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		<title>Les arri&#232;re-pens&#233;es r&#233;actionnaires du sport</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Baillette</dc:creator>


		<dc:subject>Iosk Editions (Grenoble)</dc:subject>
		<dc:subject>Sports</dc:subject>
		<dc:subject>Editions Turbulentes (Metz-Dijon)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le sport, une id&#233;ologie beaucoup moins noble qu'on veut le faire croire... Une introduction &#224; la critique politique du sport, de son &#233;troite parent&#233; avec les cultures de la domination et le syst&#232;me capitaliste, est parue dans la revue Quasimodo : nous la republions ici.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;Iosk Editions (Grenoble)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Sports&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.infokiosques.net/spip.php?mot62" rel="tag"&gt;Editions Turbulentes (Metz-Dijon)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH109/arton165-969e9.jpg?1780603419' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff165.jpg?1128977587&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sport est tr&#232;s souvent pr&#233;sent&#233; par ses laudateurs et ses d&#233;fenseurs comme un fait universel, un invariant culturel. Sous des formes certes changeantes, il aurait &#233;t&#233; pratiqu&#233; &#224; toutes les &#233;poques et sous toutes les latitudes. Son omnipr&#233;sence dans le temps et dans l'espace ne ferait aucun doute. Dans cette vision divine, mystique et quasiment c&#233;leste, le Sport transcenderait les hommes, il serait &#171; de partout et de toujours &#187;, il appara&#238;t, d&#232;s lors, comme une sorte d'entit&#233; supra-naturelle. Ph&#233;nom&#232;ne transhistorique, il serait &#233;galement au-dessus des batailles politiques, des luttes de classe et des conflits arm&#233;s. Il formerait un monde &#224; part, une sorte de supra-nation, un &#171; gouvernement universel &#187;. Le sport, et plus particuli&#232;rement l'olympisme, cette &#171; ONU sportive &#187; (Jean-Marie Brohm), aurait ainsi une mission humanitaire &#224; accomplir, une sainte croisade &#224; mener : contribuer &#224; la paix sur terre, &#233;tablir et maintenir la coh&#233;sion et &#171; la paix sociale &#187; (De Coubertin), instaurer l'entente cordiale entre les hommes de bonne volont&#233; (sportive), en les rassemblant, par-del&#224; leurs convictions (religieuses ou politiques) et leurs origines (sociales ou raciales), autour d'une m&#234;me ferveur religieuse (la passion du sport, la communion athl&#233;tique). Intrins&#232;quement neutre et politiquement correct, le sport oeuvrerait essentiellement pour l'amiti&#233;, la r&#233;conciliation, l'harmonie sociale, la coexistence pacifique, bref, l'apaisement et la r&#233;solution de tous les conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, tous les partis politiques (except&#233; l'extr&#234;me gauche et certaines organisations libertaires) s'accordent pour c&#233;l&#233;brer les bienfaits du sport et r&#233;citent r&#233;guli&#232;rement tous les poncifs du cat&#233;chisme sportif : &#233;galit&#233; des chances, loyaut&#233; de la lutte olympique, exemplarit&#233; de la valeur &#233;ducative (&#233;cole de vertu, de solidarit&#233;, de &#171; droiture morale &#187;, etc.), universalit&#233; de la &#171; culture &#187; sportive, &#171; message d'espoir pour tous les opprim&#233;s &#187;, rassemblement fraternel, pacifique (oecum&#233;nisme sportif, mythe de la tr&#234;ve olympique), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans son essence la comp&#233;tition sportive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parler de comp&#233;tition sportive, de sport de comp&#233;tition est une tautologie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est postul&#233;e pure et innocente, c'est qu'elle est pr&#233;sent&#233;e comme un besoin fondamental de l'homme, une tendance instinctive, une sorte de disposition naturelle et primitive. Pour les tenants de cette version inn&#233;iste, l'homme aurait toujours ressenti l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de se mesurer et de rivaliser physiquement avec ses semblables. Le d&#233;sir de comparer ses capacit&#233;s physiques, d'&#233;lire le plus fort, le plus rapide et de chercher sans cesse le d&#233;passement de ses limites biologiques serait inh&#233;rent &#224; la vie de l'homme, &#224; son existence m&#234;me. La comp&#233;tition physique serait ainsi une donn&#233;e anthropom&#233;trique fondamentale, &#171; enracin&#233;e au plus profond de la nature humaine &#187;, inscrite dans la part animale de l'homo sapiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce qu'il faut affirmer, c'est que cette repr&#233;sentation du sport comme sph&#232;re autonome et apolitique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout au plus les &#171; amis &#187; du sport admettent qu'il peut y avoir une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est un mythe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une &#233;tude des diff&#233;rentes composantes du mythe sportif, le lecteur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tenace qui permet d'occulter la r&#233;alit&#233; peu reluisante du spectacle sportif contemporain (notamment le dopage et les violences end&#233;miques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse contemporaine des aspects n&#233;gatifs du spectacle sportif, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ses nombreuses collaborations (ou collusions) avec des r&#233;gimes politiques totalitaires et son parti pris id&#233;ologique r&#233;actionnaire. D'une part, le sport est, d&#232;s son apparition, indissociable du syst&#232;me capitaliste, dont il est p&#233;tri des valeurs, d'autre part, il est une &#171; d&#233;politisation des r&#233;alit&#233;s du monde &#187; (Michel Beaulieu), dictant &#224; des milliards d'individus une &#171; vision sportive de l'univers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble important d'insister sur cinq points :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Le sport est une donn&#233;e culturelle, une production historiquement dat&#233;e (l'Angleterre de la fin XVIII&#232;me si&#232;cle puis et surtout l'Europe du XIX&#232;me si&#232;cle), il prend son essor avec l'av&#232;nement de la soci&#233;t&#233; capitaliste industrielle. Ainsi, d&#232;s sa naissance, le sport est politiquement et id&#233;ologiquement d&#233;termin&#233; par le mode de production capitaliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette question fondamentale de la gen&#232;se du sport on se reportera &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme le notait le sociologue Norbert &#201;lias, il y a bien une &#171; sociogen&#232;se du sport &#187; qui va imprimer sa marque sur sa constitution originelle et conditionner son d&#233;veloppement. Dans son apparition et tout au long de son processus d'institutionnalisation, le sport (tout comme l'olympisme) est &#171; consubstanciellement int&#233;gr&#233; au mode de production capitaliste et &#224; l'appareil d'&#201;tat bourgeois &#187; (Jean-Marie Brohm). L'institution sportive est organiquement, incorpor&#233;e au syst&#232;me de production capitaliste dans lequel elle s'&#233;panouit. La diffusion et l'emprise plan&#233;taire du sport, l'olympisation du monde vont accompagner l'expansion imp&#233;rialiste du syst&#232;me capitalisme (et du capitalisme bureaucratique d'&#201;tat). C'est dans cette paternit&#233; que r&#233;side la singularit&#233; du sport (un sport improprement qualifi&#233; de &#171; moderne &#187;, par ceux qui voudraient faire croire &#224; une continuit&#233;, &#224; une unit&#233; avec des sports dits antiques, m&#233;di&#233;vaux, traditionnels ou encore exotiques). Aussi, il y a homologie de structure et identit&#233; de point de vue entre l'organisation sportive et l'organisation capitaliste. Rien d'&#233;tonnant que les principes constituants du sport (comp&#233;tition, rendement, performance, record) refl&#232;tent les cat&#233;gories dominantes du capitalisme industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, il ne saurait y avoir d'un c&#244;t&#233; un &#171; sport ouvrier &#187;, une version socialiste (pr&#233;tendue authentique) du sport (et encore moins un usage r&#233;volutionnaire de celui-ci), et d'autre part une confiscation bourgeoise, capitaliste qui serait, elle, d&#233;natur&#233;e, d&#233;figur&#233;e, corrompue et qui expliquerait toutes les soi-disant &#171; d&#233;viations &#187; ou &#171; d&#233;gradations &#187; de l'id&#233;al olympique. La logique sportive est la m&#234;me &#224; l'Est qu'&#224; l'Ouest. Les r&#233;centes r&#233;v&#233;lations sur l'institutionnalisation du dopage en ex-RDA (longtemps pr&#233;sent&#233;e comme le paradigme du sport communiste), sa planification scientifique et son &#233;tatisation devrait d&#233;finitivement dessiller les incr&#233;dules ou les id&#233;alistes int&#233;gristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sport est porteur de toutes les &#171; valeurs &#187; capitalistes qu'il contribue &#224; pl&#233;bisciter en les pr&#233;sentant comme &#171; naturelles &#187;, comme allant de soi et n&#233;cessaires : lutte de tous contre tous (&lt;i&gt;struggle for life&lt;/i&gt;), s&#233;lection des &#171; meilleurs &#187; et &#233;viction des &#171; moins bons &#187;, transformation du corps en une force essentiellement productive, recherche du rendement maximum, de son exploitation optimale (la performance), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les grandes rencontres sportives (jeux Olympiques, coupes du monde, etc.) ont constamment servi de paravent et de caution &#224; des r&#233;gimes bafouant en toute impunit&#233; les droits de l'homme et les droits d&#233;mocratiques les plus &#233;l&#233;mentaires : les J. O. de Berlin (1936) furent ainsi un soutien moral et financier au r&#233;gime nazi (qui venait de promulguer les lois de Nuremberg) et servirent &#224; camoufler la mise en place du g&#233;nocide juif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marie Brohm, Jeux olympiques &#224; Berlin, 1936, Bruxelles, &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; en 1978, en Argentine, le Mundial de football fut brillamment organis&#233; par la Junte fasciste du g&#233;n&#233;ral Videla qui remporta l&#224; un formidable succ&#232;s populaire ; les J. O. de Moscou (1980) eurent lieu alors que les russes envahissaient sauvagement l'Afghanistan et que les dissidents sovi&#233;tiques &#233;taient massivement d&#233;port&#233;s dans les Goulags ; le Rallye Paris-Dakar, aventure n&#233;o-coloniale et para-militaire ultra m&#233;diatis&#233;e, permet &#224; quelques nantis, sponsoris&#233;s par des multinationales, de s'adonner en toute impunit&#233; &#224; une course poursuite destructrice et mortif&#232;re dans des r&#233;gions d&#233;chir&#233;es par la mis&#232;re et la famine ; r&#233;cemment les jeux Asiatiques (1990) ont redor&#233; le blason de la Chine terni par le massacre de la place Tien Anmen et les centaines de victimes de la r&#233;pression du printemps de P&#233;kin (tout comme en 1968 les J. O. de Mexico avaient recouvert sous les fastes de la &#171; f&#234;te de la jeunesse &#187; les corps des &#233;tudiants massacr&#233;s quelques jours auparavant sur la place des Trois-Cultures). Tous ceux qui d&#233;fendirent le maintien de l'organisation de ces manifestations (en s'&#233;levant avec virulence contre les diff&#233;rents appels au boycott) se sont rendus objectivement complices des crimes contre l'humanit&#233; perp&#233;tr&#233;s sous le couvert de ces festivit&#233;s, de ces bacchanales sportives. Pire, par une pr&#233;sence apparemment neutre, ils les ont cautionn&#233;s et ent&#233;rin&#233;s, ils ont permis &#224; des r&#233;gimes dictatoriaux d'asseoir leur prestige et de continuer leurs exactions apr&#232;s avoir re&#231;u l'absolution sportive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#193; maintes reprises des opposants politiques, des &#171; subversifs &#187;, des ind&#233;sirables (&#233;tudiants, mendiants, petits voyous, prostitu&#233;es, etc.) ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s, emprisonn&#233;s, &#233;limin&#233;s, pour que l'organisation des grandes rencontres sportives soit irr&#233;prochable et que nul &#171; &#233;l&#233;ment perturbateur &#187; ne vienne ternir la bonne image que se composait le pays h&#244;te. Il ne faut jamais oublier que derri&#232;re les athl&#232;tes se profilent toujours des &#233;tats, que glorifier les premiers c'est toujours acclamer et m&#233;dailler le pays dans lequel ils ont &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s, lui accorder un satisfecit, lui rendre un puissant hommage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Aujourd'hui plus que jamais, la pratique du sport de haut niveau devient en elle-m&#234;me une atteinte aux droits de l'homme : le corps du sportif est chosifi&#233;, transform&#233; d&#232;s le plus jeune &#226;ge en chair &#224; records, en &#171; morceaux de viande &#187; (selon l'expression du gardien de but fran&#231;ais Pascal Olmeta), en missile balistique. Il existe bel et bien un esclavagisme sportif, une exploitation n&#233;gri&#232;re des athl&#232;tes. Gav&#233;s d'exercices physiques d&#232;s l'enfance (voir les ravages caus&#233;s par ce que l'on appelle avec diplomatie l'Entra&#238;nement Sportif Intensif Pr&#233;coce), reclus, encasern&#233;s dans des centres o&#249; la pr&#233;paration confine au conditionnement, bien souvent nourris (parfois m&#234;me &#224; leur insu) de produits dopants hautement nocifs, les sportifs de haut niveau ne sont plus que des instruments aux mains des multinationales, des holdings financiers et des politiques de prestige national. Quant aux pays pauvres (tout particuli&#232;rement l'Afrique) ils servent aujourd'hui de r&#233;servoir aux clubs de football europ&#233;ens qui vont y puiser de la main d'&#339;uvre &#224; bon march&#233;, exploitable et corv&#233;able &#224; merci, revendable, &#233;changeable et &#224; tout moment expulsable vers leur pays d'origine si elle ne donne pas enti&#232;re satisfaction : &#171; La chasse au petit n&#232;gre &#187;, &#224; la perle noire est &#224; nouveau ouverte !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'excellent dossier d'Amnesty International : &#171; Sport et droits de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de guerre et de gu&#233;rilla sportive, il n'est pas &#233;tonnant que certains sportifs se transforment en mercenaires, en parfaits hommes de main (&#224; la solde d'un &#233;tat ou d'un riche commanditaire) dont l'objectif (dans certains cas parfaitement d&#233;clar&#233;) est de d&#233;truire l'adversaire, de l'an&#233;antir au besoin en le brisant physiquement. Dans une ar&#232;ne sportive de plus en plus militaris&#233;e, massivement quadrill&#233;e par des unit&#233;s sp&#233;ciales, les brutalit&#233;s, les violences ouvertes deviennent coutumi&#232;res, elles font m&#234;me partie du spectacle (la boxe, cette barbarie qui &#171; devrait &#234;tre bannie des pays civilis&#233;s &#187;, comme le proposaient des m&#233;decins am&#233;ricains, reste le paradigme ind&#233;pass&#233; de ce go&#251;t pour le sang et l'assassinat m&#233;diatis&#233; et sponsoris&#233;). Aujourd'hui, alors que des centaines de sportifs sont victimes de la corrida sportive, il est urgent que les pouvoirs politiques mettent un b&#233;mol &#224; la surench&#232;re du citius, altius, fortius orchestr&#233;e par les &#171; prox&#233;n&#232;tes des stades &#187; (sponsors, affairistes, dirigeants v&#233;reux, hommes d'&#233;tats &#224; la recherche de cons&#233;cration, etc.) et affirment haut et fort qu'aucune m&#233;daille ne vaut la sant&#233; d'un sportif !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Le sport, parce qu'il est le plus puissant facteur de massification, un &#171; agr&#233;gateur &#187; et un intercepteur de foule exceptionnel, a toujours rempli des fonctions socio-politiques essentielles pour le maintien de l'ordre, et notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le contr&#244;le social des populations (embrigadement et encadrement de la jeunesse), la gestion des pulsions agressives et sexuelles (canalis&#233;es, r&#233;orient&#233;es et liquid&#233;es dans des voies socialement tol&#233;r&#233;es et dans des lieux circonscrits et polic&#233;s). Le sport est, en effet, constamment pr&#233;sent&#233; comme un rem&#232;de, un antidote, une solution imm&#233;diate &#224; tous les maux sociaux : contre la d&#233;linquance juv&#233;nile, contre le malaise des banlieues, contre l'alcoolisme, le tabagisme, et aujourd'hui la drogue, contre les &#171; d&#233;pravations &#187; (la masturbation, &#171; le p&#233;ril charnel &#187;, les effets de la lib&#233;ration sexuelle), efficace anesth&#233;siant de l'agitation r&#233;volutionnaire. Il est pr&#233;sent&#233;, &#224; la fois, comme une &#171; hygi&#232;ne politique pr&#233;ventive &#187; et comme le moyen privil&#233;gi&#233; de r&#233;insertion des &#171; d&#233;viants sociaux &#187; (Erving Goffman).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'occultation des conflits politiques et sociaux, la d&#233;politisation et l'adh&#233;sion &#224; un id&#233;al commun (d&#233;fense du village, de la patrie, d'une religion, etc.), l'orientation de la pens&#233;e vers des zones st&#233;riles (cr&#233;tinisation et lobotomisation des meutes sportives, vocif&#233;rantes et tr&#233;pignantes)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Jean-Marie Brohm, Les Meutes sportives. Critique de la domination, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le spectacle sportif est au sens fort une ali&#233;nation des masses, il endort la conscience critique, l'occupe, la d&#233;tourne en faisant r&#234;ver, en apportant un bonheur illusoire (fonction narcotique du sport). Il est un appareil de colonisation de la vie v&#233;cue (J&#252;rgen Habermas). Comme la religion, il est un opium du peuple, un d&#233;rivatif, qui divertit et fait diversion, permet de scotomiser le r&#233;el. Ainsi, en juin 1994, en Tha&#239;lande, la &#171; footmania &#187; li&#233;e au d&#233;roulement de la coupe du monde de football (&#201;tats-Unis) permit d'&#233;touffer la crise politique : les d&#233;put&#233;s de l'opposition d&#233;cid&#232;rent de reporter d'un mois le vote d'une motion de censure contre le gouvernement, alors que les &#233;tudiants et autres prod&#233;mocratiques arr&#234;taient de protester contre les lenteurs des r&#233;formes politiques pour suivre quotidiennement de 23 h &#224; 8 h du matin les diffusions en direct de toutes les rencontres (Lib&#233;ration, 27 juin 1994). Le spectacle sportif via le petit &#233;cran est devenu un puissant hypnotiseur (on estime &#224; au moins 2 milliards le nombre des personnes ayant suivi la finale de la derni&#232;re Coupe du monde de football).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une compensation aux in&#233;galit&#233;s sociales et une justification de ces in&#233;galit&#233;s (avec efforts et sacrifices, il est toujours possible d'acc&#233;der &#224; l'&#233;lite), un contrepoids &#224; la grisaille du quotidien. Le spectacle sportif substitue des &#171; satisfactions fantasmatiques &#187; &#224; des satisfactions r&#233;elles agissant comme un calmant, une arme de dissuasion (Erich Fromm).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#233;dification d'une identit&#233; nationale, r&#233;gionale. Le sport galvanise, &#233;lectrise les passions et les coagule dans un m&#234;me &#233;lan patriotique et chauvin. Il est en temps de paix un &#233;l&#233;ment permettant de maintenir et d'exprimer un sentiment national : dans les pays arabo-musulmans les clubs de football sont ainsi progressivement devenus des lieux privil&#233;gi&#233;s o&#249; se forgent une conscience nationale, un sentiment identitaire : &#171; Les &#233;quipes &#233;trang&#232;res deviennent des ennemis &#224; abattre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Youcef Fat&#232;s, Sport et Tiers-Monde, Paris, PUF, 1994.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . En Europe, Silvio Berlusconi qui, avec l'appui des forces n&#233;o-fascistes, devait conqu&#233;rir la majorit&#233; absolue au Parlement italien, avait d&#233;cid&#233; d'appeler son parti Forza Italia, reprenant &#224; son compte le slogan que hurlent tous les tifosi encourageant la Squadra Azzurra&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; N'importe qu'elle proposition, note Jean Baechler, peut devenir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Enfin le sport est &#171; un v&#233;hicule puissant de diffusion de l'id&#233;ologie &#233;tablie &#187; (Jean-Marie Brohm) qui contribue &#224; la reproduction et &#224; la l&#233;gitimation de l'ordre bourgeois. L'institution sportive est un efficace appareil id&#233;ologique d'&#233;tat (Louis Althusser) qui distille massivement, plan&#233;tairement une id&#233;ologie r&#233;actionnaire et fasciste. Elle est m&#234;me pour Michel Caillat &#171; le paradigme de l'id&#233;ologie fasciste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De son c&#244;t&#233; Michel Caillat, apr&#232;s avoir soigneusement &#233;tudi&#233; les th&#232;mes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : apologie de la force physique, glorification de la jeunesse, culte de la virilit&#233; et v&#233;n&#233;ration (pour ne pas dire idol&#226;trie) du surhomme ; d&#233;pr&#233;ciation, d&#233;classement et &#233;viction des individus consid&#233;r&#233;s inaptes, faibles ou trop vieux (sur ce point le sport est l'&#233;cole de la non-solidarit&#233;) ; hi&#233;rarchisation puis tri (sous couvert de s&#233;lection &#171; naturelle &#187;) des individus en fonction de leurs potentialit&#233;s physiques (il existe bel et bien un eug&#233;nisme sportif) ; culte des &#233;lites, v&#233;n&#233;ration et exaltation de l'effort musculaire, de la souffrance, de l'ext&#233;nuation et de la mort (et pas seulement symboliquement) ; anti-intellectualisme primaire, amour du d&#233;corum et du c&#233;r&#233;monial d&#233;mesur&#233; (hymnes nationaux, chants guerriers, &#171; Ola &#187;, parades paramilitaires, d&#233;bauche d'embl&#232;mes, de drapeaux et d'oriflammes, etc.) ; exacerbation des passions partisanes, du chauvinisme et du nationalisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant que le sport ait toujours &#233;t&#233; l'enfant ch&#233;ri des gouvernements dictatoriaux, fascistes et nazis, &#171; au point de devenir un &#233;l&#233;ment constitutif indispensable de ces r&#233;gimes &#187; (comme le notait le sociologue Jacques Ellul). Rien d'&#233;tonnant qu'en 1936 Pierre de Coubertin ait &#233;t&#233; d&#233;licieusement conquis par l'organisation des &#171; jeux de la croix gamm&#233;e &#187;, que Juan Antonio Samaranch (Pr&#233;sident du CIO) ait &#233;t&#233; un membre important du parti franquiste, que cet ancien dignitaire fasciste supervisa tout au long des ann&#233;es 1974 et 1975 la mise au pas de la Catalogne (&#171; la r&#233;pression atteignit une ampleur jamais vue depuis les ann&#233;es 40, avec arrestations massives, tortures, ex&#233;cutions &#187;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une &#233;tude de cette &#233;difiante reconversion du fascisme &#224; l'olympisme, se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Rien d'&#233;tonnant non plus que Jo&#224;o Havelange (pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration Internationale de Football, mais &#233;galement fabriquant d'armes) ait toujours eu un penchant notoire pour les dictateurs et les potentats africains... Et ce ne sont l&#224; que les exemples les plus criants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, en Am&#233;rique Latine, en Russie, les stades de football sont d'ailleurs devenus le lieu d'expression privil&#233;gi&#233; de groupuscules fascistes ou n&#233;o-fascistes qui ont leurs tribunes r&#233;serv&#233;es. Les bras tendus fleurissent, les invectives racistes et antis&#233;mites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Philippe Broussard, &#171; Les tribunes du racisme &#187;, Le Monde, 14 f&#233;vrier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , les slogans nazis fusent en toute impunit&#233; dans les virages occup&#233;s par ceux qu'il est convenu d'appeler les &#171; Ultras &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Batskin, un membre actif du Pitbull Kop qui rassemble les supporters (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , les agressions d&#233;lib&#233;r&#233;ment racistes se multiplient aux alentours de certains grands stades (tandis que les forces de l'ordre restent bien souvent passives...). &#171; Toutes les grandes &#233;quipes ont des groupuscules de supporters nazis aux noms &#233;vocateurs : &#034;Oranges m&#233;caniques&#034; pour la Juventus de Turin, &#034;Brigades rouges et noires&#034; pour le Milan AC, &#034;Granata Korps&#034; pour le Torino, &#034;Mauvais gar&#231;ons&#034; pour le FC Barcelone, tandis que les &#034;Ultras sur&#034; du R&#233;al de Madrid sont ouvertement franquistes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Didier Pag&#232;s, &#171; Football : ceux qui vont mourir te saluent ou &#224; qui profite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Citons encore le groupe des Zyklon B (gaz de sinistre m&#233;moire) de Berlin. En Allemagne, d&#232;s 1982, le Front d'Action national-socialiste &#171; a compris que, avec la fascination qu'une certaine jeunesse avait pour la violence dans les stades, il y avait un vivier militant &#224; exploiter, [ce qu'ils firent en se lan&#231;ant] dans une propagande intense dans les tribunes des stades, d&#233;non&#231;ant p&#234;le-m&#234;le &#034;l'invasion turque&#034;, &#034;le danger gauchiste&#034;, &#034;le terrorisme de la RAF&#034;, etc. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Mandrin, &#171; L'euro-hooliganisme &#187;, in Centre de Recherche, d'Information (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Si un peu partout en Europe l'extr&#234;me-droite recrute activement dans les stades de football, c'est que l'id&#233;ologie sportive (notamment la haine de l'Autre) se marie bien avec les th&#232;ses les plus r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jean-Marie Le Pen, dealer des id&#233;es d'extr&#234;me droite en France, il ne fait d'ailleurs aucun doute que &#171; le sport est &#034;de droite&#034;, car il n&#233;cessite bon nombre de qualit&#233;s, &#034;loyaut&#233;, sens de l'effort, g&#233;n&#233;rosit&#233;, etc.&#034; qui sont celles de droite. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Le Canard Encha&#238;n&#233;, 8 juillet 1987. Dans L'&#201;quipe du 15-16 f&#233;vrier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et, il ne faudrait pas trop longtemps pour faire resurgir du &#171; etc. &#187; la b&#234;te immonde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe donc de lutter contre l'h&#233;g&#233;monie du mod&#232;le sportif, de d&#233;noncer les arri&#232;re-pens&#233;es des discours pro-sportif et de l'id&#233;ologie olympique, d'appeler au boycott de toutes les grandes manifestations sportives et de promouvoir parall&#232;lement toutes les activit&#233;s o&#249; dominent la convivialit&#233;, l'amiti&#233;, l'entraide, la solidarit&#233;, l'hospitalit&#233;. Cette lutte ne saurait &#234;tre vaine : tout produit historique est transitoire (Marx), il est en constant devenir et en devenir-autre, c'est-&#224;-dire sujet &#224; alt&#233;ration. Le sport n'est, de ce point de vue, ni &#233;ternel, ni imp&#233;rissable, et, tout comme il est apparu et s'est d&#233;velopp&#233; dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e, il peut se d&#233;composer et dispara&#238;tre dans un autre type de formation sociale. Rien n'est immuable, comme le notait d&#233;j&#224; Hegel, &#171; tout ce qui existe m&#233;rite de p&#233;rir &#187; et le sport ne saurait faire exception.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.revue-quasimodo.org" class="spip_out"&gt;La revue Quasimodo&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parler de comp&#233;tition sportive, de sport de comp&#233;tition est une tautologie, puisque, par d&#233;finition, le sport se distingue du large &#233;ventail des pratiques corporelles et des mani&#232;res d'exercer ou de mettre son corps en jeu, justement par la place centrale qu'elle fait &#224; la comp&#233;tition. Le sport par d&#233;finition est comp&#233;tition, il est l'institutionnalisation de la comp&#233;tition physique, son organisation, sa r&#233;glementation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tout au plus les &#171; amis &#187; du sport admettent qu'il peut y avoir une utilisation du sport &#224; des fins politiques : le sport est alors consid&#233;r&#233; comme pris en otage, &#224; son corps d&#233;fendant pourrait-on dire, par des gouvernements peu scrupuleux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une &#233;tude des diff&#233;rentes composantes du mythe sportif, le lecteur pourra se reporter au livre pionnier de Jean-Marie Brohm, Le Mythe olympique, Paris, Christian Bourgois &#201;diteur, 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse contemporaine des aspects n&#233;gatifs du spectacle sportif, voir Fr&#233;d&#233;ric Baillette et Jean-Marie Brohm (textes rassembl&#233;s par), Critique de la modernit&#233; sportive, Paris, Les &#201;ditions de la Passion, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur cette question fondamentale de la gen&#232;se du sport on se reportera &#224; l'ouvrage fondateur de Jean-Marie Brohm, Sociologie politique du sport, Paris, Jean-Pierre Delarge, &#201;ditions Universitaires, 1976. R&#233;&#233;dit&#233; en 1992 aux Presses Universitaires de Nancy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Marie Brohm, Jeux olympiques &#224; Berlin, 1936, Bruxelles, &#201;ditions Complexe, 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'excellent dossier d'Amnesty International : &#171; Sport et droits de l'homme : des liaisons dangereuses &#187;, n&#176; 26, d&#233;cembre 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Jean-Marie Brohm, Les Meutes sportives. Critique de la domination, Paris, L'Harmattan, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Youcef Fat&#232;s, Sport et Tiers-Monde, Paris, PUF, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; N'importe qu'elle proposition, note Jean Baechler, peut devenir id&#233;ologique, pour peu qu'elle soit utilis&#233;e dans la combat politique. &#034;Allez France !&#034; peut n'&#234;tre qu'un slogan sportif innocent ; il peut aussi se transformer en slogan id&#233;ologique, s'il est mis au service d'une passion nationale ou nationaliste. Autrement dit, une proposition quelconque peut toujours servir &#224; un usage id&#233;ologique, pour peu qu'on lui injecte une dose quelconque d'intention politique. &#187; Jean Baechler, Qu'est-ce que l'id&#233;ologie ?, Paris, &#201;ditions Gallimard, collection &#171; Id&#233;es &#187;, n&#176; 345, 1976, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De son c&#244;t&#233; Michel Caillat, apr&#232;s avoir soigneusement &#233;tudi&#233; les th&#232;mes r&#233;actionnaires qui, depuis plus d'un si&#232;cle, saturent le discours sportif, conclut &#233;galement : &#171; Le sport est un ph&#233;nom&#232;ne d'impr&#233;gnation fasciste. [...] L'id&#233;ologie sportive est le paradigme de l'id&#233;ologie fasciste, de ce fascisme quotidien, ordinaire qui colle &#224; la peau. &#187; L'Id&#233;ologie du sport en France depuis 1880 (Race, guerre et religion), Paris, Les &#201;ditions de la Passion, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une &#233;tude de cette &#233;difiante reconversion du fascisme &#224; l'olympisme, se reporter au livre de Vyv Simson et Andrew Jennings, Main basse sur les J.O., Paris, Flammarion, 1992, chapitre 5 : &#171; Le bras tendu, je vous salue &#187;, p. 84-98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Philippe Broussard, &#171; Les tribunes du racisme &#187;, Le Monde, 14 f&#233;vrier 1990. Republi&#233; dans Quel Corps ?, n&#176; 40 (&#171; Football connection &#187;), juillet 1990, p. 192-194. Plus largement se reporter dans ce m&#234;me num&#233;ro &#224; l'&#233;difiant dossier de presse rassembl&#233; sous le titre : &#171; Dans les abattoirs d'attraction : l'internationale des Ducon-la-joie &#187;, p. 123-221.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Batskin, un membre actif du Pitbull Kop qui rassemble les supporters d'extr&#234;me droite du Paris-Saint-Germain, d&#233;clarait ainsi au mensuel Lepenniste Le Choc du Mois (n&#176; 28, mars 1990) : &#171; Les tribunes des stades de football sont les derniers endroits o&#249; l'on peut tendre le bras droit et crier comme au Parc des Princes &#034;Paris est fasciste !&#034; sans terminer en prison. [...] Notre objectif, qui est celui de presque tous les hooligans en Europe, est de rejeter la police hors des stades afin de d&#233;ployer librement nos banni&#232;res dans les tribunes. &#187; Interview reproduit int&#233;gralement dans Quel Corps ?, n&#176; 40, op. cit., p. 214-215.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Didier Pag&#232;s, &#171; Football : ceux qui vont mourir te saluent ou &#224; qui profite le crime ? &#187;, Quel Corps ?, n&#176; 40, op. cit., p. 137 et l'ensemble du paragraphe &#171; Bas bleus, shorts blancs et chemises brunes &#187;, p. 134-140.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Mandrin, &#171; L'euro-hooliganisme &#187;, in Centre de Recherche, d'Information et de Documentation Antiraciste, Rapport 96 : Panorama des actes racistes et de l'extr&#233;misme de droite en Europe, Paris, CEDIDELP/CRIDA, 1994, p. 208.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Le Canard Encha&#238;n&#233;, 8 juillet 1987. Dans L'&#201;quipe du 15-16 f&#233;vrier 1986, il avait d&#233;j&#224; confi&#233; aux journalistes qui l'accueillaient que &#171; notre monde &#233;galitariste n'aime pas la philosophie m&#234;me du sport, car la philosophie du sport, c'est l'&#233;mulation, c'est le classement, c'est la hi&#233;rarchie du r&#233;sultat, c'est la volont&#233; de vaincre. Tous mots qui sont antinomiques des philosophies qui sont actuellement &#224; la mode. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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