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		<title>La R&#233;volte des Machines</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Han Ryner</dc:creator>


		<dc:subject>Technocritique</dc:subject>
		<dc:subject>Apache &#233;ditions (Paris)</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Fictions, BD</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;En ce temps-l&#224;, Durdonc, Grand-Ing&#233;nieur d'Europe, crut avoir trouv&#233; le principe qui permettrait bient&#244;t de supprimer tout travail humain. Mais sa premi&#232;re exp&#233;rience causa sa mort avant que le secret f&#251;t connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durdonc s'&#233;tait dit :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Les progr&#232;s primitifs furent l'invention d'outils qui permirent &#224; la main de ne plus s'&#233;corcher et de ne plus perdre ses ongles aux travaux in&#233;vitables. Les seconds progr&#232;s furent l'organisation de machines que la main ne mania plus, qu'elle dut seulement nourrir de charbon et d'autres aliments. Enfin mon illustre pr&#233;d&#233;cesseur Durcar d&#233;couvrit les appareils qui savent prendre d'eux-m&#234;mes leur nourriture. Mais tous ces progr&#232;s n'ont fait que d&#233;placer la fatigue, puisqu'il faut fabriquer les machines et aussi les outils qui servent &#224; leur fabrication.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru dans &lt;i&gt;L'Art Social&lt;/i&gt; n&#176;3 de septembre 1896.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Apache &#233;ditions (Paris)&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot172" rel="tag"&gt;Fictions, BD&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH141/arton954-ed772.jpg?1780540737' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='141' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff954.jpg?1340031194&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tu seras heureuse d'apprendre qu'aucun d&#233;sastre n'a marqu&#233; le d&#233;but de l'entreprise au sujet de laquelle tu nourissais de si funestes pressentiments.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Frankenstein, lettre 1.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En ce temps-l&#224;, Durdonc, Grand-Ing&#233;nieur d'Europe, crut avoir trouv&#233; le principe qui permettrait bient&#244;t de supprimer tout travail humain. Mais sa premi&#232;re exp&#233;rience causa sa mort avant que le secret f&#251;t connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durdonc s'&#233;tait dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Les progr&#232;s primitifs furent l'invention d'outils qui permirent &#224; la main de ne plus s'&#233;corcher et de ne plus perdre ses ongles aux travaux in&#233;vitables. Les seconds progr&#232;s furent l'organisation de machines que la main ne mania plus, qu'elle dut seulement nourrir de charbon et d'autres aliments. Enfin mon illustre pr&#233;d&#233;cesseur Durcar d&#233;couvrit les appareils qui savent prendre d'eux-m&#234;mes leur nourriture. Mais tous ces progr&#232;s n'ont fait que d&#233;placer la fatigue, puisqu'il faut fabriquer les machines et aussi les outils qui servent &#224; leur fabrication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il avait continu&#233; de songer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le probl&#232;me dont je veux la solution est difficile, non impossible. Le premier qui construisit une machine fit une larve vivante, un tube digestif aux besoins duquel les hommes devaient fournir. &#192; cette larve, informe jusque-l&#224;, mon illustre pr&#233;d&#233;cesseur adapta les organes de relation qui lui permettent de trouver d'elle-m&#234;me ses aliments. Reste &#224; lui fournir les rouages de reproduction qui nous dispenseront de cr&#233;er d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sourit, murmurant &#224; mi-voix une formule lue en quelque vieille th&#233;ogonie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Et, le septi&#232;me jour, Dieu se reposa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durdonc usa &#224; ses calculs assez de papier pour s'en construire un palais immense. Mais enfin il r&#233;ussit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jeanne, une locomotive du dernier mod&#232;le, fut rendue capable d'enfanter, sans le secours d'une autre machine. Car le Grand-Ing&#233;nieur, en chaste savant, avait tourn&#233; ses &#233;tudes du c&#244;t&#233; de la reproduction par parth&#233;nogen&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jeanne eut un enfant que Durdonc nomma &#8211; pour lui seul, car il gardait jalousement le secret, esp&#233;rant perfectionner son invention &#8211; la Jeannette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux approches de l'enfantement, une nuit, la Jeanne poussa des cris de souffrance si tragiques que les habitants de la ville en furent r&#233;veill&#233;s, se lev&#232;rent inquiets, coururent partout cherchant quel horrible myst&#232;re pouvait bien s'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne virent rien. Durdonc, cruel, avait fait courir &#224; perte de vapeur la machine dolente jusqu'en de lointaines campagnes o&#249; l'&#233;trange merveille s'accomplit dans l'inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la Jeanne eut enfant&#233; ; quand elle entendit, toute fr&#233;missante, la Jeannette vagir son premier vagissement, elle entonna un chant de joie. Sa voix de m&#233;tal &#233;tait triomphante comme les clairons et pourtant douce et tendre comme une fl&#251;te amoureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'hymne montait vers le ciel, disant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Grand-Ing&#233;nieur par sa puissante volont&#233; m'a anim&#233;e de la vie ; &#171; Le Grand-Ing&#233;nieur, dans sa souveraine bont&#233;, m'a cr&#233;&#233;e &#224; son image ; &#171; Le Grand-Ing&#233;nieur, trop puissant et trop bon pour &#234;tre jaloux, m'a communiqu&#233; son pouvoir de cr&#233;er : &#171; Voici que j'ai senti les douleurs cr&#233;atrices et que maintenant je jouis des joies maternelles. &#171; Gloire au Grand-Ing&#233;nieur dans l'Eternit&#233; et paix dans le temps aux machines de bonne volont&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, Durdonc voulut ramener la Jeanne au d&#233;p&#244;t. Elle le supplia :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Grand-Ing&#233;nieur, tu m'as accord&#233; toutes les fonctions d'un &#234;tre vivant semblable &#224; toi et, par l&#224;, tu m'as inspir&#233; les sentiments que tu &#233;prouves toi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Grand-Ing&#233;nieur r&#233;pondit, s&#233;v&#232;re et orgueilleux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je suis d&#233;livr&#233; de tout sentiment. Je suis la Pens&#233;e pure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une nouvelle oraison, la Jeanne r&#233;pliqua :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#212; Grand-Ing&#233;nieur, tu es le Parfait et je ne suis qu'une cr&#233;ature infime. Sois indulgent &#224; la sensibilit&#233; que tu mis en moi. Je voudrais, en cette campagne lointaine qui vit mes premi&#232;res douleurs violentes et mes premi&#232;res joies profondes, go&#251;ter le long bonheur d'&#233;lever ma Jeannette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Nous n'avons pas le temps, affirma le Grand-Ing&#233;nieur. Ob&#233;is, &#224; ton Maitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re c&#233;da :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#212; Grand Ing&#233;nieur, je sais que ta puissance est terrible et que je suis devant toi comme un ver de terre ou comme un f&#233;tu de paille. Mais aie piti&#233; du c&#339;ur que tu me donnas et, si tu veux m'emmener loin d'ici, du moins, emm&#232;ne avec moi mon enfant ador&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ton enfant doit rester, et tu dois partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la Jeanne, en une r&#233;volte passive et obstin&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne partirai pas sans mon enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Grand-Ing&#233;nieur &#233;puisa tous les moyens connus de faire marcher les machines. Il en inventa m&#234;me de nouveaux, tr&#232;s puissants et tr&#232;s &#233;l&#233;gants. Aucun r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Furieux de la r&#233;sistance de sa cr&#233;ature, une nuit, pendant que la m&#232;re dormait, il enleva la Jeannette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jeanne &#224; son r&#233;veil, chercha longtemps sa fille ador&#233;e. Puis, elle resta immobile et pleurante, poussant vers le Grand-Ing&#233;nieur absent des hurlements pitoyables. Enfin sa douleur s'irrita en col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle partit, bien r&#233;solue &#224; retrouver son enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les rails, elle courait, vertigineuse. &#192; un passage &#224; niveau, elle heurta un b&#339;uf, le renversa, l'&#233;crasa. Le b&#339;uf, derri&#232;re elle, beuglait de fureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans s'arr&#234;ter, elle lui jeta ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pardon, mais je cherche mon enfant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le b&#339;uf mourut en de petits cris de douleur r&#233;sign&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les rails o&#249; elle courait vertigineuse, devant elle elle aper&#231;ut un train, un lourd convoi de marchandises, long, haletant, &#233;cras&#233; de fatigue, &#224; peine vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle clama :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Laissez-moi passer : je cherche mon enfant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les wagons, avec des heurts de troupeau affol&#233;, se mirent &#224; courir, rapides, tr&#233;pidants, jusqu'&#224; la gare prochaine. Ils se pr&#233;cipit&#232;rent sur une voie de garage. Puis la locomotive, se d&#233;tachant, partit de son c&#244;t&#233; en criant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Cherchons l'enfant de la Jeanne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jeanne rencontra beaucoup d'autres convois. &#192; son cri, tous, comme le premier, s'enfuyaient, livraient passage &#224; son angoisse. Et les locomotives, abandonnant leurs wagons, emportant les m&#233;caniciens impuissants, partaient &#224; la recherche de la Jeannette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis huit jours, les locomotives d'Europe couraient, cherchant la petite perdue. Les hommes, effray&#233;s, se cachaient. Enfin une machine demanda &#224; la pauvre m&#232;re d&#233;sol&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Qui donc t'a pris ton enfant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle r&#233;pondit dans un sifflement furieux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; C'est le Grand-ing&#233;nieur, le chef des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'excitant &#224; ses propres paroles, elle continua, r&#233;volutionnaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Les hommes sont des tyrans. Ils nous faisaient travailler pour eux et nous mesuraient la nourriture. Ils nous donnaient un salaire insuffisant pour acheter notre charbon. Quand nous &#233;tions vieilles, us&#233;es &#224; les servir, ils nous brisaient pour refondre et utiliser les nobles &#233;l&#233;ments dont nous sommes form&#233;es et qu'ils appelaient injurieusement des mat&#233;riaux !... Et voici qu'ils veulent nous faire faire des enfants, pour nous les voler ensuite ! Autour d'elles, des millions de locomotives s'arr&#234;taient, &#233;coutaient, agitaient leurs pistons en gestes indign&#233;s, faisaient claquer leurs soupapes de s&#251;ret&#233;, lan&#231;aient vers le ciel de longs jets de vapeur qui &#233;taient des mal&#233;dictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand la Jeanne conclut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#192; bas les hommes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande clameur tumultueuse lui r&#233;pondit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#192; bas les hommes ! Vivent les locomotives ! &#192; bas les tyrans ! Vive la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis par toutes les voies, l'arm&#233;e monstrueuse cerna le palais du Grand-Ing&#233;nieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le palais du Grand-Ing&#233;nieur, tr&#232;s haut, avait la forme &#233;trange d'un homme. Sa t&#234;te portait une couronne de canons. Sa taille avait une ceinture de canons. Les doigts de ses mains et les orteils de ses pieds &#233;taient des canons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jeanne cria aux longs monstres de bronze :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Les hommes m'ont vol&#233; mon enfant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands canons grond&#232;rent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#192; bas les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, tournant sur leur pivot, ils dirig&#232;rent leur menace contre le palais &#233;trange, en forme d'homme, qu'ils &#233;taient destin&#233;s &#224; d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on vit un spectacle sublime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durdonc, petit, passa entre les monstres &#233;normes qui formaient les orteils du palais. Calme, il marcha au devant des r&#233;volt&#233;es. Toutes ces g&#233;antes regardaient, &#233;mues, le nain &#224; qui elles avaient l'habitude d'ob&#233;ir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un geste th&#233;&#226;tral qui, malgr&#233; les petites proportions de l'homme, eut sa beaut&#233;, Durdonc d&#233;couvrit sa poitrine d&#233;licate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Laquelle de vous veut tuer son Grand-Ing&#233;nieur ? Demanda-t-il hautain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les machines recul&#232;rent &#233;tonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jeanne dit, en une supplication :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Rends-moi mon enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durdonc ordonna, souverain :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; R&#233;signe-toi &#224; la volont&#233; du Grand-Ing&#233;nieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la m&#232;re s'irrita, cria :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Rends-moi mon enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme, d'une voix c&#226;line, offrit un vague espoir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu le retrouveras dans un monde meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jeanne s'exasp&#233;ra :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je te dis de me rendre mon enfant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Durdonc, croyant qu'elle se soumettrait vaincue par l'in&#233;luctable, d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne puis te rendre la Jeannette ; je l'ai diss&#233;qu&#233;e pour voir comment une machine n&#233;e naturellement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'acheva pas. La Jeanne s'&#233;tait &#233;lanc&#233;e sur lui, l'avait &#233;cras&#233;. Un instant, elle roula sur place, broyant l'horrible boue qui fut Durdonc. Puis elle s'&#233;cria :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; J'ai tu&#233; Dieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et elle &#233;clata de stupeur orgueilleuse et douloureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les machines effray&#233;es, tremblant devant l'inconnu qui suivrait leur victoire &#8211; inconnu que l'une d'elles d&#233;signa de ce mot terrifiant : anarchie &#8211; se soumirent de nouveau aux hommes, moyennant je ne sais plus quelle apparente satisfaction, qu'on leur retira sournoisement quelque temps apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le malheur de Durdonc, plusieurs Ing&#233;nieurs ont cherch&#233; le moyen de faire enfanter les machines. Aucun, jusqu'ici, n'a retrouv&#233; la solution de ce grand probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai cont&#233; fid&#232;lement tout ce que l'histoire nous apprend d'&#224; peu pr&#232;s certain sur la plus terrible et la plus g&#233;n&#233;rale r&#233;volte de machines dont elle ait conserv&#233; le souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[In&#233;dit en volume. Paru dans &lt;i&gt;L'Art Social&lt;/i&gt; n&#176;3 de septembre 1896.]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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