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Colette Guillaumin

20 juillet 2017 - Colette Guillaumin

« Je sais bien mais quand même » ou les avatars de la notion « race »

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Publié la première fois en 1981 dans la revue Le Genre humain n°1, ce texte de Colette Guillaumin s’attaque à la notion de « race » et à ses usages.

Sommaire :
- L’idée de race n’est pas neutre
- « La race n’existe pas »
- Mais, au fait, qu’est-ce que la « race » ?
- Et quand on parle « différence »
- Aujourd’hui qu’en est-il de la « race » ?

L’idée de race, cette notion, est un engin de meurtre, un engin technique de meurtre. Et son efficacité est prouvée. Elle est un moyen de rationaliser et d’organiser la violence meurtrière et la domination de groupes sociaux puissants sur d’autres groupes sociaux réduits à l’impuissance. A moins que l’on en vienne à dire que, la race n’existant pas, personne n’a pu et ne peut être contraint ou tué à cause de sa race. Et personne ne peut dire cela parce que des millions d’êtres humains en sont morts, et que des millions d’êtres humains sont dominés, exclus et contraints à cause de cela.
Non, la race n’existe pas. Si, la race existe.
Non certes, elle n’est pas ce qu’on dit qu’elle est, mais elle est néanmoins la plus tangible, réelle, brutale, des réalités.