profond&#233;ment ali&#233;n&#233;s &#187;, et il fallut ainsi, du temps de Peel, instituer le syst&#232;me moderne de police professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cependant, une intervention de cette nature aurait presque pu se r&#233;v&#233;ler fondamentalement insuffisante, surtout si l'on consid&#232;re la fa&#231;on dont le Luddisme apparut, &#224; chaque &#233;v&#233;nement, plus r&#233;volutionnaire. Cole et Postgate, par exemple, d&#233;crivirent les Luddites d'apr&#232;s 1815 comme plus radicaux que leurs pr&#233;d&#233;cesseurs et conclurent que ceux-l&#224; &#171; s'opposaient au syst&#232;me industriel comme un tout &#187;. Aussi, Thomson observa qu'en 1819 encore la voie &#233;tait toujours libre pour une insurrection g&#233;n&#233;rale victorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Contre ce que Mathias appela &#171; la tentative de destruction de la nouvelle soci&#233;t&#233; &#187;, il s'av&#233;ra n&#233;cessaire, afin de faire accepter l'ordre fondamental, de recourir &#224; une arme serrant de plus pr&#232;s le lieu de production, en l'occurrence le syndicalisme. A l'&#233;vidence, l'ascension du syndicalisme, tout comme la cr&#233;ation de la police moderne, fut une cons&#233;quence du Luddisme, mais nous devons aussi savoir qu'une tradition de syndicalisme longtemps tol&#233;r&#233;e avait exist&#233; parmi les travailleurs du textile et d'autres, avant m&#234;me les soul&#232;vements luddites. Par l&#224;, comme Morton et Tate sont presque les seuls &#224; le signaler, la destruction des machines en cette p&#233;riode ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'explosion de d&#233;sespoir d'ouvriers priv&#233;s d'une autre issue. En d&#233;pit des Combination Acts, qui stipulaient l'interdiction par ailleurs non appliqu&#233;e des syndicats entre 1799 et 1824, le Luddisme ne se laissa pas d&#233;courager et affronta m&#234;me, avec succ&#232;s dans les premiers temps, un appareil syndical en expansion, qui refusait de mettre en danger le capital. De fait, le choix entre les deux &#233;tait possible et les syndicats furent laiss&#233;s de c&#244;t&#233; au profit de l'organisation directe des travailleurs et de leurs fins radicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est tout &#224; fait clair que le syndicalisme, pendant la p&#233;riode en question, fut fondamentalement distinct du Luddisme et encourag&#233; comme tel, dans l'espoir de r&#233;cup&#233;rer l'autonomie luddite. Dans un esprit contraire &#224; l'existence des Combination Acts, les syndicats, par exemple, &#233;taient souvent consid&#233;r&#233;s comme l&#233;gaux devant les tribunaux, et les syndicalistes, quand ils &#233;taient poursuivis, recevaient g&#233;n&#233;ralement de l&#233;gers ch&#226;timents ou n'en recevaient pas le moindre, quand les Luddites &#233;taient d'ordinaire pendus. Quelques membres du parlement reproch&#232;rent ouvertement aux propri&#233;taires leur responsabilit&#233; dans la mis&#232;re sociale, et de ne pas utiliser pleinement la planche de salut syndicale. Ceci ne veut pas dire que les objectifs et le pouvoir de contr&#244;le des syndicats aient &#233;t&#233; aussi clairs et affirm&#233;s qu'ils le sont aujourd'hui pour tout le monde, mais le r&#244;le indispensable des syndicats vis-&#224;-vis du capital apparaissait, &#224; la lumi&#232;re de la crise en cours et de la n&#233;cessit&#233; qui se faisait sentir de disposer d'alli&#233;s pour la pacification des travailleurs. Des membres du Parlement des comt&#233;s des Midlands press&#232;rent Gravenor Henson, leader du Syndicat du Corps des Tricoteurs, de combattre le Luddisme &#8212; comme si cela avait &#233;t&#233; n&#233;cessaire. Sa mani&#232;re de l'entraver tenait &#233;videmment dans son infatigable propagande en faveur de l'extension de la puissance syndicale. Le Comit&#233; du Corps des Tricoteurs au sein du syndicat, selon l'&#233;tude de Church sur Nottingham, &#171; donna des instructions pr&#233;cises aux travailleurs pour les emp&#234;cher de d&#233;truire les m&#233;tiers &#187;. Et le Syndicat de Nottingham, la principale &#233;bauche d'un syndicat industriel g&#233;n&#233;ral, s'opposa de la m&#234;me mani&#232;re au Luddisme, en se refusent &#224; tout emploi de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si les syndicats furent effectivement peu li&#233;s aux Luddites, il n'en reste pas moins qu'ils constitu&#232;rent le stade cons&#233;cutif au Luddisme en ce sens que le syndicalisme prit une part essentielle &#224; sa d&#233;faite par le biais des divisions, de la confusion et de l'&#233;puisement des &#233;nergies. Il &#171; rempla&#231;a &#187; le Luddisme de la m&#234;me fa&#231;on qu'il prot&#233;gea les patrons des insultes des enfants en pleine rue, et du pouvoir direct des producteurs. C'est ainsi que la pleine reconnaissance des syndicats &#224; travers les actes d'abrogation des Combination Acts en 1824 et 1825 &#171; eut un effet mod&#233;rateur sur le m&#233;contentement populaire &#187;, aux dires de Darvall. Les efforts en faveur de l'abrogation, conduits par Place et Hume, emport&#232;rent ais&#233;ment la d&#233;cision au sein d'un Parlement inchang&#233;, avec, soit-dit en passant, le solide soutien d'employeurs comme de syndicalistes, et la seule opposition d'une poign&#233;e de r&#233;actionnaires. En fait, tandis que parmi les arguments conservateurs de Place et Hume figurait l'annonce d'une diminution du nombre de gr&#232;ves apr&#232;s l'abrogation, de nombreux patrons saisissaient le r&#244;le cathartique et apaisant de celles-ci, et &#224; peine s'&#233;murent-ils de l'&#233;ruption de gr&#232;ves qui suivit la dite abrogation. Les Actes d'abrogation, bien entendu, confinaient officiellement le syndicalisme dans son souci traditionnel et marginal concernant les salaires et le temps de travail, une attribution dont proc&#232;de la pr&#233;sence universelle de clauses sur les &#171; droits de la direction &#187; au sein des conventions collectives d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La campagne du milieu des ann&#233;es 1830 contre les syndicats, men&#233;e par quelques patrons, ne fit que souligner, &#224; sa mani&#232;re, le r&#244;le central des premiers : elle ne fut possible qu'en raison du succ&#232;s des syndicats, autant pour eux-m&#234;mes que contre la radicalit&#233; des ouvriers incontr&#244;l&#233;s de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. Par l&#224;, Lecky &#233;tait tout &#224; fait dans le vrai quand il jugea, plus tard dans le si&#232;cle, qu'&#171; &#224; n'en pas douter les syndicats les plus forts, les plus riches et les mieux organis&#233;s, furent pour beaucoup dans la r&#233;duction des conflits du travail &#187; ; de la m&#234;me mani&#232;re, les Webbs reconnurent au cours du XIXe si&#232;cle qu'il y eut beaucoup plus de r&#233;voltes ouvri&#232;res avant que le syndicalisme ne dev&#238;nt la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais pour en revenir aux Luddites, nous ne trouvons &#224; leur sujet que quelques r&#233;cits &#224; la premi&#232;re personne et une tradition pratiquement secr&#232;te, principalement parce qu'ils se projet&#232;rent dans leurs actes et non en une id&#233;ologie. Et de quoi s'agissait-il exactement ? Stearns, aussi pr&#232;s des faits qu'un commentateur p&#251;t l'&#234;tre, &#233;crivit : &#171; Les Luddites d&#233;velopp&#232;rent une doctrine bas&#233;e sur les vertus pr&#233;sum&#233;es des techniques manuelles. &#187; C'est tout juste si, dans sa condescendance, il ne les traite pas de &#171; pauvres diables arri&#233;r&#233;s &#187;, encore qu'il y ait l&#224; certainement un brin de v&#233;rit&#233;. Cependant, l'offensive des Luddites ne r&#233;sulta pas de l'introduction de nouvelles machines, comme on a coutume de le croire, vu que celle-ci ne semble pas s'&#234;tre effectu&#233;e en 1811 et 1812, lorsque le Luddisme, &#224; proprement parler, commen&#231;a &#224; se manifester. La destruction correspondit plut&#244;t aux nouvelles m&#233;thodes b&#226;cleuses mises en &#339;uvre &#224; partir des machines existantes. Elle n'&#233;tait pas une attaque contre la production pour des raisons &#233;conomiques, mais avant tout une riposte violente des ouvriers du textile (et vite rejoints par d'autres) aux tentatives de d&#233;gradation, sous la forme d'un travail inf&#233;rieur : la camelote &#8212; les &#171; d&#233;coupages &#187; assembl&#233;s &#224; la h&#226;te, pour l'essentiel &#8212;, l&#224; &#233;tait le fond du probl&#232;me. Si les offensives luddites correspondaient g&#233;n&#233;ralement &#224; des p&#233;riodes de d&#233;pression &#233;conomique, cela &#233;tait d&#251; au fait que les employeurs profitaient souvent de ces occasions pour introduire de nouvelles m&#233;thodes de production. Il est cependant vrai que toutes les p&#233;riodes de privation n'ont pas engendr&#233; le Luddisme, et que les r&#233;gions o&#249; celui-ci apparut n'&#233;taient pas sp&#233;cialement d&#233;sh&#233;rit&#233;es. Le Leicestershire, par exemple, fut le moins atteint dans les temps difficiles, tout en &#233;tant une zone productrice de fabrications laini&#232;res de la meilleure qualit&#233; ; le Leicestershire fut un puissant bastion du Luddisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Se demander ce que pouvait comporter de radical un mouvement qui, en apparence, se &#171; limitait &#187; &#224; revendiquer l'abandon des t&#226;ches corrompues, n'est pas saisir la v&#233;rit&#233; profonde d'une hypoth&#232;se, que l'on est en droit de faire, et qui fut tenue pour &#233;tablie par chacune des parties, concernant le lien entre la destruction des m&#233;tiers et la s&#233;dition. Comme si le combat du producteur pour l'int&#233;grit&#233; du travail de toute une vie pouvait se mener sans remettre en question le capitalisme dans sa totalit&#233;. La demande de l'abandon des t&#226;ches corrompues entra&#238;ne n&#233;cessairement un cataclysme, et, dans la mesure o&#249; elle est poursuivie, une bataille du tout-ou-rien ; elle conduit directement au c&#339;ur des relations capitalistes et de leur dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un autre c&#244;t&#233; du ph&#233;nom&#232;ne luddite g&#233;n&#233;ralement trait&#233; avec complaisance, en le passant d&#233;lib&#233;r&#233;ment sous silence, est son aspect organisationnel. Les Luddites, comme de bien entendu, fon&#231;aient sauvagement et les yeux ferm&#233;s, tandis que les syndicats fournissaient aux travailleurs la seule forme d'organisation. Mais, de fait, les Luddites s'organis&#232;rent localement et m&#234;me f&#233;d&#233;ralement, regroupant des ouvriers de toutes les branches avec une coordination remarquable. Evitant toute structure ali&#233;nante, leur organisation eut la sagesse de n'&#234;tre ni formalis&#233;e ni permanente. Leur tradition de r&#233;volte &#233;tait d&#233;pourvue de centre et pr&#233;valut &#224; la mani&#232;re d'un &#171; code non &#233;crit &#187;. Communaut&#233; non manipulable, leur organisation &#233;tait confiante en elle-m&#234;me. Tout ceci, bien s&#251;r, fut essentiel pour la port&#233;e du Luddisme, pour l'attrait de ses racines. Dans les faits, &#171; aucun niveau d'activit&#233; des magistrats ni le renforcement des contingents militaires ne parvinrent &#224; d&#233;courager les Luddites. Chaque attaque r&#233;v&#233;lait un plan et une m&#233;thode &#187;, &#233;tablit Thomson, qui t&#233;moigna de leurs &#171; s&#251;ret&#233; et communications sensationnelles &#187;. Un officier de l'arm&#233;e en poste dans le Yorkshire per&#231;ut chez eux &#171; un niveau d'entente et d'organisation des plus extraordinaire &#187;. William Cobbett &#233;crivit au sujet d'un rapport au gouvernement en 1812 : &#171; Et c'est le fait qui intriguera le plus les ministres. Ils ne peuvent trouver d'agitateurs. C'est un mouvement du peuple lui-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cependant, et cela en d&#233;pit des observations d&#233;pit&#233;es de Cobbett, il se trouva des Luddites en la personne de leurs leaders pour se porter au secours des autorit&#233;s. Leur mouvement n'&#233;tait pas compl&#232;tement &#233;galitaire, bien que cet aspect ait &#233;t&#233; plus pr&#232;s de la r&#233;alit&#233; que ne le fut leur approche de tout ce qui &#233;tait &#224; leur port&#233;e, et de la fa&#231;on dont cela leur &#233;chappa de peu. Bien s&#251;r, c'est des leaders que se d&#233;gagea le plus nettement avec le temps le &#171; raffinement politique &#187; ; c'est aussi &#224; partir d'eux qu'en quelques occasions des cadres syndicaux se r&#233;v&#233;l&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les temps &#171; pr&#233;-politiques &#187; des Luddites &#8212; comme dans nos temps &#171; post-politiques &#187; &#8212; le peuple ha&#239;ssait ouvertement ses dirigeants. Il applaudit &#224; la mort de Pitt en 1806, et plus encore &#224; l'assassinat de Perceval en 1812. De telles manifestations devant la mort de premiers ministres mettaient en &#233;vidence la fragilit&#233; des m&#233;diations entre gouvernants et gouvern&#233;s, le manque d'int&#233;gration entre les deux. L'affranchissement politique des travailleurs &#233;tait certainement moins important que leur affranchissement ou leur int&#233;gration industriels, par le biais des syndicats ; c'est pour cette raison que le premier se poursuivit le plus lentement. Toujours est-il que les vigoureux efforts produits pour int&#233;resser la population &#224; des activit&#233;s l&#233;gales, &#224; savoir la campagne pour &#233;largir la base &#233;lectorale du parlement, constitu&#232;rent une puissante arme pacificatrice. Cobbett, tenu par beaucoup pour le plus virulent pamphl&#233;taire de l'histoire anglaise, d&#233;cida de nombreuses personnes &#224; rejoindre les Hampden Clubs favorables &#224; la r&#233;forme &#233;lectorale, et il se caract&#233;risa aussi, aux dires de Davis, par sa &#171; condamnation sans appel des Luddites &#187;. Les effets pernicieux de cette campagne de r&#233;forme cr&#233;atrice de dissension se mesurent jusqu'&#224; un certain point, en comparant les premi&#232;res et &#233;nergiques manifestations de col&#232;re antigouvernementale des Gordon Riots (1780) et les attroupements contre le Roi &#224; Londres (1795) aux massacres et fiascos des &#171; soul&#232;vements &#187; de Pentdridge et Peterloo, qui co&#239;ncid&#232;rent approximativement avec la d&#233;faite du Luddisme juste avant 1820.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En revenant, pour conclure, &#224; des m&#233;canismes plus fondamentaux, nous examinerons &#224; nouveau la question du travail et du syndicalisme. Il faut bien voir que ce dernier s'&#233;tablit sur le divorce effectif entre le travailleur et le contr&#244;le des moyens de production &#8212; et, bien s&#251;r, le syndicalisme contribua des plus substantiellement &#224; ce divorce, comme nous l'avons vu. Certains, parmi lesquels on compte, bien &#233;videmment, les marxistes, voient cette d&#233;faite et son pendant, la victoire du syst&#232;me manufacturier, comme &#224; la fois in&#233;vitables et souhaitables, bien qu'ils doivent admettre que dans les t&#226;ches ex&#233;cutives r&#233;side, encore maintenant, une part significative de la conduite des op&#233;rations industrielles. Un si&#232;cle apr&#232;s Marx, Galbraith situa l'origine du primat de la productivit&#233; sur la cr&#233;ativit&#233; dans le renoncement de principe des syndicats &#224; toute protestation visant le travail lui-m&#234;me. Mais tous les id&#233;ologues, quant &#224; eux, per&#231;oivent le travail comme un espace ferm&#233; &#224; la falsification. Les activit&#233;s laborieuses sont le noyau imperm&#233;able &#224; l'id&#233;ologie et &#224; ses formes, telles que m&#233;diation et repr&#233;sentation. De tels id&#233;ologues ignorent l'incessante et universelle exigeance luddite portant sur le contr&#244;le des modes de production. Une telle lutte des classes est quelque chose de totalement diff&#233;rent pour le producteur et pour l'id&#233;ologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le jeune mouvement syndical, il existait une grande dose de d&#233;mocratie. Par exemple, la nomination des d&#233;l&#233;gu&#233;s par rotation ou tirage au sort &#233;tait pratique largement r&#233;pandue. Mais ce qui ne peut &#234;tre l&#233;gitimement d&#233;mocratis&#233;, c'est la d&#233;faite, r&#233;elle, dont proc&#232;de la victoire des syndicats, qui en fait l'organisation de la complicit&#233;, une caricature de communaut&#233;. Les apparences, &#224; ce stade, ne peuvent masquer le syndicalisme, comme agent de l'acceptation et du maintien d'un monde grotesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La quantification marxiste &#233;l&#232;ve la productivit&#233; au rang de summum bonum, de la m&#234;me mani&#232;re que les hommes de gauche passent sous silence la finalit&#233; du pouvoir direct des producteurs et en arrivent ainsi, pour aussi incroyable que cela paraisse, &#224; &#233;pouser la cause syndicale, consid&#233;r&#233;e comme la meilleure solution pour les travailleurs sans protection. L'opportunisme et l'&#233;litisme de toutes les Internationales, pour tout dire l'histoire de la gauche, aboutit finalement au fascisme quand les refoulements accumul&#233;s portent leurs fruits. D&#232;s lors, le fascisme peut en appeler avec succ&#232;s aux travailleurs, en se faisant valoir comme liquidateur des inhibitions, comme le &#171; Socialisme d'Action &#187;, etc. - comme r&#233;volutionnaire. Il devrait &#234;tre clairement &#233;tabli combien il se perdit avec les Luddites, et quelle terrible anti-histoire s'ouvrit ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'aucuns en reviennent d&#233;j&#224; &#224; parler d'&#171; &#233;poque de transition &#187; pour qualifier l'actuelle crise montante, esp&#233;rant que tout se r&#233;soudra harmonieusement dans une nouvelle d&#233;faite des Luddites. Nous voyons aujourd'hui la m&#234;me n&#233;cessit&#233; d'appliquer la discipline du travail que dans les premiers temps, et la m&#234;me appr&#233;hension dans la population de la notion de &#171; progr&#232;s &#187;. Mais il est tr&#232;s possible qu'aujourd'hui nous puissions reconna&#238;tre tous nos ennemis avec plus de pr&#233;cision, de telle mani&#232;re que cette fois la transition soit men&#233;e par les cr&#233;ateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;JOHN et PAULA ZERZAN.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Original en anglais paru en 1976 dans Fifth Estate. Premi&#232;re traduction fran&#231;aise dans &#201;changes et Mouvement n&#176;11 en 1977. Seconde traduction fran&#231;aise &#224; Grenoble en 1982. Troisi&#232;me traduction fran&#231;aise parue dans le recueil &#171; Aux sources de l'ali&#233;nation &#187; &#224; l'Insomniaque en 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette traduction est celle de Grenoble, revue et corrig&#233;e par les m&#234;mes en 2003.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie orient&#233;e du syndicalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1908 : Une r&#233;volte ouvri&#232;re &#233;clate &#224; Draveil, elle est tr&#232;s violemment r&#233;prim&#233;e, craignant le pourrissement du conflit, les instances dirigeantes de la CGT y vont de leur petit refrain sur les conflits qu'il faut savoir finir et se d&#233;solidarisent pour la plupart d'un conflit qui continuera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1919 : Les syndicats italiens (except&#233; l'USI) abandonnent le mouvement massif d'occupation de grands terrains agricoles et d'usines, laissant le champ libre a la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1936 : La CGT reprend le mot d'ordre du PC &#034;il faut savoir terminer une gr&#232;ve&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1945-47 : La CGT aux ordres du PC appelle &#224; &#034;gagner la bataille de la production&#034; et &#224; ne pas briser la solidarit&#233; avec les &#034;camarades ministres&#034; (PCF) alors au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 19 Juin 1946 : La F&#233;d&#233;ration des soci&#233;t&#233;s amicales de la police de France et des colonies, adh&#232;re &#224; la CGT et devient CGT-Police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 9 D&#233;cembre 1947 : La CGT &#034;ordonne la reprise du travail&#034; apr&#232;s un mois de gr&#232;ves insurrectionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1968 : La CGT d&#233;nonce &#034;l'anarchiste allemand Cohn-Bendit&#034; et les &#034;katangais&#034;, et n&#233;gocie dans le dos des travailleurs les accords de grenelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1973 : L'ensemble des syndicats (sauf la CFDT) abandonne les travailleurs de l' usine Lipp, qui d&#233;cident de reprendre la production en autogestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;but des ann&#233;es 80s : La CFDT se d&#233;barrasse de ses membres les plus &#034;gauchistes&#034; de mani&#232;re crapuleuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1995 : La CFDT se prononce pour le plan Jupp&#233; et d&#233;serte les manifestations d&#232;s la fin novembre, entrainant le m&#233;contentement de sa base qui n'h&#233;site pas &#224; charger la premi&#232;re secr&#233;taire Nicole Notat lors d'une manifestation. D&#233;fendue par son service d ordre, elle s'en sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2000 : Cr&#233;ation suite &#224; la fusion du syndicat g&#233;n&#233;ral de la police (SGP) et de la f&#233;d&#233;ration &#224; syndicat unique FO-Police du Syndicat g&#233;n&#233;ral des personnels administratifs, techniques, scientifiques et infirmiers de la police. Il &#233;tait affili&#233; &#224; la f&#233;d&#233;ration des syndicats g&#233;n&#233;raux de la police (FSGP-FO) et &#224; la conf&#233;d&#233;ration Force Ouvri&#232;re (FO). Il &#233;tait alors connu sous le sigle SGPATSI-FO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Printemps 2003 : Alors que des centaines de milliers de personnes se mobilisent contre la r&#233;forme des retraites (passage de 37,5 &#224; 40 ans de cotisation), l'ensemble des directions syndicales l&#226;chent une &#224; une le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Octobre 2005 : La CGT passe un accord avec le gouvernement : l'abandon de la mobilisation contre le CNE en &#233;chang&#233; de la promesse que GDF ne sera pas privatis&#233;. Quelques mois plus tard le gouvernement annonce la privatisation de GDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2005 : Note interne de la CGT aux c&#233;g&#233;tistes rappelant aux d&#233;l&#233;gu&#233;s &#034;qu'il est ill&#233;gal d'appeler &#224; une gr&#232;ve la journ&#233;e du jour de solidarit&#233; au seul motif de ne pas vouloir travailler ce jour de solidarit&#233;&#034; au moment m&#234;me o&#249; 70% des enseignants du Gard refusaient de travailler un jour pour rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 18 Mars 2006 : Place de la R&#233;publique &#224; Paris, une coalition de services d'ordres syndicaux, CGT en t&#234;te, se sont livr&#233;s &#224; des ratonnades, &#224; une chasse au faci&#232;s ou les syndicalistes ont frapp&#233; &#224; coup de matraque t&#233;lescopique et de gourdin tous les jeunes noirs qu'ils ont pu coincer. Habituelle intervention syndicale lors du mouvement dit anti-CPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 23 Mars 2006 : Cr&#233;ation et adh&#233;sion du Syndicat Ind&#233;pendant des Commissaires de Police &#224; la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 28 Mars 2006 : La CGT charge brutalement le cort&#232;ge des jeunes pr&#233;caires et intermittents en manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1er mai 2006 : Le service d ordre de la CGT pr&#234;te main forte a celui de l'UNEF dans sa tentative de prendre de force la t&#234;te du cort&#232;ge a la place de la coordination &#233;tudiante, sans succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fin 2007 : Plusieurs plaintes de la CFDT aboutissent, apr&#232;s nombre d'interrogatoires, &#224; six mises en examen, pour quatre pr&#233;caires du r&#233;seau AC ! Air Libre . Quatre d'entre elles signifi&#233;es en octobre pour &#171; injures publiques &#187;. Deux autres, signifi&#233;es ce mois-ci cette fois pour &#171; violences sans ITT avec pr&#233;m&#233;ditation et menaces &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et&#233; 2008 : Des sans-papiers occupent la bourse du travail pour protester contre le sabotage de leurs gr&#232;ves par la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 22 Mai 2008 : La CGT tabasse les camarades gr&#233;vistes sans-papiers qui occupent la bourse du travail de la rue Charlot &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 14 septembre 2008 : Des d&#233;clarations enregistr&#233;es lors de la f&#234;te de l'Huma et devant l'occupation de la Tour d'Argent de responsables de la CGT (&#171; Vous vous &#234;tes tromp&#233;s de cible, on fera tout pour bloquer vos dossiers, j'ai eu ce matin au t&#233;l&#233;phone le directeur [de la pr&#233;fecture de police de Paris], tant que vous serez &#224; la Bourse du travail vous n'aurez pas de r&#233;gularisations &#187;) succ&#232;dent &#224; de nombreux tabassages de sans papiers &#224; la f&#234;te de l'huma et en manifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.non-fides.fr/spip.php?article75" class="spip_out"&gt;http://www.non-fides.fr/spip.php?ar...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir chez l'&#233;diteur l'insomniaque pour les rares traductions (&lt;a href=&#034;http://insomniaqueediteur.free.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://insomniaqueediteur.free.fr&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur cette question, lire &#171; Le Mythe du Progr&#232;s &#187; de Kirkpatrick Sale (&lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article51&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;https://infokiosques.net/spip.php?article611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La r&#233;volte luddite : briseurs de machines &#224; l'&#232;re de l'industrialisation&lt;/i&gt; de Kirkpatrick Sale aux &#233;ditions L'&#233;chapp&#233;e, coll. &#171; Dans le feu de l'action &#187;, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;En d'autres termes... Mort aux syndicats et vive la r&#233;volte !&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Sur le sacr&#233; et son monde</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Non Fides</dc:creator>


		<dc:subject>Religions et croyances</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Critiques du citoyennisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur le sacr&#233; et son monde&lt;/i&gt;, o&#249; l'on parle de religion, de la croyance, du doute, de la fid&#233;lit&#233;, du sacrifice, de la profanation, du citoyennisme, d'amour, d'amiti&#233; et d'Etat. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ce texte paru pour la premi&#232;re fois dans &lt;i&gt;Non Fides&lt;/i&gt; N&#176;1 est ici l&#233;g&#232;rement augment&#233; et &#233;dit&#233; en brochure pour une diffusion plus large.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;S&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;Religions et croyances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Critiques du citoyennisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L102xH150/arton612-75730.jpg?1781037012' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff612.jpg?1221558110&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le doute, pour commencer...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un ami me posait r&#233;cemment la question suivante, &#224; savoir si je lui faisais enti&#232;rement confiance. Cette demande me laissa premi&#232;rement sans r&#233;ponse. Devant son insistance, je me contentais de lui r&#233;pondre que je ne me posais pas la question en ces termes, et que je ne trouvais pas le mot appropri&#233; pour aborder ce sujet. Cette remarque sembla jeter un froid, puisque l'ami en question interpr&#233;ta ma r&#233;ponse de la mani&#232;re suivante : je ne lui faisais pas confiance, voila qui &#233;tait fort de caf&#233; ! D'autant plus que je ne parvenais pas sur l'instant &#224; approfondir ma position. Je d&#233;cidais donc de poursuivre le d&#233;bat en reprenant le probl&#232;me &#224; la base. Avec ce copain, nous nous c&#244;toyions depuis des ann&#233;es, abordant choses et autres, et ne laissant que peu de place aux tabous et autres non-dits. Nous prenions pour principe de nous livrer r&#233;ciproquement nos petits secrets, dans le respect de notre intimit&#233; personnelle. En cas de travers&#233;e d'une p&#233;riode difficile pour l'un ou l'autre, nous nous soutenions sans faille, nous nous &#233;coutions (et tout cela demeure encore aujourd'hui).&lt;br&gt;
Souvent, il me demandait si notre amiti&#233; durerait aussi longtemps que nous serions en vie, si notre relation serait pour ainsi dire &#233;ternelle. Nouvelle interrogation embarrassante, puisque ignorant tout de l'avenir, comment aurais-je pu d&#233;tenir une r&#233;ponse, une certitude ? Globalement parlant, je poss&#232;de bien peu de ces certitudes, et je suis &#233;tonn&#233; quand je rencontre une personne qui ne manque pas d'&#233;taler les siennes sans retenue.&lt;br&gt;
Cet &#233;change me faisait penser &#224; une formule c&#233;l&#232;bre de Socrate : &#171; La seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien &#187;, et &#224; son &#233;cho moderne d&#251; &#224; Pierre Desproges, lorsque celui-ci voulait exprimer son point de vue g&#233;n&#233;ral sur l'existence : &#171; La seule certitude que j'ai, c'est d'&#234;tre dans le doute &#187;. Ces deux formules m'avaient touch&#233; au plus haut point, puisqu'elles exprimaient &#224; la fois la reconnaissance d'un &#233;tat de totale &#233;tranget&#233; entre ces penseurs et la croyance en g&#233;n&#233;ral, et dans le m&#234;me temps, elles avouaient une tranquillit&#233; rassurante vis-&#224;-vis du doute. Commen&#231;ons donc par parler de scepticisme. Le terme scepticisme nous vient du mot grec &lt;i&gt;skeptomai&lt;/i&gt;, qui signifie litt&#233;ralement &#171; observer &#187; (&lt;i&gt;skeptikos&lt;/i&gt; : l'observateur). C'est une posture consistant en un refus d'admettre une chose sans examen critique pr&#233;alable. Voici ce que pense le philosophe Denis Diderot : &#171; Ce qu'on a jamais mis en question n'a point &#233;t&#233; prouv&#233;&#8230;le scepticisme est donc le premier pas vers la v&#233;rit&#233;. &#187;. Le sceptique, nous dit-il, &#171; n'admet de vrai que ce qu'un usage appropri&#233; de sa raison et de ses sens lui a d&#233;montr&#233; vrai. &#187;.&lt;br&gt;
Les critiques du scepticisme se concentrent sur le fait que les sceptiques n'auraient comme horizon ind&#233;passable que la tristesse, cons&#233;quence de leur &#233;tat de doute permanent. Or, c'est un faux probl&#232;me ; nous admettons que la terre tourne autour du soleil. Pr&#233;cis&#233;ment, cette d&#233;couverte fut le r&#233;sultat d'une d&#233;marche critique, qui remettait en question une croyance ancr&#233;e dans les mentalit&#233;s, propag&#233;e par le pouvoir, qui pla&#231;ait la Terre au centre de l'univers. Nous insistons ici sur le fait que le &#171; moment sceptique &#187; ne signifie nullement rejoindre l'impasse nihiliste, puisque les nihilistes refusent pr&#233;cis&#233;ment toute recherche de la v&#233;rit&#233;, ce qui n'est pas notre cas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;La foi est le plus grand fl&#233;au, la plus grande calamit&#233;, la fin de toute recherche et de toute curiosit&#233;.&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir adopt&#233; une posture critique, venons-en au sacr&#233;. L&#224; encore, revenons aux origines du mot. Le Latin utilisait le verbe &lt;i&gt;sancire&lt;/i&gt; pour dire &#171; d&#233;limiter &#187;, &#171; entourer &#187;, &#171; proscrire &#187;. C'est ici un terme qui n'a, en soi, aucune connotation spirituelle. Mat&#233;riellement parlant, on pourrait consid&#233;rer le sacr&#233; comme l'objet contenu dans les limites de cette barri&#232;re. Toutefois, il nous est impossible de ne pas voir l'id&#233;e de s&#233;paration que le terme &#233;voque. Si le sacr&#233; est &#171; s&#233;par&#233; de &#187;, c'est qu'un objet (une chose, un lieu, une personne) se trouve &#224; son oppos&#233;, autour de cette barri&#232;re. Pour nommer cet objet, la langue latine cr&#233;a le mot pro-fanum, pour d&#233;signer ce &#171; qui se trouve devant l'enceinte close et prot&#233;g&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emile Durkheim compte parmi les chercheurs qui se sont int&#233;ress&#233;s au sacr&#233; et en ont &#233;tablis des th&#233;ories. Il fait le choix de parler du sacr&#233;, en reprenant le &lt;i&gt;sancire&lt;/i&gt; latin, dans le sens de la proscription, de l'interdit. Dans &lt;i&gt;Les Formes &#233;l&#233;mentaires de la vie religieuse&lt;/i&gt; (1912), sa d&#233;finition du bin&#244;me sacr&#233;/profane est la suivante : &#171; Les choses sacr&#233;es sont celles que les interdits prot&#232;gent et isolent ; les choses profanes sont celles frapp&#233;es par ces interdits, et qui doivent rester &#224; l'&#233;cart des premi&#232;res. &#187;. Le sacr&#233; est un univers de prohibitions arbitraires, inexplicables au regard de la raison, et dont la bible, le livre fondateur de la civilisation occidentale et chr&#233;tienne, fournit un parfait exemple dans &lt;i&gt;La Gen&#232;se&lt;/i&gt; : l'Eternel y interdit au premier homme de manger le fruit de l'arbre de la connaissance. Le couple sacr&#233;/profane est &#233;tabli, mais le probl&#232;me est que, bien que la premi&#232;re notion ne puisse exister sans la seconde (et inversement), les deux sont dores et d&#233;j&#224; divorc&#233;es, s&#233;par&#233;es.&lt;br&gt;
Bien que la simple d&#233;finition grammaticale soit insuffisante, elle est importante pour comprendre une analyse historique et sociologique. Il s'agit maintenant de voir quelles interpr&#233;tations en ont &#233;t&#233; faites, et &#224; partir de quelles r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Religion, sacr&#233; &amp; Pouvoir... Copains comme cochons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Moyen-Age, le savoir, encore largement d&#233;pendant des d&#233;couvertes faites durant la p&#233;riode antique, &#233;tait une chose rare car privatis&#233;e. Essentiellement par les monast&#232;res o&#249; les moines restaient clo&#238;tr&#233;s afin de recopier les &#339;uvres &#171; classiques &#187; des auteurs grecs et latins entre autres. Ces livres ne quittaient que tr&#232;s peu les saints-lieux. La religion catholique, gardienne farouche de sa v&#233;rit&#233; et de la connaissance, tenait alors entre ses mains les r&#234;nes de l'id&#233;ologie dominante qui enseignait la n&#233;cessit&#233; de se soumettre inconditionnellement &#224; Dieu. Soumission &#224; lui d'abord, et ensuite &#224; ses chiens de garde officiels, cens&#233;s &#234;tre &#233;lus et charg&#233;s d'interpr&#233;ter cette &#171; v&#233;rit&#233; &#187; si obscure, et la tenir &#233;loign&#233;e du profane. Celui-ci &#233;tant &#171; hors du temple &#187; de la connaissance, il devient une menace pour la religion (et non plus seulement un &#233;tranger) d&#233;s lors qu'il manifeste une curiosit&#233; et un d&#233;sir d'acc&#233;der au savoir. Pourquoi ? Parce que le monopole du savoir &#233;tant la cl&#233; de leur pouvoir, le partage de ce savoir par et pour tous signifierait l'atomisation du pouvoir des pr&#234;tres en tout genre ; en d'autres termes, la fin de ce pouvoir. Et le profane repr&#233;sentant le plus grand nombre dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le savoir est un secret, il n'est un alli&#233; du pouvoir que lorsqu'il reste dans les limites de sa condition, de son ignorance. Telle est la signification profonde de l'adage &#171; les voix du seigneur sont imp&#233;n&#233;trables &#187;. En effet, comment diable ce Dieu pourrait-il &#234;tre approchable par l'humain, r&#233;duit, par cette vision des choses, &#224; l'&#234;tre exclu, condamn&#233; &#224; errer dans les sous-sols de la connaissance rel&#233;guant la rencontre du savoir (mystifi&#233; sous le nom de &#171; Tout-Puissant &#187;) dans un au-del&#224; hypoth&#233;tique, et pour nous -cela va sans dire- inexistant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;suppos&#233;s fondant l'&#233;difice religieux &#233;tant plac&#233;s &#224; l'abris de toute vell&#233;it&#233; de remise en cause par le profane, toute possibilit&#233; de critique, de r&#233;flexion dispara&#238;t pour celui-ci, puisqu'on ne peut critiquer ce qu'on ne peut conna&#238;tre, a fortiori, ce qu'on a pas le droit de conna&#238;tre. Proc&#233;d&#233; tr&#232;s astucieux, le sacr&#233; n'a plus &#224; se justifier, ni lui, ni son autorit&#233;, ni les r&#232;gles qu'il impose. La foi &#233;vince alors le questionnement ; en le mystifiant, elle rend l'inconnu acceptable, l&#233;gitime. Sa domination &lt;i&gt;est&lt;/i&gt;, ne sachant tol&#233;rer la moindre insubordination de la part d'esprits incr&#233;dules. S'en prendre &#224; la figure sacr&#233;e, sur laquelle repose souvent la stabilit&#233; de l'&#233;difice hi&#233;rarchique est donc un acte subversif. Si les puissants, ceux qui b&#233;n&#233;ficient de l'ordre, veulent que le rapport de force reste en &#233;tat, que rien ne bouge et que chacun reste &#224; sa place, il doivent punir toute subversion et surtout la pr&#233;venir en faisant en sorte que les profanes ne se posent pas de question quant aux raisons qui expliquent leur condition sociale. Pour ce faire, il faut soit que l'immuabilit&#233; de la nature du rapport ait &#233;t&#233; profond&#233;ment int&#233;rioris&#233;e par les domin&#233;s, soit qu'une dissuasion efficace soit pr&#233;sente. Dans le cas o&#249; la subversion viendrait &#224; se produire, les administrateurs du sacr&#233; font intervenir une sanction.&lt;br class='manualbr' /&gt;Suivant la logique religieuse, fond&#233;e en grande partie sur l'interdit (traduction du terme polyn&#233;sien &lt;i&gt;tabou&lt;/i&gt;), le recours &#224; la sanction -le terme de &#171; sanction &#187; renvoie au &lt;i&gt;sancire&lt;/i&gt; latin, dans le sens de &#171; proscrire &#187;- est somme toute compr&#233;hensible, tant rares sont les &#233;poques o&#249; les humains ne manifest&#232;rent pas de curiosit&#233; ni d'envie de rechercher des r&#233;ponses au grand questionnement sur le sens de l'existence. La dualit&#233; sacr&#233;/profane, pr&#234;tre/fid&#232;le, implique la continuit&#233; de la domination du premier sur le second, qui repose sur la peur de ce dernier, peur qui l'emp&#234;che de tenter un bouleversement du rapport. Cette peur devant &#234;tre entretenue, c'est l&#224; qu'intervient la pratique du sacrifice.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le sacrifice est suppos&#233; &#234;tre une forme de communion entre les fid&#232;les et la divinit&#233;. En r&#233;alit&#233;, ce c&#233;r&#233;monial reproduit la s&#233;paration in&#233;galitaire puisque, loin d'&#234;tre un &#233;change, le sacrifice d&#233;poss&#232;de celui qui donne, croyant recevoir en retour. A aucun moment ne s'annule la nature du rapport &#233;tabli ; &#224; aucun moment la victime et le dieu ne s'identifient. En d&#233;truisant la chose (ou l'&#234;tre vivant), le sacrifice montre qu'il est dangereux de s'approcher du divin. Les organisateurs, gestionnaires et administrateurs du sacr&#233; s'efforcent de faire comprendre aux &#171; spectateurs &#187; que ce sacrifice va dans leur int&#233;r&#234;t. Le sacrifiant, l'interm&#233;diaire &#233;lu pour entrer en communication avec le sacr&#233;, ne peut dire qu'il va s'offrir lui-m&#234;me en sacrifice car il en perdrait sa vie. Le sacrifi&#233; paye donc en quelque sorte pour le religieux qui, lui, confirme son privil&#232;ge de porte-parole du divin. La compensation que la personne sacrifi&#233;e attendait en retour ne revient jamais, un peu comme une promesse &#233;lectorale. Le divin en sort renforc&#233;, les profanes un peu plus apeur&#233;s et le sacrifice prend bel et bien la forme et le sens d'un acte de soumission au(x) &#171; Ma&#238;tre(s) des choses &#187;. Ce renoncement &#224; la vie (par la destruction physique, l'immolation, ou en remettant sa vie entre les mains d'un &#233;lu omnipotent) confirme donc que ce rituel a pour but d'emp&#234;cher les profanes de briser leur condition, c'est-&#224;-dire de briser cette s&#233;paration entre le d&#233;sir&#233; et l'existant. Produit d'une n&#233;vrose, il la reproduit et l'entretient dans le m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence d'une entit&#233; ou d'un lieu s&#233;par&#233; de l'humain sup&#233;rieur &#224; lui, interdit pour lui et intouchable par lui au sein m&#234;me de l'environnement dans lequel il &#233;volue est pour le moins curieux. D'autant plus lorsque cette s&#233;paration est la cr&#233;ation d&#233;lib&#233;r&#233;e de personnes aux intentions liberticides (les religieux) et peut &#234;tre identifi&#233;e comme une manipulation de la fragilit&#233; de l'esprit humain. Apr&#232;s cette br&#232;ve r&#233;trospective historique, rapprochons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Deux mille ans d&#233;j&#224;, et pas un nouveau Dieu ! &#187; (Nietzsche)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nietzsche se demandait, en pleine angoisse et prenant en compte les reculs du christianisme, quelle nouvelle croyance viendrait tenir t&#234;te au nihilisme dont il voyait poindre les germes dans une soci&#233;t&#233; dont la structure se modifiait tr&#232;s rapidement.&lt;br class='manualbr' /&gt;On pourrait se figurer que la place du religieux au sein de la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons aujourd'hui (nous parlons de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise) a consid&#233;rablement diminu&#233;, en comparaison de celle qu'elle occupait il n'y a pas si longtemps encore. L'influence des &#233;glises semble minime, les individus se marient plus rarement et les paroisses ne font pas salle comble le dimanche. L'on peut dire &#171; nom de dieu &#187; en toute circonstance, sans crainte qu'un bigot nous rappelle &#224; l'ordre et le pape se retrouve mis en guignol sans que les auteurs risquent les foudres c&#233;lestes. De m&#234;me, se d&#233;clarer publiquement ath&#233;e ne soul&#232;ve pas l'indignation, encore que cela d&#233;pende du niveau de p&#233;n&#233;tration de la pi&#233;t&#233; dans les m&#339;urs, selon le pays o&#249; l'on se trouve. Tout cela est pour le mieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout de m&#234;me, lorsque l'on consid&#232;re &#224; quel point notre vocabulaire courant est encore impr&#233;gn&#233; de cette dimension religieuse, l'on est en droit de s'interroger : notre monde est-il r&#233;ellement d&#233;sacralis&#233; ? A cela, plusieurs exemples peuvent &#234;tre mis en avant pour r&#233;pondre par la n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chiens d'infid&#232;les !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parlons de la notion de fid&#233;lit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petite parenth&#232;se, cette &#171; valeur &#187; est inscrite en grosse lettre aux c&#244;t&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le mot &#171; fid&#233;lit&#233; &#187; vient du mot latin &lt;i&gt;fide&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;fides&lt;/i&gt; qui signifie la foi, la croyance. D&#233;j&#224;, le malaise s'installe : &#171; Comment ! Vous n'allez tout de m&#234;me pas me dire que vous faites une apologie de l'infid&#233;lit&#233; ! L&#224;, vous allez trop loin, il y a des limites &#224; ne pas franchir ! &#187;. La fid&#233;lit&#233; est pr&#233;sente sous plusieurs formes dans les comportements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous prendrons d'abord l'exemple d'une forme d'effervescence sociale particuli&#232;re : les &#233;v&#232;nements sportifs, plus pr&#233;cis&#233;ment les matchs de football. Durant ces rencontres, qui pourraient n'&#234;tre que cela d'ailleurs, nous pouvons voir &#224; de nombreuses occasions les supporters, fid&#232;les (!) d'une &#233;quipe donn&#233;e, entonner des &#171; chants &#187; (devraient- on dire des hurlements) haineux &#224; l'encontre de l'&#233;quipe adverse et de ses partisans. Cette haine est de toute &#233;vidence motiv&#233;e par un chauvinisme port&#233; &#224; l'extr&#234;me, qui se retrouve, d&#233;cupl&#233;, au niveau national. L&#224;, l'esprit de chapelle fait place au nationalisme, qui absorbe les divisions int&#233;rieures pour en cr&#233;er une nouvelle avec l'&#233;quipe nationale adverse. Malheur &#224; celui qui, tra&#238;tre &#224; la Patrie, montrerait son indiff&#233;rence vis-&#224;-vis de cet engouement stupide lors d'un de ces affrontements sportifs. Lorsque cet esprit se laisse d&#233;river jusqu'&#224; atteindre le fanatisme, il en r&#233;sulte des drames comme le prouvent les images montrant de v&#233;ritables guerres au milieu de certains stades, &#224; coup de poings, de ceintures, de barres de fer, d'&#233;changes de tir de fus&#233;es &#233;clairantes etc&#8230; L'&#233;pisode le plus triste fut la tuerie qui eu lieu le 29 mai 1985 au stade du Heysel, en Belgique, o&#249; 39 personnes p&#233;rirent apr&#232;s des affrontements entre &#171; Ultras &#187; de Liverpool et de Turin. Bien s&#251;r, il s'agit l&#224; d'un cas extr&#234;me qui ne constitue pas la r&#232;gle g&#233;n&#233;rale. Lorsque le jeu reste jeu, sans comp&#233;tition, et que la f&#234;te reste f&#234;te, les participants finissent par une poign&#233;e de main salutaire. Toutefois, il faut bien se souvenir que cet esprit chauvin est le m&#234;me que celui que l'Etat entretient et dont il se ressert lorsqu'il d&#233;cide de partir en guerre contre un rival &#233;tranger, conduisant les humains au sacrifice d&#233;bile au son de l'hymne national et du bruit des bottes. Est-il n&#233;cessaire de souligner tout le mal que l'on pense du nationalisme, sachant que personne ne choisit son lieu de naissance et que nous n'avons qu'une seule plan&#232;te &#224; nous partager sans discriminations d'aucune sorte. Aussi, jurer fid&#233;lit&#233; &#224; une ville (ou &#224; une &#233;quipe cens&#233;e repr&#233;senter tous les habitants de cette ville, ce qui a encore moins de sens) ou &#224; une nation restera pour nous une absurdit&#233; totale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Venons-en maintenant &#224; la fid&#233;lit&#233; en amour.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Allez dire &#224; votre compagnon ou &#224; votre compagne, et plus g&#233;n&#233;ralement &#224; la personne avec qui vous convolez, que vous faites l'amour avec d'autres personnes et que vous en &#234;tes bien aise&#8230; Pas facile, n'est-ce pas ? Et ce, qu'on se d&#233;clare libertaire ou non d'ailleurs. L'infid&#233;lit&#233; est un tabou, s'y pr&#234;ter est consid&#233;r&#233; largement peut-&#234;tre pas comme un crime, mais comme un acte mauvais qu'il faut r&#233;fr&#233;ner tant qu'il est encore temps. Et lorsque &#171; le mal est fait &#187;, la vengeance s'impose, le fautif est ostracis&#233;, excommuni&#233; du couple. A titre d'illustration, on se r&#233;f&#233;rera par exemple &#224; certains clips musicaux &#224; la mode traitant de ce sujet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet, les paroles de &#171; confession nocturne &#187;, des chanteuses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous laisserons la question du mariage de c&#244;t&#233;, en renvoyant le lecteur &#224; &#171; La non-demande en mariage &#187; de Brassens, profitant de cette occasion pour saluer celui qui se d&#233;finissait lui-m&#234;me comme un &#171; sceptique notoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A pr&#233;sent, abordons le culte de l'Etat, autorit&#233; politique supr&#234;me. Cette horrible divinit&#233; civique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Etat-Nation, &#244; mon Dieu !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Durkheim voit dans le drapeau (embl&#232;me national), un de ces totems modernes, de ces objets sacr&#233;s. Sa profanation, sa destruction physique est consid&#233;r&#233;e par la loi (le code p&#233;nal n'est-il pas la partie punitive du livre saint de l'Etat ?) comme un acte gravissime, un sacril&#232;ge passible de lourdes sanctions. Il ne pensait pas si bien dire&#8230; Le 6 octobre 2001, lors du match de football France/Alg&#233;rie au stade de France, la marseillaise fut siffl&#233;e par une partie du public. Ceci provoqua une vive r&#233;action &#224; travers le pays. Au printemps 2002, certains supporters du club de Bastia siffl&#232;rent &#224; nouveau l'hymne national &#224; l'occasion de la finale de la coupe de France. Ce qui provoqua l'ire du pr&#233;sident Chirac, qui d&#233;cida en cons&#233;quence de boycotter la remise de la coupe au vainqueur. Ces deux sacril&#232;ges furent suivis d'effets tr&#232;s rapides.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le 24 janvier 2003, l'ensemble des d&#233;put&#233;s a adopt&#233; dans le cadre de la loi d'orientation et de programmation pour la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (Lopsi) propos&#233;e par Nicolas Sarkozy, un amendement cr&#233;ant le d&#233;lit d'&#171; outrage &#187; au drapeau fran&#231;ais et &#224; l'hymne national. D&#233;lit sanctionn&#233; par un emprisonnement de 6 mois et 7 500&#8364; d'amende. La loi Fillon visant &#224; r&#233;former l'&#233;ducation et adopt&#233;e en mars 2005, a rendu obligatoire l'apprentissage de La Marseillaise dans les classes maternelles et primaires &#224; partir de la rentr&#233;e 2005, conform&#233;ment &#224; la loi du 23 avril 2005.&lt;br class='manualbr' /&gt;La sainte r&#233;publique semblait attaqu&#233;e de toute part, assi&#233;g&#233;e, outrag&#233;e par des gens sans respect pour la gardienne de l'unit&#233; nationale ; la r&#233;action qui s'ensuivi redonna une vigueur certaine &#224; la fois au r&#233;publicanisme et au citoyennisme, deux id&#233;ologies comptant de farouches d&#233;fenseurs parmi la soci&#233;t&#233;. Un autre &#233;v&#232;nement donna &#224; ces thurif&#233;raires r&#233;publicains et nationalistes l'occasion d'en remettre une couche : les &#233;meutes survenues en novembre 2005 dans les banlieues de nombreuses villes. Les &#233;meutiers s'en prirent alors (entre autres) aux symboles de l'Etat qui &#233;taient &#224; leur port&#233;e : des &#233;coles partirent en fum&#233;e, des affrontements eurent lieu avec les forces de r&#233;pression (les Compagnies R&#233;publicaines de S&#233;curit&#233;, entre autre), les pompiers qui venaient &#233;teindre les incendies furent re&#231;us avec hostilit&#233;. Aussit&#244;t, les principales cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision organis&#232;rent la riposte par le biais de &#171; d&#233;bats &#187; bien orient&#233;s vers la condamnation g&#233;n&#233;rale des &#233;meutiers. A la t&#234;te de cette contre-offensive, Alain Finkielkraut se distingua particuli&#232;rement par son m&#233;pris pour ceux qu'il qualifia de &#171; sauvageons &#187; &#224; qui il faudrait r&#233;apprendre les vertus de la soumission.&lt;br class='autobr' /&gt;
Signalons enfin que dans la nuit du 14 au 15 juin 2006, le S&#233;nat a adopt&#233; un amendement au projet de loi sur l'immigration ajoutant l'outrage public au drapeau aux motifs de retrait de la carte de r&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;voquer la sacralit&#233; de l'Etat et de tous ses d&#233;riv&#233;s, nul n'est besoin de chercher trop loin ; le th&#232;me des &#233;lections est encore assez &#171; chaud &#187; et d'actualit&#233; pour &#234;tre &#233;vocateur. &#171; Voter est un droit, c'est aussi un devoir civique &#187;&#8230; Prenez cette phrase, et traduisez-l&#224; dans le jargon associatif et citoyen, cela donne : &#171; Je ne suis pas un tocard, je vote &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Slogan inscrit sur une affiche associative incitant &#224; l'inscription sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quand on sait &#224; quel point les abstentionnistes sont vis&#233;s par une campagne intensive de culpabilisation par tous les pr&#234;tres de l'Etat (politiciens, journalistes, associations, &#233;lecteurs z&#233;l&#233;s, etc&#8230;) en p&#233;riode &#233;lectorale, force est d'admettre qu'il s'agit bien l&#224; de quelque chose qui rel&#232;ve du sacr&#233;. Oui, les &#233;lections sont un c&#233;r&#233;monial hi&#233;ratique (r&#233;gl&#233; par une tradition sacr&#233;e), les votants vont aux urnes comme on va &#224; la messe, les &#233;lus gardent la v&#233;rit&#233; dans les couloirs de l'assembl&#233;e tels des archev&#234;ques tenant un conciliabule dans la sacristie&#8230; Et cet &#233;difice repose sur la croyance que les choses iront mieux si l'on s'en remet &#224; l'autorit&#233; (&#171; ceux qui savent y faire &#187;), qui nous prodiguera son bon credo. Et pour cause, le sacr&#233; produit des pratiques immuables, o&#249; tout se fait m&#233;caniquement, de mani&#232;re fig&#233;e, m&#234;me lorsque le sens de ces pratiques a disparu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous renvoyons, pour ce qui est du non-sens des &#233;lections, &#224; l'excellente (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La servitude est g&#233;n&#233;ralis&#233;e, &#233;tendue au maximum, et la d&#233;cision prise par quelques gardiens du temple, au nom de tous, bon gr&#233;, mal gr&#233;, et toujours au d&#233;pend de l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les religieux &#233;taient au temps de l'apog&#233;e de leur domination les seuls propri&#233;taires d'un savoir privatis&#233;, l'autorit&#233; politique s'arroge par le biais de la repr&#233;sentation, le privil&#232;ge de dicter seule le mode d'organisation social global. Aussi, les &#233;lecteurs convaincus de l'utilit&#233; de leur geste, se condamnent eux-m&#234;mes &#224; se maintenir dans le profane, &#233;loign&#233;s de la critique n&#233;cessaire au progr&#232;s de la compr&#233;hension du monde dans lequel nous vivons. La s&#233;paration qui existe entre l'Etat moderne et les citoyens est du m&#234;me ordre que celle existant entre l'Eglise et les fid&#232;les d'antan. Dans un cas comme dans l'autre, leur int&#233;r&#234;t est contradictoire. L'&#233;mancipation des fid&#232;les comme des citoyens n'est imaginable que par l'abolition de l'Eglise et de l'Etat. Et comme ces termes de &#171; fid&#232;le &#187; et de &#171; citoyen &#187; sont indissociables des institutions eccl&#233;siastique et &#233;tatique, leur &#233;mancipation signifie la fin de leur condition ; de citoyens et fid&#232;les, ils deviennent hommes et femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe un lien direct entre le sacr&#233; et la hi&#233;rarchie, puisque les Grecs utilisaient le terme &lt;i&gt;hi&#233;ros&lt;/i&gt; pour d&#233;signer le sacr&#233;. On comprendra pourquoi les gens condamn&#233;s socialement &#224; demeurer pauvres toute leur vie en Inde sont appel&#233;s les &#171; Intouchables &#187; en rappelant la double signification contenue dans le mot latin &lt;i&gt;sacer&lt;/i&gt;. Les Romains l'utilisaient pour dire aussi bien &#171; consacr&#233; aux dieux &#187; et &#171; charg&#233; de souillure &#187; ; c'est-&#224;-dire, d'un c&#244;t&#233; ce qui est en haut de l'&#233;chelle, et qui est proche du divin, et de l'autre, le ras du sol, l'immanent, la salet&#233;. On comprendra aussi le tabou et le secret qui entoure le monde des hautes-sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;, les rendant &#233;galement &#171; intouchables &#187;, mais dans le sens oppos&#233;. Pour prendre un exemple parlant, &#233;voquons deux cas dont la comparaison fera grincer les dents. Au fait de sa domination personnelle, Staline ordonnait que ses portraits officiels ne refl&#233;tassent point les effets d&#233;sastreux d'une terrible maladie de peau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son visage gr&#234;l&#233;, visible sur certains clich&#233;s non retouch&#233;s, t&#233;moigne de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus pr&#232;s de nous, on apprenait en plein &#233;t&#233; que le journal &#171; Paris Match &#187;, dans son &#233;dition du 9 ao&#251;t 2007, avait retouch&#233; une photo du pr&#233;sident de la r&#233;publique, car l'originale faisait appara&#238;tre clairement deux bourrelets bien dodus, qui auraient faits de l'ombre &#224; l'image de sportif dynamique que les m&#233;dias ont l'habitude de pr&#233;senter de lui.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour finir.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant de conclure cette r&#233;flexion, attardons-nous une derni&#232;re fois sur une question qui pourrait nous &#234;tre pos&#233;e par les d&#233;fenseurs acharn&#233;s du sacr&#233; : &#171; Si le sacr&#233; disparaissait, ne nous sentirions-nous pas paralys&#233;(e)s par un soudain sentiment de solitude, comme vides et orphelins ? &#187; Nous pensons que non, parce que cette plan&#232;te pourrait &#234;tre un lieu agr&#233;able, si l'humanit&#233; prenait le temps de la pr&#233;server et faisait les efforts n&#233;cessaires pour qu'elle le devienne. Y &#233;voluer en harmonie, dans le respect de la nature et dans l'abondance est non seulement possible, ce serait &#233;galement le plus souhaitable des objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il besoin de le dire, nous aspirons &#224; une existence d&#233;barrass&#233;e autant que faire se peu des contraintes sociales. Tant que les humains vivront dans un monde soumis au joug du sacr&#233;, le pouvoir et la hi&#233;rarchie trouveront le terreau de leur prosp&#233;rit&#233; dans la blessure m&#234;me de cette division entre &#171; &#233;lus &#187; et &#171; condamn&#233;s &#187;, entre le sacr&#233; dominant et le profane opprim&#233;, l'existence sera pourrie par cette guerre pour le monopole de la d&#233;tention du pouvoir. Aussi, l'iniquit&#233; se reproduira continuellement, passant pour une fatalit&#233;, repoussant le bonheur de vivre dans l'apr&#232;s, ou l'ailleurs. Voil&#224; pourquoi nous ne sommes pas agnostiques, mais anti-th&#233;istes. Nous voyons que le sacr&#233; est &#224; l'origine de bien des ph&#233;nom&#232;nes qui nous &#233;crasent quotidiennement, et nous voulons nous attaquer &#224; la fois &#224; la cause et aux cons&#233;quences en abolissant les conditions qui rendent n&#233;cessaires les experts et autres sp&#233;cialistes, ces &#171; &#234;tres surhumains &#187; dont d&#233;pend la vie des humains. Nous voulons &#234;tre libres, ici et maintenant, et dans ce but, nous comptons bien chasser le sacr&#233; de nos existences. Pour r&#233;sumer grossi&#232;rement, nous conclurons par cette formule de Bakounine :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Et, si vraiment Dieu existait, il faudrait s'en d&#233;barrasser ! &#187;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.non-fides.fr/spip.php?article54" class="spip_out"&gt;Sur le site de Non Fides&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Petite parenth&#232;se, cette &#171; valeur &#187; est inscrite en grosse lettre aux c&#244;t&#233;s de l'&#171; Honneur &#187; sur l'&#233;tendard national lors des c&#233;r&#233;monies militaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet, les paroles de &#171; confession nocturne &#187;, des chanteuses Diam's et Vitaa ; un exemple : &#171; ton mec est pur, il te trompe pas &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Slogan inscrit sur une affiche associative incitant &#224; l'inscription sur les listes &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous renvoyons, pour ce qui est du non-sens des &#233;lections, &#224; l'excellente analyse du groupe N&#233;gatif : &lt;i&gt;Les &#233;lections, expression achev&#233;e du nihilisme contemporain&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Son visage gr&#234;l&#233;, visible sur certains clich&#233;s non retouch&#233;s, t&#233;moigne de la petite v&#233;role dont souffrait le &#171; Petit-P&#232;re des Peuples &#187;. Bien s&#251;r, les images de propagande s'effor&#231;aient de supprimer ce d&#233;tail f&#226;cheux pour le stalinisme, qui aimait bien les images enjoliv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Non Fides sort son num&#233;ro 2</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Non Fides</dc:creator>



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&lt;p&gt;Voici venu le num&#233;ro deux du journal Non Fides, six mois apr&#232;s le premier dont nous n'avons plus d'exemplaires en stock mais que vous pouvez toujours t&#233;l&#233;charger ici. Pour r&#233;agir &#224; nos articles, nous signaler des erreurs, nous porter conseil, nous insulter ou nous chatouiller les doigts de pieds, vous pouvez nous contacter &#224; l'adresse non-fides(at)riseup.net. Nous nous ferons un plaisir de vous r&#233;pondre (&#224; notre rythme) ou de publier les interventions qui nous sembleront int&#233;ressantes. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;ailleurs&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.infokiosques.net/IMG/jpg/NF_II-page1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH708/NF_II-page1-7ccb5.jpg?1781037012' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voici venu le num&#233;ro deux du journal Non Fides, six mois apr&#232;s le premier dont nous n'avons plus d'exemplaires en stock mais que vous pouvez toujours t&#233;l&#233;charger &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article19&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour r&#233;agir &#224; nos articles, nous signaler des erreurs, nous porter conseil, nous insulter ou nous chatouiller les doigts de pieds, vous pouvez nous contacter &#224; l'adresse non-fides(at)riseup.net. Nous nous ferons un plaisir de vous r&#233;pondre (&#224; notre rythme) ou de publier les interventions qui nous sembleront int&#233;ressantes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Cette publication est co&#251;teuse &#224; produire (800 exemplaires cette fois ci...), c'est pourquoi nous la vendons prix libre. Prix libre parce qu'aujourd'hui nous sommes conditionn&#233;s pour payer ce qu'on nous dit de payer sans chercher &#224; conna&#238;tre le co&#251;t du service/produit ! Or, nous vous proposons le prix libre en vous informant du co&#251;t, pour que ce prix libre soit intelligent. Prix libre, &#231;a peut vouloir dire gratuit (si tu penses que nous sommes des connards-sses ou que tu n'a tout simplement pas les moyens), &#231;a peut vouloir dire le prix que le journal nous co&#251;te pour nous aider &#224; rentrer dans nos frais et &#231;a peut vouloir dire aussi que tu mets un peu plus si tu souhaites nous soutenir&#8230; Ce journal est par ailleurs gratuit d'office pour ceux qui ne peuvent pas le payer pour des raisons qui sont les leurs (financi&#232;res notamment) et pour ceux qui sont prisonniers et qui souffrent au trou pour que nous qui sommes &#171; libres &#187; puissions continuer la lutte. &lt;br class='manualbr' /&gt;Nous ne vous oublierons pas et sommes heureux de vous faire parvenir ce modeste bout de papier et vous souhaitons &lt;strong&gt;RAGE et COURAGE !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S : Merci &#224; &lt;a href=&#034;http://mnarog.free.fr/main.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J&#252;&#252;l&lt;/a&gt; de nous avoir soigneusement concoct&#233; dans l'urgence une quatri&#232;me de couv' &#224; la hauteur de nos esp&#233;rances !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sommaire dans ce num&#233;ro deux :&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.infokiosques.net/IMG/jpg/NF_II-page3-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH708/NF_II-page3-2-19232.jpg?1781037012' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour commander un exemplaire, &#233;crire &#224; non-fides(at)riseup.net&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous pouvons aussi vous en envoyer plus si vous tenez une table de presse, un infokiosque, une distro &lt;i&gt;non-profit&lt;/i&gt; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pourrez &#233;galement vous procurer ce num&#233;ro &#224; ces adresses :&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;a href=&#034;http://www.librairie-quilombo.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quilombo&lt;/a&gt; (Librairie) : 23 Rue Voltaire 75011 Paris&lt;br class='manualbr' /&gt;- Galerie De La Sorbonne (Librairie) : 52 Rue Des Ecoles 75005 Paris&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le Point du Jour (Librairie) : 58 Rue Gay-Lussac 75005 Paris&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;a href=&#034;http://www.librairie-paralleles.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Parall&#232;les&lt;/a&gt; (Librairie) : 47 rue St Honor&#233; 75001 Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Si vous n'en trouvez plus dans les lieux ci-dessus, n'h&#233;sitez pas &#224; nous envoyer un mail pour qu'on y rem&#233;die.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci pour l'attention, la lutte continue !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Vous pouvez &#233;galement t&#233;l&#233;charger Non Fides N&#176;2. Pour cela, &lt;a href=&#034;http://www.non-fides.fr/spip.php?article49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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