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		<title>L'Organisation Internationale pour les Migrations : une organisation contre les migrant-e-s </title>
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		<dc:date>2004-05-06T22:30:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Titam.tiza</dc:creator>


		<dc:subject>Prison, justice, r&#233;pression</dc:subject>
		<dc:subject>Migrations, luttes contre les fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Bo&#238;te A Outils Editions (Forcalquier)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Historique et actualit&#233; de l'OIM (Organisation Internationale pour les Migrations), qui &#034;g&#232;re&#034; les flux migratoires notamment au sein des pays riches (mais pas seulement).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;O&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot20" rel="tag"&gt;Prison, justice, r&#233;pression&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;Migrations, luttes contre les fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Bo&#238;te A Outils Editions (Forcalquier)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH113/arton152-3a9b9.jpg?1780552803' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff152.jpg?1128977581&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les ph&#233;nom&#232;nes migratoires sont devenus des faits majeurs &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire&lt;/strong&gt; : la &#171; globalisation &#187; s'accompagne d'un accroissement de la mobilit&#233; et des migrations.&lt;br&gt; Selon plusieurs sources, il y aurait trente-trois millions de migrant-e-s &#171; ill&#233;gaux et ill&#233;gales &#187; dans le monde. Les migrations &#171; ill&#233;gales &#187; sont g&#233;n&#233;ralement per&#231;ues comme un afflux d'ind&#233;sirables et apparaissent ainsi comme la grande menace pesant sur l'ordre mondial et sur l'int&#233;grit&#233; des &#201;tats-nations. &lt;br&gt;
Pourtant, le contr&#244;le des migrations n'a jamais tendu &#224; une &#171; migration-z&#233;ro &#187;, n'en d&#233;plaise &#224; une certaine rh&#233;torique populiste (aux relents tristement racistes) : les migrations sont vitales &#224; l'&#233;conomie, condition pr&#233;alable &#224; toute croissance &#233;conomique. Ainsi, les politiques migratoires peuvent avoir de multiples facettes : juguler les mouvements de pauvres vers les &#238;lots de prosp&#233;rit&#233; ; a contrario, recruter des travailleurs &#233;trangers dans les centres &#171; d'accumulation &#187; ; expulser les personnes en &#171; surplus &#187; de leurs propres terres ou encore emp&#234;cher les mouvements de fuite des r&#233;gions en guerre ou en proie &#224; une catastrophe &#233;cologique. Telle est la &#171; gestion ordonn&#233;e &#187; sur laquelle s'accordent les gouvernements nationaux et les organisations internationales. Et puisque le n&#233;olib&#233;ralisme, avec dans son sillage toute sorte de principes &#171; utilitaristes &#187;, est aujourd'hui accept&#233; comme l'id&#233;ologie dominante au sein du monde industrialis&#233;, rien de surprenant &#224; ce qu'il mod&#232;le aussi les politiques migratoires. &lt;br&gt;
Les statuts de r&#233;fugi&#233;-e-s, de personnes d&#233;plac&#233;es, de travailleurs-euses saisonnier-&#232;re-s et la situation de ceux et celles qui migrent de leurs villages pauvres vers des m&#233;tropoles &#171; rayonnantes &#187; sont en fait la cons&#233;quence de ce contexte socio-politico-&#233;conomique. Aussi, ne faut-il pas tomber dans le pi&#232;ge de la distinction entre asile, migrations et mobilit&#233;s int&#233;rieure ou internationale. &lt;br&gt;
Au niveau europ&#233;en, en 1999, lors du sommet de Tampere, les &#201;tats de l'Union europ&#233;enne (UE) ont d&#233;cid&#233; de moderniser leurs politiques migratoires selon trois axes : limiter le droit d'asile ; combattre l'immigration clandestine ; ouvrir de nouveux &#171; tunnels &#187; migratoires pour les travailleurs-euses. En 2002, le sommet de S&#233;ville a ajout&#233; un autre point : &#233;tendre les politiques migratoires europ&#233;ennes jusque dans les pays d'origine ou de transit. Ainsi, la circulation des personnes est maintenant per&#231;ue dans un prisme qui balaye l'ensemble du processus de migration, depuis les pays d'origine jusqu'&#224; ceux de destination en passant par les pays de transits. &lt;br&gt;
L'UE donne le ton en imposant un r&#233;gime europ&#233;en des migrations mais l'objectif vis&#233; va cependant plus loin : la cr&#233;ation d'un r&#233;gime international des migrations. En d&#233;cembre 2000, les 93 &#201;tats-membres de la - jusque-l&#224; peu remarqu&#233;e - Organisation Internationale pour les Migrations (OIM, &lt;i&gt;in english IOM&lt;/i&gt;) demandaient &#224; cette derni&#232;re de prendre la t&#234;te de ce processus. Similaire dans son fonctionnement au Fonds Mon&#233;taire International (FMI) pour les finances et &#224; l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) pour le commerce, l'OIM doit r&#233;guler les mouvements de personnes. D'ailleurs, un accord g&#233;n&#233;ral sur la circulation des personnes, calqu&#233; sur celui concernant le transport et le commerce (General agreement on transport and trade, GATT), a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; propos&#233;. &lt;br&gt;
L'OIM est au c&#339;ur des tensions entre la libert&#233; de circulation et les revendications des &#201;tats-nations &#224; prot&#233;ger leurs fronti&#232;res et &#224; contr&#244;ler l'entr&#233;e et le s&#233;jour sur leurs territoires. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Europol estime qu'environ 500 000 personnes parviennent, chaque ann&#233;e, &#224; franchir &#171; ill&#233;galement &#187; les fronti&#232;res de l'Espace Schengen. Les migrant-e-s partent &#224; la conqu&#234;te de la &#171; Forteresse Europe &#187; avec le soutien tant de leurs propres r&#233;seaux (familiaux, communautaires) que de trafiquants &#171; professionnels &#187;. &lt;br&gt;
Mais, sans aucun doute, beaucoup de migrant-e-s &#233;chouent &#224; passer ces fronti&#232;res ext&#233;rieures sans cesse repouss&#233;es vers l'Est et le Sud. &lt;br&gt; Mort par asphyxie dans un container ou par noyade dans la M&#233;diterran&#233;e : entre l'Europe et le Maghreb, la fronti&#232;re est meurtri&#232;re - 3286 cadavres retrouv&#233;s &#224; Gibraltar entre 1997 et fin 2001, soit plus de 10000 migrant-e-s mort-e-s en cinq ans dans le d&#233;troit (un corps retrouv&#233; pour trois disparus). Comparativement, de 1998 &#224; 2001, 1573 personnes sont mortes &#224; la fronti&#232;re entre le Mexique et les &#201;tats-Unis (franchie chaque jour ill&#233;galement par 7000 personnes).&lt;br&gt;
Franchies les fronti&#232;res, le calvaire continue : clandestinit&#233;, peur, traque, discriminations de toutes sortes, exploitation, etc. - fichage, arrestations, emprisonnement, d&#233;portation pour une partie des migrant-e-s (de janvier &#224; ao&#251;t 2003, en France, 25082 &#233;trangers et &#233;trang&#232;res en situation irr&#233;guli&#232;re ont fait l'objet d'une mesure d'&#233;loignement).&lt;br&gt;
La militarisation du contr&#244;le des migrations et des fronti&#232;res rend manifeste la volont&#233; de la communaut&#233; internationale de sacrifier des vies pour pr&#233;server le statu quo en mati&#232;re d'injustice sociale, d'in&#233;galit&#233; et d'exclusion.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;l'OIM, cinquante ans de sale boulot&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'OIM est cr&#233;&#233;e en 1951&lt;/strong&gt; sous le nom de Comit&#233; Intergouvernemental pour les Migrations en Europe (ICEM). Le nom m&#234;me de comit&#233; intergouvernemental est de sinistre m&#233;moire, pour qui sait que son pr&#233;d&#233;cesseur, cr&#233;&#233; lors de la conf&#233;rence d'&#201;vian de 1938, a si piteusement &#233;chou&#233; &#224; prot&#233;ger les r&#233;fugi&#233;-e-s juif-ve-s europ&#233;en-ne-s de ce qui allait leur advenir. Ce comit&#233; est alors pens&#233; comme une contre-agence du HCR, cr&#233;&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente : alors que l'action du HCR se fonde sur des principes humanitaires, le moteur de l'ICEM se nourrit de consid&#233;rations &#233;conomiques. L'ICEM fonctionne &#233;galement comme un des outils de la doctrine Truman pendant la guerre froide. Dans un premier temps, il est un instrument pour l'&#233;tablissement des r&#233;fugi&#233;-e-s en provenance des &#201;tats signataires du trait&#233; de Varsovie. Avant la chute du &#171; rideau de fer &#187;, l'organisation participe &#224; la fuite des cerveaux et des &#171; bras &#187; des pays d'Europe centrale. &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Dans les ann&#233;es 70&lt;/strong&gt;, l'ICEM acquiert de nouvelles comp&#233;tences en prenant part aux processus d'&#233;mergence et de mise en place d'&#201;tats-Nations homog&#232;nes d'un point de vue ethnique et confessionnel dans le sous-continent indien, tout comme en Afrique de l'Est. Sous le contr&#244;le de l'ICEM, les r&#233;fugi&#233;-e-s musulman-e-s d'Inde sont d&#233;plac&#233;-e-s vers le Pakistan, conform&#233;ment &#224; la politique de substitution des populations entre l'Inde, le Pakistan et le Bangladesh. &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Dans les ann&#233;es 80&lt;/strong&gt;, la mention &#171; Europe &#187; dans son nom ne permettant pas de rendre compte de son implication croissante dans les pays dits du Tiers-monde, et, avec l'effondrement du bloc de l'Est, l'ICEM a &#233;t&#233; finalement remodel&#233;, s'appelant d&#233;sormais OIM. &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Cependant, en 1989&lt;/strong&gt;, l'OIM conna&#238;t une nouvelle red&#233;finition de ses t&#226;ches. Le versant europ&#233;en est ressuscit&#233; et refl&#232;te les strat&#233;gies europ&#233;ennes en mati&#232;re de migrations. Surtout, des postes avanc&#233;s visant au contr&#244;le des migrations sont construits aux portes de l'Europe, parfois &#224; la va-vite. Dans ces pays d'Europe centrale et orientale, comme en Asie centrale, l'OIM, avec ses nombreuses ramifications met en place un &#171; cordon sanitaire &#187; autour de l'espace Schengen tout en &#233;rigeant des dispositifs implacables de contr&#244;le dans les pays d'&#233;migration et de transit. &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;L'OIM est compos&#233;e statutairement d'une centaine d'&#201;tats-membres&lt;/strong&gt; et de dizaines d'&#201;tats et d'organisations internationales (ONU, OIT, FMI, etc.) avec un statut d'observateur, qui en financent l'organisation et les activit&#233;s. L'OIM s'auto-proclame &#171; l'organisation internationale leader pour les migrations &#187; et se situe dans la droite ligne des vis&#233;es &#233;mergeantes d'administration &#171; globale &#187;, faisant montre d'une remarquable capacit&#233; d'adaptation aux exigences &#233;conomiques et sociales de la &#171; mondialisation &#187;. &lt;br&gt;
Le budget annuel de l'OIM &#233;quivaut approximativement &#224; 36 millions de francs suisses, pour ses seules t&#226;ches administratives (110 employ&#233;-e-s dans l'administration). Pr&#233;sente sur toute la plan&#232;te, l'OIM, dont le quartier g&#233;n&#233;ral est &#224; Gen&#232;ve, fonctionne avec 19 centres de coordination et plus de cent bureaux locaux. Le si&#232;ge de son Centre de coop&#233;ration technique pour l'Europe occidentale est &#224; Vienne. &lt;br&gt;
En mettant en &#339;uvre son programme d'information sur les migrations, ses bureaux r&#233;gionaux sont autant de postes avanc&#233;s d'un &#171; syst&#232;me de pr&#233;vention des migrations &#187; global, qui renvoient aux pays de destination toute information concernant les mouvements migratoires, leurs mod&#232;les, les r&#233;seaux, leurs soutiens/complices. L'OIM exporte le mod&#232;le europ&#233;en du contr&#244;le migratoire aux autres parties du monde, par exemple, en Afrique de l'Ouest o&#249;, avec la communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats d'Afrique de l'Ouest, elle met en place &#171; une unit&#233; de statistique des migrant-e-s, pour am&#233;liorer la compr&#233;hension du ph&#233;nom&#232;ne des migrations et aider l'application effective de programmes et politiques migratoires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'OIM est devenue une agence transnationale fort complexe&lt;/strong&gt; qui n'agit plus seulement sur les terrains des politiques migratoires (conceptions et r&#233;alisations) et des mouvements de personnes (entendre, le plus souvent leur retour). Elle intervient dans le d&#233;sarmement des gu&#233;rillas au Kosovo, au Congo, et en Angola, dans l'administration civile du Kosovo, pratique les visites m&#233;dicales impos&#233;es aux migrant-e-s avant leur entr&#233;e, par exemple, aux USA et au Canada, g&#232;re des fonds d'indemnisation des victimes non juives du travail forc&#233; sous le r&#233;gime nazi, ou encore facilite des accords pour la venue de travailleurs saisonniers d'&#201;quateur en Espagne (empi&#233;tant ainsi sur les comp&#233;tences de l'Organisation Internationale du Travail). &lt;br&gt;
L'OIM s'enorgueillit de s'&#234;tre m&#233;l&#233;e de la vie de 11 millions de personnes depuis ses d&#233;buts. Rien qu'en 2000, elle s'est &#171; occup&#233;e &#187; de la circulation, c'est-&#224;-dire du retour, de 450 000 personnes. Les destinations r&#233;sonnent comme autant de r&#233;gions d&#233;vast&#233;es par la guerre : Kosovo, Irak du Nord, Sierra Leone, Timor oriental, etc. Juste avant la guerre, l'Afghanistan &#233;tait une des destinations principales de ces mouvements. De fait, c'est sur le retour des migrant-e-s, souvent non souhait&#233; que l'OIM se concentre. Par exemple, 75 000 d&#233;bout&#233;s du droit d'asile ont &#233;t&#233; reconduits aux fronti&#232;res de l'Allemagne en 2000, sous couvert de retours volontaires, c'est bien de froids d&#233;placements qu'il s'agit. Pour cela, d'ailleurs, L'OIM a sign&#233; des accords avec pas moins de 80 compagnies a&#233;riennes (dont Lufthansa, Air France, KLM), gr&#226;ce auxquels elle b&#233;n&#233;ficie de r&#233;ductions pouvant atteindre 70%.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'OIM dans tous ses &#201;tats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exemple des contacts entre l'OIM et la Turquie&lt;/strong&gt; permet de mettre &#224; jour les proc&#233;d&#233;s par lesquels l'OIM s'introduit au c&#339;ur de la gestion des migrations tant au niveau international que national. L'OIM sugg&#232;re aux autorit&#233;s turques : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. de coop&#233;rer avec les organisations internationales pour &#234;tre une aire de transit dans les programmes de &#171; retours volontaires &#187; et de rapatriement des migrant-e-s irr&#233;gulier-&#232;re-s vers leurs pays d'origine ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. que le &#171; transport &#187; de migrant-e-s doit &#234;tre puni par la loi ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3. de promouvoir un &#233;change d'informations entre les gouvernements des pays d'origine et ceux des pays de destination des &#171; trans-migrant-e-s &#187; afin de pr&#233;venir les migrations ill&#233;gales et de combattre le &#171; transport &#187; ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4. que les contr&#244;les aux postes-fronti&#232;res turques doivent &#234;tre un outil fondamental dans la lutte contre les migrations &#171; ill&#233;gales &#187;. C'est l'int&#233;gration hypoth&#233;tique &#224; l'UE qui est en jeu (avec les d&#233;bats que cela suscite). L'OIM est une institution anticipant les d&#233;cisions politiques et pr&#233;parant le terrain avec l'imposition de standards europ&#233;ens en mati&#232;re de contr&#244;le des migrations. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#238;le de Nauru : un des exemples les plus extr&#234;mes du travail men&#233; par l'OIM.&lt;/strong&gt; Pour &#233;viter que des r&#233;fugi&#233;-e-s venant surtout d'Afghanistan, d'Iran et d'Irak, p&#233;n&#232;trent sur son territoire, le gouvernement australien applique une &#171; solution pacifique &#187; [&lt;i&gt;ndt : comme dans &#171; oc&#233;an pacifique &#187;&lt;/i&gt;]. Les bateaux de r&#233;fugi&#233;-e-s sont capt&#233;s avant d'atteindre la c&#244;te et les personnes sont amen&#233;es, souvent par la violence, sur l'&#238;le de la r&#233;publique de Nauru. L'OIM y a install&#233; et g&#232;re deux camps de r&#233;tention pour 1300 personnes. Sous les regards des employ&#233;-e-s de l'OIM, les r&#233;fugi&#233;-e-s du cargo norv&#233;gien Tampa ont &#233;t&#233; pouss&#233;-e-s dans ces camps &#224; coups de matraques et de b&#226;tons &#233;lectrifi&#233;s. L'acc&#232;s &#224; l'&#238;le est interdit aux journalistes, avocat-e-s et &#224; Amnesty International. Sous le soleil br&#251;lant d'une &#238;le pollu&#233;e et d&#233;truite par l'exploitation du phosphate, les r&#233;fugi&#233;-e-s sont enferm&#233;-e-s pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. En cas de protestation, c'est l'isolement. Un autre camp g&#233;r&#233; par l'OIM se trouve sur la base militaire de l'&#238;le Manus en Papouasie-Nouvelle-Guin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Ukraine&lt;/strong&gt;, l'OIM a pris en charge la formation de la police des fronti&#232;res en les emmenant &#224; la fronti&#232;re entre le Mexique et les USA voir &#224; quoi ressemblait une politique efficace de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le HCR ne joue pas n&#233;cessairement un r&#244;le plus reluisant. Sous couvert de renforcer la Convention de Gen&#232;ve (1951) avec sa toute r&#233;cente convention &#171; plus &#187;, c'est bel et bien &#224; un d&#233;mant&#232;lement progressif du droit d'asile qu'on assiste :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; acceptation du principe de &#171; pays s&#251;rs &#187; pour les dix futurs pays membres de l'UE, ce qui signifie un refus &#224; priori du statut de r&#233;fugi&#233;-e-s aux ressortissant-e-s de ces pays ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gestion de camps hors UE pour faire le tri entre &#171; vrais &#187; et &#171; faux &#187; demandeurs d'asile avant leur entr&#233;e dans l'espace Schengen ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; renforcement des capacit&#233;s d'accueil des pays de premier passage des r&#233;fugi&#233;-e-s en UE, ce qui signifie leur cantonnement dans les zones limitrophes aux r&#233;gions en guerre ou conflit.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Kosovo, l'OIM joue un r&#244;le compl&#232;tement diff&#233;rent.&lt;/strong&gt; Dans un premier temps, elle est li&#233;e au programme de d&#233;sarmement de l'U&#199;K (Arm&#233;e de Lib&#233;ration du Kosovo). Elle est aussi comp&#233;tente en mati&#232;re de retour et de r&#233;installation des r&#233;fugi&#233;-e-s, fonction qui lui est d&#233;sormais traditionnelle. En m&#234;me temps, de nombreux bureaux de l'OIM sont ouverts, travaillant comme une v&#233;ritable agence d'embauche et fournissant ainsi un soutien &#233;conomique au Kosovo. Occasionnellement, ces bureaux organisent aussi le ramassage des ordures, assurent des services de traduction, ou des t&#226;ches relevant de l'administration publique. Dans le vide de l'apr&#232;s-guerre, l'OIM s'implante comme substitut &#233;tatique, prenant en charge des t&#226;ches de r&#233;gulation ou assumant des comp&#233;tences d'ordre communal : l'OIM a bien sa place dans ce protectorat &#224; administration transnationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'office r&#233;gional de l'OIM des &#201;tats baltes&lt;/strong&gt; (et scandinaves) a publi&#233; en janvier 2002 un rapport intitul&#233; &#171; Les &#201;tats baltes dans le contexte de la Convention de Dublin et la mise aux normes en mati&#232;re de droit d'asile &#187;. Ce rapport touche une question centrale pour ce qui est du succ&#232;s de la gestion des migrations dans les pays membres de l'UE aussi bien que dans ceux candidats &#224; l'adh&#233;sion. Ce rapport se focalise particuli&#232;rement sur la pr&#233;paration (l&#233;gislative, administrative, politique, logistique, etc.) des &#201;tats baltes en vue de l'application de la Convention de Dublin.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La Convention de Dublin est la pierre angulaire du dispositif l&#233;gal europ&#233;en sur les migrations (octroi du droit d'asile, &#171; partage du fardeau &#187;, etc.). La Convention, sign&#233;e en 1997, entend limiter les demandes d'asile multiples en UE en imposant aux demandeurs de faire leurs demandes dans le premier pays de l'UE qu'ils traversent. Dans ce contexte, les pays candidats &#224; l'adh&#233;sion et leurs politiques et l&#233;gislations en mati&#232;re de droit d'asile sont particuli&#232;rement concern&#233;s par la Convention de Dublin.&lt;br&gt;
Cette Convention est une des &#233;tapes de la l&#233;gislation europ&#233;enne en mati&#232;re de migrations, entre la Convention de Schengen (accord 1985, signature de la Convention d'application 1990 et mise en application 1995), le Trait&#233; d'Amsterdam (1999), ceux de Tampere (1999) et de S&#233;ville (2002).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'adh&#233;sion &#224; l'UE est une question de premi&#232;re importance pour les &#201;tats baltes. Au-del&#224; des cons&#233;quences fondamentales en terme de politique &#233;trang&#232;re qu'aurait la r&#233;introduction de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie dans une Europe &#233;largie, l'adh&#233;sion &#224; l'UE a des r&#233;percussions au c&#339;ur m&#234;me des espaces nationaux dans nombre de domaines, dont la justice et les affaires int&#233;rieures. &lt;br&gt;
Or la coop&#233;ration technique de l'OIM n'est pas sans cons&#233;quence sur une future adh&#233;sion &#224; l'UE. Avant de rejoindre les quinze, les &#201;tats baltes auront eu &#224; adopter un certain nombre de &#171; standards europ&#233;ens &#187; et notamment &#224; modifier les cadres l&#233;gislatifs et administratifs nationaux de fa&#231;on &#224; pr&#233;parer et rendre possible l'imposition de ces standards. &lt;br&gt;
En cons&#233;quence, l'OIM aide les &#201;tats baltes dans de nombreux projets visant au renforcement de leurs institutions. Parall&#232;lement, les d&#233;veloppements du cadre l&#233;gislatif de l'UE sont pris en compte afin de s'assurer que les &#201;tats baltes seront pr&#234;ts &#224; adopter et appliquer les normes europ&#233;ennes aff&#233;rentes en mati&#232;re de migrations d&#232;s leur adh&#233;sion. La coop&#233;ration technique de l'OIM se focalise sur les points suivants : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; police, lois et gestion visant au renforcement de la l&#233;gislation nationale et des capacit&#233;s administratives ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; assistance technique pour &#233;tablir et maintenir les contr&#244;les aux fronti&#232;res et les syst&#232;mes de gestion : fournitures d'&#233;quipements, entra&#238;nement des personnels. Une attention sp&#233;cifique est port&#233;e aux fronti&#232;res orientales des &#201;tats baltes, qui seront &#224; terme les fronti&#232;res externes de l'UE ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mise en place d'un syst&#232;me de partage des informations entre gouvernements : logistique et am&#233;lioration de la coop&#233;ration r&#233;gionale et du partage des fichiers et recherche sur les tendances migratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans sa prose &#224; propos du contexte fran&#231;ais&lt;/strong&gt;, l'OIM (qui a un bureau &#224; Paris) d&#233;plore la confusion persistante dans les m&#233;dias, chez les politiciens et dans les ONG, entre &#171; clandestins &#187;, &#171; demandeurs d'asile &#187; et &#171; r&#233;fugi&#233;s &#187;. Elle regrette aussi le recours &#224; la demande d'asile par des migrant-e-s dit-e-s &#171; &#233;conomiques &#187;. En revanche, elle se f&#233;licite que, depuis la r&#233;&#233;lection de Jacques Chirac &#224; la pr&#233;sidence, le d&#233;bat sur le droit d'asile soit revenu au centre du d&#233;bat public, notamment autour de la fermeture du centre de Sangatte (o&#249; l'OIM a pris en charge la promotion du retour aupr&#232;s des exil&#233;-e-s afghan-e-s, qui constituaient, depuis la guerre, une partie importante des pr&#233;tendant-e-s &#224; l'Angleterre) et des modifications sarkoziennes des proc&#233;dures de demandes d'asile. &lt;br&gt;
En France, l'OIM est partenaire privil&#233;gi&#233;e de l'IHESI, Institut des Hautes &#201;tudes en S&#233;curit&#233; Int&#233;rieure, vitrine intellectuelle du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur depuis les ann&#233;es 90. Ce couple &#171; migrations-s&#233;curit&#233; int&#233;rieure &#187; en dit long sur leur approche en la mati&#232;re et les politiques qu'ils entendent ainsi d&#233;velopper... (par exemple, ils ont co-organis&#233; un colloque europ&#233;en &#224; Paris en avril 2002 sur &#171; la traite des mineurs non accompagn&#233;s &#187;, o&#249; une des conclusions pr&#233;conise &#171; l'am&#233;lioration des liens entre les diff&#233;rents &#233;chelons de la cha&#238;ne p&#233;nale [...]. Celle-ci pourrait notamment utiliser des centres s&#233;curis&#233;s pour accueillir ces mineurs &#233;trangers. &#187; Avec de telles recommandations, on nage encore et toujours en plein d&#233;veloppement de l'univers carc&#233;ral, sous couvert de &#171; protection &#187; c'est bel et bien d'enfermement qu'il s'agit.) &lt;br&gt;
En 2002, l'OIM a men&#233; une campagne sur &#171; l'accueil des r&#233;fugi&#233;s &#187;, par voie d'affichage et d'encarts publicitaires dans plusieurs m&#233;dias, le tout gracieusement offert par l'ensemble des supports : 300 panneaux publicitaires par la Ville de Paris, des affiches diffus&#233;es par Amnesty International, Forum r&#233;fugi&#233;s, la CIMADE, etc. et des publications dans &lt;i&gt;T&#233;moignage chr&#233;tien&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;France-soir&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;, etc. Un spot a aussi &#233;t&#233; diffus&#233; par TF1.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En France, il ne faut pas confondre l'OIM avec l'OMI, Office des Migrations Internationales, l'organisme national en charge de l'accompagnement administratif des &#233;trangers et &#233;trang&#232;res lors de leur entr&#233;e &#171; l&#233;gale &#187; sur le territoire fran&#231;ais, par exemple en exer&#231;ant un v&#233;ritable contr&#244;le de qualit&#233; (visites m&#233;dicales, films de propagande et entretiens pour la promotion de &#171; l'int&#233;gration &#187;, etc.) ou n&#233;gociant des contrats pour les travailleurs saisonniers qui font d'eux une main d'&#339;uvre corv&#233;able et serviable &#224; merci, sans droits ni recours... (au sujet de ces &#171; contrats OMI &#187;, voir les travaux du &lt;a href=&#034;http://www.forumcivique.org/index.php?lang=FR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Forum civique europ&#233;en&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'OIM trafique avec les migrations de femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on se penche sur le r&#233;gime &#171; global &#187; des migrations, on tombe fr&#233;quemment sur des arguments concernant le trafic, la traite, voire l'esclavage des personnes, notamment des femmes. Il semble n&#233;cessaire de clarifier ce qu'on entend par l&#224; : les d&#233;finitions que donnent les diverses organisations impliqu&#233;es dans le contr&#244;le des flux migratoires des &#171; trafics &#187;, &#171; traites &#187;, &#171; esclavage &#187; sont souvent floues. Grosso modo, elles distinguent l'entr&#233;e ill&#233;gale, le s&#233;jour ill&#233;gal, les &#171; complices et soutiens &#187; et les passeurs. &lt;br&gt;
Alors qu'Europol utilise une d&#233;finition assez &#233;troite et pr&#233;cise du trafic d'&#234;tres humains, syst&#233;matiquement li&#233;e aux notions d'&#171; exploitation sexuelle &#187; et de &#171; force, menace et abus de pouvoir &#187;, l'OIM opte pour une d&#233;finition tr&#232;s floue : &#171; fait d'assurer, afin d'en tirer directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage mat&#233;riel, l'entr&#233;e ill&#233;gale dans un &#201;tat d'une personne qui n'est ni un ressortissant ni un r&#233;sident permanent de cet &#201;tat &#187;. &lt;br&gt;
Les documents de l'OIM relatifs au &#171; trafic des &#234;tres humains &#187; et particuli&#232;rement des femmes sont un m&#233;lange complexe relevant pour partie d'une perception honn&#234;te de ce ph&#233;nom&#232;ne concernant l'horreur des enl&#232;vements, des mauvais traitements, de la r&#233;duction en esclavage de femmes et d'enfants - et d'autre part, d'un combat g&#233;n&#233;ral contre toutes formes de migrations. &lt;br&gt;
&#192; titre d'exemple, dans les pays identifi&#233;s comme zones d'&#233;migrations - conjoncturelles ou historiques - comme la Pologne ou la Mac&#233;doine, des pr&#233;tendues campagnes d'informations sont organis&#233;es par l'OIM : &#224; cette occasion, l'OIM tente de montrer aux femmes combien migrer revient &#224; se jeter dans la &#171; gueule du loup &#187;. Son intention est, &#224; nouveau, d'enraciner des blocages psychologiques aux migrations au c&#339;ur m&#234;me des mentalit&#233;s, pour mieux dissuader les candidat-e-s au d&#233;part. &lt;br&gt;
Bien s&#251;r, il est faux de dire que la majorit&#233; des migrantes se destinent au commerce du sexe, m&#234;me si le ph&#233;nom&#232;ne existe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les liens entre migrations de femmes et prostitution, voir par exemple (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br&gt;
De nombreuses &#233;tudes ont montr&#233; que les femmes attendent bien plus que cela de la migration : elles veulent avant tout &#233;chapper aux pers&#233;cutions, violences et discriminations, notamment &#233;conomiques des structures patriarcales. C'est l'espoir de vivre autonomes et ind&#233;pendantes, de subvenir &#224; leurs besoins par le gain d'un salaire individuel qui pousse l'immense majorit&#233; des femmes &#224; migrer. C'est de ces espoirs-l&#224; que les femmes d&#233;sireuses de migrer sont d&#233;poss&#233;d&#233;es par leur instrumentalisation par les sc&#233;narios de &#171; pr&#233;vention &#187; de l'OIM. &lt;br&gt;
Depuis les cinqui&#232;mes journ&#233;es mondiales des femmes organis&#233;es par les Nations unies &#224; P&#233;kin en 1995, il existe toute une rh&#233;torique sur le contr&#244;le sp&#233;cifique des migrations de femmes. D'un c&#244;t&#233;, les points de vue f&#233;ministes ont &#233;t&#233; visibilis&#233;s et, d'une certaine mani&#232;re, ont &#233;t&#233; entendus par certaines institutions et semblaient avoir convaincu l'OIM de la n&#233;cessit&#233; d'une protection internationale des femmes. D'un autre c&#244;t&#233;, il reste &#224; savoir si ces d&#233;clarations ne sont pas une simple mascarade suppl&#233;mentaire visant &#224; donner un vernis &#171; humaniste &#187; aux politiques de surveillance et de lutte contre les migrations. &lt;br&gt;
Pourtant, des groupes ind&#233;pendants de femmes formulent des propositions concr&#232;tes : reconnaissance des raisons sp&#233;cifiques aux femmes en mati&#232;re de droit d'asile, l&#233;galisation de la prostitution, &#233;mergence et prise en compte de la figure des femmes migrantes - contre le mod&#232;le masculin implicite dans tous les arsenaux juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple du programme d'intervention et de recherche organis&#233; par l'OIM &#224; l'universit&#233; North London &#224; propos de la situation des femmes en Mac&#233;doine r&#233;v&#232;le le &#171; pi&#232;ge &#187; li&#233; &#224; la lutte contre le trafic des femmes : les deux coordinatrices du projet sont des f&#233;ministes engag&#233;es, particuli&#232;rement dans la lutte contre les violences domestiques. Mais comment peuvent-elles faire entendre leurs recommandations pertinentes d&#232;s lors que l'OIM, commanditaire, ne travaille que contre l'autonomie des migrant-e-s ? &lt;br&gt;
Autre exemple : lors d'une conf&#233;rence sur le &#171; trafic des femmes &#187; tenue &#224; Bruxelles en septembre 2002, sur les mille participant-e-s, celles qui repr&#233;sentaient des organisations ind&#233;pendantes de femmes ou de prostitu&#233;es n'ont pratiquement pas eu voix au chapitre et se sont plaintes du r&#244;le de simple auditrice passive auquel elles &#233;taient r&#233;duites. &lt;br&gt;
Afin de l&#233;gitimer et d'accro&#238;tre le contr&#244;le et la restriction des migrations, l'OIM instrumentalise compl&#232;tement l'anti-patriarcat et le f&#233;minisme (tout comme, par exemple, ce qui se passe dans l'actuel &#171; d&#233;bat &#187; fran&#231;ais sur l'Islam et &#171; le voile &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'OIM au c&#339;ur des critiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'OIM condamn&#233;e par les chiens-de-garde des droits humains&lt;/strong&gt; (mai 2003)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un &#233;lan unanime, assez remarquable, Amnesty international et Human rights watch (HRW) se sont &#233;lev&#233;s contre les pratiques et les politiques mises en &#339;uvre r&#233;cemment par l'OIM, rejoignant ainsi une motion vot&#233;e &#224; la Conf&#233;rence du HCR en juin 2001 (sur proposition de HRW, du Comit&#233; catholique international sur les migrations et du Conseil mondial de l'&#201;glise) au moment m&#234;me o&#249; deux autres organisations, le Roma National Congress (RNC) et le Conseil j&#233;suite pour les r&#233;fugi&#233;s (CJR), et m&#234;me le HCR comp&#233;tent dans ces domaines, montraient quelques inqui&#233;tudes &#224; propos de cette organisation. Cela est d'autant plus int&#233;ressant que tous les &#201;tats de l'UE comptent parmi les 93 membres de l'OIM. Plusieurs &#201;tats europ&#233;ens d&#233;l&#232;guent &#224; l'OIM et ses programmes de coop&#233;ration technique les t&#226;ches d'&#233;tendre le contr&#244;le des fronti&#232;res europ&#233;ennes et d'am&#233;liorer les technologies de gestion des migrations dans les pays voisins. Ils utilisent aussi l'OIM pour &#233;tablir et mettre en pratique des programmes de retours dits volontaires. De grands pas ont &#233;t&#233; faits dans la direction de l'engagement de l'OIM dans les politiques de retours de l'UE jusqu'&#224; en faire l'&#233;pine dorsale de ses politiques. Les critiques qui suivent permettent, pour le moins, d'&#233;mettre de s&#233;rieuses r&#233;serves quant aux capacit&#233;s de cette organisation &#224; intervenir de fa&#231;on ad&#233;quate comme partenaire de l'UE ou d'ONG humanitaires. &lt;br&gt;
&#171; En tant qu'organisations engag&#233;es dans la promotion et la protection des droits de l'Homme, nous sommes aussi venus &#224; cette rencontre pour exprimer nos inqui&#233;tudes quant &#224; l'impact sur les droits humains de certaines op&#233;rations de l'OIM. Plus particuli&#232;rement, l'OIM travaille en certaines occasions dans un sens nuisible aux droits humains fondamentaux des migrants, r&#233;fugi&#233;s et demandeurs d'asile, notamment le droit &#224; ne pas subir de d&#233;tention arbitraire et le droit fondamental de demander l'asile. &#187; &lt;br&gt;
Bien que rien ne soit &#233;voqu&#233; pr&#233;cis&#233;ment, cela semble faire allusion aux pratiques de l'OIM &#224; Nauru, en Papouasie-Nouvelle-Guin&#233;e et probablement au Cambodge. Dans ces pays, le HRW et le CJR ont mis en lumi&#232;re des cas de s&#233;v&#232;res violations des droits humains et de la Convention de Gen&#232;ve par l'OIM au cours de ses op&#233;rations, d&#233;crivant par exemple le camp de Nauru comme un v&#233;ritable &#171; enfer &#187;. &lt;br&gt;
&#171; Nous sommes conscients du fait que l'OIM joue un r&#244;le croissant dans l'accueil, l'assistance et le retour non seulement des migrants, mais aussi des demandeurs d'asile, des r&#233;fugi&#233;s et des personnes d&#233;plac&#233;es de force. &#201;tant donn&#233; que l'OIM n'a pas de mandat de protection pour son travail avec les r&#233;fugi&#233;s et les personnes d&#233;plac&#233;es,AIet HRW recommandent &#224; l'OIM de s'abstenir de prendre une place de premier plan dans des situations qui tombent en bonne logique sous les mandats de protection d'autres organisations internationales comme le HCR. &#187; &lt;br&gt;
Le HRW, le Comit&#233; catholique international sur les migrations et le Conseil mondial des &#201;glises critiquent en d&#233;tail : &#171; Nous sommes inquiets de voir l'engagement croissant de l'OIM - souvent dans des situations o&#249; le HCR n'est pas pr&#233;sent - alors que cette organisation n'a aucun mandat explicite en mati&#232;re d'expertise et de protection de ceux ayant besoin d'une protection internationale. Ses personnels d'encadrement sur place ne sont comp&#233;tents ni pour s'assurer que les r&#233;fugi&#233;s n&#233;cessitant protection aient acc&#232;s au HCR ou aux autorit&#233;s comp&#233;tentes, ni pour remplir eux-m&#234;mes les t&#226;ches administratives li&#233;es aux demandes d'asile. &#187; &lt;br&gt;
Alors que tous ces d&#233;veloppements mentionnent surtout la question des r&#233;fugi&#233;s, le CJR critique aussi le r&#244;le de l'OIM dans la gestion des 2,5 millions de travailleurs birmans en Tha&#239;lande, la plupart sans papiers. Alors que l'OIM &#171; aide &#224; l'enregistrement &#187; d'environ 66 000 d&#233;portations par mois en moyenne, ce qui a d&#233;j&#224; suscit&#233; &#171; des critiques de la part des groupes de d&#233;fense des droits humains &#187;, le CJR se plaint du fait que l'OIM ne fait aucun travail effectif avec les personnes de retour dans leurs pays d'origine. &lt;br&gt;
AI et HRW semblent aussi faire r&#233;f&#233;rence aux politiques de l'OIM en mati&#232;re de coop&#233;ration technique quand ils &#233;voquent : &#171; Pour les pays qui font face &#224; une pression migratoire croissante, le service de coop&#233;ration technique offre au gouvernement et &#224; d'autres agences les outils techniques, intellectuels et strat&#233;giques de mani&#232;re &#224; accro&#238;tre leurs capacit&#233;s de gestion des migrations. &#187; &lt;br&gt; AI et HRW critiquent : &#171; La pr&#233;sence de l'OIM ne devrait pas permettre la perp&#233;tuation de politiques et de pratiques &#233;tatiques iniques, elles-m&#234;mes tr&#232;s peu conformes aux exigences internationales en mati&#232;re de droits humains au rang desquels il faut ranger le contr&#244;le des fronti&#232;res, la mise en place de mesures dissuasives et surtout la d&#233;tention arbitraire et ill&#233;gale, l'incitation pr&#233;matur&#233;e au retour dans les pays d'origine. [...] AI et HRW invitent l'OIM &#224; ne pas se mettre au service d'&#201;tats peu soucieux de se conformer &#224; leurs obligations concernant les droits humains. &#187; &lt;br&gt;
Il se pourrait que les auteurs aient eu en t&#234;te, une fois de plus, la politique australienne de &#171; solution pacifique &#187;, l'Indon&#233;sie, le Cambodge et bon nombre de pays n'offrant pas un syst&#232;me ad&#233;quat de protection des r&#233;fugi&#233;-e-s ou qui ne sont pas m&#234;me signataires de la Convention de Gen&#232;ve, comme Nauru. &lt;br&gt;
Le RNC, en Allemagne, va encore plus loin dans un communiqu&#233; de presse virulent : &#171; Cette organisation est connue de nous comme le laquais qui, depuis des ann&#233;es, se charge de la d&#233;portation, autoproclam&#233;e &#171; retour &#187;, des Rroms et Sintis ne pouvant &#234;tre faite par les &#201;tats. C'est le sale boulot, dans l'ombre, dans un espace extra-l&#233;gal. C'est une organisation mercenaire. &#187; &lt;br&gt;
Le RNC all&#232;gue aussi du fait que l'OIM contrevient aux exigences europ&#233;ennes en mati&#232;re de protection des fichiers et &#233;change des informations avec des &#201;tats que le RNC consid&#232;re comme pers&#233;cuteurs. En outre, les modalit&#233;s de collecte d'informations de l'OIM dans le cadre de son travail de d&#233;dommagement des victimes du travail forc&#233; par les Nazis est aussi au c&#339;ur des critiques. Ce travail a &#233;t&#233; partiellement d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; des entreprises priv&#233;es, comme AB-data (USA), qui n'ont aucun mandat et ne sont soumis &#224; aucune l&#233;gislation en mati&#232;re de protection des r&#233;fugi&#233;-e-s. &lt;br&gt;
Dans un appel quelque peu d&#233;sesp&#233;r&#233;, AI et HRW interpellent ainsi les &#201;tats-membres de l'OIM : &#171; En venant &#224; cette rencontre, les &#201;tats-membres ne peuvent laisser leurs autres obligations &#224; la porte, notamment pour ce qui est de leurs responsabilit&#233;s internationales pour la protection des droits humains des migrants, r&#233;fugi&#233;s et demandeurs d'asile. [...] Nous pressons les &#201;tats-membres de l'OIM de faire en sorte que ces obligations internationales soient prises en compte dans les politiques de l'OIM et dans son travail sur la question. Cela signifie que cette assembl&#233;e devrait presser &#224; son tour l'OIM de cesser imm&#233;diatement ses activit&#233;s qui ont pour effets, directs ou indirects, d'emp&#234;cher des migrants, r&#233;fugi&#233;s et demandeurs d'asiles de jouir de leurs droits humains fondamentaux. &#187; &lt;br&gt;
Des militant-e-s des droits humains et des universitaires ont aussi exprim&#233; le besoin d'une surveillance plus syst&#233;matique des activit&#233;s de l'OIM et appellent &#224; un changement [&lt;i&gt;ndt : hum-hum, on pourrait aller plus loin...&lt;/i&gt;] dans ses approches et ses pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NoBorder vs OIM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau europ&#233;en NoBorder&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cr&#233;&#233; en 2001, le r&#233;seau NoBorder rassemble des activistes de nombreux pays (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a lanc&#233; une campagne de lutte contre la gestion &#171; globale &#187; des migrations, particuli&#232;rement contre l'OIM. Par exemple, une journ&#233;e d'actions a &#233;t&#233; coordonn&#233;e le 13 octobre 2002 visant des bureaux de l'organisation &#224; Helsinki, Vienne, Paris, Berlin, Varsovie, Kiev, Londres, Rome, etc. Cette campagne internationale contre l'OIM est l'occasion de d&#233;velopper et faire circuler la r&#233;flexion et la connaissance des r&#233;gimes migratoires contemporains. Il s'agit &#233;galement, &#224; terme, de perturber voire de bloquer certaines actions de contr&#244;le, d'expulsion et de d&#233;portation de migrant-e-s, projets auxquels les &#171; managers &#187; des migrations, telle l'OIM, tendent de plus en plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les liens entre migrations de femmes et prostitution, voir par exemple l'analyse de l'association Cabiria, qui tient compte des offres faites aux femmes dans un march&#233; du travail model&#233;, lui aussi, par le patriarcat - &lt;a href=&#034;http://cabiria.asso.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://cabiria.asso.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cr&#233;&#233; en 2001, le r&#233;seau NoBorder rassemble des activistes de nombreux pays aux quatrecoinsduglobe, afin d'&#233;changer exp&#233;riences et r&#233;flexions, de coordonner des campagnes internationales contre toutes les fronti&#232;res. Les nombreux campements NoBorder sur des sites frontaliers n&#233;vralgiques sont l'occasion, plusieurs fois par an, de d&#233;velopper des travaux collectifs ainsi que des actions directes contre des cibles comme le SIS &#224; Strasbourg, des points-fronti&#232;res aux portes de l'UE, des centres de d&#233;tention, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cette brochure est un puzzle de plusieurs textes, la plupart &#233;crits par Frank D&#252;vell, disponibles (in english) sur le site du r&#233;seau &lt;a href=&#034;http://www.noborder.org/iom&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;NoBorder&lt;/a&gt;. &lt;br&gt;
De Frank D&#252;vell, voir &#171; Vers un r&#233;gime mondial des migrations. L'Organisation Internationale des Migrations &#187; (&lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt;, n&#176;107, juillet 2003, &lt;a href=&#034;http://www.forumcivique.org/index.php?lang=FR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.forumcivique.org/&lt;/a&gt;) et, sous sa direction, &lt;i&gt;Die Globalisierung des Migrationsregimes. Materialen f&#252;r einen neuen Anti-imperialismus&lt;/i&gt;, Berlin, Assoziation A, 2002.&lt;br&gt;
Sur les politiques migratoires contemporaines, &#224; ne pas manquer : &lt;a href=&#034;http://www.gisti.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.gisti.org/&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://pajol.eu.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://pajol.eu.org/&lt;/a&gt;.&lt;br&gt;
La visite des sites de l'OIM est vivement conseill&#233;e : &lt;a href=&#034;http://www.iom.int/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.iom.int/&lt;/a&gt; et celui de son office r&#233;gional pour l'Europe de l'Ouest : &lt;a href=&#034;http://www.belgium.iom.int/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.belgium.iom.int/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;kikaf&#233;&#231;a ? c&#233; &lt;a href='https://www.infokiosques.net/titam.tiza at no-log point org'&gt;titam.tiza&lt;/a&gt;, en d&#233;cembre 2003. A suivre... Contact pour cette brochure et campagne en cours : &lt;a href='https://www.infokiosques.net/titam.tiza at no-log point org' class=&#034;spip_url&#034;&gt;titam.tiza at no-log point org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.infokiosques.net/IMG/pdf/oim.pdf" length="103563" type="application/pdf" />
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Medzitlija : Ces r&#233;fugi&#233;-e-s dont personne ne veut</title>
		<link>https://www.infokiosques.net/spip.php?article151</link>
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		<dc:date>2004-04-18T18:33:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Titam.tiza</dc:creator>


		<dc:subject>Prison, justice, r&#233;pression</dc:subject>
		<dc:subject>Migrations, luttes contre les fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Bo&#238;te A Outils Editions (Forcalquier)</dc:subject>
		<dc:subject>Anticolonialisme(s)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'histoire de pr&#232;s de 700 Rroms fuyant le Kosovo, ou comment l'Union europ&#233;enne confirme son racisme anti-roms et sa volont&#233; d'emp&#234;cher au maximum l'immigration des populations d&#233;favoris&#233;es.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;M&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot20" rel="tag"&gt;Prison, justice, r&#233;pression&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;Migrations, luttes contre les fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Bo&#238;te A Outils Editions (Forcalquier)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot160" rel="tag"&gt;Anticolonialisme(s)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH110/arton151-58c97.jpg?1780552803' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff151.jpg?1189536218&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 19 mai au 9 ao&#251;t 2003, 679 personnes ayant fui le Kosovo, dont une centaine d'enfants, ont camp&#233; &#224; quelques dizaines de m&#232;tres d'un des postes-fronti&#232;res mac&#233;doniens donnant acc&#232;s &#224; la Gr&#232;ce et partant &#224; l'Union europ&#233;enne (UE).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paysage. Au beau milieu de champs de ma&#239;s, coinc&#233;es entre les voies d'acc&#232;s aux douanes mac&#233;doniennes, une centaine de &#171; tentes &#187; ont &#233;t&#233; bricol&#233;es : quelques branches servent d'armature aux toiles estampill&#233;es &#171; HCR &#187;, aux b&#226;ches et autres tapis de r&#233;cup&#233;ration. Sous le soleil estival du sud des Balkans, ces tentes se transforment chaque apr&#232;s-midi en v&#233;ritables fournaises : il n'est pas rare d'y relever des temp&#233;ratures avoisinant les 70&#176;. Un unique point d'eau non potable. L'ombre que dessine une poign&#233;e d'arbres &#224; 200 m&#232;tres de l&#224; est un abri pris&#233;. C'est l'unique lieu o&#249; l'on peut &#233;chapper un tant soit peu &#224; la canicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Croix-Rouge locale fournit par jour et par personne un pain et un litre d'eau. Avec une permanence &#171; soins &#187; hebdomadaire, c'est la seule pr&#233;sence humanitaire depuis que l'UNHCR (Haut Commissariat aux R&#233;fugi&#233;s des Nations unies) a cess&#233; toute n&#233;gociation avec le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai v&#233;cu quatre guerres : celle des Serbes, celle de l'OTAN, celle des Albanais, celle des Mac&#233;doniens &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de l'entr&#233;e des forces de l'OTAN au Kosovo, des Albanais s'en sont pris indistinctement &#224; ceux qui pouvaient &#234;tre identifi&#233;s comme complices des Serbes, en premier lieu les Rroms, dont une partie avait remplac&#233; les Albanais lors des purges dans l'administration et les entreprises, organis&#233;es par Belgrade d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 90. Il aura &#233;galement suffi de quelques d&#233;clarations largement m&#233;diatis&#233;es d'une poign&#233;e de leaders rroms pro-serbes - la majorit&#233; des Rroms non inf&#233;od&#233;s &#224; Milosevic &#233;tant r&#233;duite au silence et une partie pouss&#233;e d&#232;s les ann&#233;es 90 &#224; l'exil - pour que l'extension, trop classique, d'une suspicion l&#233;gitime envers quelques individus &#224; l'ensemble d'un &#171; groupe &#187; renforce et radicalise un racisme d&#233;vastateur : sous l'&#339;il passif de la KFOR (la force militaire internationale), d&#232;s juillet 1999, les agressions se multiplient, et ce sont des quartiers entiers qui br&#251;lent. Une repr&#233;sentante de l'UNMIK (Mission int&#233;rimaire des Nations unies au Kosovo), interrog&#233;e sur cette passivit&#233;, explique : les personnes qui ont commis ces exactions &#233;taient des war heroes, intouchables. En 2000, l'Union rromani internationale a estim&#233; que 80% des maisons de Rroms avaient &#233;t&#233; d&#233;truites, par les bombardements et les exactions, tant serbes qu'albanaises. Au final, c'est plus de 50.000 Rroms qui se retrouvent &#171; d&#233;plac&#233;s &#187;, surtout en Serbie-Mont&#233;n&#233;gro et Mac&#233;doine - pour certains, en UE. En 2003, les Rroms repr&#233;sentent moins de 1% de la population du Kosovo, contre 4% avant 1999. Deux-tiers des Ashkalis (soit 40.000 personnes) ont d&#251; quitter le Kosovo en 1999. Une des personnes rencontr&#233;es &#224; Medzitlija s'interroge : &#171; si je suis coupable, qu'on me juge, mais pourquoi diable mes enfants sont-ils contraints &#224; vivre cet exil ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De chaque c&#244;t&#233; de ce &#171; camp de r&#233;fugi&#233;-e-s &#187;, des policiers... Au poste-fronti&#232;re, on n'en a certainement jamais vu autant (il n'y a gu&#232;re de passage ici). Quelques m&#232;tres en amont, des fonctionnaires contr&#244;lent les d&#233;parts sur la petite route menant &#224; Bitola, principale ville du sud de la Mac&#233;doine, &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres du camp : pas plus d'une dizaine de personnes par jour ne peut s'y rendre (en taxi) pour les &#171; courses &#187;, la liste des b&#233;n&#233;ficiaires d'une telle permission de sortie devant &#234;tre d&#233;pos&#233;e la veille aupr&#232;s des forces de l'ordre. Les d&#233;parts vers Medzitlija, village distant de deux kilom&#232;tres, sont eux aussi soumis &#224; l'approbation des policiers alors que c'est l&#224; m&#234;me que se situe la fontaine d'eau potable la plus proche. Les forces de l'ordre veillent &#233;galement &#224; ce qu'aucune photo du &#171; camp &#187; ne soit prise... &lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La pression est constante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je suis en prison depuis quatre ans &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 679 personnes ne forment un groupe homog&#232;ne que dans la mesure o&#249; elles ont suivi peu ou prou les m&#234;mes itin&#233;raires depuis la fuite du Kosovo : toutes ne sont pas des Rroms. Beaucoup sont Ashkalis : les &#171; Balkano-&#201;gyptiens &#187;, dont les Ashkalis, forment un peuple sans territoire compact d'environ 200.000 personnes dans les Balkans, en Albanie, Mac&#233;doine, Kosovo, Bulgarie, Turquie - g&#233;n&#233;ralement assimil&#233;s aux Rroms, par ignorance, indiff&#233;rence ou malveillance, ils et elles n'en partagent pourtant ni la langue, ni l'histoire, sauf celle, bien souvent, des m&#234;mes discriminations. Certains sont parfaitement albanophones... Le point commun &#224; l'ensemble des membres de ce groupe, c'est l'exp&#233;rience qu'ils ont faite de l'exil permanent depuis quatre ans. Ils semblent aussi partager le m&#234;me sentiment, &#224; juste titre, d'injustice et d'arbitraire : certains membres de leurs familles auraient obtenu le statut de r&#233;fugi&#233;s politiques, qui en Europe occidentale, qui aux &#201;tats-Unis. Les mandats que certains per&#231;oivent de leurs familles pourraient &#234;tre &#224; l'origine de la survie de ce groupe abandonn&#233; de tous &#224; trente m&#232;tres de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1999, ces Rroms et Ashkalis, r&#233;fugi&#233;-e-s du Kosovo &#171; sous protection humanitaire temporaire &#187; en Mac&#233;doine (la Mac&#233;doine n'a accept&#233; de mettre en place un statut de r&#233;fugi&#233; qu'en... 2003, ceux et celles de Medzitlija n'y sont pas pour rien, voir &#233;pilogue), vivaient de camps en camps, jusqu'&#224; leur installation en 2001 sur la d&#233;charge de Suto Orizori - mieux connu sous le nom de Sutka, pendant longtemps le plus vaste &#171; quartier rrom &#187; d'Europe (40.000 habitants dont 80% de Rroms), en p&#233;riph&#233;rie de Skopje (capitale de la Mac&#233;doine, pays ind&#233;pendant depuis 1991 qui porte encore aujourd'hui, pour des raisons g&#233;opolitiques gr&#233;co-balkaniques, l'&#233;trange nom de FYROM, Former Yougoslav Republic of Makedonia).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mac&#233;doine et Albanie &#233;taient les deux pays limitrophes du Kosovo en 1999, ce qui a fait d'eux, ipso facto, des zones de refuge , voire de repli pour les forces arm&#233;es de l'U&#199;K (Arm&#233;e de Lib&#233;ration du Kosovo). La Mac&#233;doine signe m&#234;me un accord concernant l'accueil des personnes r&#233;fugi&#233;es en provenance du Kosovo : aux 20.000 qu'elle accepte de recevoir, consciente qu'une arriv&#233;e plus massive mettrait en jeu le fragile &#233;quilibre social qui pr&#233;vaut, elle se voit somm&#233;e d'en accueillir 300.000, dont au moins 20.000 Rroms. Une telle situation exacerbe les tensions entre Albanais et Slaves en Mac&#233;doine. Et faut-il rappeler la politique peu brillante de ce pays, comme des autres d'ailleurs, &#224; l'&#233;gard de ses propres ressortissants Rroms (estim&#233;s &#224; environ 170.000, soit 8,5% de la population) ? (voir par exemple le rapport de l'European Roma rights center, &lt;i&gt;A pleasant fiction. The human rights situation of Roma in Macedonia&lt;/i&gt;, 1998, disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.errc.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.errc.org&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; Suto Orizori, la situation se d&#233;grade. D&#233;but 2003, l'UNHCR commence &#224; faire pression sur les familles pour qu'elles acceptent des relogements en &#171; appartements &#187; : la proposition est refus&#233;e, trop de Rroms savent que ces &#171; appartements &#187; sont des baraquements invivables, veulent rester en groupes, de peur des pressions polici&#232;res r&#233;currentes et demandent que le HCR, plut&#244;t que d'&#233;vacuer ainsi la question, am&#233;liore leurs conditions de vie. L'organisation d&#233;cide de couper toute aide et ferme le camp le 30 avril : apr&#232;s plusieurs vaines manifestations dans la capitale, plusieurs centaines des habitant-e-s du camp d&#233;cident de se rendre &#224; la fronti&#232;re pour demander collectivement l'asile politique en Union europ&#233;enne. Ils et elles seront bloqu&#233;-e-s &#224; trente m&#232;tres de cette &#171; Europe-forteresse &#187;, les quelques tentatives pour s'en approcher un peu plus ont &#233;t&#233; repouss&#233;es &#224; coups de matraques et de gaz lacrymog&#232;nes (&#224; chaque fois, plusieurs personnes, dont des enfants en bas &#226;ge, auront d&#251; &#234;tre hospitalis&#233;es). Contrairement &#224; ce que les m&#233;dias et les institutions politiques ont, bien s&#251;r ?, affirm&#233;, ce ne furent d'ailleurs jamais des coups de force pour passer la fronti&#232;re, les r&#233;fugi&#233;-e-s revendiquant une entr&#233;e &#171; par la grande porte &#187;, apr&#232;s visibilisation, n&#233;gociations et acceptation d'accueil de la Gr&#232;ce, ou d'un autre pays. Pour les 679 de Medzitlija, le pari d'une m&#233;diatisation &#224; l'&#233;chelle de l'image &#171; spectaculaire &#187; de la situation (&#171; sept-cent r&#233;fugi&#233;-e-s &#224; la porte de l'Europe &#187;) se r&#233;v&#233;la moins efficace que souhait&#233;. Le refus fut &#233;videmment sans appel, d&#232;s mi-juin, apr&#232;s une r&#233;union &#171; de crise &#187; convoqu&#233;e par le Conseil de l'Europe. Ce qui, dans le contexte de restriction syst&#233;matique de l'immigration, ne surprendra personne.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;La France peut se vanter d'avoir sign&#233; des accords avec la Roumanie en 2002, visant essentiellement les Rroms de Roumanie et leurs retours-rapatriements-d&#233;portations &#171; volontaires &#187; : des enqu&#234;tes ont d'ores et d&#233;j&#224; montr&#233; l'extr&#234;me pr&#233;carit&#233; (sociale, &#233;conomique, et m&#234;me en terme de s&#233;curit&#233; physique) dans lesquelles ces rapatri&#233;s doivent vivre en Roumanie, question rapidement &#233;lud&#233;e par M. Nicolas Sarkozy : &#171; je ne suis pas le ministre de l'Int&#233;rieur de Roumanie &#187;. Cf. M&#233;decins du Monde &amp; FIDH, &lt;i&gt;Que deviennent les Roms de retour en Roumanie ?&lt;/i&gt;, rapport, 2003, &lt;a href=&#034;https://www.fidh.org/europ/rapport/2003/rom0107f.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.fidh.org/europ/rapport/2003/rom0107f.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, le retour &#171; volontaire &#187; de tous les Rroms du Kosovo devrait commencer d&#232;s 2004. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la politique europ&#233;enne d'accueil des Rroms, voir l'excellent d&#233;veloppement, quoiqu'un peu dat&#233; vu l'extr&#234;me rapidit&#233; de l'&#233;volution des politiques internationales en la mati&#232;re, de Mit'a Castle-Kanerova, &#171; Roma refugees : the UE dimension &#187;, in Will Guy (ed.), &lt;i&gt;Between Past and Future. The Roma of Central and Eastern Europe&lt;/i&gt;, University of Hertfordshire Press, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; Medzitlija, bien plus que l'asile, et malgr&#233; une image idyllique, entretenue par certaines organisations politiques, d'un &#171; accueil &#187; en Europe occidentale (obtention rapide d'un titre de s&#233;jour, d'un travail, d'un logement..., ce qui n'a &#233;t&#233; vrai, d&#232;s 1999, que pour quelques familles, au &#171; cas par cas &#187;), on ne souhaite que de vivre &#224; nouveau au Kosovo... d&#232;s que la situation le permettra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politique du retour : contraintes et mensonges&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la cr&#233;dibilit&#233; de la communaut&#233; internationale qui est en jeu autour de cette &#233;pineuse question du retour des r&#233;fugi&#233;s : rapide, il serait la preuve de la victoire &#233;clatante de la d&#233;mocratie onusienne contre la pr&#233;tendue barbarie atavique locale, quand l'octroi d'un quelconque statut, hors Balkans, &#224; 679 personnes, serait un v&#233;ritable aveu d'&#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques Rroms sont d&#233;j&#224; revenus, lorsqu'il leur &#233;tait possible de fournir &#224; l'UNMIK des titres de propri&#233;t&#233; (qui, miraculeusement, n'auraient pas &#233;t&#233; d&#233;truits par les incendies ou le chaos d'un d&#233;part pr&#233;cipit&#233;) ou dix attestations de voisins (qui, justement, auraient &#233;t&#233; retrouv&#233;s en un coup de baguette magique) ; lorsque l'Union europ&#233;enne, en charge de la plupart des programmes de reconstruction aura daign&#233; s'int&#233;resser au sort de quelques familles rroms ou lorsqu'ils et elles auront &#233;t&#233; pris-es en charge par un programme de retours dits volontaires de l'IOM (Organisation Internationale pour les Migrations, campagne en cours contre cette n&#233;faste institution : &lt;a href=&#034;https://www.noborder.org/iom&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.noborder.org/iom&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clairement, l'effort de &#171; reconstruction d'une soci&#233;t&#233; multi-ethnique &#187; au Kosovo (multiplication de la communication envers les &#171; minorit&#233;s &#187; dans un Kosovo albanais &#224; 80%) se fait en direction des Serbes, plus en capacit&#233; de s'opposer &#224; l'administration coloniale, soutenus politiquement, &#233;conomiquement, par un &#201;tat, f&#251;t-il affaibli comme la Serbie. Comment les Serbes pourraient-ils &#234;tre per&#231;us autrement que comme l'ennemi int&#233;rieur, alors m&#234;me que, par exemple, certains, employ&#233;s par l'UNMIK ou une administration publique, continuent de percevoir un deuxi&#232;me salaire de Belgrade, et qu'un sentiment d'injustice sociale aff&#233;rant vient alimenter un ressentiment voire une haine &#171; du Serbe &#187;... La diff&#233;rence de traitement entre Serbes et Rroms de la part des administrations fut notamment visible, dans toute sa violence, lors d'une r&#233;union &#224; destination des minorit&#233;s (Gjilane, juillet 2003) sur les &#171; standards &#187; (sic) en mati&#232;re de r&#233;gulation des rapports interethniques : la tribune (UNMIK, OSCE - Organisation pour la s&#233;curit&#233; et la coop&#233;ration en Europe -, US Office, police) ne tarissait pas de condescendante diplomatie, &#224; la langue de bois bien rod&#233;e (&#171; We are doing our best but we cannot do anything without your help &#187;) pour r&#233;pondre aux attaques en r&#232;gle, et quelque peu provocatrices, de la part des &#171; Serbes &#187;, visiblement bien pr&#233;par&#233;s &#224; une telle confrontation. En revanche, d&#232;s lors qu'il s'est agi de r&#233;pondre au timide porte-parole rrom, une vague d'irritation a parcouru la tribune qui, apr&#232;s lui avoir r&#233;pondu de mani&#232;re brutale, laconique et m&#233;prisante (&#171; we make more efforts for the return of the Roma than for other communities &#187;), s'est brusquement d&#233;saisie de son r&#244;le de &#171; m&#233;diateur &#187; pour laisser aux Serbes le soin de r&#233;gler leur compte avec les Rroms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les minorit&#233;s, il faudrait &#233;galement s'interroger sur la place et le r&#244;le de la minorit&#233; turque (communaut&#233; install&#233;e depuis l'&#233;poque de la domination ottomane), soutenue elle aussi par un &#201;tat puissant, et qui semble &#224; l'occasion jouer les m&#233;diateurs. &#192; titre d'exemple, le pr&#233;sident du bureau des minorit&#233;s &#224; Gjilane, turc, parvient &#224; travailler avec toutes les autres minorit&#233;s : les Serbes mais aussi, la chose est suffisamment rare pour &#234;tre soulign&#233;e, avec les Rroms... en rromani (!).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique mise en &#339;uvre par l'UNMIK en mati&#232;re de minorit&#233;s n'est pas sans danger : la mise en place de quotas sur base ethnique et la pratique de l'&lt;i&gt;affirmative action&lt;/i&gt; (discrimination positive, au point que des Albanais se sont fait passer pour des Turcs pour en jouir) pour le recrutement dans les administrations ne risquent-elles pas de fossiliser les rapports sociaux, en les ethnicisant ? Sans compter que l'ignorance collective en mati&#232;re de minorit&#233;s, entretenue par des ann&#233;es de populisme titiste puis par les id&#233;ologies nationalistes s'&#233;vertuant &#224; fragmenter &#224; l'extr&#234;me les populations, complexifie &#224; souhait la question.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Suite aux bombardements de l'OTAN et &#224; la signature du cessez-le-feu, en juin 1999, le Kosovo, tout en restant officiellement partie de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale de Yougoslavie (jusqu'au r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance renvoy&#233; &#224; une date hypoth&#233;tique) est devenu protectorat onusien (r&#233;solution 1244). Le simple mot est de sinistre m&#233;moire (cf. le sort fait par la france au Maroc et &#224; la Tunisie, etc.). Pour qui se rend au Kosovo, les signes du processus de colonisation ne manquent pas : l'appropriation de l'espace public par les puissances imp&#233;rialistes - UNMIK, UE, diff&#233;rents &#201;tats - est syst&#233;matique, et se mat&#233;rialise par l'estampillage du moindre bien d'&#233;quipement. Tous les douze m&#232;tres, des panneaux publicitaires rappellent, en anglais, parfois en albanais et plus rarement en serbe, que &#171; l'UE reconstruit vos maisons, vos routes &#187;, que telle poubelle a &#233;t&#233; gr&#226;cieusement &#171; install&#233;e par l'UNMIK &#187; et qu'elle vous prie de respecter la propret&#233; des lieux, que tel bus circule gr&#226;ce &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; de tel pays, un autocollant sur chaque ordinateur de bureau de poste mentionne l'&#201;tat bienfaiteur, flots incessants de 4x4 blancs, rutilants, stigmatisant la richesse des internationaux, visiblement bien peu enclins &#224; se m&#233;langer aux Kosovars, etc. D&#233;but juillet 2003, des affiches g&#233;antes c&#233;l&#232;brent l'Independance day sur fond de drapeau am&#233;ricain. Sans cesse, les Kosovars sont somm&#233;s de remercier les gentils donnateurs de leur apporter, en plus de la paix, la &#171; civilisation &#187;. D'un c&#244;t&#233;, cela semble avoir port&#233; quelques fruits, le Kosovo est un des rares pays o&#249; des manifestations ont eu lieu en soutien &#224; l'intervention am&#233;ricaine en Irak ; d'un autre c&#244;t&#233;, cette soci&#233;t&#233; humanitaire commence &#224; provoquer une irritation certaine : &#171; we don't need help, we need work &#187;, nous a-t-on dit. Lorsque l'on sait que les &#201;tats-Unis ont install&#233; au Kosovo leur plus grande base militaire hors-USA, on y voit un peu plus clair dans ce d&#233;ballage de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; Belgrade est r&#233;habilit&#233;e sur la sc&#232;ne internationale, le Kosovo a bien du mal &#224; faire le poids : m&#234;me lorsque l'ind&#233;pendance sera proclam&#233;e, comme elle le sera tr&#232;s certainement, ce petit pays n'aura &#233;t&#233; qu'un instrument vite oubli&#233;. Le retour, en ao&#251;t 2003, du Groupe de Contact (&#201;tats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie et Russie), qui avait jou&#233; un r&#244;le de premier plan en 1998-99 et qui depuis s'&#233;tait &#171; &#233;clips&#233; &#187;, semble confirmer que le Kosovo n'est pas tellement ma&#238;tre de son destin. Et puis quelle place un Kosovo musulman (&#224; l'instar de la Bosnie et de l'Albanie) peut-il esp&#233;rer dans une Europe farouchement chr&#233;tienne ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les Rroms attirent certes une bienveillance de la part de quelques institutions (OSCE, Soros), certainement plus li&#233;e &#224; une romantique sympathie qu'&#224; un r&#233;el souci de lutte contre les discriminations, mais restent maintenus dans un coin poussi&#233;reux de la sc&#232;ne g&#233;opolitique. (Sans compter que les sommes en jeu entre les financeurs internationaux, les politiciens locaux et bon nombre d'ONG, alimentent, dans les Balkans, un syst&#232;me de corruption visiblement bien rod&#233; - il n'est pas rare que l'argent d&#233;bloqu&#233; et allou&#233; &#224; tel ou tel projet n'arrive pas &#224; bon port, personne sur place n'en voyant la couleur.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Particuli&#232;rement, le HCR (dont la politique de (non) transparence laisse songeur-se : que ne faut-il pas faire pour obtenir un rendez-vous ou m&#234;me, la moindre information, le moindre document, sur place) s'&#233;vertue &#224; ne faire aucun travail &#171; sp&#233;cifique &#187; envers les Rroms, ne consid&#233;rant officiellement l'ensemble des r&#233;fugi&#233;-e-s que comme un m&#234;me et unique groupe - cette strat&#233;gie contribue, bien s&#251;r, &#224; l'invisibilisation des discriminations, elles bien sp&#233;cifiques, dont est victime chaque minorit&#233; -, alors que c'est de ce c&#244;t&#233;-l&#224; qu'il faudrait travailler, pour envisager &#224; long terme un autre mod&#232;le social que cet apartheid qui pr&#233;vaut toujours, par exemple, &#224; Mitrovica - depuis la guerre, combien d'Albanais, d'un c&#244;t&#233;, de Serbes, Rroms, Ashkalis, etc., de l'autre, ont-ils franchi la rivi&#232;re qui sert toujours de fronti&#232;re stricte entre les communaut&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La ville de Mitrovica reste coup&#233;e en deux par la rivi&#232;re Ibar : au Sud, la partie &#171; albanaise &#187;, au Nord, la partie &#171; serbe &#187;. Les militaires de la KFOR contr&#244;lant le check-point sur le pont franchissant la rivi&#232;re ne sont pas d&#233;bord&#233;s par l'afflux de candidats au passage : il n'y en a, pour ainsi dire, pas, hormis les &#171; internationaux &#187; (administration, ONG, etc.). En 2002 encore, de telles transgressions - le passage du pont - &#233;taient r&#233;gl&#233;es par des snipers post&#233;s de part et d'autre. Depuis peu, une &#171; zone de confiance &#187;, une centaine de m&#232;tres au sud du pont, a &#233;t&#233; courageusement install&#233;e par les autorit&#233;s - combien de Serbes y sont venu-e-s ? Seule une vingtaine de Serbes habite au Sud, retranch&#233;e dans l'&#233;glise serbe orthodoxe, et sous haute protection, 24 heures sur 24, de la KFOR.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler que Mitrovica-Nord est dans la principale enclave &#224; majorit&#233; serbe, limitrophe de la Serbie, d'o&#249; une particuli&#232;re crispation depuis 1999. M&#234;me l'OSCE, qui a &#233;tabli l'ensemble des &#171; profils municipaux &#187; du Kosovo en 2002-2003, recensant entre autres la composition &#171; ethnique &#187; de la population, n'est pas parvenue &#224; d&#233;terminer (ou n'a pas rendu public ?) le nombre de Serbes et d'Albanais du Kosovo pr&#233;sents &#224; Mitrovica en 2002. Cette situation explosive a peut-&#234;tre pr&#233;valu au choix d'y installer un commandement militaire fran&#231;ais - serait-ce en vertu d'une longue tradition d'amiti&#233; entre Paris et Belgrade, jamais d&#233;mentie, pas m&#234;me au plus fort des crises bosniaques et kosovares ? On peut ainsi interroger la pertinence de la gestion politique, &#224; long terme, de cette tension incessante.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les 6000 Rroms r&#233;sidant avant 1999 dans la partie sud de la ville ont &#233;t&#233; &#171; d&#233;plac&#233;-e-s &#187;. Le quartier principal, &#171; Rroma Mahala &#187; (3000 habitant-e-s), plut&#244;t ais&#233;, a &#233;t&#233; enti&#232;rement d&#233;truit par les flammes, en juillet 1999. Il reste aujourd'hui environ 500 Rroms &#224; Mitrovica - soit 0,48% de la population contre 4,63% avant 1999 -, tou-te-s dans la partie Nord, la plupart vivant dans la pr&#233;carit&#233; la plus extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les Rroms, malgr&#233; les nombreuses d&#233;clarations &#224; l'emporte-pi&#232;ce des institutions internationales pr&#233;sentes au Kosovo, restent marginalis&#233;-e-s. Par exemple, trois langues sont utilis&#233;es dans les documents officiels : l'Albanais, le Serbe et le Turc. Quand donc y aura-t-il une version en rromani, d'autant que le Kosovo est un des rares pays o&#249; la quasi-totalit&#233; des Rroms parlent le Rromani comme premi&#232;re langue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur des repr&#233;sailles, l'absence de garantie de s&#233;curit&#233; (les assassinats d'ao&#251;t 2003 auront dispers&#233; les derniers doutes) et le d&#233;sastre &#233;conomique (70% de ch&#244;meurs, 90% pour les Rroms) suffisent &#224; d&#233;courager les candidat-e-s au retour - m&#234;me certaines autorit&#233;s, du bout des l&#232;vres, admettent que l'&#233;poque n'est pas encore &#224; la paix sociale. Un membre &#233;minent de la communaut&#233; rrom au Kosovo, &#233;crivain-journaliste de Prizren, continue &#224; vivre quotidiennement dans la peur, alors m&#234;me que cette ville est consid&#233;r&#233;e comme une des plus &#171; calmes &#187; du pays. Autre exemple : en octobre 2003, Dzavit Berisha, membre de l'Association des &#201;gyptiens du Kosovo, pr&#233;sent &#224; Medzitlija, raconte :&lt;/br&gt;
&lt;br&gt;Je m'appelle Dzavit Berisha et je vivais au Kosovo jusqu'aux bombardements de 1999, suite auxquels je me suis r&#233;fugi&#233; en Mac&#233;doine (FYROM).&lt;/br&gt; &lt;br&gt;En 2002, j'ai particip&#233; &#224; un programme de &#171; retour volontaire &#187; et j'ai travaill&#233; pour l'arm&#233;e am&#233;ricaine en qualit&#233; d'interpr&#232;te pendant un an. Au terme de cette ann&#233;e, j'ai &#233;t&#233; agress&#233; par des Albanais du Kosovo et j'ai d&#251; repartir une nouvelle fois en Mac&#233;doine pour demander l'asile.&lt;/br&gt;
&lt;br&gt;Un an apr&#232;s, ma requ&#234;te a &#233;t&#233; rejet&#233;e par la Cour supr&#234;me de Mac&#233;doine qui m'a laiss&#233; trente jours pour quitter le territoire mac&#233;donien et rentrer au Kosovo. J'ai inform&#233; l'UNHCR de mon probl&#232;me. Il a alors arrang&#233; un rendez-vous avec M. Blagoje Stojkovski (inspecteur en charge de la section &#171; Asile &#187;). Il a aussi inform&#233; M. Stojkovski que ni moi, ni ma femme ne pouvions retourner au Kosovo car nous y serions en danger de mort, que, en outre, l'office de l'UNMIK avait envoy&#233; une lettre au HCR de Skopje attestant de l'impossibilit&#233; de notre retour au Kosovo puisque notre commune d'origine Obilic avait &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre, trois mois auparavant, de l'assassinat de trois Serbes par des Albanais.&lt;/br&gt;
&lt;br&gt;Un jour, la police mac&#233;donienne m'a arr&#234;t&#233; alors que je marchais et m'a demand&#233; mes papiers. Comme je n'avais pas de carte d'identit&#233; valable puisque je n'avais pas le statut de r&#233;fugi&#233;, ils m'ont emmen&#233; au poste de police, m'ont interrog&#233; et ont convoqu&#233; ma femme : apr&#232;s douze heures, ils m'ont d&#233;port&#233; au Kosovo. Au Kosovo, j'ai habit&#233; chez la famille de ma femme, &#224; Lipijan, pendant deux semaines. Cette maison &#233;tait pour moi ni plus ni moins qu'une prison. Des Albanais sont venus &#224; deux reprises pour demander &#224; la famille de ma femme o&#249; j'&#233;tais. Ils leur ont dit qu'ils ne savaient pas o&#249; je me trouvais actuellement, ce &#224; quoi les Albanais ont accepter de croire tout en soulignant que s'ils me trouvaient ult&#233;rieurement, il y aurait des repr&#233;sailles. Au bout de deux semaines, mon beau-p&#232;re m'a demand&#233; de quitter sa maison : il ne voulait pas avoir de probl&#232;me &#224; cause de moi. J'ai alors contact&#233; une de mes amies &#224; [...] pour savoir si je pouvais la rejoindre et demander l'asile l&#224;-bas. Aujourd'hui, je suis &#224; [...] o&#249; j'ai retrouv&#233; la libert&#233;. J'esp&#232;re que tout ira bien maintenant. Voil&#224; mon histoire.&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre de Rroms et d'Ashkalis, l'heure du retour &#171; volontaire &#187; ne semble donc pas encore avoir sonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Exemple : &#224; Gjilane, municipalit&#233; d'environ 130.000 personnes du sud-est du Kosovo, consid&#233;r&#233;e comme une de celles o&#249; les tensions &#171; inter-ethniques &#187; sont les moins vives, il reste 350 Rroms, soit 24 familles (0,4% de la population, pour environ 400 familles avant la guerre, soit 3%). Le principal quartier rrom a &#233;t&#233; enti&#232;rement d&#233;truit par des Albanais. Depuis 1999, seules six maisons y ont &#233;t&#233; reconstruites, dix familles sont &#171; revenues &#187; - dans le m&#234;me temps... douze en sont parties (hors Kosovo). La malnutrition end&#233;mique, qui semble toucher plus particuli&#232;rement les Rroms, y est probablement pour quelque chose, de m&#234;me que l'absence d'aide sociale cons&#233;quente. La question du retour des r&#233;fugi&#233;s rroms semble la pr&#233;occupation majeure du porte-parole de la communaut&#233;. Pour lui, seule une politique d'&#171; accueil &#187; group&#233; (une vingtaine de familles &#224; la fois) serait viable, tant que les retours s'effectuent au goutte &#224; goutte, l'isolement entretient cette peur des repr&#233;sailles : c'est simple, les Rroms ne sortent pas de leurs maisons, alors m&#234;me que Serbes et Albanais recommencent &#224; fr&#233;quenter le m&#234;me march&#233;, les m&#234;mes bars, etc. Une famille de r&#233;fugi&#233;-e-s, &#224; qui une maison avait &#233;t&#233; attribu&#233;e dans un voisinage tr&#232;s majoritairement albanais, a pr&#233;f&#233;r&#233; la revendre, apr&#232;s quelques semaines de vie de terreur, et donc, de r&#233;clusion, et repartir en Serbie. Autant de grains &#224; moudre alimentant le ressentiment antirom tant chez les habitant-e-s que chez les internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et finalement...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin juillet, devant l'intransigeance des pays europ&#233;ens et l'&#233;volution critique des conditions de vie &#224; Medzitlija, les r&#233;fugi&#233;-e-s ont accept&#233; de n&#233;gocier, sous l'&#233;gide de l'OSCE, avec le HCR, le gouvernement mac&#233;donien, des ONG rroms et non rroms, des conditions pour un &#171; retour &#187; en Mac&#233;doine. &#192; nouveau, le HCR a bloqu&#233; les discussions, refusant d'entendre leurs revendications : un regroupement collectif avec assurance d'un soutien &#233;conomique et humanitaire &#171; cons&#233;quent &#187;. Au terme d'un bras de fer de deux semaines, 125 personnes furent relog&#233;es en centre collectif &#224; Katlanovo, 296 dans un centre temporaire de transit &#224; Kumanovo, 258 en maisons individuelles dans la r&#233;gion de Skopje. Le 9 ao&#251;t, les derni&#232;res familles quittaient Medzitlija.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les r&#233;fugi&#233;-e-s ont &#171; &#233;chou&#233; &#187;, victimes parmi tant d'autres de l'hypocrisie de la communaut&#233; internationale et de leurs sbires humanitaires, &#224; Medzitlija ils et elles ont red&#233;montr&#233; la violence des politiques de restriction et de contr&#244;le des migrations, exacerb&#233;e par un racisme aux pr&#233;jug&#233;s solidement ancr&#233;s dans les mentalit&#233;s (ici, un antiromisme tenace qui, lui, ne conna&#238;t gu&#232;re de fronti&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;pilogue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; ce qui s'est ainsi d&#233;roul&#233; &#224; Medzitlija, aux portes (bien ferm&#233;es) de l'Europe, l'Union europ&#233;enne a fait pression sur la Mac&#233;doine jusqu'&#224; ce qu'elle cr&#233;e, en octobre 2003, enfin, un statut de r&#233;fugi&#233; (avec droit au travail, acc&#232;s aux syst&#232;mes de sant&#233; et d'&#233;ducation, etc.) et qu'elle l'accorde aux Rroms et Ashkalis du Kosovo, pour mieux leur interdire de demander l'asile dans un autre pays (cette fois, la porte est bel et bien condamn&#233;e). Un refus de ces conditions d'asile signifie une d&#233;portation imm&#233;diate vers le Kosovo. Mais les Rroms semblent bien h&#233;sitant-e-s, par manque d'informations parfois, le plus souvent parce qu'ils ne se voient aucun avenir en Mac&#233;doine. Pragmatique, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur annonce que ceux qui refuseront ces propositions d'asile &#171; seront trait&#233;s comme des &#233;trangers et renvoy&#233;s dans le pays d'o&#249; ils viennent. Nos policiers les retrouveront, aujourd'hui, sinon demain ou apr&#232;s-demain. &#187; Les passeurs ont de beaux jours devant eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A lire :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marcel Courthiade, &lt;i&gt;&#171; Les Rroms, Ashkalis et Gorans de Dardanie/Kosovo &#187;, Les Annales de l'autre Islam&lt;/i&gt; (Paris, INALCO), n&#176;7, 2000, &#171; Kosovo. Six si&#232;cles de m&#233;moire crois&#233;e &#187;, p. 255-280
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jovan Nikolic, &lt;i&gt;Kosovo mon amour&lt;/i&gt;, 2000, [&#224; para&#238;tre en fran&#231;ais]
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Divers dossiers publi&#233;s par l'&lt;a href=&#034;http://www.errc.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;European Roma rights center (Budapest)&lt;/a&gt;, des informations sur &lt;a href=&#034;http://www.romnews.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.romnews.com&lt;/a&gt;, et des articles r&#233;guliers dans le &lt;a href=&#034;http://www.balkans.eu.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Courrier des Balkans&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re version de ce texte est parue dans le journal mensuel du Forum civique europ&#233;en, &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt;, n&#176;109, octobre 2003, sous le titre &#171; Balkans : des r&#233;fugi&#233;s du Kosovo &#224; Medzitlija &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.forumcivique.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.forumcivique.org&lt;/a&gt;.&lt;/br&gt;
&lt;br&gt;Cette p'tite brochure, vendue z'&#224; prix libre, a &#233;t&#233; commise par &lt;a href=&#034;mailto:titam.tiza@no-log.org&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;titam.tiza&lt;/a&gt;, contre toutes les fronti&#232;res, en novembre 2003.&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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